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	<title>Archives des art - Alexandra Koszelyk</title>
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	<title>Archives des art - Alexandra Koszelyk</title>
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		<title>Dans un voyage, le plus long est de franchir le seuil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Feb 2019 04:19:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
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<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/dans-un-voyage-le-plus-long-est-de-franchir-le-seuil/23127/">Dans un voyage, le plus long est de franchir le seuil</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2019/01/steven-ramon-374509-unsplash-700x933.jpg" alt="" class="wp-image-23100"/><figcaption>© Steve Ramon</figcaption></figure>



<p>Les portes m&rsquo;ont toujours fascinée. Le passage d&rsquo;une pièce à l&rsquo;autre, d&rsquo;un monde à l&rsquo;autre, transition voulue ou subie. La sublime porte, la porte dorée, aux portes de la mort, la porte Nord, la porte Sud, la porte de la Cité, les portes albaniennes du Caucase, les portes de fer, les portes de l&rsquo;enfer, la porte du Paradis.&nbsp;<br>Une porte béante, encadrée d&rsquo;une moulure, une belle porte, une porte de prison, une porte condamnée. La porte d&rsquo;un alcôve, d&rsquo;une antichambre, d&rsquo;un atelier où il se plait à bricoler. La porte d&rsquo;un bar, d&rsquo;une boutique, d&rsquo;un cabaret, la porte de ce temple où il m&rsquo;aima. La belle porte, la porte dérobée, la porte de derrière, la porte étroite d&rsquo;Alice. La grande porte par laquelle j&rsquo;accueille mon Roi, la porte cintrée, ogivale, voûtée, cavalière, cochère, la porte bâtarde par laquelle il me quitte au petit matin. Oui, j&rsquo;aime les portes. &nbsp;&nbsp;<br>La porte de son âme est faite de chêne, de bronze et d&rsquo;ivoire. Je pose ma main sur cette surface cloutée et capitonnée ; une porte à tambour qui jamais ne grince. J&rsquo;y entre sans frapper, elle donne sur le coeur de mon Roi,&nbsp; palais ouvert aux mille portes où je me perds avec délice. </p>



<span id="more-23127"></span>



<p>© Alexandra K, dimanche 3 février 2019</p>



<p><strong>***</strong></p>



<p><strong>Le texte du Mexicain jaune </strong>: </p>



<p> L&rsquo;homme n&rsquo;en pouvait plus de ce monde trop chargé. Trop de publicités, trop d&rsquo;agitation, trop d&rsquo;informations, trop de choses, trop de gens.Alors il se fabriqua des lunettes simplifiantes. Des lunettes qui réduisaient les choses à leur substance essentielle en les stylisant. Une porte en bois devenait un rectangle. Une maison ressemblait à un dessin en fil de fer d&rsquo;un enfant de 5 ans. Un homme, une femme étaient représentés en quatre traits et un cercle pour le visage.L&rsquo;homme souffla enfin.&nbsp;<br>Ses journées devinrent plus simples, plus efficaces. Il apprécia de nouveau les idées, les mélodies, l&rsquo;essentiel. Rien pour l&rsquo;alourdir, pour l’embarrasser. Aucune apparence physique disgracieuse ou attirante qui le détournait de son chemin.Il avait enfin trouvé la solution.Puis un jour, alors qu&rsquo;il déambulait dans des rues filaires, il la croisa. Une géante blonde avec des formes de déesse. Les lunettes simplifiantes n&rsquo;avaient aucun effet sur elle. Elle était l&rsquo;invariant de cette matrice fictive. Elle était SON invariant, l&rsquo;unique solution à l&rsquo;équation qui le tracassait depuis sa naissance.Il ôta ses lunettes et s&rsquo;approcha d&rsquo;elle.&nbsp;<br>Il se présenta. Elle lui sourit. <br>« Enchantée, moi, c&rsquo;est K. » </p>



<p>***</p>



<p><strong>Le texte de Géraldine : </strong></p>



<p>Comme toujours quand j’étais perdue, mon salut était d’aller au musée. Il se trouve que ce samedi là, je n’étais pas à Paris mais de retour dans ma ville natale. Ceci expliquait d’ailleurs surement cela. Faire une heure et demie de train, et me retrouver quelques années en arrière quand j’avais foi en tout, avait un effet cathartique : j’étais submergée par les émotions.&nbsp;</p>



<p>Je devait trier quelques cartons pour faire de la place ; c’était en tous cas l’excuse trouvée par ma mère pour me faire venir dans la maison de mon enfance. Au milieu du fatras de mes agendas et correspondances d’adolescente, je sentais les larmes m’envahir …</p>



<p>«&nbsp;Le thé est servi&nbsp;» m’interrompit ma mère en entrouvrant la porte de ce qui était mon ancienne chambre désormais transformée en bureau. Je la suivis avec soulagement pour ce rituel si réconfortant. Voir le thé remplir la tasse de porcelaine bleue et inonder le temple chinois peint au fond me procurait toujours un apaisement ; sans parler du goût des pains d’épices se mariant divinement avec celui du thé de Noël Mariage Frères.&nbsp;</p>



<p>La conversation fut plaisante même si, en réalité, c’était ma mère qui me disait tout ce qu’elle avait à me dire. Je la laissais faire car mon esprit était déjà ailleurs, au musée des beaux-arts de la ville. Il fallait que j’y aille. Je devais voir les Emile Friand de mon enfance pour respirer à nouveau devant leur beauté.&nbsp;</p>



<p>J’inventais une course urgente à faire et plantais là mes parents. Après un quart d’heure de marche, j’y étais. Le musée allait bientôt fermer et je dus traverser à regret les salles au pas de course pour arriver devant les oeuvres familières et chéries dont celle, si magnétique, représentant un cortège en deuil. J’étais enfin devant ce tableau que j’avais tant contemplé petite quand mon regard fût attiré par une grande boîte blanche posée un peu plus loin dans la salle. Elle était munie d’une porte avec un écriteau indiquant : « Capacité à respecter : 3 personnes maximum&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>J’avançais vers cette boîte et y entrais. Je fus saisie. Des néons lumineux en forme de carré s’enchevêtraient presque à l’infini dans ce cube plongé dans le noir. Une autre personne était là et contemplait l’oeuvre. Nous partagions ensemble ce silence et ce vide. Ma respiration s’était ralentie, j’étais bien. Ce n’était pas beau mais vivant. L’installation, toute en lignes de fuite et en contrastes, semblait dire que l’important est l’inconnu ; ce qui vient après ou ce qui n’est pas visible. &nbsp;</p>



<p>Je restais là à contempler quelques minutes, puis je sortais, de cette boîte et du musée. L’air glacial fouetta mon visage et je souris, rassérénée.&nbsp; &nbsp;</p>



<p><strong>***</strong></p>



<p><strong>Le texte de Cloud</strong> : </p>



<p>Dans les années quatre-vingt, Wattaw, artiste contemporain,
eut la chance d’exposer une œuvre audacieuse dans le Palais du Gdaz à Tres en
Belmanie. Une aubaine pour lui, en mal de reconnaissance. Il pouvait montrer là
de quoi il était capable&nbsp;: des tubes de néon montés sur de fins supports
en résine se croisant géométriquement et décrivant carrés, rectangles et
polygones à peine colorés sur un fond noir. Un beau travail d&rsquo;abstraction.</p>



<p>A vrai dire, il y avait peu de chances que les gens
s&rsquo;attardent devant son oeuvre. Le pays, réputé conservateur, était plus enclin
à admirer l&rsquo;art religieux, comme les tableaux de Le Sueur ou Philippe de
Champaigne que celui, conceptuel, d&rsquo;un jeune rêveur écervelé. Wattaw était,
lui, convaincu qu&rsquo;il contribuait modestement à «&nbsp;faire bouger les
lignes&nbsp;» comme il aimait à le répéter, mais il fallait se rendre à
l&rsquo;évidence&nbsp;: à Tres, le public risquait, hélas, de mettre sa création sur
le même plan qu&rsquo;une enseigne de magasin ou une indication d&rsquo;issue de secours.</p>



<p>Le premier jour de l&rsquo;installation, tandis que les rares
spectateurs erraient indifférents dans les allées du palais, une forme humaine
se mit à apparaître progressivement dans le carré central de la composition de
Wattaw. Une jeune femme superbe, vêtue d&rsquo;une robe blanche qui lui moulait le
corps, les mains croisées sur les seins, un sourire à la Mona Lisa, apparut en
lévitation dans un halo de lumière. </p>



<p>Les doux yeux immobiles et enjôleurs de la femme
paraissaient se focaliser sur une spectatrice âgée qui commençait à râler devant
le titre de l&rsquo;oeuvre&nbsp;: «&nbsp;Cosmologie Scapulaire&nbsp;». L&rsquo;octogénaire,
sentant qu&rsquo;elle était observée, leva la tête, et comme foudroyée, tomba à
genoux sur le dallage, les bras en croix, en s’écriant&nbsp;: «&nbsp;Sainte
Zula&nbsp;!&nbsp;». Quelques personnes se précipitèrent,
leurs regards d&rsquo;abord captivés par l&rsquo;apparition, puis par l&rsquo;attitude de la
vieille femme. Ils se signèrent au cas où. Des passants de la rue, attirés par
l&rsquo;agitation, se ruèrent avec fébrilité à l&rsquo;intérieur de la salle&nbsp;.
Rapidement, ce fut un chaos général. Les uns priaient, d&rsquo;autres chantaient des
cantiques, certains se flagellaient. Les paralytiques se mirent à marcher, les
aveugles à voir, les politiques à se repentir. L&rsquo;évêque local consacra à la
hâte le Palais par aspersion répétée d&rsquo;eau bénite et dans les jours qui
suivirent se succédèrent processions, pèlerinages, tours opérators et marchands
de frites. La ville de Tres devint en quelques mois aussi populaire que Lourdes
et Fatima.</p>



<p>Je retrouvai quelques décennies plus tard, Wattaw. Il était
devenu électricien chez un petit artisan local. Il ne créait plus. Tandis que
je lui ravivais le souvenir et le complimentais pour son oeuvre exposée au
Palais du Gdaz, il me murmura la cigarette collée aux lèvres, absorbé par la
réparation d&rsquo;une ampoule à filament&nbsp;: «&#8230; Mouais&#8230; L&rsquo;hologramme, était
sans doute de trop&#8230;&nbsp;».</p>



<p><strong>***</strong></p>



<p><strong>Le texte de Val</strong> : </p>



<p>&#8211; Monsieur s’il vous plait, le musée va fermer.&nbsp;</p>



<p>&#8211;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &#8211;&nbsp;Hein&nbsp;? Comment&nbsp;? Mais quelle heure est-il&nbsp;?</p>



<p>&#8211;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &#8211;&nbsp;Le musée ferme dans cinq minutes. Il est 19h55. Merci de récupérer au plus vite vos affaires au vestiaire. Bonne soirée.</p>



<p>&#8211;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&#8211;&nbsp;&nbsp;Bonne soirée.&nbsp;»</p>



<p>Je n’y croyais pas, que m’était-il arrivé&nbsp;? J’étais pourtant arrivé en milieu d’après-midi dans ce musée d’art moderne que je découvrais pour la première fois. J’y ai vu de tout&nbsp;: des installations des plus étranges avec du matériel de toutes sortes, des matières nobles, des objets de récupération… Et il semble que j’ai été complétement happé par ces traits lumineux. Je ne comprends pas. Je les avais certes repérés de loin mais rien ne laissait penser que j’allais être obnubilé à ce point par ces lignes.</p>



<p>Je suis resté plus de cinq heures devant ces rayons… Comment est-ce possible&nbsp;? C’est la première fois que cela m’arrive. J’ai été touché par des œuvres, j’ai été choqué par des œuvres, j’ai été admiratif, contemplatif, interrogatif mais transporté de cette manière cela ne m’était jamais arrivé. Il est vrai qu’en ce moment, je suis un peu perdu, je ne sais pas trop quelle direction prendre dans ma vie personnelle, dans ma vie professionnelle. Je cherche une issue à plusieurs problèmes. Peut-être ai-je espéré trouver dans ces rais ma voie, le chemin à prendre et me suis-je laissé emporter. J’ai dû suivre ces lignes dans un sens puis dans l’autre, de gauche à droite, du haut vers le bas et vice versa… et j’ai dû m’endormir, sans trouver la porte du labyrinthe. Je ne vois que cela.</p>



<p><strong>***</strong></p>



<p><strong>Le texte d&rsquo;Anne-Marie : </strong></p>



<p><strong>Artiste en herbe </strong></p>



<p>Il était heureux, heureux de
contempler son œuvre entre symétrie et asymétrie. </p>



<p>Sans grande conviction, il avait
contacté une association de son quartier fondée par des artistes de tous bords.
Leur vocation était très louable&nbsp;: «&nbsp;repérer et promouvoir de jeunes
talents&nbsp;». Ceci, bien en marge du système scolaire qui jusqu’à preuve du
contraire n’a guère les moyens de détecter les dispositions artistiques d’un
enfant ou d’un adolescent. Ces jeunes artistes en herbe s’ignorent et sont souvent
peu stimulés. L’inefficience d’un système d’éducation peut éteindre à tout
jamais leur créativité. Or, il s’agit bien de ne pas enfermer ces talents
naissants dans un cadre. </p>



<p>Les premiers contacts avec
l’association avaient été riches d’échanges, d’encouragements. </p>



<p>Très vite, une confiance
réciproque s’était établie. </p>



<p>C’est sur cette base qu’il
s’était lancé, avec toute l’énergie dont il ne se serait jamais cru capable,
dans la réalisation de cette œuvre qui l’habitait. </p>



<p>La recherche d’un local à la
mesure de ce qu’il souhaitait, ne fût pas chose simple. Un vieux hangar
désaffecté fît l’affaire. La solidarité présente à chaque étape de sa quête le
porta jusqu’à l’aboutissement de son projet. </p>



<p>Aujourd’hui, la dimension de
toute son entreprise le dépassait. Et là, seulement, à ce moment, il
s’interrogea sur le besoin&nbsp; qu’il avait
eu d’enchevêtrer ces lignes. Son esprit se prit à vagabonder. Son irrépressible
quête d’infini le conduisait sur des chemins jusqu’alors ignorés de lui. Mais,
cet entrecroisement lumineux, savamment orchestré, lui laissait entrevoir des
abysses vers lesquelles, il ne s’était jamais penché. </p>



<p>Le noir profond qu’il avait voulu
ainsi, soudain, l’inquiéta. Les récents évènements qui l’avaient affecté
n’étaient certainement pas étrangers à ce choix. Une indicible mélancolie
s’empara de lui. </p>



<p>La contemplation d’un ciel sans
nuage emporte vers l’infini, la lumière, la vie.</p>



<p>Mais, ce noir que disait-il de
lui&nbsp;? La petite musique de son histoire intérieure, soudain, l’inquiéta. La
pensée d’aller vers ce cadre noir puis de basculer, puis de sombrer dans une
ineffable angoisse le glaça. </p>



<p>Transcender ses peurs ou les
affronter&nbsp;? Sa raison reprit le dessus, pour combien de temps&nbsp;? </p>



<p>Il se vit dans sa chambre
d’enfant où sa mère pour défier ses peurs enfantines lui avait accroché un
petit nuage plein d’étoiles. C’était il n’y a pas si longtemps. Mais, il
réalisait que son entrée dans l’âge adulte le dépossédait de toute innocence et
qu’il lui faudrait bien du courage pour affronter les démons qui
immanquablement font prendre conscience de la condition humaine. </p>



<p>C’est alors que son œuvre lui
apparut bien incomplète. Sans lueur, sans source de vie. </p>



<p>Il se promit de l’achever en suspendant quelques constellations pour une seconde naissance. </p>



<p>***</p>



<p><strong>Le texte de Mijo : </strong></p>



<p><strong>LE PASSAGE</strong></p>



<p>Ça y est !!! Nous y voilà… On l’a trouvé le passage, le
passage vers un autre monde. Après de nombreuses recherches, de multiples
voyages de par le monde. On y est!!! </p>



<p>Théo est déjà passé … Il a été aspiré, je ne sais pas quand
je le reverrai, ni si je le retrouverai un jour.</p>



<p>Il n’a pas hésité. Il est sûr de lui. Il m’a serré dans ses
bras et m’a dit: «Adieu ou à bientôt qui sait dans un nouveau monde, un monde
meilleur!!!»</p>



<p>Qu’est-ce qu’il en sait… un mode meilleur…On sait que l’on
part mais on ne sait même pas si on peut revenir.</p>



<p>Remarque, je comprends Théo, sa vie était devenue une vrai
chienlit. Depuis quelques mois, il avait perdu son job. Comme il ne pouvait
plus maintenir son train de vie, sa femme est partie avec les enfants. Il a dû
lui laisser la maison pour les gamins… Il avait atterri dans un petit
appartement de quartier, si petit qu’il ne pouvait pas accueillir ses mômes.
Ses gosses qui ne voulaient plus le voir et le dénigraient de plus en plus. Je
suis le seul ami qui lui restait. Alors, un autre monde, une autre vie,
ailleurs…</p>



<p>Je n’aurais pas hésité. Mais, là&#8230; Ma vie me convient.
Certes, on peut toujours vouloir plus, mais…j’ai un travail dans lequel je
m’épanouis dans une bonne ambiance sauf peut-être Denis un collègue un peu trop
m’a tu vu, mais bon, chacun est comme il est. Un boulot qui me permet
d’entretenir une confortable maison de maître dans un petit village à une
dizaine de kilomètres de la grande ville. Une jolie femme, que j’aime et qui
m’aime, entretient notre havre de paix et élève notre progéniture. Que demander
de plus, Il y a bien des disputes et des engueulades mais comme dans toutes
familles. Les grands-parents nous accueillent souvent pour les vacances que les
enfants passent avec les cousins et cousines.</p>



<p>Théo a tout quitter sans regrets. J’irais bien voir de
l’autre côté… mais est que je pourrais revenir?</p>



<p>Et revenir … au même moment, dans le même lieu …Rien n’est
moins sûr. Peut-être, que ce nouveau monde est un paradis. Où il fait toujours
beau, où les gens sont en harmonie, en paix. Mais, peut-être, ce nouveau monde
est noir, triste, miséreux, plein de violence. Ou bien, les extraterrestres,
les robots ou l’intelligence artificielle ont pris le pouvoir. Comment savoir…</p>



<p>Partir ou rester, l’aventure ou la sécurité, la curiosité ou
la sérénité, l’ici ou l’ailleurs…</p>



<p>***</p>



<p><strong>Le texte de Kroum : </strong></p>



<p>

Allez, viens, approche toi,<br>
N’ai pas peur, ça ne mord pas.<br>
Regarde le, lui, il est venu,<br>
d’accord, il est jeune, bien vu !<br>
Pourquoi pour un adieu,<br>
on n’aurait pas le droit de faire comme eux ?&nbsp;<br>
Allez, viens t’asseoir près de moi !<br>
Ça remonte à quand notre dernière fois ?<br>
Tu sais on peut tout s&rsquo;dire, on sera là juste toi et moi.<br>
Allez, qu&rsquo;est-ce que tu fous ? j’ai réservé ce lieu magique.<br>
Arrête de jouer au jeu stratégique<br>
Du viendra, viendra pas,<br>
je t’attends. Elle ne serait pas contente, tu sais, si tu n’étais pas là<br>
pour cette dernière fois.<br>
J’aurais pu organiser la cérémonie à la synagogue, c’était plus près,&nbsp;<br>
Mais tu es baptisée…<br>
Tu vois, t’avais raison,&nbsp;<br>
avec cette histoire de religions<br>
ça ne pouvait pas marcher toi et moi.<br>
Y a déjà ça qui nous opposait tu disais, pas le choix !<br>
Allez, viens, tout est organisé.<br>
Et promis, ça va être simple dans ce crématorium modernisé.<br>
Tu verras, tout va bien se passer :&nbsp;<br>
On va la voir&nbsp;<br>
Défiler Notre Histoire,<br>
Sur cet écran en 3D,<br>
Nos fou rire, tes doutes avérés,<br>
nos discussions en virtuel,<br>
et tous ces moments réels,<br>
avec nos jeux et tout ce qu’on ne peut pas avouer.<br>
On risque c’est vrai d’un peu pleurer,<br>
certainement plus toi&nbsp;<br>
que moi,<br>
mais aussi d’à nouveau rire à nos prises de tête sur plein de sujets.<br>
Ne t’inquiète pas, ça ne va pas trop durer,<br>
10 ans de deux vies ça va vite passer.<br>
Et j’ai choisi les musiques qu’on aimait bien,&nbsp;<br>
du jazz et du Chopin.<br>
Tu verras, on va bien la saluer cette Histoire,<br>
et tout doucement on la verra brûler, Notre Histoire,<br>
qu’on n’a pas su bien mener, faut croire.<br>
Après le film, la société nous remettra les cendres,<br>
ça peut surprendre&nbsp;<br>
mais c’est surtout symbolique<br>
car il va falloir les enterrer pour qu’elles ne deviennent pas diaboliques<br>
dans nos nouvelles vies publiques.<br>
J’ai aussi préparé une surprise, tu sais ?<br>
Tu me diras si elle te plait.&nbsp;<br>
S’ancrer toi et moi ? On n’a jamais vraiment aimé.<br>
Par contre, le vide, ça ça nous sied !<br>
Le funambule sur son fil en l’air<br>
Ça nous a toujours inspiré du tonnerre !<br>
Que dirais tu d’une dernière virée en duo en parachute<br>
Et on les disperserait pendant la chute&nbsp;<br>
En prenant garde de ramasser nos cheveux hirsutes ?<br>
Allez, viens !<br>
Au fait, est ce que tu vas bien ?

Allez, grouille toi,<br>
il fait froid.<br>
Au fait, tu sais, je t’ai aimée,<br>
Même si c’était compliqué.<br>
Je te le dis aujourd’hui simplement,<br>
parce que ça n’a plus d’importance maintenant.

</p>



<p>***</p>



<p><strong>Le texte d&rsquo;Apolline : </strong></p>



<p><strong>Architecture géante </strong></p>



<p>Elle, il, regarde &#8211; le neutre
n’existe pas en français &#8211; il, elle, est tourné et porte un sac à dos qui
plombe un peu ses épaules. Il, elle, voudrait faire partie de l’œuvre, il,
elle, se tient au bord, bras nus et cheveux bicolores et elle, il, a les yeux
rivés sur les lignes lumineuses et géométriques. Rectangles, angles acérés,
imbroglio de croisements blanc-gris, lignes de fuite qui sortent du tableau,
perfection des obliques, traces en 3 D, relief phosphorescent et insolite d’un
devant et d’un arrière sur fond noir et obscur d’une nuit sans lune. </p>



<p>Se préparer à l’abîme, tomber
dans le carré lumineux après avoir enjambé d’un grand pas hasardeux la croix
aplatie du premier plan. Entrer dans l’inconnu, tâter l’impalpable, être séduit
par la ouate d’ébène, s’enfoncer dans le spongieux, plonger dans cet espace qui
sépare de la prochaine ligne pour atteindre au fond le carré salvateur. Car il,
elle, aime la forme du carré, angles droits, rectitude, sécurisation des
contours, égalité des parois, fraternité de l’emboitement comme une protection
d’un carré dans un autre. Equilibre suspendu de la structure, précarité du
labyrinthe mais certitude que le carré tiendra, soutiendra, aidera,
accompagnera le voyage de il, elle, dans le trou noir, le il, elle qui
s’accrochera aux cloisons de séparation et décidera de se lancer. Sidération du
parcours, regard écarquillé, antennes en orbite, oreilles déployées et corps en
lévitation. </p>



<p>Le grand espace intersidéral
l’absorbera et il, elle, verra les grandes lignes éblouissantes se dissoudre
dans l’infini.</p>



<p>Il, elle, n’aura pas résisté à
l’appel du vide.</p>



<p>***</p>



<p><strong>Les textes écrits sur d&rsquo;autres blogs : </strong></p>



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		<title>Insuffler la psyché , souffle divin &#8230; Ecriture en atelier 246</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/cest-sur-il-est-dailleurs-ecriture-en-atelier/18277/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Dec 2016 03:00:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[ciselures]]></category>
		<category><![CDATA[écrire à partir d'une photo]]></category>
		<category><![CDATA[forgeron]]></category>
		<category><![CDATA[kot]]></category>
		<category><![CDATA[mythe de Galatée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au loin, le marteau entonne un chant de sons sourds et métalliques. En rythme, de manière lancinante, sans rater une croche, le forgeron façonne le métal et l’anoblit. De façon maîtrisée, il [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p><div id="attachment_18252" style="width: 285px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-18252" class="size-full wp-image-18252" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/12/kot-photo-beaubourg.jpg" alt="" width="275" height="405" /><p id="caption-attachment-18252" class="wp-caption-text">© Kot</p></div></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Au loin, le marteau entonne un chant de sons sourds et métalliques. En rythme, de manière lancinante, sans rater une croche, le forgeron façonne le métal et l’anoblit. De façon maîtrisée, il effleure la peau de cet objet en devenir, il lui porte un tel soin et pose sur son oeuvre un regard si profond qu&rsquo;elle ne peut que naître belle.<span id="more-18277"></span></p>
<p style="text-align: justify;">A mains pleines, il prend l&rsquo;objet, le tourne et le retourne habilement jusqu&rsquo;à ressentir dans sa paume une chaleur conjecturale. Puis, soudainement, ses mains se font douces et effleurent délicatement l&rsquo;objet lissé. Là, il sent alors la pulpe de ses doigts résonner encore sous les couleurs apportées par la frappe. Tel un divin démiurge, il hume et contemple les creux et les bosses de sa Galatée nouvellement formée.</p>
<p style="text-align: justify;">De parts et d&rsquo;autres d&rsquo;elle, des lettres. Elles l&rsquo;entourent, la portent, la protègent même. Chacune est une véritable épopée en devenir, chacune est un symbole crypté que seul l’œil averti saura percevoir, aimer, et transcender.<br />
Là est le secret de l&rsquo;Art, son exigence aussi.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis cette oeuvre, et jamais je ne connus forgeron à l&rsquo;aussi beau regard.</p>
<p style="text-align: justify;">© Alexandra K. le 24 décembre</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte d&rsquo;Anselme</strong> :<br />
Mon père fut l&rsquo;architecte de ce monument, qu&rsquo;il acheva juste avant sa mort. J&rsquo;avais à peine dix ans.<br />
Sous la voûte, les arcanes de fer forgé projettent leurs ombres désordonnées sur le sol et se dessinent à terre des motifs improbables.<br />
Je suis certaine que ce bric-à-brac cache un message secret qui m&rsquo;est destiné. Mon père avait encore tant de choses à me dire.<br />
Aussi, depuis trente ans, j&rsquo;observe le mouvement complexe des ombres qui fluctuent au gré des heures dans l&rsquo;espoir de trouver un sens à tout cela. Sur mon petit carnet vermillon, je fais des croquis et note tous les indices.</p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;ai appris par coeur le dictionnaire des symboles, je me suis initiée au sanskrit et à douze autres langues mortes. Dans ces étranges arabesques de lumières et d&rsquo;ombres, j&rsquo;ai vu des X, des Y, des K, des roues de char romains et des méduses filandreuses. J&rsquo;ai cru reconnaître mille détails et mille choses sans y trouver l&rsquo;essentiel.<br />
Et puis un mardi vers 21h, peu de jours après mes quarante ans, j&rsquo;ai croisé cet homme sous le dôme. Les ombres avaient déserté la place.<br />
Il m&rsquo;a prise doucement dans ses bras et m&rsquo;a guidée vers la vérité.<br />
« Ces formes ne sont pas des symboles unitaires mais des pièces d&rsquo;un vaste puzzle. Considère l&rsquo;ensemble et non pas les entités distinctes. »<br />
Ainsi parla l&rsquo;homme.<br />
Le lendemain, je retournai et je vis.<br />
Mon instinct ne m&rsquo;avait pas trompée.</p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;aimerais tant être sa méduse et flotter voluptueusement dans ses limbes enchanteresses.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Terjit</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Nous marchons depuis une demi-heure à petits pas vers cette grande dame posée au milieu de la Seine, main dans la main sans dire un mot pour laisser la place à l’émotion. De loin elle parait massive mais plus nous nous rapprochons plus les détails se dessinent. Les arcs-boutants se détachent les uns après les autres, ce qui paraissait monolithique devient dentelle, les ombres de la multitude de sculptures donnent un relief inimaginable, elle en devient légère, presque aérienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Juste avant de traverser la Seine, celui dont je ne connais même pas le prénom s’arrête et plante son regard d’un noir abyssal dans mes jolis yeux bleus. Pendant qu’un sillon glacial me pétrifie mon cerveau s’emballe : il va m’abandonner trouvant un prétexte futile pour me dire que notre histoire fut belle mais sans lendemain, ou même partir sans ne rien dire. Mais non suis-je idiote il va me prendre dans ses bras et tenter de m’embrasser, j’en meurs d’envie bien sûr mais c’est trop tôt, pas ici devant Notre Dame et sous le regard de mamie mésange. Mais comment lui dire sans qu’il se sente éconduit ? Ou alors il va aller m’acheter une boule à neige dans ce magasin de souvenirs clinquant ? Ce serait ridicule mais si adorable…</p>
<p style="text-align: justify;">Ses lèvres s’ouvrent, un son va sortir, je suis en train de perdre pied, dépêche-toi de me dire pourquoi tu t’es arrêté s’il te plait pour que je puisse mourir en paix. Voyant mon inquiétude il prend son ton le plus suave pour me dire : vanille ou chocolat ? &#8230; Hein ? Quoi ? Il est venu jusque-là pour me dire ça ce crétin ? C’est tout ? Je ne lui inspire que ça ? Ou alors c’est un code de drague parisien qui m’échappe, une façon de dire « chez toi ou chez moi » ? Il éclate de rire en voyant ma tête et m’explique que la tradition quand on vient pour la première fois ici est de prendre le temps de contempler Notre Dame puis d’aller sur l’île d’à côté pour manger une glace chez le meilleur glacier du monde pour s’en remettre, un certain Berthillon. Que je suis sotte ! Je voudrais me cacher dans un trou de souris pour qu’il ne me voit pas rougir mais c’est trop tard, évidemment…</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’elle est délicieuse cette glace au chocolat ici avec lui, la meilleure de toute ma vie. Pour le remercier je dépose un baiser sur sa joue gauche, la droite je m’en suis déjà occupée tout à l’heure. Nous sommes assis devant la façade depuis des heures, il y a de moins en moins de monde, les lueurs du jour commencent à éclaircir le ciel. Je suis épuisée mais si heureuse d’être là avec lui. Il me propose de me raccompagner à mon hôtel, j’accepte. Arrivés devant l’entrée il me dit juste « thank you darling » et porte mes mains à ses lèvres en me souhaitant une bonne nuit. Puis avant de s’en aller il sort un morceau de papier et griffonne « Today 4 PM Georges Pompidou center, please ». Je n’ai pas besoin de lui répondre, mon regard est suffisant pour lui dire que bien sûr j’y serai. Dans ma chambre je m’écroule sur mon lit avec son petit mot dans la main, sans même me déshabiller.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ouvre un œil, le soleil entre de plein fouet par la fenêtre, je suis heureuse, si heureuse. Je regarde mon téléphone : notre rendez-vous est dans demi-heure et je ne sais même pas où il est ce truc Georges Pompidou. Je saute du lit, mes vêtements volent partout, je manque de m’ébouillanter sous la douche, j’éclate la bouteille de shampoing qui ne veut pas s’ouvrir, je me lave les cheveux de la main gauche et les dents de la droite, je me savonne avec le reste de shampoing, j’attrape la première serviette qui me tombe sous la main, c’est la minuscule pour les mains, tant pis, pas le temps de faire mieux. Je me regarde dans la glace, j’ai la mèche de Jolly Jumper en travers des yeux, j’attrape ma brosse  pour arranger ça dehors. Je m’habille avec ce que j’ai sous la main, j’attrape mon sac à main et je sors de ma chambre en trombe. Notre rendez-vous est dans 20 minutes. Arrivée devant le concierge je vois son regard amusé et je réalise que Jolly Jumper en jupe violette, t-shirt rose « I love L.A. » et Nike blanches… on est loin du chic parisien… Et je ne sais même pas ce que j’ai mis comme sous-vêtements… je n’ai pas le temps de remonter de toute façon. Je lui demande où il est ce Georges Pompidou, et comment je peux y être avant même de partir d’ici.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le calme de celui qui maîtrise son sujet il fait signe à un homme en costume sombre et me dit que ça va être juste mais que Bernard est un faiseur de miracle. Je m’engouffre dans sa voiture et il démarre comme aux 24h du Mans. Je ne sais pas combien de feux on a grillé ni combien de piétons peuvent aller brûler des cierges pour remercier d’être encore en vie, mais le fait est que 12 minutes plus tard il pile, me dit qu’on est arrivés et que l’entrée est de l’autre côté. Je bondis sur le trottoir, j’évite de justesse un bus en traversant la rue comme une folle et j’arrive enfin sur le parvis, j’ai 6 minutes d’avance.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a un miroir en vitrine d’un magasin, je plonge dans mon sac pour attraper ma brosse et bien sûr elle n’y est pas… J’essaie tant bien que mal de faire quelque chose en tirant pas ci, en collant pas là, frénétiquement, mais mon geste est arrêté net quand j’entends derrière moi sa voix me dire que je suis sublime comme ça… Il est là, à 10 centimètres de mon dos, je sens sa respiration sur ma nuque, son odeur m’enveloppe. Je me retourne, il me tend les bras, je m’y blotti, son visage se rapproche doucement, il dépose un baiser sur mon front, chacun de mes yeux, mon petit nez puis me démontre que le « french kiss » n’est pas qu’une légende. Ses bras me libèrent, sa main comme hier rejoint la mienne. Je regarde enfin autour de moi et j’ai à peine le temps de dire « c’est quoi ce truc immonde avec des tuyaux partout » avant qu’il me dise que c’est un musée consacré à l’art contemporain, qu’il porte le nom d’un ancien président de la république… et qu’il a le privilège d’y travailler comme commissaire d’exposition… j’ai toujours eu le sens du mot juste quand il faut… Confuse une fois de plus devant lui il s’en amuse et pour me détendre il me rassure sur l’harmonie de ma coiffure avec ma tenue  vestimentaire qui vont parfaitement avec l’esprit de ce lieu, un mélange très « art contemporain »… je ris, un peu jaune c’est vrai, mais c’est dit avec tant de gentillesse…</p>
<p style="text-align: justify;">Il me dit que sa journée de travail est finie, que l’exposition sur l’art en résistance ferme dans 10 minutes et qu’il me réserve la surprise d’une visite seule avec lui. Il ne connait rien de ma vie, il n’a aucune idée de mon passé, de ce que peut représenter la résistance pour moi, j’ai peur que ce soit trop violent, que ça détruise toutes ces années à me construire une vie hors de la guerre, mais j’irai au bout du monde avec lui, je vais être forte.</p>
<p style="text-align: justify;">Le début de l’exposition se passe bien, les premières œuvres traitent des vertus de la démocratie, c’est abstrait, même parfois abscons, mais supportable. Je me concentre sur le bonheur d’être avec lui sans trop réfléchir au sens des œuvres. Il ne dit que quelques mots pour ne pas m’influencer ou me donner le sens caché, c’est mieux comme ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous allons quitter la première pièce, il me dit que la prochaine est la plus importante pour lui, qu’il faut qu’il me dise pourquoi avant d’y pénétrer et me demande de m’assoir. Il m’explique que la première œuvre que je vais voir représente une partie de sa vie. D’un ton calme il me parle de sa petite enfance dans un pays qui était en paix mais qui a basculé du jour au lendemain dans la guerre, il avait 5 ans. Ses parents étaient du côté du nouveau pouvoir, son père était même devenu chef de la milice de son quartier. Du jour au lendemain la moitié du quartier est devenu ennemi, les plus prévoyants se sont sauvés très vite, comme ses voisins vers lesquels il a jeté des pierres avec son père sur leur voiture quand ils sont partis. Sous l’influence parentale il a été embrigadé et a lui-même participé à l’épuration en dénonçant des camarades de classe. Les familles les plus chanceuses ont pu fuir, les autres ont été arrêtées et ont disparu du jour au lendemain.</p>
<p style="text-align: justify;">A 10 ans il a eu son premier M16 offert par son père le jour de son anniversaire, dès le lendemain il était posté à un barrage à l’entrée du quartier. Puis un jour le pouvoir a été renversé de nouveau, il avait 16 ans, et de chasseur il est devenu gibier. Son père a été fusillé dans le jardin de sa maison, sous l’amandier, lui n’étais pas là, heureusement. La nuit suivante il s’est glissé dans le noir pour voir sa mère et l’a emmenée avec lui, ils ont parcouru des centaines de kilomètres en évitant les rafles avant enfin de passer la frontière. Ca fait maintenant 10 ans qu’il est à Paris, il ne peut plus retourner dans son pays, le nouveau pouvoir pas plus démocratique que le précédent l’a condamné à mort. Je suis bouleversée par son récit, si proche de ce que j’ai vécu. Bien sûr ce n’est pas tout à fait la même chose puisque lui était bourreau alors que nous nous étions victimes, mais qu’importe, c’est ce qu’il est aujourd’hui qui compte, il ne m’a fait aucun mal et tout le monde a droit à une seconde chance, je souris intérieurement en me disant « surtout lui »&#8230; Dans la pièce suivante il me dit qu’il y a une énorme grille en fer forgé, qu’il l’a trouvée par hasard chez un artiste Bordelais. Cette grille c’est celle de l’école maternelle dans laquelle il était scolarisé avant la guerre et qui exposée ici avec le reflet sur le sol est une expression d’un endroit et d’un envers d’une même médaille, que les situations ne sont jamais immuables. C’est pour ça qu’il a voulu me faire venir ici, pour me livrer de cette façon une petite part de son histoire. Je trouve son intention si touchante que je dis que c’est un très beau cadeau qu’il me fait là, un bon début pour notre histoire. Je suis si heureuse avec lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous levons et passons l’angle du mur, la porte en fer forgé est devant moi. Mes jambes me lâchent, pour la première fois je quitte sa main, je suffoque, je pense à mes parents, je demande pardon à mamie mésange, je revis la peur, la haine que j’ai eue tant de mal à enfouir remonte. Je hurle en silence comme le fond les traqués pour ne pas être débusqués, je sais que si je le regarde maintenant je vais lui arracher les yeux. Il ne comprend pas ce qu’il se passe, il s’excuse de m’avoir amené ici, il me demande ce qu’il y a, il veut comprendre, il dit qu’il m’aime. Il veut me prendre dans ses bras mais je le repousse. Il recommence plus doucement encore, comme on vient au secours d’un animal à l’agonie. Je m’échappe de nouveau. Il ne se résigne pas, recommence à s’excuser, dit qu’il veut me consoler, que si je veux nous allons partir d’ici, qu’il a peur que tout soit déjà fini entre nous, il ne sait plus quoi faire, totalement désemparé par mes réactions. Retrouvant un peu de calme finalement c’est moi qui me retourne vers lui. Je pose ma tête au creux de son épaule et dit simplement « ne t’inquiète pas, ce n’est pas grave, je t’expliquerai un jour, peut-être. Mais maintenant je veux sortir d’ici ». Il ne comprend toujours pas mais s’exécute immédiatement. Nous sommes dehors, dans la vie de Paris, je termine de me calmer. Il n’ose plus dire un mot, alors je prends de nouveau sa main, comme hier soir, et nous remontons le parvis calmement. Comment lui dire que je sais qui il est ? Comment lui dire que cette porte je l’ai franchie chaque matin en même temps que lui ? Comment lui dire que les pierres jetées sur ma voiture avec son père étaient des flèches empoisonnées ? Comment lui dire que j’ai espéré durant des années apprendre que lui, sa famille et tous ses semblables étaient exterminés jusqu’au dernier ? Comment lui dire que j’ai maudit toute sa famille chaque soir avant d’aller me coucher ? Comment va-t-il réagir si je dis la vérité ? Comment lui dire que je vais essayer de continuer à l’aimer malgré tout ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Bénédicte</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi ai-je accepté de partir sans elle ?&#8230;J&rsquo;aurai pu réduire le temps de ce séjour et insister pour qu&rsquo;elle vienne. C&rsquo;est cet éclair de détresse, de chagrin, que j&rsquo;ai vu dans son regard qui aurait dû prendre le dessus sur les mots paisibles et tendres qui sortaient de sa bouche&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Je mets mes pas dans ma vie d&rsquo;autrefois et tout me ramène à elle. Je sors d&rsquo;une Galerie de Manhattan connue pour la sélection pointue de ses photographies, et tout ce que j&rsquo;ai vu derrière ce travail sur les ombres portées ce sont ses jambes dans ses collants de dentelle !&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Elle me manque terriblement. Plus que je ne l&rsquo;imaginais. Elle semble gaie quand je l&rsquo;ai au télépnone, mais je la connais trop pour ne pas entendre les moments où sa voix se brise&#8230;.Je me tourne et me retourne dans mon lit sans trouver le sommeil. Rien n&rsquo;a changé dans cette chambre depuis que je suis parti : les fanions, les trophées, les étagères pleines de livres, les photos punaisées sur le mur, le bureau et sa chaise pivotante, les affreux rideaux&#8230;Ma mère me nourrit comme si j&rsquo;avais besoin de prendre dix kilogs, et mon père me tape sur l&rsquo;épaule à chaque fois qu&rsquo;il me croise dans la maison&#8230;Ils sont heureux que je sois là, mais moi je suis ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis dans cet appartement que nous avons choisi, et dans cette vie commune si douce et si facile qu&rsquo;elle en devient une évidence. J&rsquo;adore être là quand elle rentre, la prendre dans mes bras, mettre ses mains fraîches sous mon t-shirt, et souffler dans son cou pour la réchauffer. J&rsquo;aime l&rsquo;entrainer sur le canapé, étendre ses jambes sur mes genoux, et suivre du doigt les dessins de ses bas sur sa peau en l&rsquo;écoutant raconter sa journée&#8230;Nous ne sommes jamais pressés de diner &#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Souvent le matin je lui suggère de mettre un truc plus chaud, mais le regard en coin qu&rsquo;elle me lance me fait comprendre que la féminité de son automne se trouve dans cette peau à la fois voilée et dévoilée entre les bottines et le bord de sa jupe. Et le sourire qu&rsquo;elle me laisse me dédie par avance la promenade de mes doigts sur les arabesques de ses jambes&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Manue</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Comme un instant suspendu. Un petit miracle au milieu d’une vie tumultueuse. Une seconde hors du temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Assise au bord de la flaque, elle ne pouvait pas en croire ses yeux. Autour d’elle, la tempête faisait rage et pourtant rien ne venait troubler l’eau. Le vent soufflait, grondait, mais pas une risée ne l’atteignait. Pas une ride. Etonnant. Très étonnant.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle avait ce pouvoir. Voir au fond des choses alors que dehors c’est le tumulte.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais c’était la première fois que le calme l’habitait elle, au point de voir au fond de son âme.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la boue des villes détruites, elle lisait la déchéance du monde auquel elle appartenait, elle y voyait sa chance de vivre du côté des bottes en caoutchouc et pas du côté des pieds nus, engourdis par le froid.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les flaques d’eau des cours de récréation ou des allées des jardins publics, un enfant à la main riant aux éclats d’éclabousser les passants, elle savait voir le ciel bleu qui bientôt reviendrait, jamais elle n’en doutait.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son miroir, elle observait les autres et la vie qui s’écoulait au rythme des anniversaires et des manteaux qui étaient toujours plus nombreux sur la patère de l’entrée, preuve que la famille s’agrandissait.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle savait s’arrêter pour voir la rosée du matin lentement s’évaporer au soleil du printemps. Elle commençait à sentir le bonheur s’écouler dans ses veines et la peur quitter ses entrailles. Mais jamais elle n’avait vu si profond en elle, jamais l’échafaudage qu’elle s’était construit ne lui était apparu si solide alors qu’elle l’avait toujours cru fragile.</p>
<p style="text-align: justify;">Non, vraiment, tout ça était très mystérieux. Etait-ce ça le bonheur ? Pouvoir pleurer sur ses désillusions, sentir la rage habiter ses doigts pour le dire au monde et réussir à pourtant s’arrêter un instant pour observer que tiens, oui, la vie, ta vie, la mienne, la sienne, est belle. Elle est douce et fragile, douloureuse parfois, éprouvante aussi, pleine de doutes et d’épreuves, éphémère. Elle s’écoule et s’évapore comme l’eau des flaques rencontrées au hasard d’un chemin.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Valérie</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Ma formation touche à sa fin. Que j ai changé en trois ans !</p>
<p style="text-align: justify;">En troisième alors que mes camarades s&rsquo;interrogeaient sur leur orientation, mon choix était déjà fait. Depuis tout petit, j&rsquo;étais attiré par l&rsquo;art. Je dessinais souvent, je transformais tout ce que je trouvais&#8230;j&rsquo;étais très créatif. Jouer avec les couleurs, les formes était un vrai plaisir. Une sortie scolaire m&rsquo;a particulièrement marqué. Nous avions visité la cathédrale de Chartres en CM2 avec Mme Naudet et j&rsquo;étais resté en admiration devant les vitraux : quelle finesse! Quelle prouesse! La lumière qui pénétrait par ces tâches de couleur me fascinait.<br />
-« Oh! Oh! Fabien!! On y va ! Les autres sont déjà sortis.<br />
&#8211; Ah ! pardon, Madame. J&rsquo;arrive, désolé. Vous savez s&rsquo;il existe encore des gens qui font des vitraux?<br />
&#8211; Oui, sans doute un peu. Des vitraillistes, on les appelle. »</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;idée ne m&rsquo;a jamais quitté. Mes parents auraient préféré que je fasse une seconde générale d&rsquo;autant que mes résultats scolaires étaient très bons. Mais j&rsquo;en avais décidé autrement. J&rsquo;avais pris rendez-vous avec la conseillère d&rsquo;orientation. On avait fait des recherches sur les études possibles et peu à peu mes parents s&rsquo;étaient laissés convaincre par mon enthousiasme. Aussi lors des voeux de fin d&rsquo;année avais-je postulé dans les 4 CAP arts et techniques du verre, option vitrailliste qui existent en France. Je fus pris à celui de Sainte-Luce-sur-Loire en Loire-Atlantique en alternance.</p>
<p style="text-align: justify;">A quartoze ans j&rsquo;allais quitter mes parents, mon frère et ma soeur, mon chien, mes amis, ma maison, ma banlieue. Je ne vais pas dire que je suis parti « comme une lettre à la poste ». J&rsquo;avais souvent la gorge nouée et les larmes aux yeux les premiers temps.</p>
<p>Mais la formation est tellement riche et mon employeur Monsieur S très pédagogue et motivant. Je découvre un vrai métier. Chaque jour m&rsquo;apporte une nouvelle découverte. J&rsquo;apprends l&rsquo;histoire des vitraux, le maniement des outils et des différents matériaux, le verre, le plomb&#8230;C&rsquo;est passionnant. Nous faisons de la restauration de vieilles pièces. Nous sommes en contact avec des peintres dont les oeuvres doivent être transformées. Le soir en rentrant, après un repas vite fait, je me documente, je m&rsquo;informe sur tel ou tel vitrail qui doit bientôt être amené à l&rsquo;atelier et sur lequel j&rsquo;aurais la chance de travailler. Je dessine aussi, en préparation de la création que je devrais produire de A à Z à la fin de la formation. Je m&rsquo;épanouis de jour en jour ne regrettant jamais mon départ.</p>
<p>Devant vous mon dernier travail avant l&rsquo;épreuve finale qui commencera la semaine prochaine et qui décidera de mon avenir.<br />
La demande faite à l&rsquo;atelier était particulière et Monsieur S m&rsquo;a beaucoup sollicité. Il était lui même dérouté. Le vitrail commandé devait transmettre un message, aucune couleur n&rsquo;était autorisée et il devait être positionné à l&rsquo;horizontal&#8230;De quoi rendre fou le plus grand maître verrier! Nous avons travaillé des heures et des heures. Nous avons beaucoup échangé tous les deux, nous avons essayé beaucoup de choses mais nous n&rsquo;étions jamais convaincus. Nous ne baissions pas les bras pour autant. Nous nous sommes accrochés. Nous avons sans cesse fait de nouveaux essais, de nouvelles recherches jusqu&rsquo;à tomber sur des anamorphoses, procédé optique permettant de donner d&rsquo;un objet une image déformée. Nous avions en particulier été interpellés par les oeuvres de Jonty Hurwitz un sculpteur sénégalais. De là, est née notre idée d&rsquo;utiliser l&rsquo;eau, en guise de miroir.  Nous avons eu encore de nombreuses heures de travail pour aboutir au résultat présenté. Le commanditaire du vitrail ne nous a jamais expliqué quel était le message qu’il voulait transmettre. Ce que je sais, en tous cas, c&rsquo;est que pour moi les lettres que nous avons martelées avec monsieur S ont à jamais une résonance particulière : « le Maître Verrier est un Artiste qui Raconte des Histoires ».<br />
Je veux être de ceux-là plus que jamais.</p>
<p>Fort de cette magnifique expérience partagée avec Monsieur S, je suis prêt à bâtir des cathédrales et à affronter sereinement la dernière épreuve de ma formation.<br />
Merci à ceux qui m&rsquo;ont fait confiance.</p>
<p><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Nady</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">LA BEAUTE</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’entrevoir, il faut parfois avoir vécu le pire ; pour la voir du premier coup d’œil, il faut souvent un esprit apaisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Une dépression, un chômage éternisant, un accident, une maladie parsemée d’espoir et de combats, et c’est alors, et seulement après un long parcours pas toujours empli d’or, qu’on l’aperçoit.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le visage de l’amour de sa vie ou de son mini moi, dans les magasins de la place Vendôme, sur des objets d’Art… la beauté absolue s’offre à soi.</p>
<p style="text-align: justify;">La beauté,</p>
<p style="text-align: justify;">Jacqueline Sauvage la verra certainement prochainement la beauté de notre monde après des années de souffrances qui eurent en épilogue les barreaux sinistres d’une prison.</p>
<p style="text-align: justify;">Les barreaux de Kot, eux, sont plus stylés et c’est sur ce beau cliché que notre belle prêtresse des lieux, Leiloona, nous a demandé de nous pencher. Vous me suivez ?</p>
<p style="text-align: justify;">Terjit nous a promis d’y faire le cadre d’une suite de l’histoire de sa tendre narratrice et de l’inconnu du passage de relais…</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, venez avec moi, approchons nous au plus près de ce cliché.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous percevez la signature de Kot en bas, au centre du cliché ? Ce K qui veut se montrer tout en sachant rester discret. A moins que cela ne soit un signe qui incitera Le mexicain jaune à nous parler de sa terrible et énigmatique K ?</p>
<p style="text-align: justify;">Remontons notre regard vers le milieu de la photo. Sur la partie du haut, distinguez vous le symbole de la paix, engoncé pour l’instant dans un rectangle tant les relations diplomatiques mondiales ne sont pas au beau fixe actuellement ? Mais gardons espoir que tout cela s’arrondisse un jour car de chaque côté, il me plait à percevoir le H de l’espoir en anglais (en bas, à droite du signe de la paix si vous penchez un peu la tête à droite ou à gauche d’ailleurs), à moins que cela soit annonciateur de l’Humour de notre cher Claude dans un avant dernier texte de l’année… Et tout en haut, avant le V de la victoire que nous connaitrons contre le terrorisme, retournez complètement le cliché et vous y verrez le E de l’espoir qui se conjugue ici en plusieurs langues.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, redressons la photo et dirigeons notre regard vers la droite de ce E à l’envers ; laissons le se poser sur un autre V de victoire qui semble soutenir les pieds de notre Tour Eiffel.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous me suivez toujours dans ce délire improvisé ? Soyez rassurés, je ne vous en voudrais pas si vous avez abandonné…De mon côté, le Père Noël vient de passer et il me plait à rêver à une future année pleine de Beauté.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, laissez moi vous remercier de votre lecture bien attentionnée et vous souhaite de passer de très belles fêtes de fin d’année.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les textes écrits sur d&rsquo;autres blogs</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1Y1s1ZIFZaCdWzm0av0dBHeByhjIQNc8-_S3iX1Drt54/pubhtml?gid=824206977&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="500" height="350"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/cest-sur-il-est-dailleurs-ecriture-en-atelier/18277/">Insuffler la psyché , souffle divin &#8230; Ecriture en atelier 246</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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