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	<title>Archives des Un endroit pour ... - Alexandra Koszelyk</title>
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	<title>Archives des Un endroit pour ... - Alexandra Koszelyk</title>
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		<title>Love is a smoke raised with the fume of sighs  : Ecriture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Apr 2017 04:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_19247" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-19247" class="size-large wp-image-19247" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2017/04/StockSnap_D64LTK2OGG-700x467.jpg" alt="" width="700" height="467" /><p id="caption-attachment-19247" class="wp-caption-text">© Felix Russell-Saw</p></div>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;étais le bourlingueur, le sans attache. On me nommait l&rsquo;Arlésienne, le courant d&rsquo;air. Jamais réussi à me fixer. Un homme funambule, à naviguer en air trouble. Jamais je ne restais trop longtemps. Une belle péniche sans amarres, ni capitaine. Je voyais défiler sur le bas côté moult paysages. Parfois je m&rsquo;y arrêtais. Pas trop longtemps. Des objets aux couleurs pastel et en ombres chinoises. Jamais je n&rsquo;étais retenu.<span id="more-19282"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Et puis hier soir, en regardant le coucher de soleil, une petite main est venue me taper sur mon épaule gauche. Je me suis retourné, j&rsquo;y ai vu un autre soleil. Et ces yeux me promettaient de ne plus avoir peur du passé. Alors je l&rsquo;ai suivi, nous avons nous aussi bourlingué, mais sur mes propres pas. Ce que j&rsquo;avais déjà fait et que je voulais jadis oublier. J&rsquo;y ai vu des souvenirs aux couleurs criardes rouge sang. Ma main a alors frémi et a serré la plus petite. Mais celle-ci, loin de se démonter m&rsquo;a demandé de poser d&rsquo;autres yeux sur ces couleurs, de les comprendre, puis d&rsquo;oublier.<br />
Alors l&rsquo;adulte que je suis a vu et a compris.</p>
<p style="text-align: justify;">La vérité n&rsquo;est jamais unique, elle est à tiroirs. Mais le plus joli d&rsquo;entre eux (et le plus profond) s&rsquo;appelle la simplicité d&rsquo;aimer.</p>
<p style="text-align: justify;">© Alexandra K., dimanche 23 avril 2017</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ludo :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">S&rsquo;éloigner du monde</p>
<div style="text-align: justify;">Pour ne plus les entendre</div>
<div style="text-align: justify;">Une porte sur le silence.</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">Face à la noirceur</div>
<div style="text-align: justify;">S&rsquo;ouvrir à la lumière,</div>
<div style="text-align: justify;">Le monde est trop petit.</div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Claude</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">« Descends ! Ils viendront te chercher dans deux heures ! Tu es libre… ».</p>
<p style="text-align: justify;">Libre ! Quel sens a ce mot dans la tête de mes ravisseurs ? Voilà sept cent quarante cinq jours qu’un groupe venu de la colline, masqué, armé jusqu’aux dents, a abattu mon chauffeur et m’a emmené, je ne sais où loin du village, dans un coin de cet immense pays. Un temps immensément long passé dans seulement quelques mètres carrés au milieu de nulle part.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce matin, trois hommes m’ont débarqué d’un 4&#215;4, sans ménagement, et déposé là, comme un sac de livraison.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’ombre d’un grand arbre, seul dans un silence pesant entrecoupé de cris d’animaux, j’attends. Je suis fatigué, amaigri, un peu ankylosé à cause de la couverture dans laquelle on m’avait camouflé, et mes yeux sont passablement éblouis par le soleil intense qui règne déjà à cette heure. De multiples sentiments d’espoir et de découragement m’envahissent. J’ai pensé mille fois à ce moment possible de libération, mais confronté à la réalité, tout me semble aujourd’hui étrange.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, comme tant de fois pendant ma détention, je me replonge dans un passé à la fois proche et lointain. Je me vois encore, aventurier sans illusion, Corto Maltese de circonstance, débarquer dans cette bourgade de brousse pour ma mission humanitaire. Je découvrais le monde. Au fil du temps, des liens forts se sont créés, et j’ai reçu de ce village l’amitié et la sagesse de gens simples. Ils m’ont offert ce que je cherchais : un sens à la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis il y a eu, un soir d’avril, mon enlèvement par ces inconnus. Tout a basculé. En un instant, je suis devenu une monnaie d’échange, une valeur marchande, un objet de troc contre de l’argent, des armes ou un accord politique : une chose de guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les heures à venir, je vais peut-être retrouver mon pays. Des officiels vont m’attendre, se perdre dans des discours ; la DGSE va m’interroger, les journalistes vont me questionner ; je remercierai les comités de soutien au milieu de mes portraits affichés. Et je retrouverai les miens pour lesquels probablement deux ans d’attente, mais surtout deux ans d’existence seront passés. Il me faudra reconstituer sans illusion quelques morceaux du film. Il n’y a pas d’arrêt sur image dans la vraie vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis devenu pour longtemps, peut-être pour toujours, l’ex-otage, celui qui  a pris des risques inutiles, celui qui a coûté cher, qui a mis en péril des vies… Les valeurs que je m’étais construit peu à peu au hasard de mes rencontres paraissent s’effriter. La violence se tapit toujours derrière la générosité.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai tout à coup envie de courir, courir comme un fou dans la savane pour rejoindre le village et retrouver la sérénité du partage.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais j’entends un bruit ; celui d’un hélicoptère. Des échelles tombent, des hommes lourdement armés en treillis descendent et m’embarquent sans un mot. A bord, un officier me regarde en souriant. « Alors, heureux d’être libre ? ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Manue</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai vu des lieux où</p>
<p style="text-align: justify;">le premier jour du monde</p>
<p style="text-align: justify;">semble se lever</p>
<p style="text-align: justify;">Et ses yeux se fermèrent. Ce furent ces derniers mots après des semaines de fureur. Elle était déjà revenue de l’enfer une fois, les médecins appellent ça une réanimation, moi je n’y croyais pas, elle avait une dernière chose à me raconter plutôt, et sa volonté avait fait le reste.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses lèvres ne murmureront jamais plus au creux de mon oreille les histoires merveilleuses qu’elle me chuchotait, le soir, celles qu’elle n’écrivait pas aux autres mais juste pour moi, l’homme qui partageait sa vie depuis ces dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle avait rêvé me dit-elle en revenant à elle dans sa chambre d’hôpital d’endroits étonnants où les respirations duraient si longtemps que les êtres humains prenaient le temps de sentir le soleil leur apporter sa force, où les minutes s’écoulaient si lentement que chacun finalement trouvait les mots pour dire à l’autre ses peines, ses doutes et ses colères. Elle avait vu des lieux où tout recommençait chaque matin, des lieux où le soir, la nuit effaçait tout. La mort se nourrissait de la vie mais la vie, prenant la mort de vitesse, redonnait un souffle aux êtres qui s’éteignaient et le même jour se levait, inexorablement.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle avait sans doute rêvé me dit-elle. Un tel monde n’existe pas. Et puis elle était morte. Au milieu de la nuit. Bien sûr que ça n’était que son imagination et sa passion de vivre qui avaient parlé … et alors qu’elle n’était plus qu’une enveloppe sans âme, quand le soleil entra dans sa chambre, ses rayons ne purent rien pour elle.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis, je ne peux pas rester plus de vingt-quatre heures au même endroit. Il faut que chaque matin je me réveille ailleurs. Il faut que mes yeux s’ouvrent, appelés par la lumière naissante, sur un monde nouveau, vierge, comme au premier jour. Je conduis la nuit, jusqu’à l’épuisement, et puis je me couche à l’arrière du 4&#215;4 devenu ma maison. Et quand je pousse la portière, c’est en pensant à elle. A ses mots qui dansent encore dans ma tête. Elle, qui n’est plus alors qu’un nouveau jour qui se lève.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;">Jos : <strong>Ecrire avec la lumière</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La main posée sur la poignée de la portière de sa Land Rover, Félix admira la vue qui s’étalait devant lui en toute simplicité. C’était un aventurier, un artiste qui se sentait libre, qui aimait la solitude mais qui voulait toucher les gens à travers son œuvre. Son art était une manière de vivre, une façon de voir les paysages et d’aller vers les hommes, sans parti-pris.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrivé la nuit même, il n’avait pu qu’imaginer les reliefs et la beauté de l’endroit. Excité par la perspective du lendemain et impatient de voir se lever le jour, il avait eu du mal à trouver le sommeil. Pourtant, il se réveilla de bonne heure et se prépara avec hâte et détermination.</p>
<p style="text-align: justify;">A chaque expédition, c’était le moment qu’il préférait. Celui de la rencontre avec les lieux. Et ce matin encore, cet instant magique et exaltant que lui procura la découverte du site qu’il allait arpenter pendant des heures pour réaliser sa passion, le remplit de bonheur. Il s’imagina jouer avec la pierre angulaire de son art : la lumière, cette fabuleuse énergie qui mettait la couleur en mouvement. Il en utiliserait les variations infinies pour donner un résultat différent à la même prise de vue. Il en capterait les tons froids et bleutés proposés à l’aube, les couleurs neutres offertes à la mi-journée, les nuances orangées révélées au crépuscule.</p>
<p style="text-align: justify;">La magie du moment ayant fait son effet, Félix s’empara de son appareil et descendit de la voiture.</p>
<p style="text-align: justify;">Il sourit. Convaincu que son art ne se résumait pas à figer un paysage sur des clichés, il partait peindre avec la lumière, écrire avec le soleil et offrir son œuvre aux amoureux de la photographie.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nady</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">LA LIBERTE</p>
<p style="text-align: justify;">Partir, tout quitter,<br />
S’enfuir ? Tout laisser…<br />
Passer du rêve à la réalité,<br />
Ou vouloir simplement se protéger,<br />
Cela n’a pas été aisé,<br />
Mais je l’ai fait…<br />
Aujourd’hui, je suis apaisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur les routes depuis quelques années,<br />
Je découvre le monde à bord de mon van démodé,<br />
Travaillant entre deux trajets<br />
à partir de mon site web qui connait plein de succès…<br />
Et dire que j’entends certains politiques effrayés<br />
De l’importance de plus en plus inconsidérée<br />
Que prend le numérique dans nos vies agitées.<br />
Moi, il m’a redonné accès<br />
A la Liberté !</p>
<p style="text-align: justify;">Il m’a fallu du temps pour me faire à l’idée<br />
De tout abandonner.<br />
Il y a eu le départ précipité de Jérôme il y a quelques années<br />
qui a préféré partir pour soigner<br />
son burn out déclaré.<br />
Puis, ce fut au tour de Pierre, aujourd’hui décédé,<br />
Qui préparait déjà son statut de retraité,<br />
Malgré les 10 ans qui lui restaient encore à effectuer,<br />
Qu’une crise cardiaque a rattrapé.<br />
C’est quand je n’ai pas vu Nathalie arriver<br />
A son bureau en cette matinée<br />
De mars pleine de giboulées,<br />
Partie en pleine nuit suite à un AVC,<br />
Que je n’ai plus hésité<br />
à tout lâcher…</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, il y avait pitchoune à élever,<br />
Mais ce n’était plus un bébé,<br />
Et sa mère sait très bien s’en occuper.<br />
Entre elle et moi, notre relation tanguait<br />
Déjà depuis l’an passé.<br />
Mais soyez rassurés,<br />
Il peut m’appeler<br />
Ou sur la toile me visionner<br />
Et souvent il nous arrive de beaucoup parler.<br />
Et puis, je le vois chaque été,<br />
Et nous passons des moments partagés<br />
Pleins de sérénité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il retrouve pendant un mois un papa plus du tout stressé.<br />
Même si je n’ai plus le temps d’arpenter<br />
Les allées des grands magasins stylés,<br />
Ni ma barbe tailler<br />
Chez le plus chic barbier,<br />
Je lui offre une parenthèse de vie très gaie<br />
Dans des campagnes bien isolées.<br />
Une vie avec un quotidien simplifié<br />
Que j’aime à retrouver.<br />
Je change de destinations quand l’envie pointe le bout de son nez.<br />
Je profite d’ailleurs de pouvoir encore beaucoup voyager<br />
Dans des zones en sécurité<br />
Avant que toutes les frontières de notre monde ne se ferment à jamais.<br />
Tiens, regardez le temps qu’il fait ici ce matin embrumé,<br />
Vais décider de descendre vers le sud moins menacé<br />
Par cet orage annoncé.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà donc ma vie à travers un cliché,<br />
Un besoin de fuir la routine, les chaînes, un quotidien trop balisé.<br />
Telle est ma volonté<br />
De Liberté,<br />
Sans faux-semblants et pleine de fierté.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sarahvage </strong>:</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tanguy’nto the wild</strong></p>
<p style="text-align: justify;">8 ème jour</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours pas de trace de la civilisation, donc toujours pas de carburant. Il fait moche. Cette nuit j’ai tellement eu froid que j’ai cru que mes crottes de nez avaient gelées. Il ne me reste plus qu’un paquet de pâtes au blé complet et 20 litres d’eau. Vu le temps, je vais devoir entamer mes réserves de gaz ; j’aurais dû faire un stock de bois et le mettre au sec sous le camion ou dans la cabine.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai essayé d’appeler ma mère pour son anniversaire hier soir : toujours pas de réseau ! S’il continue de pleuvoir comme ça les prochains jours, je sens que je vais péter les plombs ! Je me suis surpris ce matin à parler aux araignées dans le camion et à attendre une réponse de leur part… Je vais essayer de me rendormir, c’est ce qu’il y a de mieux à faire.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai dormi 2 heures. J’ai faim. Je crois qu’ un paquet de gâteaux doit traîner dans la boîte à gants. Je vais le chercher.</p>
<p style="text-align: justify;">Les clefs du camion ont disparu ! Je les avais laissées sur la porte avant, j’en suis absolument certain ! Deux possibilités : soit, j’aurais déjà perdu la boule, soit un petit farceur me joue un tour.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai pleuré. Ça m’a fait du bien. Je vais retourner toutes mes affaires pour essayer de les retrouver.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne les ai pas retrouvées, j’ai froid et je re très très très faim. J’vais prendre des selfies bidons avec mon portable, ça m’occupera.</p>
<p style="text-align: justify;">Mode avion à la con ! Le réseau fonctionne bel et bien, j’avais juste omis de désactiver le mode avion. Cette aventure de l’extrême en solitaire m’aura fait comprendre que je suis une vraie quiche ! Trente piges et pas fichu de me débrouiller. Enfin si, j’me débrouille, mais mal. C’est ce que ma mère me répète tout le temps. Tiens, d’ailleurs, c’est elle qui m’appelle.</p>
<p style="text-align: justify;">« Allo, m’man ? »</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Bon, t’as fini tes conneries là ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Quoi ? Tu peux pas me laisser tranquille, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Tu seras tranquille quand tu seras chez toi !</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Tu vois, c’est pour ça que je suis parti.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; T’iras plus loin la prochaine fois &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; T’es méchante, comme toujours !</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Peut-être mais en attendant, j’suis ta mère et j’suis chez moi ! Alors, arrête de piquer dans les réserves de pâtes et de riz, viens prendre une douche, viens manger et arrête de parler aux araignées ! Into The Wild dans le garage, t’as pas trouvé mieux ?»</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Adèle : </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Adam et Eve, le péché originel</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette photo, vois-tu, même si on n’aperçoit pas grand-chose du paysage qui l’entoure, je peux te dire avec précision où et quand elle a été prise. C’est moi qui était derrière l’objectif, un appareil bon marché acheté avec les quelques sous qui me restaient avant de partir pour notre long périple en Europe de l’Est. J’étais assise en tailleur sur le matelas,  à l’intérieur de ce van, tu sais, ce fameux van dont je t’ai déjà parlé, vieux mais encore vaillant, qui avait attiré mon attention la première fois que je l’avais vu, bien plus d’ailleurs que Jim lui-même, son propriétaire.</p>
<p style="text-align: justify;">C’était l’année soixante-seize, je venais de passer mon bac, et tout ce qui ressemblait à la liberté me semblait merveilleux. Je ne savais pas encore que suivre des yeux ce van et son conducteur allait m’entrainer, après quelques mois d’errance idyllique, vers deux années de vrai calvaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Jim, avec sa chemise à carreaux et ses petites lunettes à la John Lennon, son accent d’outre-océan et son van pittoresque, avait tout pour me séduire. A cette époque, j’ignorais encore que les plus belles coquilles ne contenaient parfois qu’un œuf pourri.</p>
<p style="text-align: justify;">La veille de cette photo, nous avions roulé toute la nuit, en suivant une vieille carte routière et les indications de copains connus au hasard des campements, des gens qui faisaient la route, comme nous, des garçons, et des filles aussi, qu’on prenait souvent en auto-stop. Le stop était un moyen de voyager commode et peu onéreux, l’état d’esprit était différent, nous n’avions pas ce sentiment de défiance permanent vis-à-vis des autres qui caractérise l’époque actuelle. Les soirées autour du feu de camp étaient joyeuses, bière et guitare, joints et mots doux. On devenait amis, on se quittait au petit matin, et comme il n’y avait pas de téléphone portable, on faisait confiance au hasard pour se retrouver un peu plus tard, un peu plus loin. En aout, nous traverserions la Yougoslavie, en septembre peut-être serions-nous du côté de Varsovie.  Nous avions le temps pour nous et le monde à découvrir. Avant-hier je le regardais dans mon livre de géographie, et maintenant il s’offrait tout entier, à mon regard avide de le toucher, le sentir, le palper. Avec le bras de Jim passé autour de mes épaules, je me sentais en sécurité. Pauvre innocence de la jeune fille tombée du nid !</p>
<p style="text-align: justify;">La photo, je l’ai prise au petit matin, nous étions arrivés au lac Balafon tard la veille, à près de minuit. Par d’autres voyageurs, nous avions appris que les berges étaient accueillantes, on pourrait garer le van au bord de l’eau, un camping tolérait quelques passages aux douches, une ferme vendait œufs, fromages et lait pour trois fois rien.  A proximité, des vergers s’offraient à un chapardage prudent et discret. Je ne me souviens pas avoir mangé d’aussi bonnes pêches que cet été là, mûres à point, elles étaient succulentes, et leur jus me dégoulinait sur le menton et rendait mes doigts tout poisseux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les fenêtres du van étaient mal obturées par un rideau trop petit et la lumière du jour nous avait réveillés dès l’aube. Jim avait dormi tout habillé en raison de la fatigue et de la fraicheur de la nuit. Au réveil, il avait ouvert la porte arrière sur un paysage de roseaux et de buissons. Il s’était immobilisé, muet. Je me penchai par-dessus son épaule pour voir ce qui le fascinait ainsi. Devant nous s’étendaient les eaux du lac, limpides et bleues, scintillant sous les premiers rayons du soleil. J’eus l’impression, et je devine que Jim devait ressentir quelque chose d’assez proche, j’eus l’impression d’être la première femme à la naissance du monde, et je saisis l’appareil photo pour tenter de capturer l’instant. La beauté du paysage, la pureté de l’air et l’amour que je portais à Jim, rien que des choses invisibles qu’aucune photo ne peut saisir.</p>
<p style="text-align: justify;">Jamais dans ma vie je n’ai depuis retrouvé cette sensation d’éternité. Est-ce les blessures que la vie s’est chargée de m’offrir ensuite comme à tout à chacun &#8211; et la défaillance de Jim fut la première d’entre elles –  me faisant perdre à tout jamais mes restes de candeur enfantine ? Ou bien était-ce cette légère euphorie de l’état amoureux qui m’avait fait idéalisé ce moment ?</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque j’ai décidé de tout te dire, si je garde un souvenir si précis de cette photo, ça n’est pas seulement pour la beauté du lac au réveil. C’est aussi parce que c&rsquo;est ce jour là que l’accident arriva, et que ma vie bascula dans l’horreur pour deux longues années.</p>
<p style="text-align: justify;">A midi, Jim avait décidé d’aller au ravitaillement avec le van. Je l’accompagnais, bien sur. Le van, c’était à la fois notre véhicule et notre maison. En somme, une coquille d’escargot à deux places. Au petit déjeuner, nous avions du nous contenter d’un bout de pain sec arrosé d’une bière. C’est après le virage, que ça a eu lieu. A la décharge de Jim,  la route était sinueuse, les bas-côtés étaient mal entretenus, et l’âne ne tirait pas assez vite la carriole. Le choc a été terrible, le braiement de l’animal résonne encore dans ma tête. Après, tout a été très vite. Le corps du paysan avait été propulsé à travers les airs et gisait dans une position qui ne laissait aucun doute. Mort sur le coup.</p>
<p style="text-align: justify;">La suite s’est enchainée, pantins s’agitant dans un film muet en noir et blanc. Jim m’a demandé de dire que c’était moi qui étais au volant. Si le permis de conduire lui était retiré, on ne pourrait pas rentrer en France, vu que moi, je n’avais pas encore le permis. A cet instant ce raisonnement tordu m’a paru imparable, alors j’ai accepté de prendre la responsabilité de l’accident. La police m’a arrêtée, Jim m’a quittée au commissariat en me disant qu’il s’occupait de tout. Tu parles ! Il a pris tout son temps pour rentrer en France, et prévenir mes parents.</p>
<p style="text-align: justify;">Les pauvres. Avec le shit qui avait été trouvé dans mes poches, ils ont mis deux ans à me faire ressortir des prisons hongroises. T’imagines-tu ces deux années, enfermée vivante, sans contact avec l’extérieur, seule avec des femmes dont je ne parlais pas la langue ?</p>
<p style="text-align: justify;">Alors cette photo, tu comprends pourquoi elle m’a marquée.</p>
<p style="text-align: justify;">Jim, je ne l’ai plus jamais revu, même pas au procès où il ne s’est pas présenté. Reparti au Canada, probablement.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Terjit </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« 12000 $, PLUS LES FRAIS »</p>
<p style="text-align: justify;">Quel voyage, le plus grand et long de toute ma vie ! 5 pays traversés à pied, en voiture, en autocar, à vélo, en fonction des jours. Je n’ai jamais rencontré autant de gens différents en si peu de temps : Suisses, Italiens, Grecs, Turcs, Albanais, Tchétchènes, Croates, Russes,  et j’en passe, et au milieu de tout ce monde quelques Français.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai toujours rêvé d’aller au Moyen Orient, de Châteauroux j’avais une vision un peu fantasmée, c’est vrai, mais j’ai traversé des paysages magnifiques, été ébahi par ces cultures suintant des pores de chaque mur, j’ai chaviré dans les odeurs de thé à la menthe, et ressenti l’apaisement dans cette cacophonie ambiante aussi culturelle que le gruyère pour un Suisse. Et enfin le rêve s’est réalisé : passer pour la première fois de sa vie devant ce panneau synonyme de liberté, après 6 mois et 20 jours de traversée, le 13 février 2021, jour de la délivrance.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon dernier parcours « en stop » s’est arrêté à une trentaine de kilomètres de la ville, au milieu d’une plaine désertique sous un vent glacial. Le chauffeur m’a fait signe qu’on était arrivé, alors qu’à l’évidence nous n’étions pas devant le souk. Quand j’ai protesté il m’a demandé 800 $ de plus pour faire les derniers kilomètres, en me montrant ostensiblement le renflement de sa veste dû à la crosse d’un révolver. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait, j’ai donc récupéré mon sac à dos et ouvert la porte. Je me retrouvais au milieu d’une plaine immense recouverte de buissons épineux et entourée de collines allant de l’ocre le plus clair au plus brun, un décor de western spaghetti. Personne en vue, aucune route visible, un no man’s land d’une beauté à couper le souffle. La porte a claqué, il m’a fait signe d’aller tout droit vers l’est avant de démarrer en trombe, j’étais soulagé de le voir partir.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le soleil rasant du matin j’avais un peu de mal à voir vers par quelle colline traverser, la moins haute possible tant qu’à faire. C’était peut-être le dernier obstacle que j’allais rencontrer, il s’agissait de le savourer celui-là ! Quand le soleil était suffisamment monté je pouvais prendre la mesure du chemin à parcourir. A vue d’œil les premières collines devaient être à une dizaine de kilomètres, j’ai mis 4 heures pour arriver au pied de la première. L’ascension s’est faite sans difficulté jusqu’au sommet, puis il y a eu la rencontre avec deux autres français : Victor et Clément. Ils arrivaient aussi de la plaine par un autre versant. Quand j’ai vu leurs silhouettes j’ai eu le réflexe de me cacher au milieu des broussailles mais j’ai très vite constaté qu’ils étaient habillés en civils et n’avaient pas l’air d’être du coin. Par prudence je suis resté caché, ils sont passés à trois mètres de moi, et Clément a dit « courage, courage ». Je suis sorti de ma cachette derrière eux et j’ai juste dit « il en faut du courage ». Ils ont eu peur un instant, mais en se retournant et en voyant que j’étais des leurs nous nous sommes tombés dans les bras.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ont 24 et 26 ans et viennent de Biarritz. Victor est conducteur de bus, Clément chef de rayon dans une grande surface. Ils ont quitté Paris quelques mois après les élections, pour s’installer au pays Basque.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le premier mois qui a suivi la prise de fonction d’Océane Le Guen les décrets sont tombés par centaines. Tous les sujets étaient concernés et passés à la moulinette: les impôts, la sécurité sociale, le terrorisme, les programmes scolaires, la durée du travail, la justice, la police, les fichages informatiques, les syndicats, l’armée, et bien sûr le sujet le plus en vue : l’immigration. Et comme si cela ne suffisait pas la vision qu’ils appellent « communiste » de la liberté de mœurs s’est évaporée sous la pression des milices citoyennes. Y compris dans le marais il était impossible de s’afficher avec son conjoint ou même de porter une tenue vous identifiant comme « déviant ». La gay pride a été annulée « pour raison de sécurité », les subventions aux associations ont été toutes retirées et la politique de prévention du Sida est maintenant dans les mains du ministre de l’intérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">La vie devenant totalement irrespirable ils sont partis à Biarritz pour rejoindre quelques amis qui avaient déjà déménagés et vivre dans un endroit encore sûr, croyaient-ils. Ils ont pris la précaution de se faire passer pour cousins, seul moyen pour deux hommes de trouver un appartement et un emploi. Ils avaient retrouvé le calme, ici les milices du sud-ouest étaient peu nombreuses et pas très virulentes. Jusqu’au jour où ils ont été dénoncés par le voisin de palier. La suite est habituelle : arrestation, prise d’empreintes génétiques, interrogatoires, menaces, brutalités. Malgré cela aucune preuve n’a pu être apportée des liens qui pouvaient les unir, ils ont donc été relâchés avec une mise en garde : « La prochaine fois c’est Pithiviers, on vous a à l’œil ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ils avaient mis 2 mois à planifier leur départ : rassembler l’argent nécessaire, prendre des contacts avec des passeurs, tirer quelques dollars des bricoles qui en valent la peine. Le grand jour était fixé un vendredi à 19h. Ils ont mis 9 jours de moins que moi pour arriver jusque-là, et ça leur a coûté 10500 $.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils m’ont demandé pourquoi j’en étais là, ce que j’avais fait et qui j’étais. Je leur racontais mon métier de tapissier à Châteauroux, mon engagement politique, mes éditoriaux dans le dernier journal libre. Puis les ennuis à répétition comme la fermeture de mes comptes bancaires sans explication, la voiture grise garée devant chez moi et qui me suit partout, mon ordinateur piraté, mon appartement cambriolé 4 fois dans la même semaine ou encore les lettres anonymes chaque matin dans ma boite aux lettres.  Par une relation au commissariat j’ai su deux heures avant qu’ils allaient venir m’arrêter pour m’interroger une énième fois, mais avec l’intention « de me faire avouer ma trahison par tous les moyens ». Moins de 10 minutes après je dévalais l’escalier avec mon sac à dos bourré de quelques fringues et de liquide. Je suis passé par la porte des poubelles le plus discrètement possible et j’ai disparu comme l’éclair.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui nous marchons côte à côte, fiers d’aller vers la liberté, la prospérité, vers une vie normale, mais tristes d’avoir dû quitter la France, notre pays qui n’est plus qu’une gigantesque prison à ciel ouvert pour tous ceux qui soutiennent mollement le pouvoir et un cachot pour ceux qui osent contredire les discours officiels.<br />
Nous atteignons les premières maisons, quelques enfant passent, indifférents. Au coin d’une rue déserte nous croisons deux policiers comme n’importe quels autres ici : moustachus. Le plus petit des deux s’est approché de nous et a sorti un papier du croissant rouge qu’il nous a donné. Dans un français approximatif, mais avec son sourire tout devenait compréhensible, il nous a dit que c’était la liste des centres d’hébergement et de demande d’asile. Après quelques remerciements d’usage nous avons passé le coin de la rue. A trois pas devant nous trônait un vieux panneau rouillé, il indiquait l’entrée de la ville. Nous nous sommes arrêtés net devant lui, comme si nous avions besoin de nous pincer pour réaliser que nous ne rêvions pas. Nous étions là, devant le panneau aux 5 lettres magiques qui faisait la petite phrase qui sert de mot de passe pour parler de « là-bas » entre migrants et que l’on se dit en s’endormant pour se donner le courage de continuer. Naturellement, spontanément, nos souffles se sont accordés et comme une ritournelle enfantine nous avons dit en cœur : Debout Ames Meurtries Agonies Sacrifiées.</p>
<p style="text-align: justify;">Au premier battement de cil j’ai senti une légère irritation, au second une première goutte est apparue et au troisième j’étais aveuglé par les larmes. Nous nous sommes embrassés longuement tous les trois au pied du panneau, à un pas d’un futur possible, unis par l’exil.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
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