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	<title>Archives des calme - Alexandra Koszelyk</title>
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	<title>Archives des calme - Alexandra Koszelyk</title>
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		<title>Le jardin, morceau de (é)terr(nité), écriture n°300</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Apr 2018 05:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Matilda referma la porte derrière elle. Le salon embaumait de ce plat qui mijotait encore. Quelques épices voletaient  : elles se poseraient sur les tentures, nimbant alors de souvenirs ces histoires [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-21619" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2018/04/girl-2619044_960_720-700x467.jpg" alt="" width="700" height="467" /></p>
<p style="text-align: justify;">Matilda referma la porte derrière elle. Le salon embaumait de ce plat qui mijotait encore. Quelques épices voletaient  : elles se poseraient sur les tentures, nimbant alors de souvenirs ces histoires qu&rsquo;ils partageraient bientôt. Dans quelques minutes, la sonnette remplirait cet espace silencieux, et un bruit d&rsquo;étoffes froissées accompagnerait la pastorale de leurs sourires.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré le froid encore vivace en ce mois d&rsquo;avril, Matilda entrebâilla la fenêtre. Elle entraperçut dans le jardin, près du banc en bois, ses bottes maculées de terre. Instinctivement, elle regarda ses ongles. Mais désormais plus aucune trace ne trahissait ses précédentes activités. Dans le salon, les rayons de la golden hour jouaient avec les couvertures rouge vermillon des livres. Matilda s&rsquo;assit en tailleur, puis ferma les yeux.  Une ribambelle d&rsquo;histoires peuplait son esprit. En suspension, elles n&rsquo;attendaient que le déclic créateur, cette étincelle que Prométhée avait jadis apportée aux hommes. Elle sourit.<span id="more-21630"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans le jardin, une libellule se posa sur les grandes feuilles de rhubarbe. Sous elles se cachait un dragon millénaire, et des histoires torrentielles s&rsquo;y agglutinaient.  A leur gauche, la bordée rouge de fuchsias possédait une toute autre musique. Le lent balancement de leurs clochettes se faisait hypnotique. Leur mouvement ressemblait aux caresses de l&rsquo;homme merveille qui étonne, chavire, et remet l&rsquo;âme à nu.</p>
<p style="text-align: justify;">Matilda ouvrit les yeux. Au milieu de cette carte du Tendre,  il y avait cette ombre verte qu&rsquo;elle venait de planter. Dans huit ans, ce hêtre serait ce géant en devenir, mais ce soir sa frêle pousse s&rsquo;érigeait déjà fièrement sous les rayons du soleil.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le couloir, la sonnette retentit. Elle se leva : les secondes se teintaient déjà d&rsquo;immortalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Alexandra K © Dimanche 8 avril 2018</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cloud ©</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">La jeune Marie-Edwige lut encore quelques lignes : «…Leurs corps trempés de sueur, Mario et Paulette se jetèrent l’un l’autre sauvagement sur la table de la cuisine pour un moment d’amour bestial, torride et passionné. Leurs bouches, leurs sens, leurs peaux se laissaient aller à pour une sexualité débridée et assumée où le Kama Sutra paraissait bien fade à côté de leur imagination fertile dans les moments d’extase. Tandis que Mario arrachait des dents le tablier à carreaux de Paulette, la main de celle-ci lui saisit voluptueusement le…».</p>
<p style="text-align: justify;">Marie-Edwige regarda l’heure sur la comtoise, inséra le marque-page brodé, referma le livre, le rangea à sa place dans la bibliothèque et rejoignit ses parents dans la grande salle à manger. Lorsque la servante eut servi le dessert, la mère dit à sa fille : «Marie-Edwige, ma chérie, n’oublie pas ton devoir Brica Book pour demain. C’est leur 300e, fais quelque chose de joli».<br />
Marie-Edwige retourna sagement dans la bibliothèque, regarda attentivement la photo proposée. Elle écrivit un texte assez long et l’envoya le dimanche midi après la messe.<br />
Le lundi, pendant son petit déjeuner, elle ouvrit sa tablette et alla sur le site de l’atelier d’écriture. Comme chaque semaine, en dessous du texte allégorique de Leiloona, elle aperçut avec fierté le sien. Elle avait, cette fois, décidé de le titrer : «Trois cents nuances de gris».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tara ©</strong> :<br />
Mais pourquoi mon amie Sandrine reste-elle dans cette bibliothèque sombre pour lire une fois qu&rsquo;elle a choisi son livre ?</p>
<p style="text-align: justify;">Un récit ou un essai nous accompagne pendant quelques heures ou quelques jours, voire parfois plusieurs semaines. Le livre nous suit-il de la chambre au canapé, de la maison au jardin, du train à la plage ? Ou à l&rsquo;inverse revenons-nous au livre resté au chevet du lit, ou toujours reposé sur le haut de la pile d&rsquo;œuvres à découvrir, exilé sur l&rsquo;étagère des toilettes, ou enfoui dans le sac à main ?</p>
<p style="text-align: justify;">Celui qui est extrait de son rayonnage sans s&rsquo;en éloigner n&rsquo;est-il pas seulement consulté plutôt que lu ? Faut-il y voir une hiérarchie d&rsquo;intérêt en faveur de celui qui accède à l&rsquo;extérieur ? Certes il y a de la noblesse aussi à consulter un livre, comme on consulte un médecin, un spécialiste, ou même comme on tire les cartes : j&rsquo;ouvre une bible et je lis le verset qui répond à ma préoccupation du moment, je cherche les mots en écho à mes maux, l&rsquo;information qui me rendra plus savante.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant il me semble que rester dans la bibliothèque à lire c&rsquo;est comme ne pas sortir le bateau de son port d&rsquo;attache : on rate le voyage, l&rsquo;encre reste à l&rsquo;ancre. Certes la lecture ne nous fera toujours voyager qu&rsquo;en imagination, mais pourquoi faudrait-il limiter cette expérience à une unité de temps et d&rsquo;espace ? Lire dans un train : le comble ! Voyager en voyageant.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui décidément je préfère le livre des champs au livre de bibliothèque.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Iza ©</strong> :Quand elle prit possession de la maison, c&rsquo;est paradoxalement dans la bibliothèque qu&rsquo;elle s&rsquo;installa. Cette pièce qui symbolisait sa vie d&rsquo;épouse : tant de liberté à portée de main dont elle ne pouvait jouir, mais qu&rsquo;elle devait entretenir, jour après jour&#8230; Il lui avait fallu une force d&rsquo;esprit incommensurable pour ouvrir la fenêtre, et pousser le volet vers l&rsquo;extérieur. Elle n&rsquo;avait d&rsquo;ailleurs pas su maîtriser cette nouvelle énergie et le volet s&rsquo;était retrouvé dans la pelouse du jardin. Elle s&rsquo;était alors assise dans le bow-window et avait regardé dehors, telle la femme de Barbe-Bleue qui appelait au secours sa sœur Anne. L&rsquo;air qui entrait dans la pièce la traversait et c&rsquo;était bon.</p>
<p style="text-align: justify;">Devenue air elle-même depuis son décès dans l&rsquo;accident de voiture provoqué par son mari, elle était revenue dans la maison conjugale pour en profiter entièrement. Elle était enfin chez elle&#8230; cette bibliothèque, elle la connaissait par cœur&#8230; chaque livre, chaque recoin, chaque étagère&#8230; l&rsquo;odeur des reliures en cuir, du vieux papier&#8230; et pour cause&#8230; même si elle avait l&rsquo;interdiction formelle d&rsquo;y toucher (son mari était un bibliomane obsédé), c&rsquo;est quand même elle qui devait dépoussiérer les tranches des livres, cirer les étagères en chêne massif, monter sur l&rsquo;escabeau pour traquer les moutons en haut des meubles. Et servir le whisky à son mari (sec, sans glace) quand il s&rsquo;y installait pour ne pas profiter de ces connaissances, de ces récits qu&rsquo;il collectionnait juste pour la gloire. Il se vantait devant leurs amis (ses amis à lui en fait) de les avoir tous lus, alors qu&rsquo;il ne faisait que parader tel un paon vaniteux. Et elle, qui passait dans les rangs, avec un plateau de petits-fours, savait alors tout et mourait d&rsquo;envie de balancer la supercherie. Mais non, il fallait se taire, acquiescer, alors que c&rsquo;est elle qui avait fait des études littéraires et aurait pu entretenir la conversation. Mais cela n&rsquo;aurait servi à rien, car ses amis étaient comme lui, des bourgeois étriqués de province, qui étalaient leur petite réussite dans leur pavillon à portail automatique ou dans le dernier modèle de voiture allemande.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors cette pièce était devenue son cabinet à la clé sanglante et s&rsquo;y installer pour toujours, le hanter de sa présence allait certainement lui procurer la sérénité tant attendue et peut-être même pouvoir la faire passer de l&rsquo;autre côté. Elle effleurait les dos du bout des doigts, les caressant de haut en bas avec délicatesse. Plongeait le nez entre les pages pour respirer le papier et la colle à pleins poumons. Passait le plat de la main sur les couvertures comme elle aurait caressé le torse d&rsquo;un amant. Et tout son corps se délectait d&rsquo;être assis là, à la chaude lumière du soleil. Et ses yeux parcouraient les pages, plongeaient dans les histoires. Et elle ne sursautait pas à chaque instant de peur d&rsquo;être découverte. De toute façon, il n&rsquo;était plus dans la maison donc elle en déduisait qu&rsquo;il était mort lui aussi. Elle passa des jours entiers à rattraper le temps retrouvé.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais un matin, soudain, elle fut traversée par une vague glaciale, pas par la brise délicate qui venait de la fenêtre. Elle leva les yeux, tourna la tête et le vit&#8230; dans le costume qu&rsquo;il portait ce jour-là, avec ce sourire narquois qu&rsquo;il avait parfois en la regardant et qui la rabaissait à l&rsquo;état de petite souris vulnérable. Devant son effroi, le sourire s&rsquo;agrandit et la bouche prononça « Surpriiiiise », tandis que les mains, cachées auparavant derrière le dos, se tendaient devant lui, tenant un chiffon et un aérosol d&rsquo;encaustique.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Louise Mogendorfer ©</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Quand je vois cette image de toi, je dois faire l’effort de me rappeler que j&rsquo;étais déjà dans ta vie. Tu me semble si calme,si pleine de ce silence qu’il manque à mon vacarme. Tout à l’air évident.<br />
Il y a la lumière des photos de cette époque. La réalité a cet air ouaté que ma génération sida ne connaîtra pas. Ou peut être que si mais qu’on n’a pas su le déceler.<br />
Il y a au creux de cette image qui me fascine tes équilibrismes d’adulte. Ces instants où tu te dérobais pour mieux me revenir. Enfant, je me demandais où partait ma maman lorsque tu t’abandonnais à deux trois mouvements de yoga.<br />
J’ignorais ce qu&rsquo;était ta vie alors. J’ignorais aussi que lorsqu’on met la tête sous l’eau, on peut voler quelques minutes de bonheur à l’existence. Encore deux minutes avant de sortir, encore cinq minutes&#8230;. Maintenant que je cache ma tête sous l&rsquo;oreiller quelques secondes avant d’aller le câliner, je sais. Et je comprends que ce que tu m’as donné de plus beaux ce sont ces instants que tu as volés pour toi.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Manue ©</strong> :<br />
Voilà. Sa vie c’était ça, une fenêtre ouverte vers l’inconnu, un visage dans l’ombre tourné vers la lumière. Le repli sur soi comme unique solution de survie mais les doigts agrippés à un livre, pour ne pas oublier de rêver.</p>
<p style="text-align: justify;">Le soleil pouvait bien briller, ses rayons n’iraient jamais assez loin dans les ténèbres de son être.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque jour, au hasard, il prenait un ouvrage et s’asseyait là pour partir hors du temps. Les heures glissaient sur lui, les jours, les mois, les années. Les secondes s’égrainaient comme des gouttes d’eau et il ne bougeait pas, enfermé dans son monde, libre de tout oser, dans quelques mètres carrés.</p>
<p style="text-align: justify;">Il criait sa fureur, seul. Il comprenait le monde au fil des pages jaunies. Il voulait bien sûr un avenir plus serein, en dehors de ses murs, mais pouvait-il seulement essayer ? Y brûlerait-il ses ailes ? Tant de lumière pour son corps si frêle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il était l’ombre des gens, de l’humanité toute entière. La face caché des hommes. Leur part de doutes et d’incertitudes. Depuis des siècles il vivait là, dans les bibliothèques. Une éternité à veiller pour les autres, au bord de la réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais une infinité d’ombres ne fait pas une vie toute entière et le soleil du jour ranimait tout son être. Se pourrait-il qu’il fût aussi l’espoir et qu’il se soit trompé ? Que la douceur lui soit aussi permise et qu’enfin il essaye de poser un pied dehors ? Assis là, ses poumons s’emplissaient d’air qui chassait la poussière. Il se prit à rêver, à rêver plus fort et plus grand, à rêver qu’il était vivant. Et soudain il disparut. Il nous laissa ses livres, des rayonnages entiers, pour nourrir notre part d’ombre, et lui maintenant déambule, peut-être ici, tout près de toi, il t’invite à oser …</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Venusia ©</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Il fait une chaleur accablante en cet après-midi d&rsquo;été. Alex, mon petit-frère joue avec le chien dehors.<br />
Moi, je suis venu me protéger de la canicule dans le bureau de ma mère. Lorsqu&rsquo;elle est à la maison, c&rsquo;est là qu&rsquo;elle compose, entourée de ses livres. Ce sont ceux qui lui tiennent compagnie lors de ses nombreux voyages. Ils constituent, je crois, un pis-aller à sa solitude.<br />
Aujourd&rsquo;hui encore, elle n&rsquo;est pas là. Elle est dans je ne sais quelle ville du globe&#8230;Singapour, Shangai ou Séoul ?&#8230; Cette fois-ci, c&rsquo;est pour donner une master classe d&rsquo;orchestration, mais à la fin de la semaine, elle sera au Carnegie Hall de New-York jouant de sa baguette pour interpréter avec Maria-Joao le premier concerto de Tchaïkowski, et après direction Zurich.<br />
Je crois qu&rsquo;elle sera avec nous dans dix jours.<br />
Quand elle me manque, j&rsquo;aime venir ici. J&rsquo;y retrouve son parfum, son âme. Même en son absence, quelque chose d&rsquo;elle flotte dans cette pièce, Il y règne une douceur qui m&rsquo;enveloppe délicatement comme sa voix le faisait lorsque avant de m&rsquo;endormir, elle me chantonnnait une berceuse de son pays. Je trouve ici le calme et une atmosphère propice à mon écriture.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nady ©</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Tranches de vies</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; « Moi quand ye serai grande, ye voudrais ète comme maman ! Elle est super ma maman ! Elle me fait touyours de bons gatâls ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Une petite fille virevolte et s’amuse à faire voler le jupon de sa robe courte à l’écran.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; « Tu fais quoi avec ce truc ? » lance t&rsquo;elle à l&rsquo;homme qui la filme.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; « Continue à danser ma chérie, Tonton filme. Je te montrerai tout à l’heure. Allez raconte moi, pourquoi tu veux faire comme maman plus tard ? »</p>
<p style="text-align: justify;">La petite fille tourne, danse et enfin se balance devant la caméra et parle :</p>
<p style="text-align: justify;">-« Maman elle me fait plein d&rsquo;bisous et elle youe avec moi. Quand elle me fait pas de câlins elle passe le gros balai dans toute la maison et papa il est content le soir quand il revient du yavail ! Maman et moi on court lui faire plein de bisous magiques pour qu&rsquo;il est plus fatigué après. Tu viens, on va youer là bas à côté de la fenete ? »</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; « Tout l&rsquo;heure chérie, Allez, dis moi encore des choses, regarde je te filme ! »</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; « Non, ai plus envie de youer avec ton fim, tu me lis une histoire ? « </p>
<p style="text-align: justify;">Le film s&rsquo;arrête et l&rsquo;écran se brouille.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est marrant de voir cette vidéo ! C&rsquo;était les débuts des caméras super 8 et le frère de ma mère venait d&rsquo;en acquérir une. J’avais 2 ou 3 ans sur ce film… Il est loin ce rêve de gamine de vouloir épouser le rôle de mère au foyer de ma mère ! Une mère qui aimait lire aussi. Parfois il lui arrivait de pleurer en lisant ; ma grand-mère la taquinait d&rsquo;un « Sèche tes larmes Madame Bovary et va plutôt t&rsquo;occuper de la cuisine pour ta famille, le repas ne se fera pas tout seul ! ». J&rsquo;ai toujours été intriguée par ce surnom qu&rsquo;elle lui donnait jusqu&rsquo;au jour où j&rsquo;ai découvert ce formidable roman de Flaubert. Puis Mais 68 est passé par là et c’est un tout autre virage professionnel que je pris en n&rsquo;épousant pas le rôle de ma mère au foyer mais en devenant philosophe itinérante à intervenir régulièrement dans des débats d&rsquo;universités et accessoirement écrivaine aussi tout en élevant un enfant seule. Enfin, je dois aussi reconnaître que maman m&rsquo;a beaucoup aidée à élever ma fille car mon travail pouvait me faire beaucoup voyager à travers la France.</p>
<p style="text-align: justify;">En rangeant le dvd dans sa pochette, un cliché s’en échappe, plein de poussière. Au dos, une inscription manuscrite : « Joyeux Anniversaire ma fille chérie ! Que cette prière te guide toute ta vie ! Sois amante, sans être folle d’amour, sois forte sans cesser d’être tendre, sois digne en étant populaire, sois peuple en conseillant les rois, aime tous tes amis en frère sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ! Médite, observe, connais sans jamais devenir sceptique ou destructrice, rêve sans laisser le rêve être ton maître, pense sans être contemplatrice, sois dure sans jamais être en rage, sois brave mais jamais imprudente, sois bonne, sage sans être morale ni pédante, conserve ton courage et ta tête quand tous les autres les perdront ! Tu es grande aujourd’hui, je te souhaite d’être une femme libre ma fille ! Maman ».</p>
<p style="text-align: justify;">Oh, ça c’est drôle ! En parlant d&rsquo;elle, voilà que je tombe sur ma fille maintenant ! Elle doit avoir 12/13 ans sur cette photo : une poitrine naissante, une coupe improbable pour avoir tous les garçons à ses pieds mais bon, ce n&rsquo;était pas sa préoccupation première&#8230; Elle préfèrait se plonger dans les livres assise au bord de cette fenêtre quand elle restait chez mes parents. Je me souviens, je revenais en avance d’une conférence et en entrant dans la pièce j&rsquo;ai eu envie de prendre ce cliché que je me suis empressée de ressortir à ses 20 ans. J’avais dû être inspirée par la poésie de Rudyard Kipling ce jour là mais c&rsquo;était surtout mes rêves que je lui transmettais dans cette prière, à un âge où je sentais que mon bébé allait maintenant définitivement m&rsquo;échapper&#8230; Aujourd&rsquo;hui on ne peut pas dire qu’elle ne soit pas heureuse ma fille mais si elle pouvait lever un peu la tête de son travail ! Enfermée dans une tour d&rsquo;ivoire à développer des avions qui vont toujours plus vite, son métier c&rsquo;est d&rsquo;être ingénieur dans l&rsquo;aéronautique. Mariée à un autre ingénieur, ils forment un couple actif, où les tâches ménagères sont partagées mais elle n&rsquo;arrête pas de se plaindre d&rsquo;une « charge mentale », nouveau syndrome à la mode en ce moment chez les trentenaires&#8230; ça me désespère&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">On entend un bébé gazouiller dans la salle d&rsquo;à côté.</p>
<p style="text-align: justify;">Oh, je vais devoir vous laisser.J&rsquo;entends ma princesse de petite fille se réveiller de sa sieste. Comme j&rsquo;aimerais vous la montrer ! Elle est si mignonne à s&rsquo;émerveiller devant ce monde qu&rsquo;elle découvre chaque jour ! un monde souvent pressé mais « Mamy est là ma chérie, et elle a tout son temps pour toi, pour t&rsquo;aider à faire connaissance avec le Monde car tu sais il est en train de changer profondément celui là ! Rooo, tu me tends les bras ? Je sens que tes petites menottes sont prêtes à aller surfer sur ma tablette là ! C&rsquo;est ça que tu veux ? Allez, viens pas ici, je te prends dans mes bras d&rsquo;abord puis on va aller s&rsquo;installer au bord de la fenêtre et admirer la nature dehors ! Regarde la comme elle est belle ! Mamy se sent dépassée et ne sait pas quoi te souhaiter pour plus tard ma chérie mais la nature est un professeur universel pour celui qui l&rsquo;observe. Les arbres t&#8217;empliront de leur énergie pour te redonner goût à la vie quand tu n’auras plus d’envies. La nature saura te guider dans tes choix quand tu douteras. mais une chose est certaine, sois toujours Toi ! »</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Valérie ©</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Après papi parti l&rsquo;année dernière, c&rsquo;est au tour de mamie de nous quitter. Le cœur lourd, des larmes plein les yeux, nous devons vider vider la maison et nous occuper de sa vente. Même si nous aimerions la garder avec maman, nous n&rsquo;en avons malheureusement pas les moyens. Son entretien demanderait tant d&rsquo;argent et en plus, elle n&rsquo;est pas à côté de notre vie. Dans cette maison j&rsquo;ai pourtant passé toute une partie de mes vacances quand j&rsquo;étais enfant et je n&rsquo;en ai que des bons souvenirs. Des moments passés à cuisiner avec ma mamie, des heures à jardiner avec mon papi et des heures avec lui, mon boudha. Pendant la sièste de mes grands-parents, il était hors de question de faire du bruit alors je me réfugiais dans ce bureau qui était une véritable caverne d&rsquo;Ali Baba. Toute petite, cette salle avec ces murs noirs de livres et cette sculpture devant la fenêtre m&rsquo;effrayait un peu. Mais peu à peu mon appréhension a diminué. Au début je me contentais de regarder les images et rien que comme cela je découvrais le monde. Il faut dire que mes grands-parents avaient des livres et des encyclopies sur tout : les pays, le corps humain, l&rsquo;histoire, les artistes&#8230; Je passais des heures, la fenêtre ouverte sur le jardin, à m&rsquo;évader en tournant les pages. Je m&rsquo;asseyais en face de lui, je lui montrais les pages, je l&rsquo;interrogeais&#8230;Quelques années plus tard, ayant enfin appris à lire, je lui lisais des histoires. Je n&rsquo;avais ni frères et sœurs, ni cousins pour partager ces moments précieux alors il était devenu mon ami, mon confident, mon petit Buddha comme je l&rsquo;appelais. Il m&rsquo;apportais de la serennité. Il m&rsquo;inspirait aussi. Cest d&rsquo;ailleurs assise en tailleur, face à lui que je me suis essayée les premières fois à l&rsquo;écriture. Des poèmes puis des textes un peu plus longs. Je ne les partageais qu&rsquo;avec lui. Une fois lus, je les cachais dans les rayonnages entre deux tomes. Personne d&rsquo;autres ne les a jamais lus. Enfin c&rsquo;est ce que je croyais jusqu&rsquo;à ce que je tombe en rangeant la maison sur un dossier énorme dans lequel j&rsquo;ai tout de suite reconnu mes pattes de mouche. Papi ou mami, plus certainement elle d&rsquo;ailleurs, avait dû en trouver un puis un autre et les avait regroupés. Ils ne m&rsquo;en ont jamais parlé. Ils ont respectés mon secret. J&rsquo;espère qu&rsquo;ils ont aimé, je ne le saurai jamais. Je ne sais si je dois le regretter. J&rsquo;ignore ce que nous allons faire de tous ces livres. Une chose est sûre par contre, c&rsquo;est que je dois trouver une place dans mon petit appartement parisien pour mon acolyte. Je pousserai les meubles, les murs s&rsquo;il le faut mais cette sculpture restera dans la famille. Si je ne dois garder qu&rsquo;une chose, ce sera elle. L&rsquo;avoir de nouveau près de moi me permettra peut-etre de mettre enfin un point final au roman que je suis en train d&rsquo;écrire, mon premier roman.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fabrice ©</strong> :<br />
Chez Tonton Edgar et Tantine, en fait, l’oncle et la tante de mon père, c’était la caverne d’Ali Baba et des quarante lecteurs. Des livres partout, dans toutes les pièces, du sol au plafond, au fil des couloirs, aux détours du moindre recoin, emplissant de vieilles armoires, enfermés dans des caisses, des piles de caisse entassées au grenier, des centaines, des milliers de tentations, d’univers à portée de main, à portée de désir, des vies à vivre, des voyages à entreprendre, qu’on n’oublierait jamais, des existences qui changeraient la mienne. Au passage de la moindre porte, des pans entiers de littérature me sautaient aux yeux, des romans en tout genre, de toutes les factures, collections prestigieuses aux couvertures en cuir, aux pages d’une telle légèreté soyeuse sous la pulpe de mes doigts, qui les tournaient pour dévorer la suite, que je les lisais avec d’autant plus de délicatesse, de dévotion, et il y avait aussi de simples bouquins brochés, des livres de poches, achetés ou pas au rabais, ne recelant pas de moindres trésors, ne provoquant pas en moi, depuis toute petite, de tropismes moins intenses que les tranches dorées, élégantes, des livres de La Pléiade. Je les voulais tous. Absolument. Intimement.<br />
Je me suis longtemps questionnée sur l’origine du goût de la lecture en tout un chacun. Ma grande sœur n’a jamais beaucoup lu, alors que pour moi, en tant que bibliothèque géante, la maison de Tonton Edgar et Tantine, a tout de suite été comme un cadeau qui ne se refuse pas, auquel on ne peut se dérober, un vertige de livres, une tour de Babel rien que pour moi. Une force gravitationnelle m’avait satellisée, puissance sans faille ayant placée mon existence en orbite autour des mots, bien avant que je n’apprenne enfin à lire. Un vortex délicieux m’avait aspirée, chez eux, down the rabbit hole, sans volonté, jamais, de retour en arrière, j’y suis, j’y reste, alors pourquoi pas ma grande sœur ? Comment, pourquoi était-elle passée à côté ? Est-ce quelque chose qu’on a en nous ou pas, depuis le départ ?<br />
Maman ne lisait pas non plus. D’après ce que je sais, Papa avait toujours beaucoup lu, surtout des polars et de la science-fiction, mais il nous avait quittés un peu trop tôt. Au goût de tout le monde. Moi, je n’avais que cinq ans, ça fait un peu juste tout de même, à peine eu le temps de le connaître. Dernières vacances à La Baule : je n’y suis jamais retournée après, rien qu’une stupide crampe un peu trop loin du rivage, alors maintenant qu’est-ce que ça change de savoir qu’il était bon nageur ? J’avais grandi comme je pouvais, après ça, avec cette douleur, ce manque irrémédiable, m’accrochant aux images intérieures, évanescentes, que je conservais de lui, cherchant à me le figurer à l’aide des albums photos de Tonton Edgar, qui avait le goût de la photographie, de la peinture aussi, et de bien d’autres choses, un esprit lumineux, sensible, touche-à-tout, jamais rassasié. Côté artiste dans l’âme, ma Tantine n’était pas en reste, violoncelliste et poétesse, lectrice vorace. Ils habitaient de l’autre côté du pâté de maison et j’allais souvent chez eux toute seule, pour toutes ces bonnes raisons, dès très jeune, six ou sept ans, Maman me laissait faire, ce n’était pas loin, et puis, c’était devenu un refuge, après que les choses s’étaient un peu compliquées à la maison, l’arrivée d’un autre homme dans l’équation, débarqué un beau soir avec sa valise, comme une perruque bon marché tombée dans la soupe toute chaude, j’avais tout juste neuf ans. Un beau-papa, pas question. Sarah et moi, on lui avait mené la vie dure, mais il avait tenu bon, collé comme une huître à son rocher, toujours entre deux boulots, alors, après le départ de Sarah pour l’internat, je passais de plus en plus de temps chez Tonton et Tantine. J’aimais les lieux, le nombre des pièces, la hauteur des plafonds, mais les odeurs aussi, de pot-au-feu et de vieux bois patiné, la musique et les bras tendres de Tantine, qui ne posait jamais de questions. C’est elle qui a recollé mes premiers cœurs brisés pour n’en faire plus qu’un, que je garderai toute ma vie et qui bat si fort dans ma poitrine.<br />
J’avais cette petite pièce chez eux, mon petit salon de lecture. J’y avais mes clair-obscur les plus délicats, sujets à d’infinies variations en fonction de l’heure de la journée. C’était la pièce de tous mes retranchements, de tous mes envols. J’y ai grandi mille fois, et plus encore. Aux beaux jours, j’ouvrais la fenêtre, l’odeur des arbres et du jardin montaient jusqu’à moi.<br />
J’ai dix-sept ans sur la photo, c’est la veille de l’oral du bac de français, Tonton l’a prise en douce, depuis le seuil, puis s’est éclipsé. Dans la pièce voisine, Tantine tricote une suite de Bach, et je n’ai même pas entendu le déclic de l’obturateur. Je viens de refermer l’album photos, je le tiens fermement entre mes doigts, tout ce que je sais, ce qui me reste de mon père.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Eva ©</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Tiens, et si c&rsquo;était moi ?</p>
<p style="text-align: justify;">Je me vois, dans ma chambre, mon antre, mon repaire, ma tanière. Assise sur mon lit, en tailleur, un livre, une tablette, mon ordinateur entre les mains. Le plus souvent un petit paquet de chocolats pralinés juste à côté, mon pêché mignon.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon lit placé tout près de la fenêtre. La vue ? Pour certains, une superbe vue sur la nature. Une route où passe régulièrement, pour ne pas dire tous les jours, des tracteurs. Au-delà de cette route, un champ, le plus souvent de maïs, mais aussi de blé, où passent de moins en moins des biches, cerfs, lapins. Après ce champ la forêt et rien d’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais pour moi, cette vue représente un vide, un gouffre, un précipice dans les profondeurs de la solitude.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, j’évite soigneusement de poser les yeux sur cette ouverture et me concentre sur ce qu’il y a autour de moi. À gauche, mes livres chéris, des dizaines et des dizaines, rangés par taille et par groupe de couleurs. Rien que les regarder me remplit de bonheur. À droite, un miroir, entre nous s’est, je t’aime moi non plus. Et sur le mur d’en face une casquette, un t-shirt, un drapeau, un boxer a l’effigie du Brésil, mon amour, mon deuxième souffle de vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Je jette un œil sur mon téléphone, aucun message. Pas grave, j’ai l’habitude. Je prends une photo de mon dernier roman lu, la poste sur Insta, attends quelques minutes qu’ils arrivent. Les voilà ! Les likes, les commentaires enchanteurs. Un sourire réveil mon visage.</p>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, je préférerais que ce soit ma famille mes amis, qui me donnent ce sourire. Je préférerais aussi qu&rsquo;à la place de cette route, ce champ, cette forêt, ce soient la ville, des magasins, des embouteillages, des gens pressés… Du bruit.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’instant, je m’en contente. Je suis trop positive pour me lamenter. Je n’aime pas ma vie, mais j’aime la vie et c’est tout ce qui compte, vous ne croyez pas ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/e/2PACX-1vTSVFdvHQKUZSBIMg1P0n-87AiUS-WOEKEqbvRCUUCbaax6zhGQmOq7TdaL6hZwHfYVB9nH5UQ2f9Ib/pubhtml?gid=498534716&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="450" height="550"><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/e-terr-nite-ecriture-300/21630/">Le jardin, morceau de (é)terr(nité), écriture n°300</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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