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	<title>Archives des Borgès - Alexandra Koszelyk</title>
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	<title>Archives des Borgès - Alexandra Koszelyk</title>
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		<title>Casa de Papel, atelier d&#8217;écriture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Apr 2018 04:00:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>﻿ Ariana se tenait devant le mur « montgolfières » de son salon. Elle souffla. Dans sa main gauche, l’éponge gorgée d’eau s’égouttait sur le sol. Il ne lui restait que ce [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-21727" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2018/04/balloons-dawn-dusk-106154.jpg" alt="" width="5462" height="3072" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ariana se tenait devant le mur « montgolfières » de son salon. Elle souffla. Dans sa main gauche, l’éponge gorgée d’eau s’égouttait sur le sol. Il ne lui restait que ce quatrième mur à faire, et les travaux seraient finis. Jorge, son père, aurait été fier d’elle, mais il aurait sans doute aimé plus que tout cet immense placard de l’entrée. Ne lui répétait-il pas tout le temps :</p>
<p style="text-align: justify;">-Ma fille, le plus important est de savoir ranger, surtout ses vies.<span id="more-21777"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Elle n’avait jamais compris ses paroles, mais en visitant cet appartement, la voix caverneuse de son père avait résonné. Elle y avait posé ses valises.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’elle débuta les travaux, très rapidement, la situation dérapa : le papier peint était plastifié et l’eau n’y rentrait pas. Elle décida de remettre cette besogne au lendemain, les montgolfières auraient encore quelques heures pour s’envoler. Ariana dormit mal cette nuit-là. Ses rêves étaient peuplés de voix inconnues. Elle se réveilla fatiguée.</p>
<p style="text-align: justify;">Sous les frottements d’une brosse métallique, le papier céda à toute résistance. Il s’effilochait, la spatule glissait allègrement dessous, les montgolfières disparurent une à une. Mais le mur n’avait pas dit son dernier mot. Sous les montgolfières, une forêt de hêtres apparut. Ariana rit jaune. De dépit, elle se coucha toute habillée sur son canapé, la tête tournée vers les feuilles des arbres. Elle rêva de cerfs, de champignons, d’un homme inconnu aussi. Au réveil, il lui sembla avoir vécu plus d’une vie. Elle prit un cachet, la migraine ne passa pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Les jours se répétèrent. Les frottements de brosse, l’éponge gorgée d’eau, les coups de spatule. Chaque papier peint enlevé en mettait un nouveau à jour. Les journées étaient aussi épuisantes que les nuits. Ariana faisait toujours de nouveaux rêves, ils l’épuisaient chaque fois un peu plus. A la fatigue du corps vint celle de l’esprit. Le matin, sa tête tourbillonnait, elle n’arrivait plus à faire de vide. Les voix, les histoires et les vies rêvées s’entrechoquaient. Le 27è jour, elle ne se leva pas. Dans le brouhaha de son cerveau, les paroles de son père revinrent alors. Elle les comprit enfin. Cette illumination la sauva de la folie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la cage d’escalier du même immeuble, la 42è boîte aux lettres débordait. Toute occupée à ses travaux, Ariana ne relevait plus son courrier depuis 11 jours. Dessus, on pouvait y lire son nom en lettres noires :  Borgès.</p>
<p style="text-align: justify;">© Alexandra K, le 28 avril 2018</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pierre</strong> ©</p>
<p style="text-align: justify;">Ils nous avaient dit que les plantes mutent cinquante fois plus vite que les cellules humaines. Qu&rsquo;en une saison, une tomate renouvelle 100% de ses gènes.<br />
Ils nous avaient dit que notre terre grasse se gorgerait très vite.<br />
Ils nous avaient dit que nos vaches, nos chèvres et nos chiens mourraient en trois jours.<br />
Ils nous avaient dit qu&rsquo;il ne fallait plus compter sur le mazout ni sur l&rsquo;électricité pour fuir.<br />
Ils nous avaient dit que les radiations brûleraient nos champs, nos fermes et que seul le ciel serait épargné par le fléau.<br />
Alors, nous avons préparé les montgolfières.<br />
Quand la première bombe atomique explosa, nous étions déjà haut dans le ciel de braise.<br />
Nous pouvons tenir plusieurs mois. Pour aller où ? C&rsquo;est la question. La terre pleure sur tout le globe. Les oiseaux se posent sur les nacelles et leurs yeux blancs ne reflètent que nos interrogations.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cloud</strong> ©<br />
La nature était radieusement baignée de lumières chaudes. Le brouillard cédait peu à peu la place au soleil qui commençait sa besogne en ce matin d&rsquo;été. Les arbres émergeaient lentement de leur nuit bienfaisante. Le paysage avait la beauté d&rsquo;un couvercle de boîte de biscuits.<br />
Monsieur Pontet Duchemin, directeur omnipotent de la Duchemin SA, avait fait réserver cinq montgolfières pour son séminaire d&rsquo;entreprise dont il avait, non sans fierté, choisi personnellement le thème : « S&rsquo;élever pour comprendre ». Au fur et à mesure que la nacelle montait, il sentait son pouvoir s&rsquo;accroître. Il devenait Dieu. Il appela ses quatre collaborateurs par son smartphone afin de leur annoncer qu&rsquo;ils allaient survoler la villa somptueuse qu&rsquo;il avait acquise il y a peu, symbole d&rsquo;une réussite sociale et résultat d&rsquo;un ténacité sans bornes dans les affaires qu&rsquo;il menait. En plus d&rsquo;être un père pour eux, il se devait d&rsquo;être un exemple.<br />
Tandis que les ballons descendaient lentement sur le lieu tant prisé, les nuages s&rsquo;étaient dissipés comme par magie pour laisser apparaître la maison magnifique, ses quelques dépendances, le jardin à la française et, au milieu, la femme de Monsieur Pontet Duchemin, entièrement nue au bord de la piscine, enlaçant un homme grand, d&rsquo;âge mûr, et aux tempes grisonnantes, vêtu du même appareil. Dans les cinq montgolfières qui s&rsquo;attardaient devant le spectacle, chacun reconnu Ernest Levallée, le concurrent viscéral de l&rsquo;entreprise Duchemin.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tara</strong> ©<br />
Eric et Philippe roulaient au petit matin d&rsquo;un dimanche de fin août. A cette heure-là au fond de la Brenne, ils n&rsquo;avaient pas besoin d&rsquo;imagination pour se sentir seuls au monde. Ils retrouveraient les copains de chasse plus tard au bistrot pour partager un petit blanc et les histoires de la semaine. En attendant, la saison n&rsquo;était pas encore ouverte, mais ils allaient réparer des abris de chasse près des étangs.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu causants, peut être mal réveillés, ils savaient apprécier en silence la beauté sauvage de cette campagne, enluminée de soleil levant et ouatée de brumes. Au détour d&rsquo;un rare virage, Eric rompit le silence et s&rsquo;exclama en attirant le regard du conducteur vers le ciel devant eux : des ballons multicolores y flottaient !</p>
<p style="text-align: justify;">« Mince ! Des montgolfières ! »</p>
<p style="text-align: justify;">« T&rsquo;en avais déjà vu par ici toi ? « </p>
<p style="text-align: justify;">« Ben non jamais, tu parles ! C&rsquo;est quoi ces conneries ? « </p>
<p style="text-align: justify;">Philippe avait ralenti, histoire de laisser le temps à son cerveau d&rsquo;enregistrer cet élément perturbant.</p>
<p style="text-align: justify;">« Mais d&rsquo;où y z&rsquo;ont décollé ces crétins d’parisiens pour s&rsquo;envoyer en l&rsquo;air avec ces trucs ? »</p>
<p style="text-align: justify;">« Y vont faire détaler toutes les bêtes des environs ces cons ! »</p>
<p style="text-align: justify;">« Mais c&rsquo;est qui l&rsquo;abruti qu’a autorisé ça ? »</p>
<p style="text-align: justify;">« Dommage qu&rsquo;on n&rsquo;ait pas les fusils, j&rsquo;aurais bien tiré dans ces saloperies de ballons moi ! « </p>
<p style="text-align: justify;">Les invectives rebondissaient entre Eric et Philippe, qui s&rsquo;échauffaient comme l&rsquo;air des aérostats. Tant et si bien que Philippe, malgré qu&rsquo;il ait ralenti, le cou de plus en plus tordu vers le ciel, rata une courbe et précipita le ‎4&#215;4 dans un fossé dont même un 4&#215;4 ne pouvait se sortir tout seul.</p>
<p style="text-align: justify;">« Nom de dieu d’bon dieu d’bordel de merde, tout ça à cause de ces putains d’ballons ! »</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Venusia © </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Halo chatoyant dans la brume du matin</p>
<p style="text-align: justify;">Tu colores de rose ton univers</p>
<p style="text-align: justify;">Tableau éphémère.</p>
<p style="text-align: justify;">La route défile et les arbres te voilent.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu te caches</p>
<p style="text-align: justify;">Je te cherche.</p>
<p style="text-align: justify;">Profiter encore de ta beauté</p>
<p style="text-align: justify;">Te laisser me réchauffer</p>
<p style="text-align: justify;">Avant que la magie ne se soit évanouie</p>
<p style="text-align: justify;">Et le mystère révélé</p>
<p style="text-align: justify;">Au moment même où</p>
<p style="text-align: justify;">Tu scintilleras</p>
<p style="text-align: justify;">De toute ta force</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le vaste ciel azuré</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Valérie</strong> ©</p>
<p style="text-align: justify;">A l&rsquo;occasion du pont du premier mai, j&rsquo;avais organisé un week end en amoureux. Claire était surprise comme jamais. Il est vrai que depuis notre mariage, la naissance des enfants&#8230; devenus grands, nous avons rarement fait d&rsquo;escapade tous les deux. Toujours quelque chose de prévu le week end, une compétition pour l&rsquo;un, un match pour l&rsquo;autre, une réunion de famille&#8230; alors on reporte, on reporte et on reporte encore. Aussi forcément quand je lui ai annoncé lundi dernier que, ce week end, on partait tous les deux elle n&rsquo;y croyait pas. « Mais Jules a une compétition de judo et Lucie un tournoi de badminton. En plus, elle est invitée à un anniversaire &#8230;» J&rsquo;avais beau la rassurer et lui dire que j&rsquo;avais tout prévu, elle s&rsquo;inquiétait et m&rsquo;a posé mille et une questions toute la semaine : « Qui allait gérer les enfants ? leur repas ? leurs matchs ? »&#8230;Il faut dire que je ne l&rsquo;ai pas habituée. L&rsquo;organisation, c&rsquo;est plutôt son truc à elle, que ce soit les sorties, les repas entre amis ou avec la famille, les anniversaires et l&rsquo;achat des cadeaux, les vacances&#8230; Aussi sa suspicion était-elle compréhensible. Mais cette fois-ci, j&rsquo;avais assuré, j&rsquo;avais tout prévu dans les moindres détails. Mon périple devait nous conduire sur la route des vins d&rsquo;Alsace. J&rsquo;avais réservé les trois chambres d&rsquo;une magnifique maison d&rsquo;hôte exactement comme elle aime, à la fois authentique mais avec une décoration contemporaine. Je voulais que personne ne nous dérange et que l&rsquo;on ne dérange personne. J&rsquo;avais repéré de petits restaurants coquets avec une carte alléchante et j&rsquo;avais même vu où nous arrêter pour déguster sylvaner, gewustraminner et autres petites merveilles de ce cru.</p>
<p style="text-align: justify;">Se retrouver tous les deux dans ces conditions idéales a été des plus agréables. Nous avons passé un week end idylique. Claire s&rsquo;est montrée souriante tout le week end allant de surprise en suprise. Elle a même réussi à lâcher son téléphone faisant confiance à ses parents Pierre et Michèle, qui, dans le secret, avaient accepter de gérer les enfants tout le week end. Nous avons visité les villages main dans la main, trinqué les yeux dans les yeux, échangé de tendres baisers dans la rue sans nous préoccuper du regard des passants. Notre première nuit loin de notre maison, dans ce doux écrin a été mémorable. C&rsquo;était comme si nous nous retrouvions après des années d&rsquo;absence. Les préliminaires ont duré longtemps et étaient bien agréables. Chaque parcelle de notre peau a reçu l&rsquo;attention qu&rsquo;elle méritait. Nous avons laissé la lumière tamisée allumée sans craindre qu&rsquo;un de nos petits chéris n&rsquo;entre dans la chambre. Nos corps avaient changé, nous nous étions l&rsquo;un et l&rsquo;autre arrondis mais j&rsquo;aimais à voir les douces rondeurs de Claire et sa lourde poitrine que j&rsquo;aimais tant caresser. Des sensations oubliées ont refait surface cette nuit-là. Nous avons fait l&rsquo;amour plusieurs fois, changeant à plusieurs reprises d&rsquo;endroits. Je me suis attendri en revoyant sa petit tâche de café dans le bas de ses reins, elle s&rsquo;est amusée à recompter mes grains de beauté comme elle se plaisait à le faire avant. Le lendemain, nous avons passé plus de temps à la maison d&rsquo;hôte que je ne l&rsquo;avais prévu mais c&rsquo;était si bon de se retrouver, au diable les câves et autres petits villages fleuris. Le midi, nous avons ouvert une bonne bouteille de blanc achetée la veille dans une cave et nous avons commandé une pizza que nous avons dégustée nus sur le lit, du jamais fait auparavant. Nous avons beaucoup ri. Nous nous sentions un peu ridicules et gênés au début puis avons trouvé cela amusant.</p>
<p style="text-align: justify;">Le soir, sur le chemin du retour, cerise sur le gâteau comme pour clore un magnifique souvenir, au détour d&rsquo;un virage, j&rsquo;ai vu une montgolfière, puis une autre&#8230; Dans le soleil couchant, des dizaines de montgolfières s&rsquo;étaient données rendez-vous. J&rsquo;ai d&rsquo;abord cru que les vapeurs d&rsquo;alcool me faisaient halluciner mais Claire les voyait aussi.</p>
<p style="text-align: justify;">« Arrête-toi, arrête-toi !! C&rsquo;est trop beau ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Dès que j&rsquo;ai pu, j&rsquo;ai garé la voiture sur le bas côté. Des champs nous ouvraient leurs bras. J&rsquo;ai pris la couverture dans le coffre et nous nous sommes allongés dans l&rsquo;herbe, yeux rivés sur le spectacle grandiose qui s&rsquo;offrait à nous. Il y en avait de toutes les couleurs, de toutes les formes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">« Madame, Monsieur, Gendarmerie nationale. Vous ne pouvez pas rester-là, dans votre tenue en plus&#8230; Votre voiture est en stationnement dangereux et vous êtes limite en atteinte à la pudeur.. Je vous remercie de bien vouloir partir au plus vite sans quoi je serai dans l&rsquo;obligation de vous verbaliser. »</p>
<p style="text-align: justify;">Nous nous étions endormis. Le soleil était déjà levé. Nous aurions déjà dû être à notre travail respectif. Mes beaux-parents devaient être fous d&rsquo;inquiétude, les enfants aussi et pourtant nous avons éclaté de rire devant l&rsquo;incongruité de la situation&#8230;De véritables gamins complétement inconscients mais heureux et amoureux, comme dans nos jeunes années. Une vraie cure de jouvance ce week-end !!</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nady</strong> ©</p>
<p style="text-align: justify;">Le chemin était dégagé comme celui-ci et le coucher du soleil ne m’aveuglait plus. Je rentrais d’un séminaire professionnel, reboosté à bloc pour affronter avec mes collègues les gros challenges de cette année. Déjà que Léa me reprochait de beaucoup voyager et de ne pas vraiment voir notre fils grandir, je ne savais pas comment j’allais lui annoncer que mes séjours à l’étranger allaient certainement doubler car j’avais récupéré le marché de la Chine. Avec celui des Etats Unis, bonjour les adaptations avec les décalages horaires ! Mais ça me plaisait, après tout j’ai un mental de compétiteur ! Il me fallait juste arriver à concilier le bon salon pendant le marathon de New York si je voulais encore y participer ! Et puis, je savais aussi trouver du temps pour ma petite famille, la preuve, je rentrais un jour plus tôt, après avoir laissé mes collègues au bord de la piscine de l’hôtel, sous un soleil dont je n’avais profité que sur deux petites heures pendant le déjeuner.</p>
<p style="text-align: justify;">J’étais sur le chemin de mon domicile ; plus qu’une heure de route, il faisait bon, j’avais mis de la musique douce. Je ne me rappelle plus avoir vu des montgolfières dans le ciel, ça aurait attiré mon attention et je ne me serais pas assoupi à 90km à l’heure sur cette route de campagne… Je l’aurais évité ce camion arrivant en face… A partir de ce souvenir c’est le trou noir… Le choc a dû être si violent car il a détruit ma BM et m’a rendu amnésique sur les instants qui ont suivi… Je me rappelle juste avoir ouvert les yeux à un moment, 4 heures plus tard m’a-t-on dit, avec un semblant de conscience. J’étais dans un couloir où beaucoup de monde en blanc s’agitait, Léa en pleurs, maman aussi était là avec un air désespéré, je crois ne l’avoir jamais vu ainsi, King Lolo, JF, Pierre et Pédro aussi étaient là autour de moi, mes potes de toujours ! Je ne savais plus où j’étais, dans l’au-delà ou encore ici bas ? Mais une chose est sûre, tout cela me fatiguait terriblement et surtout j’avais très mal partout alors j’ai décidé de fermer les yeux. Plus tard j’appris que les médecins ont été rassurés de cet état de conscience et m’ont délibérément mis dans le coma pour que je ne souffre pas. Ils m’ont soigné pendant six longues semaines, j’étais devenu aphasique et paralysé. Mais je n’ai jamais voulu me laisser abattre, trop de gens m’aimaient et j’avais mon fiston encore à élever ! Je connais le sens du verbe « résister » et mon mental de sportif m’aida énormément dans ce nouveau combat. Cette capacité de résistance et cet amour sauvage de la vie sont ce que j’ai reçu de plus beau. Le miracle de la vie, l’amour des miens et l’air de cette plage de Berck m’ont permis de me relever après une lente rééducation mais beaucoup de choses ont changé.</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour, Big Boss est venu me voir car il fallait parler avenir professionnel mais surtout avenir de sa boîte qui ne pouvait pas se permettre d’avoir un élément moteur ayant perdu une part de motricité. Alors d’un commun accord, il était plus d’accord que moi, la solution fut trouvée qu’il nous fallait nous séparer. Avec le salaire de Léa et ma nouvelle allocation d’handicapé on a tenu quelques années même si c’était serré en fin de mois. Pour me changer les idées, ça me plaisait de suivre King Lolo sur des scènes slam et un jour j’ai eu le courage qu’il pousse mon fauteuil roulant sur ce promontoire scénique et à partir de là j’ai pu beugler mes états d’âme en public ; j’ai hurlé ma douleur, j’ai extirpé les doutes de moi et j’ai trouvé une nouvelle voie à travers ma voix. Très vite j’ai pu enseigner le slam dans les écoles où à l’heure actuelle plein de combats de société sont en cours. Mon salaire d’antan a été divisé par trois mais quel bonheur de pouvoir donner du sens à ma vie ! Allez, je vous laisse, je finalise mon slam pour la scène ouverte de ce soir ; en exclusivité je vous livre les premiers mots : « La vie ne tient qu’à un fil et pendant ce temps là, les secondes filent… ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les textes publiés sur d&rsquo;autres sites</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/e/2PACX-1vQRq6ZbaY-hgQ7I8ANQllZj1ondj5IYFAhobN9oI5zCXvM-rEhY11GBrAv3AH_CLe0DWoQYTb2RKUrB/pubhtml?gid=946537017&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="400" height="350"><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span></iframe></p>
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