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	<title>Archives des Julien Ribot - Alexandra Koszelyk</title>
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	<title>Archives des Julien Ribot - Alexandra Koszelyk</title>
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		<title>Fusionne-moi ! (Ecriture n°254)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Feb 2017 02:10:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>18 h 00 / 22 h 22 / 01 h 39 / 04 h 27 / 06 h 58 / 13 h 14 Je devine ton arrivée imminente, ce n&#8217;est [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_18800" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-18800" class="size-large wp-image-18800" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2017/02/16114850_874629149307218_3889298951964704245_n-700x295.jpg" alt="" width="700" height="295" /><p id="caption-attachment-18800" class="wp-caption-text">© Julien Ribot</p></div>
<p style="text-align: justify;">18 h 00 / 22 h 22 / 01 h 39 / 04 h 27 / 06 h 58 / 13 h 14</p>
<p style="text-align: justify;">Je devine ton arrivée imminente, ce n&rsquo;est au début qu&rsquo;une caresse des sens, un souffle dans l&rsquo;air chargé de particules aimantes. Un faible frôlement qui revient comme le passage des freins sur une roue de vélo voilée. Bientôt cet attouchement se muera en symphonie fantastique.</p>
<p style="text-align: justify;">Autour de moi, des néons zèbrent les yeux de leur lumière capharnaüm, et les piaillements des passants ne font que révéler l&rsquo;amphigouri de leurs paroles. Le vent, sournois, joue avec les pans des manteaux de ces dames qui laissent deviner des corps déjà emplis d&rsquo;un désir impatient.<span id="more-18817"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Je suis un solitaire en attente de ta couverture électrisante. Là, je te vois. Tu approches lentement, altier et déjà dressé. Je tends vers toi mes membres tout en longueur, ils s&rsquo;échauffent de ton va-et-vient régulier, puis ils s&rsquo;aplatissent sous ton poids et rosissent de plaisir. Un suc au goût de réglisse s&rsquo;écoule alors, et un lent et long gémissement me prend. Il monte dans les aigus et ne se termine qu&rsquo;à l&rsquo;orée de ton terminus. Là, l&rsquo;un au-dessus de l&rsquo;autre, nos deux entités ne forment plus qu&rsquo;une.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis la voie 14, et le train 7376 vient d&rsquo;arriver en gare.</p>
<p style="text-align: justify;">© Alexandra K. Dimanche 19 février 12 h 00</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Claude</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Gare Saint Lazare 7h15. Comme chaque jour de la semaine, Edmond retrouva la marée humaine matinale qui tentait d’attraper, dans des conditions souvent dantesques, un train permettant d’arriver au travail à une heure fixée par un système peu soucieux du confort de la condition humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Edmond regarda le panneau d’affichage : « Asnières : départ indéterminé pour raisons techniques ». « Bon sang, je vais être en retard ! ». Ses trente ans de maison comme employé à la Gontran SA France dans le classement des archives définitives n’avaient en rien entamé sa rigueur et ses scrupules pour tout ce qui pouvait contrarier ses chefs, et par conséquence l’entreprise elle-même. Pourtant, ce jour là…</p>
<p style="text-align: justify;">Ses yeux perplexes se posèrent sur quelques ligne plus bas : « Trouville 7h45 ». Son esprit fut d’un coup traversé par une flèche décochée par un étrange démon porteur d’un fruit défendu mais ô combien délicieux. Un quart d’heure plus tard, il se retrouvait, toujours dans son costume gris défraîchi et l’éternel cartable en cuir rapé à la main, en direction des côtes normandes.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrivé à Trouville à 9h48 après une amende copieuse pour non possession de billet valable, il contempla longuement la mer, les parasols multicolores, les maisons anciennes et les touristes qui allaient et venaient d’un pas lent et détendu. Edmond le bon employé modèle savourait avec délectation le plaisir de l’école buissonnière.</p>
<p style="text-align: justify;">Assis sur un banc face au phare, il lia conversation avec une femme de son âge, assez belle quoiqu’un peu vulgaire, veuve d’un marin qu’il crût d’abord péri en mer mais dont il apprit rapidement qu’il était mort d’une cirrhose. Il l’invita pour une fortune au restaurant du casino où après caviar et champagne ils perdirent pas mal d’euros, enfin surtout lui à travers elle, à la roulette et au black jack. L’après-midi, ils se promenèrent main dans la main, sous un soleil pâle et froid, jusqu’à un café sordide « La Cale Sèche » où la femme retrouva son amant, un homme baraqué comme un catcheur et à la gueule de truand. Ce dernier, sans dire un mot, envoya quelques uppercuts professionnels et bien placés à Edmond qui ne demanda pas son reste. Il repartit tuméfié et fauché prendre encore un peu d’air de la mer histoire de se remettre, jeta un dernier œil sur les bateaux qui partaient au large, et regagna tranquillement la gare afin d’attraper le train de 20h57 pour Paris. Nul désarroi chez notre Edmond, toujours le sourire béat, mais plutôt un sentiment de revenez-y, un avant-goût de ce que pourrait être l’aventure, un sel nécessaire dans sa vie trop bien réglé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, après un sommeil agité, il retrouva à 7h15 son rituel quotidien à la gare Saint Lazare et rejoignit son bureau de la Gontran SA France à l’heure. Son chef le convoqua. « Edmond vous étiez absent hier…  et sans nous prévenir !». « Euh, oui, mais… ». « Je vois à votre figure que vous avez l’air fatigué : faut dormir, mon vieux… Ecoutez moi bien : je ne peux laisser passer çà ; cette fois-ci je vous mets un avertissement, et si vous récidivez, je… »</p>
<p style="text-align: justify;">Edmond asséna machinalement un coup de poing sur le nez de son patron et sa vie jusque là monotone bascula.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Manue</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Sortie.</p>
<p style="text-align: justify;">Des années qu’elle la cherche.</p>
<p style="text-align: justify;">Assise au café qui surplombe les quais de la gare, elle savoure le chemin déjà parcouru. Elle est arrivée jusque là. Son cœur cogne fort. Elle avait tellement peur, elle est encore si fragile. Ses pensées vagabondent, elle les laisse faire, parfois ennemies, elles sont aujourd’hui le meilleur bouclier face aux obsessions qui parfois la submergent, aux angoisses qui la font vaciller, aux démons qui reviennent sans cesse la visiter.</p>
<p style="text-align: justify;">Les voyageurs … Leurs pas à eux sont sûrs. Comment font-ils pour avancer aussi lourdement chargés ? Celui-là paraît heureux. Cette femme non. Elle semble porter toute la misère du monde sur ses épaules et pourtant elle marche. Un train arrive. La foule se fait de plus en plus compacte. Les épaules se frôlent. Les valises se croisent. Chacun poursuit sa route, ignorant le destin de l’autre. Pourquoi cette jeune fille ne tomberait-elle pas amoureuse de ce grand échalas au détour d’un regard plutôt que de rejoindre celui qu’elle va épouser à l’autre bout de la France ? Et cet homme ? Il joue les grands séducteurs, agace, mais qui sait ? Peut-être cherche t-il dans toutes les silhouettes qu’il regarde celle de sa femme qu’il aimait tant et qui a disparu ? Tant de solitudes qui s’ignorent.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle sourit. De là haut, tout lui semble possible. La voie, lumineuse. Et si directe. Simple comme un train qui part et qui arrive à l’heure … Un instant, elle oublie qu’au sortir de la gare, c’est un tunnel profond, noir, qui attend la locomotive, des viaducs jetés sur des obstacles auparavant impossibles à franchir, des virages tortueux, des arrêts forcés, des étapes utiles. Elle ne pense qu’à son immense solitude, pas aux rencontres qu’elle va forcément construire au fur et à mesure du voyage. Elle doute tellement.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il est l’heure. Enfin presque, le train va avoir un peu de retard, et puis sa place a été attribuée deux fois alors elle va devoir discuter avec une inconnue avec qui elle n’aurait jamais osé communiquer sans cette erreur. Le voyage est long mais la conversation passionnante. Elle n’avait pas prévu cette éventualité. Et si finalement elle se faisait un peu confiance, si elle se laissait séduire par l’inattendu, emporter par ses désirs en oubliant ses certitudes, ses angoisses … ? Elle a bien un doute encore, mais pas sur la solution qu’elle va pouvoir trouver pour surmonter ses failles et chercher la porte de sortie, non, il ne concerne plus que l’heure à laquelle elle va arriver … et tout au fond d’elle, elle espère que le voyage va durer longtemps, très longtemps…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Bénédicte</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque j&rsquo;en ai assez de mon travail solitaire et que le jour commence à tomber, je pars me promener dans une gare&#8230;. Je suis certain d&rsquo;y trouver du monde, des tas de gens qui courent plus ou moins partout, de tous les âges, de toutes les nationalités, de tous les milieux sociaux. Je pourrais choisir un grand boulevard, les Champs Elysées, un parc, le métro, mais il ne règne pas dans ces lieux la même excitation, la même effervescence presque palpable. En fait dans une gare, l&rsquo;air vibre d&rsquo;une énergie tangible, celle de tous ces gens qui ont un but, qui arrivent de quelque part ou qui s&rsquo;en vont vers un ailleurs&#8230;..</p>
<p style="text-align: justify;">    Alors je traîne, je m&rsquo;arrête, je suis parfois, le plus discrètement possible, un couple, une famille, une personne seule, un groupe d&rsquo;adolescents car je ne sais pas si vous avez remarqué mais les ados se déplacent rarement seuls. J&rsquo;attrape au vol des morceaux de dialogues, des cris d&rsquo;enfants, des adieux pleins de larmes, des retrouvailles qui pétillent. Je donne souvent un coup de main pour une valise trop lourde au bout d&rsquo;un bras trop âgé, pour une poussette qui ne veut pas se plier entre les mains d&rsquo;une maman débordée, je renseigne des gens affolés qui me demandent si c&rsquo;est bien le quai A, B ou C. Des retardataires au bout de leurs poumons slaloment dans la foule, des épaules se frôlent, des corps se bousculent parfois, des excuses s&rsquo;échangent à la volée.  Il y a ceux qui descendent seuls de leur train et dont le regard cherche au loin un autre regard, et ceux qui descendent en groupes volubiles occupant tout l&rsquo;espace&#8230;..Il y a toutes les couleurs de la planète, des voiles, des chapeaux, des bonnets, des kippas, des tresses afros, des casquettes à l&rsquo;endroit ou à l&rsquo;envers, des crânes chauves, des tatouages, autant de pays qui vont et viennent autour de moi&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">   Au bout d&rsquo;un moment je sens que le vertige me gagne. Alors je rentre chez moi, rempli d&rsquo;une énergie formidable, nourri d&rsquo;une multitude d&rsquo;images, pour retrouver cette table sur laquelle, jour après jour, je construis mon livre.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Valérie</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Suite des textes écrits sur les images N°242, 244 et 248</p>
<p style="text-align: justify;">Cela faisait un an qu’il s’était isolé dans la montagne. Un, an que la distance nous séparait. Les premières semaines, je faisais l’aller-retour tous les week end mais j’étais épuisée et il ne voulait pas que je continue à me détruire la santé pour venir le voir. Pourtant le retrouver me faisait du bien, le serrer dans mes bras, sentir son odeur, marcher en lui tenant la main… Mais le voyage était épuisant. Une fois, je frôlai un accident grave sur le retour. Je m’étais endormie au volant. Un camionneur klaxonna de toutes ses forces, ce qui me remit sur la route. Je fus obligée de m’arrêter sur une aire d’autoroute, je dormis dans la voiture et ne repris le volant que le lendemain.</p>
<p style="text-align: justify;">Après cela, il ne voulut plus que je descende chaque semaine et mes voyages devinrent beaucoup plus rares. Nous mîmes en place un échange épistolaire très riche. Nous nous écrivions très régulièrement, dès que l’un de nous deux recevait la lettre de l’autre, il lui répondait. L’un comme l’autre, nous étions impatients de nous lire. Il guettait le facteur, rare personne venant jusqu’à lui, si ce n’est Michel, le voisin. Je me hâtais d’ouvrir la boîte aux lettres dès la porte de l’immeuble franchie. Il se sentait seul parfois et avait émis l’idée de prendre un chien pour lui tenir compagnie. Je trouvais que c’était une bonne idée et l’encourageais. Mais il ne se décidait pas, il avait peur de s’engager dans une relation avec un animal qu’il ne pourrait mener jusqu’au bout. Je comprenais mais lors d’un de mes derniers voyages, je l’emmenai dans un centre de la SPA et nous adoptâmes un chien de berger. Il n’était pas tout jeune, il avait été maltraité et il avait un grand besoin d’amour. Ils devinrent très vite inséparables. Philippe retrouva le sourire. Son chien, Patou, l’obligeait à sortir et à se promener, et cela lui faisait le plus grand bien. La maladie n’évoluait pas trop. Il était fatigué mais le traitement semblait efficace.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour fêter notre anniversaire de mariage, il voulait essayer de revenir sur Paris. Il s’était arrangé avec Michel pour Patou et ce dernier devait l’accompagner à la gare. Il avait réservé un train qui devait arriver à 19h30 à la gare Saint-Lazare. A cette heure, ce serait bondé et comme cela il se noierait dans la masse, personne ne ferait attention à lui&#8230; J’étais sur le quai voie 4 depuis 20 minutes déjà. Le train était annoncé à l’heure prévue. Mon cœur palpitait en l’imaginant arriver, je ne pouvais m’empêcher de me mettre à sa place et l’angoisse montait. Après un an, seul dans la montagne, il allait retrouver l’ambiance stressante de Paris, la foule, les gens pressés, qui vous bousculent et pourraient vous écraser. Le train est entré en gare. Aussitôt, de tous les wagons, les premiers passagers sont descendus. J’étais aux aguets, je me mettais sur la pointe de pieds pour ne pas le louper. Et pourtant je ne l’ai pas vu. J’ai encore attendu, j’ai avancé le long du quai jetant un œil dans les voitures. Peut-être s’était-il endormi. Je l’appelais. Aucune réponse. Pas de Philippe. Les contrôleurs m’affirmèrent qu’il n’y avait plus personne dans les wagons. Ce n’était pas possible. Il avait dû loupé son train. Ou il était passé devant moi sans que je le vois…  Il avait sans doute pris le métro en direction de l’appart. Je devais rentrer vite. Si seulement, il avait un téléphone portable comme tout le monde. Mais il n’en voulait plus. Impossible de le joindre, de me rassurer. Je courus prendre le métro et regagnai au plus vite notre appartement. Personne !</p>
<p style="text-align: justify;">Je me précipitai sur le téléphone et j’appelai au chalet. Ça sonna dans le vide. Je vis alors clignoter la petite lumière rouge du répondeur faisant naître en moi un mélange d’espoir et de terreur.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; « Ma puce, je t’appelle avec le portable de Michel. Il me laisse dans le train dans deux minutes. Il s’occupe de Patou. Je suis si heureux de rentrer chez nous et de te retrouver. A tout de suite. »</p>
<p style="text-align: justify;">Où était-il passé ? Je devenais folle. Même si on s’était croisés sans se voir, il devrait être là. Peut-être a-t-il voulu faire un tour avant de rentrer à la maison ? J’ai tourné en rond dans l’appartement des dizaines de minutes qui me parurent une éternité. J’ai essayé d’appeler Michel pour qu’il m’assure qu’il l’avait bien mis dans le train, ce qu’il me confirma. L’avait-il appelé pour prendre des nouvelles de son chien ? Je ne sais pas avec quoi mais… je m’accrochais à tous les espoirs. Mais non, il n’avait pas eu de nouvelles de Philippe depuis que le train était parti. Patou allait bien par contre. Je raccrochai complètement effondrée.</p>
<p style="text-align: justify;">J’hésitai à sortir pour aller le chercher. Mais où aller ? Où pouvait-il bien être allé ? Je retournai vers le métro. L’air me donna un coup de fouet mais je me ravisai. Je ne savais quelle direction prendre. J’étais perdue. Je voulus crier son nom mais aucun son ne sortit de ma bouche. Je me mis à pleurer.</p>
<p style="text-align: justify;">A minuit, Philippe n’était toujours pas arrivé, il ne m’avait pas donné signe de vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me réveillai tout d’un coup en sueurs…Un mauvais rêve… Je venais de faire un mauvais rêve…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Tergit</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Bonjour. C’est moi. Ne me demande pas comment j’ai eu ton mail et ne répond pas. Je serai à Gare du Nord le 25 février, Voie 15, 08h24, train n° 41377, voiture 18. Pour que tu sois sûre que c’est bien moi derrière ce mail je dois te parler d’un évènement qui ne concerne que nous, pour cela quoi de plus sûr que de te rappeler notre voyage en Suisse pour </em>« ne pas faire cette connerie d’avoir un enfant avant la fin de tes études »<em>, c’est exactement la phrase que tu as prononcé, je n’ai jamais pu l’oublier et tu sais que personne n’a jamais été au courant à part toi et moi. Il faut que tu sois à la gare, j’ai des choses à te dire, s’il te plait. Sophie»</em>. C’est par ces quelques mots sur ma boite mail qu’elle est réapparue.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a des choses à me dire ? Mais qu’est-ce que ça peut me faire de savoir ce qu’elle à me dire après si longtemps ! Et moi alors ? Pendant des années j’ai eu « des choses à lui dire » : l’absence, la douleur, la dépression, les questions de la police, le regard accusateur de sa sœur, et j’en passe. Alors c’est maintenant qu’elle a des choses à me dire… Maintenant que j’ai tourné la page de tout cela…</p>
<p style="text-align: justify;">La dernière fois que j’ai su quelque chose d’elle nous vivions ensemble depuis presque 2 ans dans notre petit appartement tout près de Bastille. Elle était étudiante à la Sorbonne en lettres modernes et préparait le concours de prof. Elle était pleine de vie, ses yeux pétillaient en me voyant le matin, s’embrumaient au moment de partir en cours puis se rallumaient en rentrant le soir. Elle était heureuse, j’étais comblé, la vie coulait doucement entre études et désir de construire une vie ensemble. Enfin… c’est ce que je croyais…</p>
<p style="text-align: justify;">Le  matin du 27 juin elle avait un dernier partiel à passer avant d’être en vacances. J’avais acheté des croissants et posé une petite rose sur la table pour l’encourager et lui dire une fois de plus mon amour. Elle est partie comme prévu à 8h00 en me disant qu’elle rentrerait juste après la fin de l’épreuve. Elle n’est jamais revenue. Le goût de son dernier baiser ne m’a jamais quitté depuis cet instant, il avait la puissance de celui que l’on offre à celle qu’on aime juste avant son dernier souffle.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle n’a pas laissé le moindre mot, pas même un indice. J’ai tout tenté pour la retrouver mais en vain, personne se savait où elle était, pas même ses parents ni sa sœur. J’ai tout envisagé : un autre, un moment de folie, un accident, un suicide, un enlèvement, un crime… absolument tout ce qui pouvait être rationnel ou totalement ubuesque. Avec ses parents nous avons lancé des avis de recherche, nous sommes même passés à la télévision pour tenter de la retrouver. L’enquête de la police a juste montré qu’elle s’était bien rendue à la fac et qu’elle était ressortie de son partiel après 3 heures 30 d’épreuve. Puis plus rien, plus jamais rien, définitivement rien.</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant des années j’ai espéré son retour. J’ai cru la voir mille fois au détour d’une rue, dans un restaurant, dans la rame de métro de l’autre sens… chimères, funestes chimères… A l’enterrement de sa mère j’ai espéré la voir surgir derrière un arbre du Père Lachaise mais bien sûr elle n’y était pas. Et aujourd’hui elle me donne ce rendez-vous sans une once d’explication… comme on convoque son obligé…</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce que je vais dire à Sandrine si j’y vais ? Je n’ai jamais raconté cette histoire alors comment lui dire <em>« je vais à Gare du Nord retrouver une ex disparue depuis 45 ans »</em> ? Et qu’est-ce que je peux attendre de ce retour si longtemps espéré mais auquel j’avais renoncé ? Et dans quel but revient-elle ?</p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai jamais cessé de l’aimer, je le sais parfaitement, alors si elle se jette dans mes bras en me disant <em>« je t’aime, je t’ai toujours aimé, pardonne moi » </em>je sais que je vais lui pardonner dans l’instant. Il me reste deux jours pour savoir si j’y vais ou pas…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Jos</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Rendez-vous avec le futur</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Encore cinq minutes… Cinq minutes avant que sa vie ne bascule !</p>
<p style="text-align: justify;">Dans sa poitrine son cœur battait à tout rompre et malgré la température fraiche, son corps était brulant et semblait se diluer dans les sueurs froides qui l’inondaient.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès son entrée dans la Gare Montparnasse, elle avait consulté le panneau d’arrivée pour connaître le numéro du quai auquel s’arrêterait le train de celui qu’elle allait rencontrer pour la première fois.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle avait alors vingt minutes d’avance et sa détermination était encore intacte.</p>
<p style="text-align: justify;">Assise non loin du quai 15, elle avait ouvert le magazine qu’elle avait emporté afin de rendre moins longue son attente. Mais la lecture s’était révélée illusoire : les mots se brouillaient, s’enchevêtraient et elle n’était pas parvenue à se concentrer sur un article.</p>
<p style="text-align: justify;">Son esprit était ailleurs…envolé dans cet avenir proche qui l’attirait tout en lui faisant peur.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, sournoisement, la fébrilité s’était emparée d’elle, ses mains s’étaient mises à trembler, son ventre s’était noué et une agitation sans nom l’avait submergée ; tant est si bien que dix minutes avant le moment fatidique, la panique avait largement pris le pas sur sa détermination. Elle s’était levée promptement, s’était dirigée vers l’escalator le plus proche et exaspérée par la lenteur de sa progression, en avait gravi les marches à vive allure. Arrivée en haut de l’escalier, se sentant un peu mieux &#8211; presque en sécurité &#8211; elle s’était arrêtée sur la passerelle située juste en face du quai 15. La hauteur de son emplacement l’avait alors aidée à prendre du recul sur la situation.</p>
<p style="text-align: justify;">Irait-elle jusqu’au bout de cette histoire qui avait commencé quand elle s’était inscrite sur un site de rencontre deux mois plus tôt? Rien n’était moins sure. Elle-même ne s’expliquait pas les raisons qui lui avaient donné le courage et l’énergie de dépasser sa peur et sa timidité. Pourtant elle avait fait le pas et étonnamment elle avait été très vite attirée par Stéphane dont les échanges sur le net se distinguaient de tous les autres. Rapidement, leurs discussions banales étaient devenues plus profondes. Elle s’était surprise à attendre avec impatience l’heure de leur rendez-vous quotidien dont la durée s’allongeait chaque fois un peu plus tandis que leur attirance devenait évidente et incontournable.</p>
<p style="text-align: justify;">L’absence de contact physique l’avait libérée de la peur du regard de l’autre, qu’elle savait source de jugement et de préjugés, et leur découverte réciproque n’avait pas été polluée par celle de leurs corps. Et parce que les mots écrits sont plus réfléchis que les paroles &#8211; plus engageants aussi &#8211; leur correspondance avait accéléré leur intimité. Bien sûr elle savait qu’elle ne pouvait se cacher éternellement derrière son écran, que leur rencontre ne serait pas complète tant qu’elle resterait virtuelle et que le moment de se dévoiler toute entière, de se révéler tout à fait, était inéluctable. Mais au moins, leur complicité serait déjà établie et le visuel ne serait pas l’essentiel de leur rencontre mais sa complémentarité.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi elle avait accepté au bout de quelques semaines, de lui envoyer sa photo. Elle avait choisi la plus neutre, une qui ne la mettait pas particulièrement en valeur mais qui ne la défavorisait pas non plus. Une qui lui ressemblait…</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors, tout alla très vite. Leurs échanges plus longs et plus intenses ne leur suffirent plus et le contact réel leur fit furieusement défaut. Il fallait qu’ils se voient, qu’ils se confrontent à la réalité…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Le train 2990 en provenance de Bordeaux entre en gare – Quai 15 »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’annonce de l’arrivée du train, sortit Hélène de ses pensées. Tremblante, elle crut un instant que ses jambes n’allaient plus la porter. De ses mains soudainement moites elle agrippa avec force la rampe de la passerelle pour ne pas vaciller. Elle vit au loin le train qui approchait, amenant avec lui un futur plein d’espérance. Elle tourna la tête de droite à gauche comme une personne apeurée cherchant une issue de secours. Puis elle respira une grande bouffée d’air frais, lâcha la rambarde et dévala l’escalier.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle allait enfin à la rencontre de celui en qui elle avait mis tous ses espoirs.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Mary</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">La lumière est plus douce depuis que la gare  a été rénovée . Le métal chauffé me monte au   nez comme tous les matins . Il s’y mêle une vague odeur de café. Il y a tant de voyageurs un gobelet à la main.</p>
<p style="text-align: justify;">Je cherche  la meilleure place.Ils doivent ne pas  passer à côté sans me voir. Il ne faut pas non plus gêner le passage des valises à roulettes. Etre à portée sans bloquer. Se tenir  à bonne distance, ni trop près ni trop loin de l’entrée de la brasserie, sans entraver la file d’attente devant le petit kiosque à sandwiches . Je roule derrière moi mon engin, je commence à fatiguer . Voilà, j’y suis. Je guette le regard du garçon de café, de la serveuse du kiosque. C’est bon , pas de réprobation. J’ai fini par trouver le point à égale distance pour ne pas générer d’hostilité.</p>
<p style="text-align: justify;"> Je suis à l’air libre, je peux regarder les voyageurs, sentir leur tension devant le panneau des départs de TGV lorsqu’ils entendent le roulement des mises à jour. Ils se précipitent comme s’ils devaient gagner leur place de haute lutte. Il n’y a pas de famille à cette époque de l’année donc moins d’appels exaspérés de parents inquiets.La voix de la SNCF égrène quelques indications, sur le rythme  mécanique qu’on lui connait : « voie 15, le train pour Lille-Europe va entrer en gare, veuillez vous éloigner de la bordure du quai ». La mélodie de la phrase monte et descend, les syllabes se détachant de façon bien trop nette.</p>
<p style="text-align: justify;">Tiens, un conducteur de train, je les reconnais immédiatement . Leurs yeux ne cherchent pas, ils savent exactement où ils vont , pas de valise à roulettes, sourire aux lèvres, un salut en passant aux contrôleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Un flot de cadres pressés déboule du Thalis. Il faut donner de la voix, sans crier, mais en dominant le bruit des freins, réussir à les détourner quelques secondes de leur course vers la sortie en direction du métro . Quand il fait froid c’est encore plus difficile, ils savent la chaleur qui les attend un peu plus loin.Ici, ils vont devoir quitter leur trajectoire marquer un arrêt au risque de se faire emboutir par le suivant , sortir la monnaie de leur poche sous le manteau ou du sac à main, ça demande une planification au moins 10 mètres avant.</p>
<p style="text-align: justify;">La nouvelle technique, c’est d’aller au devant, faire naître l’envie, donner à voir, donner à entendre, gagner au plus près.</p>
<p style="text-align: justify;">Au début, quand on nous l’ a imposé, j’ai été  le seul  à me proposer, j’ai pensé à ce vieux film en noir et blanc avec la fille aux cheveux courts qui crie un nom de journal américain. Les autres préfèrent la chaleur du Relay, le bruit des bagages trainés dans  la boutique, l’écho du hall les bruits de pas les annonces, la mélodie du pianiste inspiré.</p>
<p style="text-align: justify;">Ici, je peux sentir les vibrations du sol, fermer les yeux quelques secondes entre deux arrivées de TGV , alors, alors je monte dans la cabine, je m’assois face à la console. Je consulte les écrans de contrôle . Je fais un signe de la main au chef de gare, je déclenche la bande annonce indiquant aux passagers la destination et l’heure de départ.</p>
<p style="text-align: justify;">J’enclenche la série de commandes  pour démarrer. Nous prenons de la vitesse. Les immeubles défilent déjà. Je donne de la vitesse . Quand les 350 kmH sont atteints, je n’entends plus rien.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Libération, s’il vous plait !</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; un quatre vingt . Merci !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Nady : </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>LE CHOIX</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Elle l’a toujours eu Sara, depuis sa plus tendre enfance.</p>
<p style="text-align: justify;">Le choix d’apprendre les claquettes plutôt que le piano ; il lui suffisait de le demander à son père qui fondait devant son plus beau sourire d’enfant.</p>
<p style="text-align: justify;">Le choix de faire des études de commerce ou de médecine car ses notes lui ouvraient toutes les portes.</p>
<p style="text-align: justify;">Un sourire ravageur sous des yeux noisette charmeurs lui valut une cour de jeunes hommes à ses pieds. Elle choisit Vincent. Ils se marièrent et eurent deux beaux enfants : une fille et un garçon, le choix du Roi en fait.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, par une belle journée d’hiver ensoleillée, Sara rentre du ski avec sa petite famille dans le TGV N741 qui arrive en gare de Lyon en voie 15. Bientôt il va falloir oublier la sérénité de ces beaux moments partagés emplis d’amour familial dans ce chaleureux chalet, au bord des pistes. Bientôt, il va falloir affronter la foule des transports en commun pour rentrer en banlieue. Bientôt il va falloir recommencer à travailler, faire les course, le ménage, reprendre ses activités, gérer ceux des enfants et réfléchir avec Vincent à la destination des vacances d’été… Mais à la seule pensée de Xavier, son cœur s’emballe et retrouve une certaine gaieté.</p>
<p style="text-align: justify;">Etrange sensation que de ressentir une telle émotion entourée des siens quand se profile au loin le retour d’un quotidien bien rangé… Mais n’oublions pas que Sara a toujours eu le choix de mener la vie qu’elle voulait alors elle avait aussi choisi d’avoir un mari et un amant.</p>
<p style="text-align: justify;">Xavier, elle l’avait rencontré il y a quelques années. Tout le contraire d’elle, lui n’a jamais vraiment eu beaucoup de choix. Né sous X, enfant de la DASS, élevé dans des institutions publiques, les seuls choix que lui offrait la vie étaient de maîtriser ses droits et ses devoirs à travers une formation sociale accélérée. Beaucoup de mal à se poser affectivement, divorcé, en recherche d’une princesse charmante qui lui ferait plein de bébés, ses rêves étaient présents mais il lui manquait la boîte à outils pour les réaliser et surtout l’apaisement nécessaire sur son passé afin d’avancer… Mais tout cela ne l’empêcha pas de rouler sa bosse, de choisir le métier d’expert comptable car la seule chose qu’il savait bien faire était de compter avec rigueur. Ils se sont rencontrés dans le domaine professionnel d’ailleurs, il venait contrôler les comptes de la société qui l’employait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il a suffi d’un regard entre eux, d’un échange de banalités à la machine à café et sa voix, ses yeux, ses idées l’envoûtèrent. Ça lui changeait des discussions habituelles sur les enfants, les repas du soir, les sorties du week-end ou des vacances avec Vincent. Lui, il la faisait rêver, lui il l’écoutait, lui n’était pas insensible non plus à ses charmes qu’elle tentait de remettre en valeur depuis leur première rencontre ; il était à cette période dans une histoire compliquée à gérer où il n’avait pas eu d’autre choix que de quitter celle qu’il essayait d’aimer quand soudain il tomba sur Sara : Cette femme posée, d’un an sa cadette, le reposait ; il arrivait aussi à déceler en elle une énergie toute belle qui avait juste besoin de s’échapper. Mais elle était mariée…</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne l’a pas deviné tout de suite car elle n’en parlait jamais quand ils se rencontraient et ne portait pas ce sacro saint bijou identifiable à l’annulaire gauche. Sara étant allergique à toute sorte de métal aux mains, il ne lui restait que l’option d’accrocher son alliance au cou. Vincent la taquinait parfois quand il s’amusait à baisser son col roulé ou enlever les étoles qu’elle avait l’habitude de porter.</p>
<p style="text-align: justify;">Au fil du temps, Xavier sentait qu’elle se rapprochait de lui, qu’elle déployait toutes ses armes de séductrice pour l’attraper dans ses filets… Mais Xavier n’est pas un tombeur qui se laisse prendre si vite. Un jour, la pause café a duré dans le bistrot du coin après les heures de bureau et soudain leurs visages se sont approchés et au moment si attendu du baiser, il lui glissa à l’oreille qu’elle était assise sur son écharpe et qu’il devait s’en aller. Offensée et pour ne pas perdre face, elle répondit en se levant qu’elle devait aussi rentrer, son homme et ses enfants l’attendaient. Les choses furent ainsi dites. Mais Xavier se doutait de son statut marital car il avait un jour entraperçu son alliance à un moment où son étole s’était déplacée…</p>
<p style="text-align: justify;">Tels deux aimants qui s’attirent quand ils sont contraires, le jour arriva où ils n’eurent plus le choix de résister à cette pulsion grandissante que de sauter le pas et devenir amants. Les choses furent claires pour elle : elle avait une famille et pas question de tout foutre en l’air après 17 ans de vie commune… Mais elle ne boudait pas les talents bien dissimulés de cet amant parfait qui n’avait rien à envier à Christian Grey, démons intérieurs inclus mais elle savait les apaiser. Ils étaient donc faits pour se rencontrer parce que c’était elle et parce que c’était lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Ça fait maintenant 10 jours qu’ils ne se sont pas vus. C’est quoi 10 jours sur l’échelle d’une vie bien remplie ? Quel choix d’activités a-t-on sur 10 jours ? Eric-Emmanuel Schmidt nous dit « qu’un homme est fait de choix et de circonstances. Que personne n’a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix ».</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Sara, c’est 24 heures multipliées par 10 de fou rire familial sur les pistes, autour des raclettes et autres spécialités d’hiver, c’est autant d’heures de tendresse avec les siens, loin des tracas du quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Xavier, ce même laps de temps c’est 24 heures multipliées par 10 de solitude, enfermé tantôt dans les tours de la Défense derrière un écran puis chez lui à attendre désespérément qu’elle lui envoie un mot doux qui apaiserait son cœur où les démons se faisaient une joie de revenir. Mais Sara fit le choix de ne rien envoyer, son bonheur familial là bas lui suffisait. Elle aura toujours le temps de l’appeler dans la semaine à venir quand son moral se ternira devant la fadeur de la routine qui reprendra…</p>
<p style="text-align: justify;">Xavier eut une idée. Il savait l’horaire de son train et décida de lui faire une surprise. Il avait en fait besoin de la voir, de la toucher, de lui parler… et s’il allait l’attendre à la sortie de son TGV ? Ils échangeront quelques mots, des banalités…il lui caressera le bras discrètement, ses lèvres toucheront sa joue, elle dira certainement à sa famille qu’il est un collègue ou un copain du sport. Elle leur demandera d’avancer pour rester le plus longtemps possible avec lui et empli de ces minutes de bonheur Xavier rentrera chez lui enhardi d’avoir revu sa belle et tout sera parfait dans le meilleur des mondes…</p>
<p style="text-align: justify;">Le TGV entre en gare, Xavier se poste en tête du quai, sur la voie 15, à côté de la machine à boissons, les mains dans les poches de son pantalon, attendant sa bien aimée. Sara n’aura là pas d’autre choix que de le voir même s’il a rejeté l’idée saugrenue d’acheter un bouquet pour elle.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les textes écrits à partir de la même photo, mais hébergés sur d&rsquo;autres blogs</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1i0k4qn0pp6N7oYkvZSwgbf-0ULNK4rjIy6qjcbhDmb0/pubhtml?gid=1280190914&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="500" height="550"></iframe></p>
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		<title>Atelier d&#8217;écriture : Une photo quelques mots (254)</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/atelier-decriture-une-photo-quelques-mots-254/18799/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2017 16:51:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[arrivée]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[départ]]></category>
		<category><![CDATA[écrire]]></category>
		<category><![CDATA[écrire à partir d'une photo]]></category>
		<category><![CDATA[gare]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Ribot]]></category>
		<category><![CDATA[tout le monde descend ! Terminus !]]></category>
		<category><![CDATA[trains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le soleil et la chaleur reviennent ! J&#8217;adore ce renouveau, surtout lorsqu&#8217;il arrive au moment des Lupercales ! ♥ (C&#8217;était la minute éphéméride ) La nouvelle photo est signée Julien Ribot [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le soleil et la chaleur reviennent ! J&rsquo;adore ce renouveau, surtout lorsqu&rsquo;il arrive au moment des Lupercales ! ♥ (C&rsquo;était la minute éphéméride )</p>
<p style="text-align: justify;">La nouvelle photo est signée <a href="http://www.jrphotographie.fr/fr/accueil.html" target="_blank">Julien Ribot</a> ! Merci à toi !</p>
<div id="attachment_18800" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-18800" class="size-large wp-image-18800" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2017/02/16114850_874629149307218_3889298951964704245_n-700x295.jpg" alt="" width="700" height="295" /><p id="caption-attachment-18800" class="wp-caption-text">© Julien Ribot</p></div>
<p><span id="more-18799"></span><iframe src="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdiU8lKEVMYIzcvEXM8E4XgcxgLwaJPb_NT-OX-3vQznZ42Ew/viewform?embedded=true" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
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		<title>Me mirer encore une fois dans le fleuve : écriture n°253</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/me-mirer-encore-une-fois-dans-le-fleuve-ecriture-n253/18762/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Feb 2017 03:03:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Apollinaire]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[fleuve]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Ribot]]></category>
		<category><![CDATA[Nuit rhénane]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Rhin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque jour, depuis ma retraite anticipée, je me force à faire des exercices. Sortir, me promener, regarder le monde, puis rentrer. Jadis, j&#8217;ai parcouru le globe en long, en large [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_18727" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-18727" class="size-large wp-image-18727" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2017/02/seine-cygne-700x700.jpg" alt="" width="700" height="700" /><p id="caption-attachment-18727" class="wp-caption-text">© Julien Ribot</p></div>
<p style="text-align: justify;">Chaque jour, depuis ma retraite anticipée, je me force à faire des exercices. Sortir, me promener, regarder le monde, puis rentrer. Jadis, j&rsquo;ai parcouru le globe en long, en large et en travers, j&rsquo;ai roulé ma bosse et ma plume sur chacun des continents. Un inconnu que la foule reconnaissait.<span id="more-18762"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Mais aujourd&rsquo;hui, ma source s&rsquo;est tarie. J&rsquo;ai beau m&rsquo;asseoir chaque après-midi face au Rhin, papier et crayon à la main, l&rsquo;onde si lasse m&#8217;emporte sans que rien ne me vienne. Je suis un vieux Werther qui souffre de l&rsquo;alogie de ses mots. Le monde pourtant n&rsquo;a guère changé, les reflets d&rsquo;argent que j&rsquo;aimais tant, la grâce du cygne et de ses plumes étincelantes, tout semble venir à moi et me dire : <em>écris</em>. Mais rien ne vient, et mon stylo se heurte à dessiner des encéphalogrammes plats aux croches syncopées. Il n&rsquo;est que le miroir de mes illusions perdues face à cette étrange comédie humaine. Je jette des miettes de pain aux canards, très vite chassés par ce terrible cygne blanc, lui et moi nous  nous regardons alors du même oeil vitreux.<br />
Je crois que c&rsquo;est mon seul ami.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu&rsquo;il revienne ce temps où ma sirène m&rsquo;entraînait dans ses sillons, entortillait sa queue autour de mes membres, et me susurrait des mots dans une langue étrange et familière à la fois !  Que je puisse encore entendre le chant de ma belle nixe aux yeux de pierres et d&rsquo;argent !</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, un homme s&rsquo;est noyé dans le Rhin. Il flottait telle Ophélie, un sourire aux lèvres, sa tête heurtait en rythme un des piliers du pont de Bacharach, et d&rsquo;après la légende, ses yeux brillaient du même éclat que ceux de sa Loreley retrouvée.</p>
<p style="text-align: justify;">Alexandra K le dimanche 12 février, aux aurores</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Bénédicte</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un chagrin qui noit/ses larmes au fil de l&rsquo;eau/reste un secret</strong></p>
<p style="text-align: justify;"> Depuis un moment, assis sur la berge dans la lumière du jour finissant, un homme, la tête dans les mains, pleure. Personne ne s&rsquo;est arrêté pour voir ce qui n&rsquo;allait pas. Seul un cygne va et vient devant lui, l&rsquo;observant d&rsquo;un oeil attentif&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">   Arrivé doucement au bout de ses larmes, l&rsquo;homme essuya ses yeux et poussa un gros soupir d&rsquo;enfant. Il ne put s&#8217;empêcher de sourire en regardant le seul témoin de son chagrin. Tout proche, le col penché dans sa direction, celui-ci semblait attendre quelque chose. Et c&rsquo;est comme ça que ce monsieur, par ailleurs mature, équilibré et plutôt sérieux d&rsquo;habitude, se retrouva en train de parler à l&rsquo;oiseau&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">  » Ne t&rsquo;inquiète pas, je ne vais pas te rejoindre !&#8230;Mais je te remercie de ta compagnie, elle m&rsquo;a fait du bien je t&rsquo;assure. J&rsquo;avais juste besoin de pleurer un bon coup. Mais ce seront les dernières larmes sur le sujet, je ne veux pas qu&rsquo;elle se fasse plus de souci que nécessaire. Bien sûr tu n&rsquo;es pas au courant toi. Voilà : ses examens sanguins sont revenus positifs et ce n&rsquo;est pas une bonne chose. Il existe un traitement à prendre tous les jours sans jamais s&rsquo;arrêter. S&rsquo;il agit, le pronostic est bon et son espérance de vie restera la même que sans la maladie. Mais s&rsquo;il n&rsquo;est pas efficace alors là &#8230;..Et ça vois-tu je n&rsquo;arrive même pas à l&rsquo;imaginer. Rien que de t&rsquo;en parler j&rsquo;en ai encore la gorge serrée. Ce serait comme passer de la couleur au noir et blanc le reste de mes jours. Je l&rsquo;aime tant. Qu&rsquo;est-ce que je deviendrai sans elle ? Je n&rsquo;en reviens toujours pas qu&rsquo;elle m&rsquo;ait choisi. Cela fait quarante ans qu&rsquo;elle met de la joie dans ma vie&#8230;.Je te remercie de m&rsquo;avoir écouté, je rentre à la maison, l&rsquo;heure des larmes est passée, il y a encore du bonheur à vivre devant nous&#8230;. »</p>
<p style="text-align: justify;">    Au même moment, dans un appartement confortable et lumineux, une femme répare devant sa glace les traces d&rsquo;un gros chagrin. Il va revenir et il ne faut pas qu&rsquo;il voit qu&rsquo;elle a pleuré. Voir qu&rsquo;elle a peur et qu&rsquo;elle se sent fragile lui ferait trop de mal. Après tout il est fort possible que les médicaments soient efficaces et s&rsquo;intègrent dans leur vie de la même façon que ses pilules à lui pour l&rsquo;hypertension. Pas question de perdre un temps précieux en anticipant le pire. Vivre au présent et ne rien changer si possible&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">    Un dernier coup d&rsquo;oeil au miroir, un peu de parfum, quelques bougies, Mozart, et déjà elle entend le bruit de la porte d&rsquo;entrée. Dans le baiser qu&rsquo;ils échangent, dans cette étreinte, on trouve une compréhension totale de l&rsquo;autre, de son ressenti, et le désir profond de ne pas gaspiller une minute en vains regrets. Le verre sera pour toujours à moitié plein car il n&rsquo;est pas envisageable pour eux de le voir à moitié vide &#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Nady</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Hey Mec !</p>
<p style="text-align: justify;">Tu fais quoi là, la tête basse, assis par terre avec ton baluchon à côté de toi et accroché à ton téléphone ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ta nana t’a largué et t’as plus de toit pour crécher ?</p>
<p style="text-align: justify;">ROooo, toi t’as pas flairé le bon plan ! Tout le monde n’a pas la chance d’être marié à un ou une élue parlementaire !</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis, t’as fait quoi aussi pour mériter ça ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ben rien justement ? Voilà où ça mène de passer ses journées à glander devant la télé !</p>
<p style="text-align: justify;">T’essaie d’appeler un ami pour la nuit mais tout le monde semble aux abonnés absents ?</p>
<p style="text-align: justify;">T’as pas de quoi te payer une chambre d’hôtel pour ce soir ?</p>
<p style="text-align: justify;">On n’est qu’en début de mois et t’as déjà bouffé tout ton RSA en jeux vidéos et cigarettes ?</p>
<p style="text-align: justify;">Tu ne risques pas de pécho avec ta dégaine ! Aucune gonzesse voudrait baiser avec toi si t’as pas le sous !</p>
<p style="text-align: justify;">Tu la kiffes pas la life en ce moment ?</p>
<p style="text-align: justify;">Bon, encore heureux, t’en es pas à te jeter d’un pont dans la Seine,</p>
<p style="text-align: justify;">Tu te contentes juste de t’asseoir à côté d’elle&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Non, mais sans déconner Mec, tu fais quoi là ? T’appelle qui ? C’est pourtant les horaires où tu devrais taffer !</p>
<p style="text-align: justify;">Bon ok, ça fait 4 ans que t’attends « le job de tes rêves » comme tu dis !</p>
<p style="text-align: justify;">Ben, si tu veux que je t’annonce un secret ! Il t’arrivera pas sur un plateau d’argent celui là !</p>
<p style="text-align: justify;">Ah ouais ? Plus que 3 mois à tirer et t’y crois fort à ton revenu universel qui va arriver ?</p>
<p style="text-align: justify;">Rêve pas trop mec ! C’est pas encore gagné !</p>
<p style="text-align: justify;">QUOI ? Parle plus fort je ne t’entends pas !</p>
<p style="text-align: justify;">Y a plus de boulot pour toi car les étrangers ont tout pris et plus de toit aussi car on les a donnés aux migrants ? Tais toi là s’il te plait ! Arrête d’écouter les conneries à la télé ! Vas y toi dans leurs pays en guerre pour y bosser ! A part te faire sauter le ciboulot, c’est tout ce que t’auras gagné ! T’as pas honte de penser de telles insanités ?</p>
<p style="text-align: justify;">QUOI ENCORE ?</p>
<p style="text-align: justify;">T’as pas envie de bosser pour un patron qui s’en mettra plein les fouilles ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ben lève toi Môssieur l’Insoumis ! Allez ! Bouge tes fesses ! Montre nous tes talents si t’es le plus intelligent ! Ouvre ta boîte ! Eclate toi dedans ! Gagne le ton fric avec tes belles idées mais bouge toi bordel ! Agis ! Mets toi En Marche Mec ! Je m’en fous si tu décides d’aller ni à droite, ni à gauche, tant que tu restes dans le droit chemin ! N’oublie juste pas une chose : ta liberté s’arrêtera là où celle des autres commencera !</p>
<p style="text-align: justify;">Quoiiiii encooooooore ? Non en fait, arrête ! t’en as déjà assez dit !</p>
<p style="text-align: justify;">Bon allez, je vais t’aider mais je ne te tendrai la main qu’une fois, à condition que tu fasses la moitié du chemin ! Ne compte pas sur moi pour te donner ce que j’ai acquis à la sueur de mon front et te libérer de tes lests ! Je vais juste t’aider à les positionner pour que tu puisses en jeter certains et mieux porter les autres ! Après, ça sera à toi de jouer Mec mais ici t’es dans la cour des Grands et des Méchants, alors profite bien de ce moment pour capter le maximum d’énergie positive !</p>
<p style="text-align: justify;">Allez, relève la tête Mec ! Regarde autour de toi ! Ouvre tes yeux… pas ceux qui te montrent une fausse réalité à travers le virtuel, non, ouvre ceux de ton cœur !</p>
<p style="text-align: justify;">T’as pas l’impression d’être entouré d’un lac bleu azur avec ses vagues légères qui viennent s’échouer à tes pieds ? Lâche ton portable et écoute la nature… Fais taire dans ta tête les bruits de la ville au-dessus… imagine toi ailleurs… le lac prend l’étendue d’un océan où tu serais là, seul au monde devant tant d ‘immensité.</p>
<p style="text-align: justify;">Inspire,</p>
<p style="text-align: justify;">Expire,</p>
<p style="text-align: justify;">Lâche prise.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu te retrouves là, maître de Ton destin, acteur de Ta propre vie et assumant tous tes choix !</p>
<p style="text-align: justify;">Respire encore, inspire à nouveau…</p>
<p style="text-align: justify;">Tu te vois devenir le changement que tu veux voir autour de toi…</p>
<p style="text-align: justify;">Ouvre bien les yeux de ton enfant intérieur,</p>
<p style="text-align: justify;">Regarde sur ta droite : un cygne s’approche de ta personne pour tenter de te parler… Concentre toi, chasse les mauvaise idées qui viendraient importuner ton esprit… Ecoute le, c’est un signe du destin que la Vie a envie de t’offrir… Saisis ta chance ! Tu l’entends son message ? Il ne peut être qu’apaisant et constructif, venant d’une aussi belle beauté… Non, ne me dis rien… Garde le pour toi ce message, c’est à toi qu’il est adressé et seul toi pourra le mettre en application car il s’agit de Toi et de Ta vie !</p>
<p style="text-align: justify;">Rassure moi… ou pas… T’as déjà entendu la musique de Tchaikovsky ? une mélancolie confrontée au désespoir qui se métamorphose en une joie intense et imprévue… mais avant l’arrivée du bonheur, il va falloir te bouger, relever tes manches et te mettre à bosser !  Prêt ?</p>
<p style="text-align: justify;">Respire un bon coup, propage ce doux instant au plus profond de toi ; tu pourras ainsi retrouver cette « image/objet » à chaque fois que tu en ressentiras le besoin et ça t’aidera à avancer… Reviens tout doucement ici et maintenant…</p>
<p style="text-align: justify;">J’ose espérer après ces minutes d’évasion que ton esprit aura emmagasiné un peu d’ondes constructives pour un Demain plus dynamique et actif ! C’est tout le Bien que je te souhaite !</p>
<p style="text-align: justify;">Allez, zou ! Action maintenant !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Birdy Joe</strong></p>
<p style="text-align: justify;">LE SIGNE DU SIGNE</p>
<p style="text-align: justify;">Je mettais égarée sur le chemin et me retrouvais là, au bord de ce fleuve dont les flots agités par le vent semblaient me parler à voie basse de la vie qui s’agitait en haut et dont j’entendais le bruit fracassant des voitures énervées, des brides de conversations sans saveur et quelques rires parfois. Je restais là, posée à me demander la suite à donner à cette histoire, qui a vrai dire, avait pris un tournent auquel je n’étais pas préparée, mais qu’il me fallait affronter de toutes mes forces pour de pas sombrer dans les eaux profondes qui m’attiraient comme le chant des sirènes. Oublier tout ce parcours chaotique qui, je m’en rendais compte, m’avais épuisée .Trouver la force en moi pour vaincre cette solitude et continuer cette nouvelle route qui s’ouvrait désormais à moi. J étais dans mes pensées sombres qui viennent et reviennent souvent au plus profond de moi et m’invitent au néant à l’abandon. J’étais donc seule avec ces mauvaises idées et un signe, le Signe cet animal majestueux, semblant avoir compris s’est approché de moi comme pour me consoler et me tenir compagnie il est resté à mes côtés, le temps que tout se passe, attendant que je retrouve l’espoir de continuer cette histoire, mon histoire et remonter là haut à la vie au soleil aux rires. Je me suis levée et fait un signe à ce Signe qui m’a regardé m’éloigner puis s’en est allé, rassuré, porté par les eaux apaisées.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Manue</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Rien dans cette ville ne lui rappelait ses ancêtres. Il n’entendait plus leur musique et ne voyait plus leurs visages dans le sable rouge. Seule l’eau de ce fleuve chantait à ses oreilles, mais c’était un murmure, un tout petit rien du tout de vie …</p>
<p style="text-align: justify;">Une semaine s’était écoulée depuis qu’il avait eu sa vision. Tôt le matin, offrant ses rituels aux dieux et aux éléments, il avait soudainement été ébloui. Tombé brutalement face contre terre et il ne se souvenait de presque rien … un aigle qui planait lentement, son cri qui perçait ses tympans, le soleil qui brûlait son dos, la poussière irritant ses yeux, … et cette voix, qui lui parlait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’avait pas eu le choix, il avait essayé de rester mais ils étaient tous contre lui. La pluie était tombée drue, trois jours durant, en plein désert. Sa femme refusait de le toucher et il devait dormir seul. Les mères n’avaient plus de lait, les fourmis rouges devenaient de plus en plus agressives et les cactus perdaient leurs piquants. Quand l’eau a commencé à devenir torrent et les vautours à rôder de plus en plus près de la réserve, il sut qu’il devait partir.</p>
<p style="text-align: justify;">Et affronter la civilisation, le monstrueux 4&#215;4 d’abord, puis les voies rapides, les immenses buildings, l’aéroport grouillant de monde et l’avion … Des jours entiers sans prières, sans sa terre rouge, sans le cuir de sa tunique et les chants des plus anciens, les histoires des vieilles femmes. Coupé de son monde, c’était un être hagard qui avait finalement réussi à trouver le fleuve après son interminable voyage de l’autre côté de l’océan.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne ressemblait plus à rien, il avait coupé ses cheveux et couvert ses membres de vêtements serrés. Ses pieds ne touchaient plus le sol, pris dans d’immondes chaussures, ses orteils ne sentaient plus les pulsations de la planète et, petit à petit, il devenait un autre, un homme comme tout le monde, un individu sans âme … plus personne ne l’habitait, plus rien ne résonnait en lui. Il tombait dans un gouffre. Que faisait-il là déjà ? Pourquoi se sentait-il si mal ? Il n’était plus qu’un creux.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis au fond de son silence, il entendit l’écoulement de l’eau. La nature se souvenait pour lui. Elle lui reparlait enfin. L’aigle était loin mais l’oiseau approchait, majestueux et curieux. Tout lui revint alors. Son malaise. La voix qui résonnait en lui. Sa prière, son injonction plutôt. Il devait partir et se couper de tout. Il devait se perdre pour mieux se retrouver. Il devait ramener une plume de l’ancien monde pour devenir un sage, un chef, ou du moins son ébauche, il avait tant de chemin à parcourir encore … Cela devait être une offrande et pas un acte de sauvagerie. Le don d’un être rare. Le cygne était de cette race, amical, mystérieux, la réincarnation d’un esprit supérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils se regardèrent longtemps et quand l’animal commença à partir, l’homme, enfin apaisé, découvrit dans son sillage une seule et belle plume, petit morceau de sagesse millénaire laissée au fil de l’eau, offerte à qui sait la saisir. Lui saurait quoi en faire. Elle rejoindrait les autres et toutes le guideraient pour devenir meilleur.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte d&rsquo;Adèle</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fais-moi cygne</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je le voyais assis là, jambes pendantes sur le quai, au bord de ce lac Léman dont je lui avais cent fois décrit la beauté paisible. Les eaux froides s’animaient en mille vaguelettes, le cygne passait et repassait, animal imbécile, indifférent à son chagrin d’homme blessé. Oreille collée au portable, l’homme n’entendait rien, le clapotis du lac contre les pierres était assourdi par la cruauté de mes mots.</p>
<p style="text-align: justify;">Je devinais le voile épais de la tristesse, tombé sur ses yeux sourds d’aveugle, et qui l’empêchait d’admirer les hautes montagnes, blanchies par l’hiver. Triste décor de pierre d’un mauvais film, drame sentimental de seconde zone, dont il était devenu le héros en entrant sur mes terres.</p>
<p style="text-align: justify;">Il avait voulu me faire la surprise de sa venue, et c’était une déconvenue. Il avait pourtant apporté son sac et sa bonne humeur, sa veste matelassée et son cœur en bandoulière.</p>
<p style="text-align: justify;">Son amour, si rouge, si chaud, si palpitant, raidi par la surprise, je l’imaginais se figer et s’arrêter de battre, pris dans la fine banquise du chagrin qui s’installe, tétanisé de douleur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le  cœur cigale, il n’avait pas senti la bise fraiche des lacs de mes yeux monter vers ses cheveux, dorés par le soleil de l’estive. L’automne était venu, voilà tout. Est-ce à la Terre d’expliquer ses saisons ?</p>
<p style="text-align: justify;">Je m’étais lassée de sa gentillesse, de ses émerveillements  agaçants, de sa prévenance pesante. C’était un troubadour et je rêvais d’un chevalier. Il me récitait de doux poèmes, quand j’attendais des combats glorieux, il me caressait de ses mains délicates quand je rêvais d’étreintes audacieuses.</p>
<p style="text-align: justify;">Je parlais dans mon portable, accroupie derrière le muret, dans l’escalier au-dessus du quai, et j’assénais les coups sans pitié. Puisqu’il ne voulait pas comprendre, il s’agissait d’être féroce et sans pitié.</p>
<p style="text-align: justify;">« Fallait pas venir, nous deux c’est fini. Pauv’cloche, même pas en vrai. Tu t’es fait un film tout seul. Oui, c’est ça, raccroche, et bon vent.»</p>
<p style="text-align: justify;">Je le vis se lever, passer son sac sur l’épaule et partir en direction de la ville. L’esprit enfin libéré, je remontai l’escalier, portable bien rangé au fond de ma poche.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le bruit qui me fit me retourner.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans l’eau glacée, le cygne stupide glissait avec majesté, indifférent au rond parfait qui s’élargissait à côté de lui.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Ludo</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Ça fait quelques jours maintenant, peut-être une semaine. Chaque jour un peu plus près&#8230; Au début on s&rsquo;observait de loin lui et moi, sans un mot, si ce ne sont ceux que l&rsquo;on échange avec les yeux.</p>
<div style="text-align: justify;">Et justement, ça parait idiot de dire ça, mais j&rsquo;ai eu le sentiment de voir, de lire dans son regard de la tristesse.</div>
<div style="text-align: justify;">Chaque jour depuis ce premier, nous nous sommes approchés l&rsquo;un de l&rsquo;autre, un peu plus proche. Mais toujours sans un mot, juste un regard et la même tristesse à l&rsquo;intérieur&#8230;</div>
<div style="text-align: justify;">Petit à petit, on s&rsquo;est apprivoisé, comme le renard dans cette histoire que lisait autrefois, à voix haute une maîtresse d&rsquo;école. Elle s&rsquo;entraînait, cherchant le ton juste et l&rsquo;assurance qu&rsquo;elle adopterait plus tard devant ses élèves, ne sachant pas que cachés dans un petit coin avec les copains, nous l&rsquo;écoutions religieusement, rêvant qu&rsquo;elle soit notre maîtresse.</div>
<div style="text-align: justify;">Justement, les copains me mettaient en garde.</div>
<div style="text-align: justify;">« Méfie toi, s&rsquo;il s&rsquo;approche, recule, c&rsquo;est une espèce qui peut être agressive! Ils ont cette réputation! Fais gaffe! »</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">Mais de jour en jour, l&rsquo;attrait du premier regard s&rsquo;est confirmé, chaque fois un peu plus&#8230; et chaque fois cette sensation idiote de lire de la tristesse dans ses yeux&#8230;</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">Et puis, ce matin, il a passé une main dans mon cou, a lissé les plumes de mon aile. Une larme a roulé sur sa joue.</div>
<div style="text-align: justify;">« T&rsquo;as pas de problème toi, t&rsquo;as de la chance d&rsquo;être rien qu&rsquo;un cygne! Encore que, on doit pas te rendre la vie facile, nous les hommes&#8230; on est si con parfois! »</div>
<div style="text-align: justify;">Il a lancé un bout de pain dur qu&rsquo;il gardait dans sa poche, s&rsquo;est levé, a ramassé son sac et est parti sans se retourner. J&rsquo;ai battu des ailes pour lui dire au revoir.</div>
<div style="text-align: justify;">Mais maintenant qu&rsquo;on est apprivoisé, je sais qu&rsquo;il reviendra demain&#8230;</div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Valérie</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Le soleil est là ce matin. Il scintille de mille feux sur la Seine. J&rsquo;en prends plein mes mirettes. Mes plumes apprécient grandement la chaleur de ses rayons. Cela promet une belle journée. Les badauds viendront marcher sur les quais, les marmots se feront un plaisir de m&rsquo;appeler et de me lancer sans cesse du pain ou d&rsquo;autres victuailles. Je leur ferai mon numéro du cygne majestueux, m&rsquo;éloignant et revenant à leurs rappels. Je m&rsquo;ébattrai à leur proximité dans l&rsquo;espoir de les éclabousser et d&rsquo;entendre leurs rires. Mais les festivités n&rsquo;ont pas encore commencé, il est trop tôt. Sur le quai, il n&rsquo;y a encore personne. Ah si. Un vieil homme qui semble se réveiller. Il a dû dormir là, sous le pont. Il plie ses couvertures et empile ses affaires dans un caddy. Il y en a toutes les nuits qui dorment là, mais ces derniers jours il faisait si froid que les services sociaux les ramassaient de force. Celui-ci a dû sentir la douceur arriver et leur a échappé. Le voilà qui se rapproche. Il se traîne. Il a laissé son caddy sous le pont et a juste pris un cabas qui semble peser des tonnes et qui contient sans doute tout ce qu&rsquo;il lui reste. Comment en arrive-t-on là ?  Il doit bien avoir soixante-dix ans cet homme. Il a dû travailler, construire une famille, avoir des amis&#8230; Quel drame a-t ‘il bien pu traverser pour en arriver là, abandonné de tous? Est-il un monstre ou les Hommes sont-ils si mauvais ?<br />
Il s&rsquo;assoit difficilement sur le bord, tout courbaturé par l&rsquo;âge et la dureté de sa vie. Il souffre. Mais ses douleurs mentales sont sans doute encore plus terribles que ses douleurs physiques. Il a les yeux dans le vague. Je ne suis même pas sûr qu&rsquo;il m&rsquo;ait vu. Il est dans sa bulle, sans doute un moyen de se protéger. Peut-être que pour oublier la misère qui est son quotidien, il s&rsquo;invente un monde meilleur. Je m&rsquo;approche du bord, m&rsquo;éloigne. Aucune réaction. Je m&rsquo;ébroue, je trompette. Il m&rsquo;aperçoit enfin. Ses yeux me sourient timidement. J&rsquo;incarne pour beaucoup de gens la beauté et je ne le laisse pas indifférent semble-t-il. Ses yeux se mettent à briller, ses lèvres se retroussent pour former un sourire discret. Le voilà, tel un enfant, qui m&rsquo;appelle, me siffle doucement pour que je vienne à lui. Il fouille dans son sac et en sort un bout de pain rassis. Il m&rsquo;en lance délicatement des petits bouts. Je siffle et bat des ailes, en retour, pour le remercier. Il s&rsquo;amuse à me voir faire mon cirque et moi j&rsquo;en rajoute des tonnes pour lui faire plaisir. Cet homme qui n&rsquo;a plus rien et partage avec moi son maigre repas ne peut être un monstre. Il m&rsquo;aurait jeté des cailloux sinon. Je suis heureux de lui avoir apporté un peu de chaleur et de douceur. Mais je me sens bien impuissant pour la suite. Comment l&rsquo;aider davantage ? Je lui offre un bonheur éphémère mais finalement mis bout à bout ces petits bonheurs l&rsquo;aideront peut-être à trouver la force de se battre, la force de vivre. Si tout le monde lui tend un peu la main &#8230;.Qui sait? On ne perd rien à essayer alors&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Jos</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"> <strong>Fluctuat nec mergitur</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est à toi que l’on doit</p>
<p style="text-align: justify;">« Il tangue mais ne coule pas »</p>
<p style="text-align: justify;">Cette belle devise</p>
<p style="text-align: justify;">Que tout Paris maîtrise.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu sillonnes la ville</p>
<p style="text-align: justify;">En la coupant en deux</p>
<p style="text-align: justify;">Et les ponts qui t’habillent</p>
<p style="text-align: justify;">Recueillent tous nos vœux.</p>
<p style="text-align: justify;">Rive droite ou rive gauche,</p>
<p style="text-align: justify;">Tu restes entre les deux,</p>
<p style="text-align: justify;">Chez toi pas de débauche</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le plaisir des yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur tes eaux on avance</p>
<p style="text-align: justify;">A bord des bateaux mouches,</p>
<p style="text-align: justify;">Explosion de nos sens,</p>
<p style="text-align: justify;">Nul besoin de retouche !</p>
<p style="text-align: justify;">Seul ou accompagné,</p>
<p style="text-align: justify;">On aime se promener</p>
<p style="text-align: justify;">Ou bien rester assis</p>
<p style="text-align: justify;">Là, aux pieds de ton lit.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais parfois de colère,</p>
<p style="text-align: justify;">Tu déclares la guerre</p>
<p style="text-align: justify;">En inondant tes quais,</p>
<p style="text-align: justify;">En nous rendant inquiets.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu importe ta rage,</p>
<p style="text-align: justify;">Tu es le paysage,</p>
<p style="text-align: justify;">La colonne vertébrale</p>
<p style="text-align: justify;">De notre capitale.</p>
<p style="text-align: justify;">Moi je sais que sans toi</p>
<p style="text-align: justify;">Paris n’est pas Paris</p>
<p style="text-align: justify;">Je sais que sans tes quais</p>
<p style="text-align: justify;">La vie serait moins gaie.</p>
<p style="text-align: justify;">Paris tu as ta reine,</p>
<p style="text-align: justify;">Elle s’appelle la Seine,</p>
<p style="text-align: justify;">Son eau coule dans tes veines,</p>
<p style="text-align: justify;">Et fait sombrer ta peine.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Terjit : </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Toute cette semaine au boulot je n’ai pas eu deux secondes pour écrire ou commenter, mais cette photo d’un homme de dos avec un cygne qui semble le regarder m’a intrigué et a fait naitre plusieurs idées de textes : l’homme va se jeter dans le fleuve et le cygne va le secourir ou il va le regarder couler avec l’ironie dans le regard de celui qui flotte éternellement, ou je vais écrire une conversation entre les deux pour dissuader l’homme de se jeter à l’eau ou le pousser à le faire, qui sait.</p>
<p>Mais voilà, nous sommes dimanche soir, je suis seul dans la maison endormie devant le feu de cheminée et je n’ai plus le cœur à écrire quelque chose de ce genre après une première journée à skier. Bien sûr la neige est celle que l’on trouve habituellement au printemps, les pistes étaient noires de monde et le ciel était gris. Mais quel plaisir c’était de chausser les skis et de retrouver ces sensations de liberté, de maitrise des éléments dans un jouissif droite-gauche appris depuis l’enfance, de retrouver la sensation de maitrise de la glisse comme seul le ski et la moto savent le faire.</p>
<p>Et le thème de la semaine dans tout ça me direz-vous ? Et bien je vais vous le dire. Chaussé de mes Fischer paraboliques cet après-midi je me suis mis à rêver d’être un cygne. Cet étrange animal a tous les attributs pour être un excellent skieur : un centre de gravité à quelques centimètres du sol, un long cou que peut faire balancier dans les sauts à grande vitesse, des ailes qui une fois déployées permettent de garder l’équilibre en toutes circonstances, un plumage épais pour éviter les trois épaisseurs de vêtements et surtout des pates palmées idéalement courtes et larges pour exécuter les figures les plus improbables dans toutes les consistances de neige.  Alors oui, cet après-midi j’étais un cygne, ou du moins je rêvais d’en être un.</p>
<p>Et l’homme dans cette histoire ? Enfin, chers amis, c’est simple, réfléchissez un peu : c’est celui qui s’est rendu compte que jamais, malgré tous ses efforts, ne sera jamais aussi gracieux sur ses skis qu’un cygne sur ses palmes. Et ce constat à lui seul mérite de se jeter dans le fleuve.<br />
Alors voilà ma vision de cette photo : de retour à Paris, un skieur ayant pris conscience de sa médiocrité skilistique n’a plus d’autre choix que de se jeter dans l’eau, y mourir et espérer être réincarné en cygne pour trouver la grâce. Et le cygne dans cette histoire ? Bien sûr il ne peut que l’inciter à passer à l’acte puisqu’il sait, lui, qu’avant d’être cygne il était un expert du planté du bâton.</p>
<p>Ce texte est vraiment n’importe quoi mais il m’a fait plaisir à écrire, dont acte !</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Cormorane</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Le cygne  s’approchait, avançant son long cou blanc. Assis au bord du quai, je le chassais du pied, il revenait. Son cri guttural m’horripilait. J’aurais pu pousser le même, de rage ironique.</p>
<p style="text-align: justify;">J’étais venu pour tenter de mettre de l’ordre. Non, pour nourrir ma rancœur, mon amertume.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me voyais me jetant à l’eau: les cris d’effroi des passants sur le quai, les sirènes étouffées par le roulement du flot, l’affolement. La sonnerie a interrompu la noyade. J’ai regardé l’écran. Il allait falloir changer la photo. Tu voulais savoir à quel moment passer récupérer le panier du chat.</p>
<p style="text-align: justify;">J’avais froid, le soleil commençait à baisser, je n’avais pas sorti mon matériel, pas ouvert mon sac. Il y a une semaine encore, j’aurais cherché à capter la courbure du col, le duveteux du bec. Son insistance m’inspirait de plus en plus de hargne. Je regrettais de ne pas avoir emporté mon pied télescopique. J’aurais pu l’atteindre.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai  entendu derrière moi un père et ses enfants s’extasier. J’étais sûr qu’ils avaient du pain dur dans une poche. J’ai saisi mon sac à dos par la bandoulière et tenté, au dessus de l’eau, de le chasser. Derrière, j’ai entendu « Venez les enfants, allons plus loin. ».</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, les hoquets sont venus.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les textes écrits à partir de la même photographie mais publiés sur d&rsquo;autres blogs :</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1xELKkNXLZA_-yJYX3g3B_Oq9BnFdgyVHSAM97cotxFE/pubhtml?gid=540431652&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="500" height="550"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/me-mirer-encore-une-fois-dans-le-fleuve-ecriture-n253/18762/">Me mirer encore une fois dans le fleuve : écriture n°253</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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		<title>Atelier d&#8217;écriture n°253</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/atelier-decriture-n253/18726/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2017 09:43:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[écrire]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Ribot]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Seine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une photo plus ouverte que la précédente (qui a donné pas mal de fil à retordre, je crois.) Ne trouvez-vous pas que le soleil se fait plus présent ces jours-ci [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Une photo plus ouverte que la précédente (qui a donné pas mal de fil à retordre, je crois.)</p>
<p style="text-align: justify;">Ne trouvez-vous pas que le soleil se fait plus présent ces jours-ci ? ♪ ♫</p>
<p style="text-align: justify;">Elle est signée <a href="http://www.jrphotographie.fr/fr/accueil.html" target="_blank">Julien Ribot</a>. Merci à toi ! 🙂</p>
<div id="attachment_18727" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-18727" class="size-full wp-image-18727" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2017/02/seine-cygne.jpg" alt="" width="960" height="960" /><p id="caption-attachment-18727" class="wp-caption-text">© Julien Ribot</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-18726"></span>Le formulaire à remplir :</p>
<p style="text-align: justify;">&lt;<iframe src="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfqPshElGX86_qh2xBO0NDVHLGyx8OFFrRU3LV3dFYDOWcU6g/viewform?embedded=true" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
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		<title>Kodomo no Hi : où une carpe se transforme en dragon &#8230;</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/kodomo-no-hi-ou-une-carpe-se-transforme-en-dragon/18234/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Dec 2016 04:00:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[carpe]]></category>
		<category><![CDATA[dragon]]></category>
		<category><![CDATA[Japon]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Ribot]]></category>
		<category><![CDATA[Koi]]></category>
		<category><![CDATA[légende]]></category>
		<category><![CDATA[Notre-Dame]]></category>
		<category><![CDATA[rencontre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il le sait, elle est là. Il l&#8217;aperçoit. A l&#8217;autre bout du pont. Elle regarde, comme toujours les lumières et perd son regard au loin. Elle semble aimer ces lumières [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/kodomo-no-hi-ou-une-carpe-se-transforme-en-dragon/18234/">Kodomo no Hi : où une carpe se transforme en dragon &#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_18171" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-18171" class="size-large wp-image-18171" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/12/paris-notre-dame-700x700.jpg" alt="" width="700" height="700" /><p id="caption-attachment-18171" class="wp-caption-text">© Julien Ribot</p></div>
<p style="text-align: justify;">Il le sait, elle est là. Il l&rsquo;aperçoit. A l&rsquo;autre bout du pont. Elle regarde, comme toujours les lumières et perd son regard au loin. Elle semble aimer ces lumières qui dessinent en creux de belles ombres &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Elle a ses habitudes. Chaque mardi, 21 h, elle arrive. Il se délecte alors de la voir de loin. Jamais la même, toujours une autre, mais terriblement elle. Dans ses postures, ses gestes, sa façon altière de poser les talons au sol avant de poser délicatement la pointe des pieds en dernier.<span id="more-18234"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Un rien le retient.</p>
<p style="text-align: justify;">La première fois, il avait été amusé par cette silhouette enfantine et espiègle qui se balançait sur la rambarde du pont. Il s&rsquo;était imaginé son rire cristallin alors qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais entendu le son de sa voix, mais seul un rire aigu pouvait sortir de ce corps. Un rien les séparait, mais il n&rsquo;avait pas franchi le pas. La deuxième fois, il avait été surpris de la retrouver là, sur ce pont. Deux fois de suite ? Une coïncidence, un signe ? Un sourire sur son visage.<br />
C&rsquo;était bien un endroit pour tomber amoureux, tiens.<br />
Après s&rsquo;être baignée de lumières, elle avait fait demi tour et elle l&rsquo;avait frôlé en repartant. Il avait juste eu le temps de saisir l&rsquo;effluve d&rsquo;un parfum capiteux. Surprenant. Il l&rsquo;imaginait plutôt porter une fragrance plus fleurie &#8230; il avait encore tant de choses à apprendre d&rsquo;elle.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux autres rendez-vous, il avait choisi de ne saisir qu&rsquo;une chose d&rsquo;elle. La courbure de ses reins, la taille de ses pieds, sa façon de mettre ses cheveux derrière les oreilles &#8230; Un détail par semaine, une sorte de puzzle qu&rsquo;il aimait rassembler chez lui. Cela faisait 58 fois qu&rsquo;il revenait de ce pont avec dans sa besace à souvenirs une nouvelle partie d&rsquo;elle.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais un soir, la rencontre fut manquée. Elle n&rsquo;était pas là. Étrange sentiment : lui était-il arrivé quelque chose, comment le savoir ? Il s&rsquo;était alors assis sur le banc central, le coeur battant, sortant son téléphone toutes les minutes afin de s&rsquo;assurer de l&rsquo;heure qu&rsquo;il était. Des perles de sueur sur ses tempes. Quel con ! Mais pourquoi n&rsquo;avoir jamais parlé à cette inconnue ! Ah il avait l&rsquo;air malin avec son puzzle de 58 pièces ! A jamais incomplet !</p>
<p style="text-align: justify;">Il avait pris sa tête entre ses mains et avait pesté, avant de se lever furibond de son banc.</p>
<p style="text-align: justify;">A cet instant, une voix l&rsquo;avait interpellé. Une chose était tombée de sa poche. Hum, il existait donc encore des gens honnêtes. Il s&rsquo;était retourné et était tombé nez à nez face à elle. Les yeux écarquillés de surprise. Quelle voix suave ! Jamais il ne l&rsquo;aurait jamais imaginée aussi douce.<br />
Assurément, oui, un puzzle dont il manquait bon nombre de pièces. Il était bien résolu à les positionner toutes &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">© Alexandra K. le dimanche 18 décembre</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Jos</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Espérance</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Errant dans la ville lumière,</p>
<p style="text-align: justify;">Je m’en vais faire une prière,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que nous soyons réunis,</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour qu’à tous la vie sourit.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrivée près de notre Dame,</p>
<p style="text-align: justify;">Je vais entrer dans ses entrailles,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour chasser toutes mes idées noires,</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour remplir mon coeur d’espoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux pieds de cette souveraine,</p>
<p style="text-align: justify;">Je prie pour toutes ces âmes en peine,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour tous ces être emplis de haine,</p>
<p style="text-align: justify;">Que ma prière ne soit pas vaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puisqu’ici ce soir tout brille,</p>
<p style="text-align: justify;">J’aimerais que dans cet asile,</p>
<p style="text-align: justify;">Cour des miracles d’un temps passé,</p>
<p style="text-align: justify;">Même les damnés soient pardonnés.</p>
<p style="text-align: justify;">Devant la cathédrale en pierre,</p>
<p style="text-align: justify;">Je rêve d’un tout autre univers,</p>
<p style="text-align: justify;">Ma main caresse le point zéro,</p>
<p style="text-align: justify;">Et crée un monde sans bourreau.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus belles alors seront nos âmes,</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le ventre de notre Dame,</p>
<p style="text-align: justify;">Quand enfin elles auront passé,</p>
<p style="text-align: justify;">Le portail du jugement dernier.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Nady</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Esméralda, je sais,</p>
<p style="text-align: justify;">Que même morte maintenant,</p>
<p style="text-align: justify;">Il t’arrive de là Haut pourtant,</p>
<p style="text-align: justify;">De veiller sur nous, tes enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Un siècle et demi plus tard,</p>
<p style="text-align: justify;">Ta cathédrale est toujours là,</p>
<p style="text-align: justify;">Comme les sans papiers d’ailleurs,</p>
<p style="text-align: justify;">qui trouvent refuge ailleurs :</p>
<p style="text-align: justify;">A l’église Saint-Bernard,</p>
<p style="text-align: justify;">A Calais, voire même dans nos rues.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre Dame sonne parfois le glas,</p>
<p style="text-align: justify;">Ou prochainement l’heure de la nativité,</p>
<p style="text-align: justify;">Quand ce n’est pas des cloches de joie</p>
<p style="text-align: justify;">Pour célébrer Jésus ressuscité.</p>
<p style="text-align: justify;">Regarde comme elle est belle</p>
<p style="text-align: justify;">Dans notre capitale de merveilles</p>
<p style="text-align: justify;">Qui brille de milles feux&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Pas ceux de la guerre cette année</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ceux plus joyeux des fêtes de fin d ‘année.</p>
<p style="text-align: justify;">Esméralda, tu sais,</p>
<p style="text-align: justify;">L’amour est toujours très compliqué.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y encore des interdits pour les Frollo,</p>
<p style="text-align: justify;">Et certains arrivent hélas à les transgresser</p>
<p style="text-align: justify;">Avec la cible des enfants sous leur autorité.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais une chose a vraiment changé :</p>
<p style="text-align: justify;">Notre condition de femme plus libérée,</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ça serait là trop long pour t’expliquer.</p>
<p style="text-align: justify;">Esméralda, tu vois,</p>
<p style="text-align: justify;">Rien n’est plus comme avant,</p>
<p style="text-align: justify;">Mais Paris garde sa beauté</p>
<p style="text-align: justify;">Sous un ciel bien dégagé.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Bénédicte</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a des traversées qui sont plus difficiles que d&rsquo;autres, et visiblement en ce moment la nuit en est une&#8230;.C&rsquo;est la première fois depuis que nous avons emménagé ensemble qu&rsquo;il ne dort pas contre moi. Il est parti quinze jours aux Etats-Unis voir ses parents et son frère. Je serai volontiers partie avec lui, mais trop de dossiers en attente sur mon bureau ont plombé mes projets. Alors j&rsquo;ai voulu me faire légère et le pousser avec amour dans cet avion&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">La journée ça va. C&rsquo;est comme d&rsquo;habitude en fait, à peine le temps de relever le nez que la nuit est déjà là. Quelques mots doux rapidement échangés dans ces espaces-temps décalés me maintiennent à flot. Mais c&rsquo;est le soir en rentrant que le manque se fait sentir&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier jour, la vue de ces fenêtres noires dans notre rue m&rsquo;a fait un tel choc que depuis je laisse une lampe allumée dans le séjour quand je pars le matin. En général ses horaires à lui font qu&rsquo;il est toujours rentré avant moi. J&rsquo;ai à peine le temps d&rsquo;ouvrir la porte qu&rsquo;il est déjà là, et notre premier baiser du soir enferme en une étreinte la chaleur du dedans et le froid du dehors&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier jour donc, j&rsquo;ai lutté comme j&rsquo;ai pu, décidant que ce serait agréable de trainer dans mon bain, puis dans l&rsquo;appartement en faisant des trucs de fille comme un masque à l&rsquo;argile. Et sûrement agréable de me faire un plateau de n&rsquo;importe quoi devant un vieux film. Et bien aussi de m&rsquo;étaler en travers de notre lit comme une étoile de mer &#8230;.Mais trois heures après, j&rsquo;étais toujours bien réveillée, son oreiller dans les bras, nichée dans l&rsquo;odeur de son cou, avec tout cet espace vide à contempler&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Le second jour, je suis allée directement retrouver des amis en sortant du bureau. Je me suis sentie tellement seule que je ne me suis pas attardée&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Et depuis, chaque soir le même choc en pénétrant dans l&rsquo;appartement vide, et chaque nuit si longue, ponctuée de trous dans lesquels je m&rsquo;enfonce d&rsquo;un bref sommeil agité. Sa voix au téléphone me brise en morceaux, la honte me terrasse d&rsquo;être jalouse de le sentir gai et heureux, tout mon corps me fait mal, mon cerveau tourne en boucle, l&rsquo;odeur de son oreiller a disparu, et lorsque je me caresse le plaisir me fuit&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors je continue à traverser le désert de mes nuits, à moitié morte de soif en attendant l&rsquo;oasis&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Manue</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Hier, Paris brillait. Hier, Paris pleurait. Hier, Paris était.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis, la nuit est tombée et je ne dors plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a d’abord eu l’inégalité, la colère, et la haine s’est installée, bien confortablement, dans chaque foyer. Et la peur. La haine et la peur. De l’autre, de son voisin, du crétin du dessus, de l’abruti d’en face. De celui qui est célèbre, ou riche. De celui qui a le pouvoir et qui ne sait pas s’en servir. De celui qui a le pouvoir et qui sait trop bien l’utiliser. La peur de celui qui n’a rien mais qui pourtant semble heureux, la lumière au fond des yeux. La peur de celui qui rit, de celui qui pense, de celui qui dit.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu ne peux pas le croire. Tu ne veux pas y croire. Pourtant, regarde. La ville brûle et nous n’avons rien vu venir. Il y avait bien eu des avertissements, des signes dans d’autres lieux ou dans d’autres temps mais, noyé dans tes problèmes, dans ta vie quotidienne, branché sur le monde en direct, tu restais de marbre au milieu des tourments de la planète.</p>
<p style="text-align: justify;">Un peuple résistait. Il croyait aux Lumières. Il croyait au bonheur, aux fleurs du printemps et aux douceurs sucrées. Chez lui, l’horreur s’est installée. Les hommes sont morts de trop penser, le sang des combattants coule encore, et celui de leurs femmes, et celui de leurs enfants. Les doudous se consument lentement dans la cendre chaude des maisons en ruines, ils ont vu eux aussi la terreur. Des enfants tués parce qu’ils habitaient le mauvais quartier. Des enfants massacrés parce qu’ils étaient du mauvais côté. Des enfants tués par l’amour d’un père, d’une mère, qui savaient que s’ils restaient en vie, l’enfer aurait été un doux paradis à côté de ce qui les attendait. Des enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains ont fui mais ne trouvent refuge nulle part, la faute à la peur qui se faufile partout et aveugle de plus en plus.</p>
<p style="text-align: justify;">La guerre s’installe ici aussi, les lumières s’éteignent peu à peu, d’abord les lieux de culte, les salles de spectacle, les cafés. Chacun, croyant se protéger, se replie sur lui même. Tu ne supportes plus rien, tu ne crois plus en rien, tu ne vois plus rien, tu ne sais plus penser. Et quand bien même tu saurais, tu ne sais plus vers qui se tourner pour résister, alors, à quoi bon ? La haine a pris le pouvoir, insidieusement, au printemps aussi, saison mortelle pour la liberté. Et l’abruti d’en face te guette maintenant, il est armé. Le crétin du dessus, lui, est du bon côté, enfin celui de la force, du côté qui n’hésite pas à piétiner. Et chacun se regarde en pensant que c’est lui qui détient la vérité. Impossible de sortir, trop de peur, trop de haine. Et même les écoles commencent à brûler.</p>
<p style="text-align: justify;">Paris n’est plus, mais qui s’en soucie ? Ici comme ailleurs, les peuples souffrent. Ils souffrent de trop d’indifférence. Ils souffrent d’être trop seuls. Ils souffrent d’être noyés dans trop d’informations.</p>
<p style="text-align: justify;">Paris n’est plus, au milieu de l’indifférence générale, mais comment pourrait-il en être autrement ?</p>
<p style="text-align: justify;">Hier Paris brillait, mais aujourd’hui, il ne reste que des ruines. Il suffit d’ouvrir les yeux, la lumière est un leurre, en vrai, c’est la nuit qui règne en maître, des ténèbres profondes, comme ailleurs de par le monde.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Valérie</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui n&rsquo;allait pas être un jour comme les autres. Je m&rsquo;apprêtais à vivre un jour hors normes, ça je le savais. Mais jamais je n&rsquo;aurais pu imaginer qu’il marquerait en moi un tel changement.<br />
Je devais rencontrer Marc.</p>
<p style="text-align: justify;">Vivant dans un petit village de campagne où tout le monde se connaissait, fortement encouragée par une amie, je m&rsquo;étais enfin décidée à m&rsquo;inscrire sur Meetic. A trente ans passés, Marie venait de m&rsquo;ouvrir les yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Après mon bac, je m&rsquo;étais consacrée à mes études d&rsquo;agronomie, puis je m&rsquo;étais investie à fond dans la ferme de mes parents&#8230;Et je n&rsquo;avais pas vu les années filer. Mes amies s&rsquo;étaient éloignées pour leurs études, avaient rencontré leur mari en ville. Moi, je n&rsquo;avais pas quitté mon village, je n&rsquo;avais rien connu. La dernière fois qu&rsquo;elle vint au village, Marie me secoua un peu : &#8211; « Thérèse!! Ce n&rsquo;est pas possible! Toujours célibataire à ton âge! Il faut réagir. Tu es une jolie femme en plus. Qu&rsquo;attends-tu? »<br />
Je ne m&rsquo;étais jamais posé la question. Je connaissais tous les hommes du village, des copains pour la plupart&#8230;mais aucun ne m&rsquo;avait jamais attirée, aucun n&rsquo;avait essayé de me draguer, non plus d’ailleurs.<br />
Marie me parla des sites de rencontres, m&rsquo;expliqua comment ils fonctionnaient et insista pour qu on fasse mon inscription dès le soir même sur l’un d’eux. Plusieurs copines à elle avaient rencontré leur mari ainsi, alors pourquoi pas moi.<br />
Je me suis laissée tenter et les premiers contacts ne tardèrent pas. Il faut dire que Marie avait particulièrement soignée mon profil trouvant les mots justes pour mettre en valeur mes points forts et avait fait une très belle photo de moi.<br />
Avant Marc, j’avais échangé avec deux trois hommes, mais sans intérêt. Avec Marc le feeling est passé tout de suite. Nos échanges étaient simples, authentiques. Il ne semblait me cacher quoi que ce soit ni surjouer. J&rsquo;aimais beaucoup discuter avec lui. Aussi quand au bout de deux mois de discussions via le net il me proposa de le rencontrer, j&rsquo;acceptai.<br />
J&rsquo;avais pris le train en milieu d après midi direction Paris. Paris où je n&rsquo;avais jamais mis les pieds. Paris où j&rsquo;allais vivre mon premier rendez-vous avec un homme. Nous devions nous retrouver à la fontaine de la place Saint-Michel à 20h. Arrivée en avance, je décidai d’errer un peu dans les rues de la capitale. La nuit commençait à tomber, les réverbères à s&rsquo;allumer. J&rsquo;étais émerveillée devant tant de beauté. Mais je ne l&rsquo;avais pas encore vue. Et soudain, je me trouvai face à elle. Je n&rsquo;avais jamais rien vu d&rsquo;aussi beau. Gigantesque et dégageant un je ne sais quoi d&rsquo;insaisissable. Je me mis à trembler. Attirée par ses deux tours qui semblaient m&rsquo;inviter à la rejoindre, j&rsquo;avançai vers elle comme hypnotisée. J&rsquo;avais des étoiles dans les yeux, je ressentais des émotions inconnues. Quand je la pénétrai, je n&rsquo;étais plus moi même. La cloche tinta huit coups, je restai le regard accroché à ses rosaces n&rsquo;arrivant pas à m&rsquo;en détacher. La tête me tournait. Je m&rsquo;assis avant de tomber. J&rsquo;essayai de reprendre mes esprits. Marc devait m&rsquo;attendre. Et pourtant, j&rsquo;étais incapable de bouger. Je ressentais un bonheur intérieur si fort&#8230; Je n&rsquo;avais jamais été aussi bien nulle part.<br />
-« Ne m&rsquo;attend pas Marc. Rien à voir avec toi mais je ne viendrais pas ce soir. Grâce à toi, excuse-moi du paradoxe, je viens de faire LA rencontre de ma vie. J&rsquo;ai eu une révélation. Ne m&rsquo;en veux pas. Thérèse »</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Terjit</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai jamais vraiment compris ta fascination pour « Nôltre Diame dé Pariss » comme tu disais avec ton accent abominable. Il y a tant de choses dans cette ville alors pourquoi le symbole du christianisme écrasant durant des siècles tout autour de lui, toi qui a fait de ta vie une lutte permanente contre les religions, toi qui a toujours été libre au point d’abandonner ta terre pour ne pas subir la répression qu’on réserve à celles qui refusent de baisser les yeux ? Mais qu’importe, ce voyage je le fait pour toi, pour tenir la promesse faite le jour où nous t’avons retrouvée en exil.</p>
<p style="text-align: justify;">Même si je n’avais que 5 ans je me souviens parfaitement de tes cris de joie quand papa a garé la voiture devant ton immeuble délabré, mais qui ressemblait à un rêve en comparaison de ce que nous avions traversé ces derniers mois. Je me revois encore soulevée de terre et quasiment étouffée dans tes bras. Je t’entends encore me demander 20 fois si je vais bien, si je ne suis pas blessée, si j’ai faim, si j’ai froid, si j’ai chaud, si je ne suis pas trop fatiguée, et tout cela entrecoupé des bisous les plus tendres qui soient. Comme c’était bon de te retrouver dans un endroit en paix et de garder un peu de là-bas dans ta manière très orientale de rendre outrancières les retrouvailles, pour mieux cacher ton émotion.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand tu as décidé de laisser mes poumons reprendre un peu de leur espace vital, et que tu as tout de même pris le temps d’embrasser papa et maman, nous sommes entrés  dans ton palais. Les odeurs de thé au jasmin et d’amandes fraiches remplissaient la pièce, j’avais l’impression de retrouver ma maison. Je me souviens aussi très bien du moment où assise sur tes genoux j’ai vu papa et maman sortir en même temps. J’étais pétrifiée par la peur qu’ils ne reviennent pas, tu m’as rassurée en me disant qu’ici les gens ne disparaissent pas quand ils vont dehors et qu’ils allaient juste vider la voiture. Puis, maline comme tu es, tu en as profité pour déposer dans ma main une petit enveloppe en me disant « c’est un secret qui aide à faire de beaux rêves, on l’ouvrira ce soir juste avant de s’endormir ». J’ai gardé toute la journée l’enveloppe dans ma poche, j’avais hâte que le soir arrive pour enfin savoir ce qui avait l’air d’avoir tant de pouvoirs. Je me rendais bien compte que papa et maman voyaient que toutes les deux minutes je tâtais ma poche pour vérifier que le secret ne s’était pas envolé, mais comme ils ne disaient rien c’était bien le signe que tu allais me faire une révélation incroyable ce soir, j’étais fière d’être assez grande pour que tu me fasses une pareille confiance. Au moment de me souhaiter une bonne nuit tu as pris ta toute petite voix de fée pour me demander d’ouvrir notre secret. A l’intérieur il y avait une photo en noir et blanc découpée dans une revue avec l’inscription « Paris » en rouge juste au-dessus d’une énorme église. Tu m’as expliqué qu’elle s’appelait Nôltre Diame, que c’était ton rêve d’aller la voir et tu m’as fait promettre que quand je serai assez grande je t’y emmènerai. Bien sûr le temps a fait ses désastres et tu es partie trop tôt pour faire avec moi ce voyage, mais je tiens toujours mes promesses, tu le sais bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui j’y suis à Paris, avec mon enveloppe bien rangée dans mon portefeuille, juste à côté de la dernière photo que j’ai de toi. Durant tout le voyage pour arriver jusqu’ici je me suis demandée quelle est la plus belle façon de la découvrir, et comme elle est à Paris ça parait naturel de prendre le métro. Mais voilà, dans ma chambre d’hôtel j’ai réalisé que si tu avais été là tu aurais voulu y aller à pied, comme tu l’as fait toute ta vie. Alors je me suis décidée à marcher lentement, comme pour aller vers mon destin avec ma main dans la tienne. Pour ne pas être trop intimidée je ne veux pas arriver directement devant Notre Dame, mais plutôt l’apprivoiser de loin avant de m’en approcher, et me glisser dans son dos pour qu’elle ne me voit pas tout de suite. Le concierge de l’hôtel m’a donné un plan de Paris sur lequel il m’a tracé le chemin pour passer par le pavillon de l’arsenal et remonter les quais par la droite.</p>
<p style="text-align: justify;">Il m’a dit qu’il faut une demi-heure, pas plus. Mais marchant à ton pas je compte plutôt une heure, de toute façon ça n’a aucune importance. J’ai passé la place de la Bastille, longé les beaux immeubles le long du canal avec les péniches serrées les unes contre les autres, et quand je suis arrivée face à la Seine j’ai pris les quais vers la droite, comme sur le plan. J’y suis sur les quais mais elle n’est pas là. Je crois que les parisiens sont bien ce qu’on en dit, je suis persuadée qu’il s’est moqué de moi. Je sens cette colère de l’enfance monter, j’ai envie de hurler contre cet imbécile qui n’a pas compris à quel point c’est important d’être là, lui qui probablement passe devant tous les jours sans même la voir. Comme il fait nuit je ne peux pas faire passer ma colère en me mettant au soleil et attendre que l’ombre me recouvre pour me transformer en princesse douceur, comme maman me l’a expliqué et comme tu l’as fait avec elle. Les yeux pleins de larmes je viens de m’écrouler sur un banc, désespérée, anéantie.</p>
<p style="text-align: justify;">Une voix douce me demande quelque chose, mais comme je ne parle que quelques mots de français je réponds juste « i don’t speak french, sorry ». La voix devient plus enveloppante et ce jeune homme me demande en anglais si je vais bien. Le regard trouble je lève les yeux vers lui en disant que je veux voir Notre Dame, comme une enfant qui demande sa maman. Il me donne un mouchoir et me fait signe de le suivre avec le sourire d’un ange. J’éponge mes larmes et me lève. Il met ses mains sur mes yeux, me fait avancer de quelques pas puis s’arrête. Il me demande avant de retirer ses mains si je suis bien certaine de vouloir la voir, si je n’ai pas peur d’être déçue tant cela a l’air d’être important. Je me contente d’un hochement de tête et délicatement il fait glisser ses mains. Un bateau-mouche passe au même moment, je suis aveuglée par ses projecteurs. Le faisceau lumineux continue sa route et elle là, devant moi, entre deux arbres ! Toutes les larmes de mon corps se vident en un instant, il me tend un second mouchoir, puis un troisième. En me donnant le quatrième il me dit que je dois arrêter de pleurer parce qu’il n’en a plus et que les yeux embués ce n’est pas la meilleure façon de profiter du spectacle. Comme par magie mes larmes s’arrêtent, il prend la peine d’essuyer la dernière d’un geste tendre comme tu le faisais quand j’étais petite. Avec délicatesse il me demande s’il peut m’accompagner encore un peu. Je ne sais pas quoi répondre, j’hésite. Bien sûr dans l’instant j’ai envie de lui dire oui mais je suis venue ici pour toi, avec toi, et je ne veux pas gâcher ce moment. Je suis à la limite de le remercier et de lui dire que je vais me débrouiller seule quand je sens que la pression de ta main se fait plus légère.  Je tente de te serrer plus fortement mais rien n’y fait, tes doigts glissent lentement jusqu’à ne plus sentir ta chaleur sur ma paume. Dans son regard je vois qu’il comprend ce qu’il se passe, et il me tend sa main ouverte que je prends sans appréhension, comme un passage de témoin. Des gens passent et repassent, mais le monde n’existe plus, comme si l’ombre était finalement venue sur moi. Alors, profitant de ma transformation en princesse douceur je dépose un baiser sur sa joue et je dis tout doucement pour que personne n’entende : j’y suis, j’y reste, avec un accent abominable que tu aurais adoré.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les textes écrits à partir de la même photo, mais publiés sur d&rsquo;autres blogs</strong> :</p>
<p><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1gXdhzelOibKiONZ2s5Kfp8I6mEOKrwEupgaFE3WGkJs/pubhtml?gid=212000859&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="500" height="550"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/kodomo-no-hi-ou-une-carpe-se-transforme-en-dragon/18234/">Kodomo no Hi : où une carpe se transforme en dragon &#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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		<title>Écriture en atelier n°245 : Une photo Quelques mots</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Dec 2016 10:11:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le temps froid s&#8217;y prête, une balade sur les quais &#8230; Merci Julien Ribot pour cette photographie en N&#38;B ! So this is Paris ! Le lien vers le formulaire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_18171" style="width: 970px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-18171" class="size-full wp-image-18171" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/12/paris-notre-dame.jpg" alt="" width="960" height="960" /><p id="caption-attachment-18171" class="wp-caption-text">© Julien Ribot</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-18170"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le temps froid s&rsquo;y prête, une balade sur les quais &#8230; Merci <a href="http://www.jrphotographie.fr/fr/accueil.html" target="_blank">Julien Ribot</a> pour cette photographie en N&amp;B ! <em>So this is Paris !</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le lien vers le formulaire : n&rsquo;oubliez pas de vous y inscrire. Pour les sans blog fixe, vous pouvez m&rsquo;envoyer un mail (adresse dans la colonne latérale droite).</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeECoIOOulZ_dmNRyf6-RrCwCCTGYn8kWVe3g3SVMPx95j0gg/viewform?embedded=true" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
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		<title>Monsieur, on est au paradis là ou pas ?</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/monsieur-on-est-au-paradis-la-ou-pas/17850/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Nov 2016 04:00:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
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		<category><![CDATA[croisière]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Ribot]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Map fé karès pour la sirèn,  Chapo&#8217;m tonbé nan lanmè Ma fé karès pou la balèn,  Chapo&#8217;M tonbé nan lanmè ♫♪♪♫ Elle s&#8217;extirpa de la piste de danse, les joues [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_17767" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-17767" class="size-large wp-image-17767" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/11/croisiere-ribot-700x428.jpg" alt="© Julien Ribot" width="700" height="428" /><p id="caption-attachment-17767" class="wp-caption-text">© Julien Ribot</p></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Map fé karès pour la sirèn, </em><br />
<em>Chapo&rsquo;m tonbé nan lanmè</em><br />
<em>Ma fé karès pou la balèn, </em><br />
<em>Chapo&rsquo;M tonbé nan lanmè</em></p>
<p style="text-align: justify;">♫♪♪♫</p>
<p style="text-align: justify;">Elle s&rsquo;extirpa de la piste de danse, les joues encore rosies de ces danses endiablées kalenda, zouk, maloya, séga et biguine &#8230; Le vent tiède et suave ne lui apporta guère de fraîcheur, mais au moins, sur le pont, le rythme de la musique et les cris de joie des danseurs se faisaient plus discrets.<span id="more-17850"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Accoudée quelques secondes sur la rambarde où le remous du sillage était presque hypnotique, elle prit place sur cette chaise, là spécialement pour elle. Elle entendit encore au loin les applaudissements scandant chaque fin de danse, les <em>hourra</em> lancés à la cantonade&#8230; Sur le bateau, le quotidien semblait glisser sur les gens. Plus de factures, de transports, de grisaille, de missions. Non, ici, le créole envahissait l&rsquo;espace de ces chants et danses entraînants, leur rythme faisait taire la morosité, accélérait les battements de coeur, et tendait les zygomatiques jusqu&rsquo;aux oreilles. Comme si un nouveau monde effaçait l&rsquo;ancien, le trop vieux, le déjà délavé et meurtri. En un claquement de doigt, elle n&rsquo;était plus Niki, elle était une autre, du moins le pensait-elle.</p>
<p style="text-align: justify;">Léon avait eu raison de la traîner dans cette agence de voyages quelques mois plus tôt. Elle lui avait ri au nez. Elle, acheter des places pour une croisière ? Le truc pour vieux décatis ? Elle, en huis-clos pendant 15 jours avec les mêmes personnes ? Léon la connaissait-elle vraiment ? Il avait ri de ses yeux clairs, et lui avait alors lancé un pari. Oui, elle aimerait.</p>
<p style="text-align: justify;">Effectivement, comme d&rsquo;habitude, Léon avait toujours raison. Elle était bien, là, un peu prisonnière des éléments, elle la sauvageonne associable. Finalement, se connaît-on vraiment ? Peut-on réellement changer du tout au tout en quelques jours, ou bien les germes sont-ils en nous et ne demandent-ils qu&rsquo;à éclore ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Pfiutt</em></p>
<p style="text-align: justify;">Niki balaya cette question qui aurait été existentielle quelques jours auparavant. Là, en cette fin de journée, elle voulait seulement profiter. Une main tapota son épaule, elle la prit, pensant que c&rsquo;était celle de son ami, mais elle était plus rugueuse, moins amicale. Léna se tourna vers un visage inconnu et bourru.</p>
<p style="text-align: justify;">-18 h 15, cabine 526. Une mission. Bob vous y attend.</p>
<p style="text-align: justify;">Le visage de Niki se ferma. Non, le quotidien pouvait toujours réapparaître, même dans cet El Dorado aquatique. Léon et Niki allaient de nouveau devoir nettoyer.</p>
<p style="text-align: justify;">© Alexandra K. le 20 novembre 2016</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Manue Rêva</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Des jours entiers emplis de vide. Des nuits entières en tête à tête avec son âme blessée à essayer de se pardonner. Elle avait cru pouvoir partir pour se reposer et ne plus penser à rien, elle avait tant besoin de croire qu’un peu de repos était possible ! Mais c’était sans compter la profondeur de la Méditerranée, et ses pouvoirs magiques, le chant des sirènes, le bleu épais de l’océan, le scintillement du soleil laissant mille trésors dorés sur l’eau, le vent doux et chaud qui murmurait à ses oreilles des mots depuis longtemps oubliés …</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, depuis qu’elle était partie, chaque seconde passée sur ce bateau la ramenait un peu plus aux abysses qui torturaient ses pensées. Elle avait cru pouvoir oublier les années de souffrance et d’incompréhension, elle voulait tant réussir à faire un reset sur sa vie antérieure, naître une nouvelle fois, respirer à nouveau, libre, seule, sans quiconque pour veiller sur elle,  mais elle réussissait juste à rester en équilibre, elle parvenait seulement à ne pas sombrer plus encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis, à force de cauchemars, de nuits d’insomnies et de journées solitaires passées à regarder le temps s’écouler à travers son hublot, elle l’aperçut, comme une silhouette diaphane, sur ce siège un peu en contrebas de sa cabine. Elle n’osa y croire et se referma aussitôt sur elle-même. Trop tard. Doucement, celle-ci sut trouver sa place au sein de son inconscient, elle se répandit un peu plus chaque jour dans ses veines.</p>
<p style="text-align: justify;">Et, bientôt, elle sentit la chaleur du soleil sur ses joues livides. Les battements de son cœur voulurent sortir du creux de son ventre et prendre possession de son corps tout entier. Ses larmes, soudain libérées, se mirent à couler à flot. La tension qui l’habitait depuis si longtemps sembla la quitter, au rythme des gouttes d’eau salée qui sortaient enfin. Elle osa alors sortir de sous sa couette pour aller à sa rencontre. Accoudée au bastingage, elle prit la mesure des changements qui s’opéraient en elle, à ses côtés. Elle seule semblait la voir, assise là, tout près d’elle. L’air iodé emplissait ses poumons comme jamais il ne l’avait fait auparavant, Eole susurrait des mots de renaissance à ses oreilles, l’océan n’était plus abyme mais profondeur et densité, à l’image de son âme dont elle voyait enfin les qualités. Sa fragilité n’était plus son ennemi mais l’instrument de la reconquête de son être.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que certains pensaient voir le fantôme de l’auteur du Petit Prince errant avec son personnage à la recherche d’idéaux depuis longtemps enfouis sous la noirceur du monde ou d’autres croiser Ulysse sur le long chemin de son retour vers Ithaque, comment allait-elle pouvoir raconter que c’était l’Espérance qu’elle avait rencontrée elle, lors de sa croisière en solitaire ? L’Espérance qui, transparente, assise devant la mer, attendait que quelqu’un la remarque et trouve la force de la laisser entrer dans son humanité, l’Espérance qui maintenant habitait au fond de ses yeux et qui lui faisait vivre et voir sa vie sous un jour nouveau, apaisée et libérée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Bénédicte</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque le feu a pris cette nuit dans la salle des machines, il a été impossible de le maîtriser. Au cours de l&rsquo;incendie deux explosions se sont produites, qui ont ouvert une voie d&rsquo;eau dans la coque de ce petit bateau de croisière. Petit, mais suffisamment grand pour que l&rsquo;évacuation se fasse dans un certain désordre. Par chance le navire n&rsquo;était pas trop loin des côtes et les eaux étaient calmes. Au petit matin, plusieurs bateaux sont venus récupérer les passagers, fortement secoués par leur embarquement nocturne précipité dans les canots de sauvetage&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Que ce soit chez moi ou pendant cette croisière, depuis que je suis malade je ne dors pas très bien. Dès que j&rsquo;ai compris que nous allions devoir quitter le bateau, j&rsquo;ai saisi cette opportunité et je me suis cachée. Je n&rsquo;ai aucune envie de rajouter au cancer qui m&rsquo;envahit lentement, quelques fractures causées par un transbordement bien trop acrobatique pour moi. J&rsquo;ai guetté derrière un rideau le départ du commandant et j&rsquo;ai connu alors la sensation inouïe d&rsquo;être seule maître à bord !&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bateau semble stable sur l&rsquo;eau, très peu de gîte encore. J&rsquo;ai attendu un moment, paisiblement assise dans un fauteuil du bar, avant de m&rsquo;aventurer sur le pont avec l&rsquo;aide de ma canne. C&rsquo;était beau à en pleurer&#8230;.Le silence, le soleil, la mer si bleue et tout cet espace qui me tendait les bras&#8230;.<br />
Il y a trois jours maintenant que je vis sur mon île. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que le bateau s&rsquo;enfonce doucement, tendrement, pour ne pas me bousculer. J&rsquo;ai tout ce dont j&rsquo;ai besoin ici le temps qu&rsquo;il lui faudra pour couler inexorablement ou que l&rsquo;armateur réussisse à le faire remorquer. J&rsquo;ai vu une équipe de plongeurs autour de la coque. Personne n&rsquo;est monté à bord pour me chercher. Je dois avouer que je n&rsquo;ai prévenu personne non plus de mon départ !&#8230;Il est fort probable que je vais être portée disparue&#8230;..</p>
<p style="text-align: justify;">Cela m&rsquo;arrange. Je ne supporte plus l&rsquo;odeur de l&rsquo;hôpital et l&rsquo;acharnement thérapeutique. Si le bateau avait eu le temps de faire escale en Grèce, je ne serai jamais remontée à bord&#8230;.J&rsquo;aurai laissé une lettre dans ma cabine, expliquant que pour des raisons personnelles je choisissais d&rsquo;arrêter mon voyage ici, et je serai partie finir paisiblement mon temps au creux d&rsquo;une île&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Quand j&rsquo;ai faim, je me prépare un repas. Quand j&rsquo;ai besoin de bouger je fais le tour de mon domaine. Chaque porte de cabine ouverte offre une vie à ma paisible curiosité. Quand j&rsquo;entends un avion je me cache. Mais c&rsquo;est avant tout mon fauteuil sur le pont qui m&rsquo;attire. J&rsquo;y passe des heures, de jour comme de nuit. Cette sensation de faire partie de l&rsquo;immensité, je ne l&rsquo;ai connu nulle part ailleurs. Elle m&rsquo;apaise infiniment et je la vis comme un cadeau, une parenthèse dont je profite à chaque instant&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Et si un jour je vois venir vers moi un remorqueur, je prendrai le dernier bain de ma longue vie&#8230;..</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Louise Morgendorfer</strong> </span>:</p>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2796" style="text-align: justify;">Lady S. fut réveillée tôt par les roulis du bateau. Ou bien était-ce par l’idée inadmissible à ses yeux de passer la journée avec ces insupportables aristocrates victoriens. Elle ferma les yeux, espérant éloigner le souvenir de son défunt mari. Tentative infructueuse. Elle finit par allumer la lampe et se cala contre trois oreillers avec un livre. Elle était décidée à profiter de ses moments de liberté et du silence de la houle. Elle se perdit dans les mots. Un rayon de soleil oblique lui fit prendre conscience de l’heure avancée et de la nécessité pour elle de se préparer.</div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2804" style="text-align: justify;"></div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2797" style="text-align: justify;">Elle se roula un dernier instant au creux des draps et après une ou deux hésitations, finit par basculer hors du lit. Elle poussa fort ses coudes contre le sol en bois, légèrement râpeux. Se releva en s’appuyant contre son valet. L’étoffe rêche de sa tenue du jour lui irrita les doigts et lui rappela violemment l’écorce de son corset. Elle n’était pas encore résolue à quitter la douceur de sa chemise de nuit à volant, mais se résolut à masquer la clarté de son visage sous une poudre blanche épaisse. Elle alourdit le poids de son regard de khôl noir. Elle observa dans le miroir le visage qu’elle revêtait en société. Elle avait pensé que son statut de veuve ainsi que cette traversée maritime la débarrasserait de ces contraintes sociales. Mais elle se retrouvait toujours prisonnière de ce rôle, le seul qu’elle avait trouvé pour apprivoiser les relations sociales.</div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2805" style="text-align: justify;"></div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2798" style="text-align: justify;">Elle laça son corset contre son buste. Ses doigts tiraient sur les lanières, machinalement. Chaque oeillet resserré lui coupait un peu plus la respiration. Une fois le lacet bouclé, elle attrapa ses bas, enfila ses orteils, son pied. Au niveau de sa cheville, il se tire-bouchonna, elle tira dessus et se griffa. Le sang lézarda son mollet. Elle dut tout enlever, mit un tissu sur la petite plaie et appuya de toute sa rage durant plusieurs minutes afin de stopper l’écoulement. Elle sortit une autre paire de bas, l’enfila à contre-coeur et s’attaqua à empiler les couches de tissu sur sa peau. Rien ne dépassait d’elle.</div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2814" style="text-align: justify;"></div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2799" style="text-align: justify;">Elle contorsionna ses pieds afin de les faire entrer dans ses escarpins. Elle tendit l’oreille, aucun son n’émanait des couloirs, elle se dépêcha d’ouvrir la porte et se précipita dans les couloirs, autant que ses chaussures le lui permettaient. Elle avait une chance de ne croiser personne jusqu’au hall. Chacune des portes de cabine lui inspirait une remarque mesquine et piquante qu’elle couvrirait d’un sourire ou d’une gorgée de thé. Dans le reflet d’un plateau de cuivre, ses yeux croisèrent une femme fardée et corsetée dans ses conventions. Le vertige stoppa sa course.</div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2815" style="text-align: justify;"></div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2800" style="text-align: justify;">Elle se débarrassa de ses talons et retourna le souffle court dans sa chambre. Là, elle ferma le verrou, s’assit sur le sol en tailleur, ignorant sa posture totalement inappropriée. Elle desserra l’étau et souleva chacune des couches qui l’éloignait d’elle. Elle se retrouve nue, juste vêtue d’un bout de tissu trop fin mais si doux dans sa paume et jeta tous les coussins et édredons au sol. Elle s’allongea, là, déterminée à finir son livre sans se soucier des appels des majordomes ou des rombières en mal de ragots.</div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2817" style="text-align: justify;"></div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2801" style="text-align: justify;">Le soir venu, sa décision était prise, elle ouvrit à James, un valet flexible qui accepta contre quelques pourboires de lui mener discrètement ses repas, sans qu’elle ait à sortir jusqu’à leur arrivée à Ellis Island.</div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2818" style="text-align: justify;"></div>
<div id="m_977340450795899997yui_3_16_0_ym19_1_1479661639857_2802" style="text-align: justify;">Après tout, elle n’avait pas tué et tout abandonné pour se soumettre d’elle-même à ce jeu des apparences.</div>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Valérie</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Si seulement…</p>
<p style="text-align: justify;">Ce jour-là, comme tous les jours, je courais après le temps. J’avais préparé les affaires de mon petit dernier pour qu’il s’habille. Nous avions pris notre petit déjeuner lui faisant mille et une recommandations, vérifiant qu’il avait toutes ses affaires pour partir au collège. Commençant à 9h je l’avais déposé pour qu’il évite de se prendre une saussaie et passe la journée trempé et je me rendais à mon tour dans mon collège. C’est alors que mon téléphone sonna : numéro inconnu ! D’habitude je ne réponds pas mais comme le petit dernier qui n’a pas de portable emprunte régulièrement celui d’un ami pour me demander « s’il peut ceci… », « si je veux bien cela… »  machinalement,  je répondis jetant tout de même un œil dans mes rétroviseurs, histoire de ne pas me faire incendier par les flics.</p>
<p style="text-align: justify;">Une voix masculine et charmante au bout du fil.</p>
<p style="text-align: justify;">-« Bonjour Madame, excusez moi de vous déranger. Claude Sonnier de la société Eras, partenaire de Carrefour. J’espère que je ne vous dérange pas.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Bonjour, je suis au volant en fait, mais je me gare. C’est pourquoi ? Si c’est pour me vanter le mérite de la carte Pass ou me faire acheter je ne sais quoi…</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Non, non, Madame. C’est pour une bonne nouvelle, Madame. Vous avez participé à un jeu dans notre magasin partenaire il y a trois mois environ et vous avez été tirée au sort.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Ah ? Et ? Non…</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; J’ai le plaisir de vous offrir au nom du groupe une croisière d’une semaine sur la Méditerranée.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Vous êtes sûr ?  Ce serait trop bien,  mais je n’arrive pas à vous croire. Vous me faites une blague. C’est qui au bout du fil ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Non madame, Claude Sonnier à l’appareil et je ne plaisante pas. Vous avez bel et bien gagné ce voyage. Nous vous attendons le premier samedi des vacances de Printemps pour une semaine de rêve.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Pendant les vacances scolaires en plus ? Non ce n’est pas possible. Vous me faîtes une farce et ce n’est pas drôle. On ne joue pas avec les gens comme cela.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Madame, je vous assure que ce n’est pas une plaisanterie. Vous allez recevoir d’ici la fin de la semaine votre billet et tous les renseignements afin d’organiser au mieux votre séjour. Je vous souhaite une très bonne journée, heureux de vous apporter un peu de bonheur, vous le méritez bien !</p>
<p style="text-align: justify;">Et il raccrocha. Comment cela « Vous le méritez bien ! », il ne me connaît même pas. J’ai su écrire mon nom, mon prénom et mon numéro de téléphone sur un bulletin et pour cela je mériterai quelque chose ! Ce serait bien la première fois. J’étais abasourdie par cet appel, ne sachant pas quoi en penser. A peine franchie les portes du collège, je croise Michel, le prof d’arts plastiques qui me dit : « ah, toi t’es bizarre ce matin !! » Je n’avais pas dit un mot, à peine dit bonjour que lui avec ses yeux d’artiste qui détectent le moindre détail repéra mon trouble. Ne voulant pas être ridicule, je restai évasive. « Non, non, ça va. Merci. » Et Pat ma collègue qui ne bosse pas le mercredi! J’essayai de reprendre mes esprits, de ne plus penser à cet appel, je fis rapidement mes photocopies et montai dans ma classe. Je décidai de n’en parler finalement à personne tant que je ne serai pas sûre…</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les soirs, moi qui n’ouvrais jamais la boîte aux lettres, je m’y précipitai. Le jeudi rien ! Le vendredi une palanquée de prospectus mais rien ! Il avait dit fin de semaine…Le samedi ne travaillant pas je guettai le facteur en corrigeant mes copies. Il ne déposa que le magasine du petit. Il s’était moqué de moi le Claude Sonnier, c’était trop beau pour y croire, je le savais. Quel c… !!!</p>
<p style="text-align: justify;">Le week end passa entre les matchs de hand des enfants, les devoirs du dernier qui s’éternisent, une petite soirée sympa entre amis, le travail de la semaine. Lundi arriva aussi vite que d’habitude. En fin d’après midi, je reçus un appel de mon homme :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>C’est quoi ce billet pour une croisière que tu as reçu ? Tu me fais quoi ? Tu comptes partir comme ça ? Sans me prévenir ? Tu pars toute seule ? Qu’est ce que j’ai fait ?</li>
<li>C’est arrivé ? Whaouh… je n’y crois pas !!!</li>
<li>Comment cela tu n’y crois pas. Tu t’expliques s’il te plait.</li>
<li>Oui j’arrive !</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ce n’était donc pas une blague !! J’avais bien gagné une croisière. Je n’en revenais pas. En arrivant à la maison, mon chéri était assis dans le canapé, tirant une tête de trois pieds de long…..</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Tu n’es pas content ? C’est pourtant génial !</li>
<li>Génial ? Tu veux te barrer toute seule en croisière, tu ne m’as informé de rien et je devrais trouver cela génial.</li>
<li>Mais c’est un cadeau, je n’ai rien dépensé si c’est cela qui t’inquiète et ça va être super.</li>
<li>Super !! Mais pour qui ? Pour toi qui vas te faire dorer la pilule sur ton yacht ? Ou pour moi qui vais rester là à gérer les enfants et la maison ? Sans parler de ton chat !</li>
<li>Mais pourquoi tu dis cela ? On va s’arranger avec ma sœur ou mes parents pour le petit, les grands se gardent tout seuls. Tu devrais être content, on va enfin avoir du temps pour nous.</li>
<li>Prends moi pour un idiot en plus ! Il n’y a qu’un billet !</li>
<li>Comment ça qu’un billet ? Ce n’est pas possible, ils ont dû se coller, tu as mal vu…</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Mais non, il avait raison. Je n’avais gagné qu’une place pour cette magnifique croisière. J’avais à peine eu le temps de croire à mon rêve que déjà il s’envolait. Je m’excusai auprès de doudou, le rassurant en lui disant que je n’irai pas, que je n’allais pas partir sans lui. J’étais dégoûtée. Tellement dégoûtée. Je réentendais l’autre au téléphone « Je suis heureux de vous apporter un peu de bonheur ! » Tu parles ! Limite il brise mon couple et en plus pour rien.</p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, je racontai la sinistre aventure à Pat.</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>« Mais tu es folle !!! Tu ne vas pas laisser cette chance de passer sous le nez. S’il faut je m’en occupe de ton petit dernier. Tu n’es jamais partie en vacances si ce n’est pour aller chez ta belle famille en Bretagne. Si pour une fois tu peux aller au soleil, tu ne vas pas y renoncer. Cela ne va pas t’arriver tous les ans ! »</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Elle avait raison mais en même temps je ne voulais pas faire de mal à mon homme. J’aurais tellement préféré l’emmener avec moi. Nous en discutâmes sérieusement un soir tous les deux et il comprit que c’était une belle occasion pour moi et qu’elle ne se reproduirait pas. Il s’excusa de s’être emporté le soir où il avait découvert le billet. Il s’était fait des films, avait cru que j’avais de mon plein gré décider de partir seule. Aussi m’encourage-t-il à partir et à profiter pleinement de cette semaine.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ainsi que je me retrouvai sur ce bateau. A la fois heureuse de toutes les découvertes que je faisais lors des escales mais tellement seule. Je vis de superbes paysages, croisa des gens fort sympathiques avec lesquels j’échangeais quelques mots. Je pris des tonnes de photos pour partager ces belles rencontres avec mes proches à mon retour.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais sur le bateau, la chaise à côté de moi resta vide toute la semaine.</p>
<p style="text-align: justify;">-« Non, désolée, j’attends quelqu’un. »</p>
<p style="text-align: justify;">Ils me manquaient tous très fort.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Terjit</strong> </span>:</p>
<p style="text-align: justify;">Quand l’inspecteur Bédretti entra dans la cabine 512 il ne trouva rien d’anormal. Le lit était défait, mais en même temps quoi de plus normal pour une cabine occupée, la porte fenêtre était ouverte sur la terrasse, rien en vue à part une chaise au bord de la rambarde. Quelques affaires de femme trainaient du lit vers la salle de bain. A côté du lavabo deux serviettes aux armoiries de la compagnie étaient roulée en boule,  une brosse à dent, une trousse de maquillage, quelques affaires de toilette et un miroir de poche sur lequel était posée une pince à épiler. Tout était normal à première vue.</p>
<p style="text-align: justify;">Un sac à main posé près du hublot sur la table de nuit ne contenait qu’une carte d’identité, le billet de la croisière, des clefs, un porte-monnaie presque vide et un petit cahier vermillon. L’inspecteur interrogea Maria, la femme de chambre, mais elle ne savait rien puisqu’elle était en repos depuis deux jours et que Mme Michalon avait disparue depuis seulement 24 heures. La dernière fois qu’elle était venue faire la chambre Mme Michalon était assise sur une chaise de la terrasse avec l’air d’être perdue dans ses pensées. Elle n’a pas essayé d’engager la conversation, elle a fait son travail puis est repartie en lui souhaitant une bonne journée. Perplexe, l’inspecteur pris son carnet pour consigner sa fiche d’inspection et commença par cocher la case « disparition sans cause apparente ».</p>
<p style="text-align: justify;">La fenêtre ouverte laissant entrer le froid du matin, Maria s’approcha pour le fermer et interpella l’inspecteur :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8211; il n’y a qu’une chaise, dit-elle</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’inspecteur s’arrêta net dans sa rédaction.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; <em>Madame, la dernière fois que vous êtes venue il y avait deux chaises ? </em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&#8211; Oui, j’en suis certaine, ça fait partie de mon travail de vérifier que rien ne manque dans les cabines. Mme Michalon était assise sur la chaise de droite et l’autre était collée à la sienne. </em></p>
<p style="text-align: justify;">Maria ajouta qu’en 20 ans de métier sur ce bateau elle avait vu des tas de choses disparaître, des cendriers, des serviettes, mais jamais une chaise de terrasse.</p>
<p style="text-align: justify;">L’inspecteur commença à fouiller la chambre dans les moindres recoins à la recherche d’indice. Il ne tarda pas à trouver une lettre pliée en deux sur le bureau entre deux prospectus de la croisière. Il s’assit sur le bord du lit pour la lire :</p>
<p style="text-align: justify;">« Mon tendre et éternel amour,</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai fait ce que tu m’as demandé, dans l’ordre que tu avais prévu. J’ai lu ta lettre sur le pont au moment de la corne du départ. Tu avais raison, je ne suis pas restée aussi longtemps que la dernière fois, tu n’étais pas là pour me réchauffer. Je suis retournée dans notre cabine pour prendre une douche chaude, et bien sûr j’ai dû sortir dans le froid pour prendre les serviettes oubliées sur le lit. Je me suis séchée très vite car ton regard n’était pas sur moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme tu me l’avais demandé, quand le soleil est passé sous l’horizon je suis remontée sur le pont supérieur. Tu sais à quel point je déteste le froid mais je suis restée toute la nuit là-haut, pour te garder encore un peu près de moi. Quand les premières lueurs du jour sont apparues je t’ai rendu à l’océan, comme tu le souhaitais. J’aurais voulu arrêter le bateau pour qu’il reste ici pour l’éternité, juste à l’endroit où je t’ai laissé. Je n’ai pas réussi à quitter des yeux la vague qui t’a emmené loin de moi, cette vague qui maintenant t’as pour elle seule, cette maudite vague qui t’arrache à moi. J’ai essayé de ne pas pleurer, comme tu me l’avais demandé, mais je n’ai pas réussi, excuse-moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Les passagers commençaient à sortir pour voir le soleil se lever, si j’avais eu la possibilité de les enfermer à l’intérieur pour que ce pont ne soit qu’à moi… J’étais là, immobile, le regard vide, terrassée par la douleur. Les gens passaient derrière moi comme des ombres. Un petit garçon est venu vers moi et m’a dit « pourquoi tu pleures madame ? ». Le pauvre, qu’il reste aussi longtemps que possible dans l’insouciance de son âge. Je l’ai regardé et je n’ai pas pu lui répondre, je suis partie en courant me réfugier dans notre cabine.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me suis assise comme tous les matins sur la chaise de droite. Comme tous les matins j’ai regardé les vagues frôler le bateau. Bien sûr elle est revenue cette vague maudite pour me narguer. J’ai hurlé pour qu’elle me laisse tranquille, qu’elle arrête de ma harceler, mais rien n’y a fait. Je me suis dit qu’elle voulait tout emporter de toi alors j’ai lancé ta chaise par-dessus bord pour quelle s’en aille, loin, pour toujours. Satisfaite elle est partie ailleurs pour vivre avec toi.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis restée là des heures, assise sur ma chaise, seule. J’ai espéré qu’elle revienne cette vague pour te voir une dernière fois dans ses yeux mais bien sûr elle était trop heureuse de t’avoir, elle n’est jamais revenue.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me suis répété mille fois ce poème du petit coffre secret dont nous sommes les seuls à connaître l’existence, à la page que j’avais cornée. Il a raison Omar, ma vie sans toi, sans ton amour, ne mérite pas d’être éclairée ni consolée. J’arrive mon amour, la vague n’est peut-être pas si loin finalement… »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Jos</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A la découverte de son autre </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong>A peine sortie du sommeil, Hélène ouvrit les yeux, prête à sauter du lit et à se préparer. Découvrant l’endroit dans lequel elle se trouvait, elle se rappela avec plaisir qu’elle était en vacance et que rien ne l’obligeait à se lever à la hâte. Se délectant paresseusement de ce réveil alanguissant procuré par ce premier matin d’inaction, elle s’étira longuement dans le lit de la cabine avec balcon qu’elle occupait à bord de « l’Horizon ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’horizon, cette ligne où le ciel et la terre se rejoignent…</p>
<p style="text-align: justify;">Ce nom évocateur l’avait influencée dans le choix du bateau de croisière qui devait la mener à l’ultime étape de sa propre découverte. Tel un naufragé qui s’agrippe à une planche de salut, c’est décidée à saisir la dernière chance qui lui était donnée de se retrouver qu’elle était montée à bord du paquebot.</p>
<p style="text-align: justify;">Emergeant enfin de son engourdissement, elle se redressa tranquillement et découvrit avec bonheur le spectacle réconfortant que la mer lui offrait à travers la baie vitrée de sa chambre. Sur le balcon, posée là comme une invitation aux échanges, elle vit une chaise inoccupée qui n’attendait que son double.</p>
<p style="text-align: justify;">S’efforçant en vain de fouiller dans sa mémoire, elle réalisa qu’elle ne s’était jamais sentie aussi sereine et apaisée. Une sensation d’absence et d’amputation d’une partie d’elle-même l’avait toujours habitée, l’emprisonnant dans un vide que rien ne semblait pouvoir combler. Ayant toujours su qu’elle était une enfant adoptée, elle avait mis sur le compte de son abandon ce mal être et ce manque qui la poursuivaient. Puis elle avait fini par retrouver les traces de ses origines et avait alors cru que ce sentiment disparaitrait et la libérerait de l’étau des non-dits qui entouraient sa naissance. Mais elle n’avait découvert que la partie visible de l’iceberg et n’avait percé qu’à demi le secret de sa venue au monde. Alors son mal-être persista, empira même, et elle sombra dans les profondeurs d’une souffrance sans nom. Dès lors, elle transforma sa vie en une quête de la vérité. Et quand, ses recherches opiniâtres aboutirent, lui révélant l’existence d’une sœur jumelle dont elle avait pressentie l’omniprésence sans jamais pouvoir lui donner de nom, elle se sentit enfin renaître.</p>
<p style="text-align: justify;">Et aujourd’hui était le grand jour ! Dans quelques heures à peine, la prochaine étape de cette croisière scellerait à jamais la rencontre de son double.</p>
<p style="text-align: justify;">Hélène se leva doucement, s’empara de l’unique chaise qui se trouvait dans la chambre et la posa devant celle déjà présente sur le balcon. Elle recula d’un pas et observa la scène avec tendresse.</p>
<p style="text-align: justify;">L’effet miroir était parfait.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle s’imagina alors assise face à son autre, se découvrant toute entière à travers son reflet.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Nady</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">« PARTIR,</p>
<p style="text-align: justify;">Loin, le plus loin possible,</p>
<p style="text-align: justify;">Ne rien laisser derrière soi,</p>
<p style="text-align: justify;">Ou juste les souvenirs de moments heureux et de combats parfois.</p>
<p style="text-align: justify;">Prendre le large qui semble là accessible.</p>
<p style="text-align: justify;">Partir,</p>
<p style="text-align: justify;">S’échapper sur la pointe des pieds dans l’abnégation,</p>
<p style="text-align: justify;">avec ou sans explication.</p>
<p style="text-align: justify;">Remettre les compteurs à zéro,</p>
<p style="text-align: justify;">Recommencer une nouvelle vie et panser les douleurs aussitôt.</p>
<p style="text-align: justify;">Partir,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ne pas enfermer ta liberté bénie,</p>
<p style="text-align: justify;">Et ne pas souffrir de ne pouvoir rien construire avec toi, malgré tes mots chéris,</p>
<p style="text-align: justify;">car voir profiler au loin un avenir familial pour toi,</p>
<p style="text-align: justify;">avec cette autre qui tourne autour de nous depuis quelque mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Partir,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour échapper aux coups,</p>
<p style="text-align: justify;">Résultat de ta jalousie maladive,</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré tes regrets répétés par contrecoup,</p>
<p style="text-align: justify;">A travers tes pardons généreux dans toute sorte d’initiatives.</p>
<p style="text-align: justify;">Partir,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour quitter ton quotidien</p>
<p style="text-align: justify;">Déjà trop plein,</p>
<p style="text-align: justify;">Et ne pas rajouter de lests à ta vie,</p>
<p style="text-align: justify;">Pleine de cachotterie.</p>
<p style="text-align: justify;">Frémir,</p>
<p style="text-align: justify;">En voyant cette chaise sur ce pont ensoleillé,</p>
<p style="text-align: justify;">Prête à accueillir celle de toutes qui chérissent cette envie de partir.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui sera l’élue,</p>
<p style="text-align: justify;">pour ce nouveau départ vers une contrée inconnue ?</p>
<p style="text-align: justify;">A vos marques, prêtes ? PARTEZ !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte d&rsquo;Adèle</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin ! Depuis le temps que j’attendais qu’elle soit vide, cette chaise ! [tu vois que j’avais raison de patienter, j’étais certaine qu’à l’heure du déjeuner elle se libèrerait]. Hier soir, j’avais repéré son emplacement stratégique, quand j’ai visité pour la première fois ce paquebot gigantesque, juste après l’embarquement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce matin, dès neuf heures, je me suis précipitée, mais une grand-mère l’occupait déjà, jumelles rivées sur le large, gilet en mohair taupe sur les épaules. A dix heures, à cause du cours de gym sur la coursive, plein de pulls et de sweats s’y entassaient et je n’ai pas osé les flanquer par terre [je t’ai dit que le prof était un grand brun très mignon, comme tu les aimes ?]. Je suis repassée vers 11h, j’ai cru que c’était bon, je m’approchais de la chaise, toute contente, quand je me suis fait griller par un vieux monsieur très chic, pantalon en toile de lin, blazer et petit chien assorti, qu’il a pris sur ses genoux et à qui il parlait, en anglais, je crois. [oh, le ridicule, je me retenais de ne pas pouffer en le regardant, j’ai regretté que tu ne sois pas là]. Du coup, je me suis accoudée au bastingage, juste à côté de la chaise, et je n’en ai plus bougé. Dès que le monsieur s’est levé, je me suis ruée sur la chaise.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant j’y suis, j’y reste ! [aussi opiniâtre que pour les soldes, tu me connais]</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai tout prévu pour patienter. Dans mon sac, mon petit coussin pour mes fesses [oui, contrairement à Marguerite, je les aime bien, mes fesses, surtout moulées dans un jean, alors je veux qu’elles soient installées avec tout le confort qu’elles méritent]. Pour passer le temps, le premier roman de Stéphanie Pèlerin [tu l’as déjà vu, c’est la couverture avec le verre de spritz orange sur fond bleu mer, j’ai pensé que c’était de circonstance pour une croisière]. J’ai apporté aussi mon foulard en soie bleue, contre les courants d’air, celui que j’ai acheté chez Hermès après avoir lu le livre de Madeleine Chapsal [je t’ai raconté cette histoire d’amour qui défie le temps, un vrai rêve]. Ce serait trop bête de prendre froid et d’avoir mal à la gorge au moment de l’emb…, je veux dire juste après avoir embarqué ! J’ai près de moi mon mini thermos de thé vert et quelques sablés en cas de fringale, ceux que ma mère m’a rapporté de Normandie [tu sais que mes parents ont été faire les plages du débarquement ? C’est d’un glauque en novembre, les vieux ont de ces idées].</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà, je suis prête [et je te téléphone, dès que c’est fait, promis juré].</p>
<p style="text-align: justify;">La chaise est juste devant la porte de sa suite. Jil parait qu’il dispose pour lui tout seul d’une grande chambre avec un lit double [tu es d’accord, quel gâchis !], d’une vraie salle de bains, et d’un salon avec [tiens-toi bien] un balcon avec vue mer panoramique ! Je me suis renseignée auprès de sa femme de chambre [tu te rappelles, pour les choses importantes  je ne laisse rien au hasard]. Elle dit qu’il ne reçoit personne et qu’il ne sort pas de la journée, mais qu’il sera obligé de passer par là pour se rendre à la réception intime donnée en son honneur par le capitaine [n’insiste pas, je n’ai pas pu connaitre l’heure et je ne suis pas invitée].</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai mis mon petit tailleur vichy, le rose pâle, celui au décolleté très sage [c’est toi qui m’avais convaincue de l’acheter, malgré le prix]. Et comme je porte en pendentif ma grosse croix, celle de chez Swarovsky, qui brille de mille éclats, l’ensemble est très chic, ça en jette.</p>
<p style="text-align: justify;">J’hésite encore sur la tactique à employer. J’ai peur que son garde du corps ne fasse barrage. Est-ce que je fais semblant de tomber dans les pommes, pour attirer son attention ? Ou alors je m’approche, je fais la maladroite et je renverse mon thé sur lui [si tu étais là pour faire une photo, on la vendrait et après, on serait riche. Nan, je rigole].</p>
<p style="text-align: justify;">J’espère qu’il portera  son fameux costume blanc, et son chapeau brodé à la main [tu dis que ce sont ses sœurs qui se chargent de l’entretien de ses vêtements ?]. Cela ne m’étonnerait pas qu’il ait aux pieds ses chaussures en velours rouge. Peut-être même son anneau d’or ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le lendemain, à la Une de l’Osservatore Romano :</p>
<p style="text-align: justify;">« Le pape Victor VII décède après une violente agression. Alors qu’il prenait un repos bien mérité en effectuant incognito une croisière de quelques jours en Méditerranée, une femme, inconnue des services de police, s’est jetée sur lui avec force, le projetant en pleine mer. L’équipage n’a rien pu faire pour sauver le Très Saint Père, qui ne savait pas nager et a coulé à pic dans les eaux froides. Aussitôt interpellée, la coupable, une jeune française, a expliqué qu’elle avait entendue une voix prénommée Leiloona, qui lui avait ordonné ce geste insensé, car les costumes du pape étaient, selon elle, une offense au bon goût vestimentaire masculin. La police a retrouvé dans son téléphone portable un contact à ce nom, mais aucune Leiloona existante n’a pu être identifiée. La femme a été conduite directement à l’hôpital psychiatrique. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Nicole</strong></span> :</p>
<p><u>La belle absente</u></p>
<p style="text-align: justify;">Victor ne pouvait pas s&#8217;empêcher de fixer cette chaise en pensant à elle. Cela faisait trois mois qu&rsquo;elle était partie.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis qu&rsquo;Elsa ne répondait plus à ses appels, il s&rsquo;était mis en quête de la retrouver. Grâce aux photos  qu&rsquo;elle lui avait envoyé par mail, il su retrouver sa dernière destination. Il s&rsquo;était acheté un billet d&rsquo;avion à la hâte en aller simple pour Madère. Son prétexte au travail était qu&rsquo;une grande tante   qui lui avait demandé de l&rsquo;aide pour préparer sa succession. Son patron le connaissait bien. Il lui avait accordé quinze jours, pas un de plus. D&rsquo;où son arrivée en pleine nuit. Il avait pris le premier hôtel où il restait une chambre. La nuit était longue et agitée. Qu&rsquo;avait-elle décidé  pour se couper du monde ainsi  ? Son imagination lui donnait la version la plus pessimiste  : disparition, kidnapping, meurtre, suicide. Il ne pouvait s&#8217;empêcher de penser au pire. Le lendemain matin, il fit le tour de tous les hôtels de l&rsquo;île en scooter. Il réussit à trouver l&rsquo;hôtel splendide où Elsa était descendue. Il expliqua qu&rsquo;il était son frère. Un valet de chambre lui montra la chambre avec la vue sur la baie. Sa valise n&rsquo;était plus là. Seule restait les affaires de l&rsquo;hôtel et une carte pour visiter les Canaries.</p>
<p style="text-align: justify;">Il demanda au valet si il y avait souvent des bateaux pour s&rsquo;y rendre. Il lui répondit de se renseigner au port. Il se mit à dévaler les escaliers puis remercia le réceptionniste avant d&rsquo;enfourcher son scooter. Il arriva au port en vingt minutes, se renseigna et acheta un billet pour le bateau de 14h. Il reparti à l&rsquo;hôtel pour rendre sa chambre et le scooter. Il mangea un bout et bu une bière dans une gargotte en face du port. Ses yeux se perdirent dans le vague et il repensa à leur dernière conversation.</p>
<p style="text-align: justify;">«  Hey Elsa, alors comment se passe ton séjour  ?</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Génial, je me sens enfin revivre depuis que j&rsquo;ai pris ses congés. Mes journées sont faites de plaisirs simples. Un bon petit-déjeuner, une promenade. Surtout me baigner en me laissant flotter. Je redécouvre des sensations.</li>
<li>Content de savoir que tu te sens heureuse. Tu me manques&#8230; Quand sera ta date de retour  ?</li>
<li>.. Je ne sais pas si je vais rentrer&#8230;</li>
<li>Pardon, Elsa, à quoi penses tu  ?</li>
<li>J&rsquo;aimerais démissionner. J&rsquo;ai passé trop longtemps à fuir ma tristesse depuis la mort de mes parents. Je me suis perdue.</li>
<li>Elsa, tu dis ça parce que cela fait longtemps que tu es en congé. Ton travail va te manquer et les voyages aussi.</li>
<li>… J&rsquo;ai réfléchi. Il me reste l&rsquo;héritage de mes parents auquel je n&rsquo;ai pas touché.</li>
<li>Et ta vie à Paris, et nous  ?</li>
<li>… J&rsquo;ai besoin de temps, Victor.</li>
<li>Elsa, ne fais pas cette bêtise. Reviens moi.</li>
<li>Je vais …</li>
<li>Allô, allô, Elsa, tu es toujours là  ? Saleté de réseau.   »</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le bruit d&rsquo;un bateau le fit sortir de ce souvenir. Il reconnut le nom du bateau. Il saisit son sac et régla la note. Il se dirigea en direction de la file d&rsquo;attente pour monter dans le bateau.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela faisait maintenant deux heures qu&rsquo;il errait sur le pont du navire. Cette chaise lui faisait l&rsquo;effet d&rsquo;un coup de poing. Il tremblait rien que d&rsquo;y penser. Et si Elsa avait sauté du pont en disparaissant dans le fond de la mer. Victor ne pouvait se résoudre à cette idée. «  Elle était heureuse  ». Il s&rsquo;accrochait à cette phrase comme à une bouée de secours. Dans une demi-heure, il irait à la police de Las Palmas en montrant sa photo. Peut-être que la police locale pourrait lui apporter un soutien. Il avait la conviction qu&rsquo;il la trouverait et la ramènerait avec lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Elsa serait-elle prête à vivre sa vie avec lui  ?</p>
<p style="text-align: justify;">Victor chassa une larme qui naissant dans le coin de ses yeux. Tout était encore possible.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Les textes publiés sur d&rsquo;autres blogs, mais écrits à partir de la même photo</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1flxnpJzRLLbxAeiF_r7zZVbPCnYd8Dzg7SbAs_2qnVo/pubhtml?gid=156240965&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="500" height="550"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/monsieur-on-est-au-paradis-la-ou-pas/17850/">Monsieur, on est au paradis là ou pas ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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		<title>Ecriture en atelier n° 241 : Une Photo Quelques Mots</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/ecriture-en-atelier-n-241-une-photo-quelques-mots/17766/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Nov 2016 20:58:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[bateau]]></category>
		<category><![CDATA[beauté]]></category>
		<category><![CDATA[croisière]]></category>
		<category><![CDATA[écrire à partir d'une photographie]]></category>
		<category><![CDATA[géométrie des formes]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Ribot]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hop, je vous emmène ailleurs cette semaine &#8230; Une croisière comme résidence pour écrire ? Je pense de plus en plus à faire un atelier in situ (un week-end ? [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/ecriture-en-atelier-n-241-une-photo-quelques-mots/17766/">Ecriture en atelier n° 241 : Une Photo Quelques Mots</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Hop, je vous emmène ailleurs cette semaine &#8230; Une croisière comme résidence pour écrire ? Je pense de plus en plus à faire un atelier in situ (un week-end ? Pourquoi pas ?) &#8230; L&rsquo;idée germe, mais pour le moment ce n&rsquo;est encore qu&rsquo;une graine &#8230; mais les folies douces ne sont-elles pas les meilleures ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.jrphotographie.fr/fr/accueil.html" target="_blank">Julien Ribot</a> nous emporte vers de nouveaux rivages avec cette photographie ! Merci à lui !</p>
<p style="text-align: justify;"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-17767" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/11/croisiere-ribot-700x428.jpg" alt="croisiere-ribot" width="700" height="428" /><span id="more-17766"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Lundi matin, nous publions nos textes.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;objectif de cet atelier ? Ecrire à partir d&rsquo;une photographie un texte libre de ton et de genre. Votre lien est à glisser dans le formulaire ci-dessous.</p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;accueille les <em>sans blog fixe. (Vous pouvez m&rsquo;envoyer votre texte, il apparaîtra sous le mien.)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Petite fantaisie du formulaire, ce soir &#8230; Parce que &#8230;</p>
<p><iframe src="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeXZiUEIyxPPK6YiNI6jnRIa1w8Kp-m-VVUDnXDLKPeTMoLIg/viewform?embedded=true" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
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		<title>Impression du soleil levant, Atelier d&#8217;écriture n°239</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Nov 2016 04:02:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[écrire à partir d'une photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Ribot]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[portail]]></category>
		<category><![CDATA[vieille maison]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La lumière, c&#8217;est la lumière qui l&#8217;a d&#8217;abord interpellée&#8230; Pendant les vacances de la Toussaint, elle était allée voir ses grands-parents, dans le Berry. Une envie de vert et de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_17597" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-17597" class="size-large wp-image-17597" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/11/julien-ribot-regards-sur-nos-villes-700x467.jpg" alt="© Julien Ribot" width="700" height="467" /><p id="caption-attachment-17597" class="wp-caption-text">© Julien Ribot</p></div>
<p style="text-align: justify;">La lumière, c&rsquo;est la lumière qui l&rsquo;a d&rsquo;abord interpellée&#8230;<br />
Pendant les vacances de la Toussaint, elle était allée voir ses grands-parents, dans le Berry. Une envie de vert et de calme, après la tempête, un besoin de couper avec les artifices de Paris.<br />
Chaque matin, elle sautait dans son legging, enfilait un gros pull tricoté main, attachait ses cheveux <em>zébulon </em>en chignon, puis enfourchait le vieux vélo tout rouillé de sa grand-mère pour chercher pain et viennoiseries. A chaque tour de pédalier, la roue couinait, de plus en plus rapidement : Léna ne serait pas passée inaperçue s&rsquo;il y avait eu une âme sur ces routes de campagne.<span id="more-17623"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Elle aimait cette fraîcheur du matin, cette nature pas tout à fait réveillée. Elles s&rsquo;accompagnaient toutes les deux dans leur éveil matutinal. Léna souriait : ces petits riens étaient un sentier vers ce que le monde appelle le bonheur&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Un jour, elle avait pris une autre route, ou plutôt, elle s&rsquo;était égarée &#8230; Perdue dans ses pensées, elle s&rsquo;était retrouvée ailleurs, sans en être nullement effrayée. Puis, elle était tombée sur ce portail.</p>
<p style="text-align: justify;">La lumière, c&rsquo;est la lumière qui l&rsquo;a d&rsquo;abord interpellée.</p>
<p style="text-align: justify;">Autour, les arbres avaient déjà revêtu leurs habits rouges de l&rsquo;automne festoyant et ils donnaient aux pierres une teinte chaude, propice au bien-être &#8230; Léna, attirée et même aimantée, avait alors posé sa vieille monture sur le petit muret et  avait sursauté quand, en approchant son visage du portail, une voix grave derrière elle lui avait qu&rsquo;il ne fallait pas se gêner. Face à la mine déconfite de Léna, rouge comme une tomate du jardin de son grand-père, il avait éclaté de rire.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa lumière, c&rsquo;est sa lumière qui l&rsquo;a d&rsquo;abord interpellée.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce matin, là, la livraison des croissants eut un peu de retard &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">© Alexandra K. * Le 6 novembre 2016</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Jos</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><u>Résidence « Les Intemporels »</u></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Maintes fois pourtant, la vieille dame avait prévenu sa fille : « Je ne partirais d’ici que les pieds devant ! ». Elle lui avait souvent dit, lui avait promis même, mais Hélène ne l’avait pas crue…</p>
<p style="text-align: justify;">Assise dans son fauteuil près de la fenêtre, Yvonne était plongée dans ses pensées et faisait défiler les 60 ans passés dans cette maison qu’elle allait bientôt quitter.</p>
<p style="text-align: justify;">Elles repensait aux jours heureux qu’elle y avait vécus avec son mari, aux joies de leur installation et à l’agencement de leur nid douillet. Elle se souvenait de la naissance de son enfant, de ses rires et de ses pleurs, de ses premiers pas et de sa découverte du monde, de ses craintes et de son insouciance. Elle revoyait les rentrées scolaires de sa fille, ses premiers amours puis son départ du cocon familial. Rien ne manquait, sa mémoire était intacte, décuplée même. Car avec l’âge, certains détails jusqu’alors occultés revenaient avec une telle précision que lors de ses voyages dans le passé elle se croyait dans le présent. C’était si bon de revivre ces moments de bonheur qu’elle y plongeait avec délices de plus en plus souvent.</p>
<p style="text-align: justify;">Oh, elle savait bien que sa tête lui jouait parfois des tours, mais ce n’était que pour des petites choses, des détails, des petits riens. Elle oubliait où elle mettait ses affaires, se dirigeait dans sa chambre d’un pas décidé en se demandant soudain ce qu’elle allait y faire, cherchait régulièrement ses mots et perdait de plus en plus souvent la notion du temps. Lucide face à ses faiblesses intellectuelles, Yvonne s’énervait mais se rassurait pourtant en se disant que tant qu’elle en était consciente, son déclin n’était pas total et qu’il était encore temps d’y échapper.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle frissonna. Elle avait toujours pensé qu’une personne avait le droit de partir dignement. Et si la vieillesse physique ne l’inquiétait pas, l’idée de perdre la raison la révoltait, l’angoissait, l’étouffait. Pour elle, la vie n’avait aucun sens sans la conscience de vivre. Oh, ce n’était pas à elle qu’elle pensait, de toute façon elle ne s’en rendrait bientôt plus compte. Mais elle savait que la sénilité n’apportait que douleur à ceux qui en étaient témoins et elle refusait de faire souffrir les êtres qu’elle aimait. Elle ne voulait pas que leurs souvenirs d’elle soient occultés par son vieillissement.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle regarda l’horloge ; Hélène, allait arriver d’un instant à l’autre pour l’emmener à la résidence « Les Intemporels ». Elle haussa les épaules et dodelina de la tête en pensant au nom de ce qui allait être sa nouvelle maison…son mouroir.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis sa fille arriva et se gara devant le portail.</p>
<p style="text-align: justify;">Yvonne se pencha sur la petite table près du fauteuil, prit le verre d’eau qu’elle y avait posé, ouvrit le tube de somnifères acheté la veille et en avala le contenu. Elle se leva, alla chercher son sac à main et son manteau. Sa fille se chargea de sa valise qu’elle mit dans le coffre, installa sa mère à l’arrière de la voiture en prenant soin de lui mettre un coussin derrière la nuque. Puis elle l’embrassa tendrement, ferma la portière et se mit au volant.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de mettre le contact elle jeta un coup d’œil dans le rétroviseur. Les yeux fermés et la tête penchée sur le coussin, sa mère affichait un léger sourire. Rassurée, Hélène crut qu’elle dormait. Elle démarra.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière ses paupières closes, la vieille dame avait tenu sa promesse et emportait pour son ultime voyage l’image en noir et blanc de sa dernière demeure.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Terjit</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;"> » Bonsoir Bérénice,</p>
<p style="text-align: justify;">Je t’ai appelé au moins 10 fois depuis ce matin mais tu ne réponds pas. Je ne sais pas si tu le fais exprès mais je t’avoue que c’est pénible de ne jamais réussir à te joindre quand c’est important, et là c’est urgentissime ! C’est pour te parler d’Antoine que j’essaie de te joindre, ou j’ai plutôt envie de dire notre abruti de fils… Je t’explique.</p>
<p style="text-align: justify;">Hier soir en rentrant de l’inauguration j’ai eu un coup de fil, je te laisse deviner de qui. Bien sûr ce crétin de chauffeur n’a pas reconnu le numéro et a décroché en mettant le son dans la voiture, je n’ai donc pas eu d’autre choix que de lui parler. Je te rassure ça a été bref, comme d’habitude…</p>
<p style="text-align: justify;">J’imagine que tu vois très bien la vieille bicoque pourrie qui est au bout du parking du Macumba juste dans l’axe de la construction de l’autoroute. Les vieux qui l’habitaient sont morts depuis au moins 10 ans, il ne restait plus que deux mois pour que quelqu’un en réclame les droits sinon elle tombait dans le domaine public. Autant dire que c’était dans la poche ! Je dis bien « c’était » parce que c’est plus la même mayonnaise maintenant…</p>
<p style="text-align: justify;">Alors voilà ! Tu sais bien qu’Antoine traine ses savates avec les hurluberlus de Notre Dame des Landes et qu’à part fumer des joins et triquer à tour de bras tout ce qui passe je ne vois pas bien ce qu’il fait de sa vie. Mais bon, après tout c’est son problème s’il n’a pas voulu suivre les voies toutes tracées par ses parents et qu’il a préféré « faire socio » comme ils disent là-bas, comme s’ils allaient faire « 16 » après « 68 » ! Tu sais ce que je pensais déjà de nos parents qui passaient plus de temps à rêver le monde qu’à le construire, heureusement qu’on n’a pas suivi leur exemple. Mais voilà que Monsieur Antoine poursuit l’œuvre de ses grands-parents, je rêve !</p>
<p style="text-align: justify;">La bicoque en question elle appartient à quelqu’un figure toi. Antoine avec ses dégénérés de copains s’est mis dans la tête de chercher un héritier aux vioques, et bien sûr ils ont trouvé ces cons là ! Les vieux n’avaient pas d’enfant et personne de connu autour d’eux, sauf que la vioque elle était de la DDASS. Et depuis 2002 les dossiers de la DDASS ne sont plus totalement confidentiels mais peuvent être ouverts à celui qui est concerné ou à un notaire dans le cas d’une succession sans héritier, c’est Antoine qui m’a expliqué ça. Et bien sûr dans ses copains il a un fils de notaire ! Tu vois le truc venir non ? Ils ont trouvé un demi-frère en Argentine et il vient de lui racheter la maison. Pour en faire quoi de ce machin en ruine ? Un musée de la Beauce ou une épicerie bio à la con ? NON PIRE ! Comme ils sont en train de se faire virer de Notre Dame des Landes ils engagent un nouveau combat, une nouvelle ZAD comme ils disent, pour que Cloyes-sur-le-Loir ne devienne pas un nouveau Disneyland. Ils ont en tête d’en faire une sorte de Katmandu de l’écologie, en pleine Beauce ! Si ce n’est pas pour nous emmerder ça je te demande à quoi ça sert ! Il me l’a confirmé d’ailleurs, clairement. Tu sais ce qu’il me reproche ? « Ne pas avoir été là pour le soutenir dans ses choix »… parce que vivre comme un traine savate c’est un choix ça ? Je n’ai pas pu me retenir, je lui ai dit que j’avais honte de lui et tu sais ce qu’il m’a répondu le têtard pré-pubère ? Que pour une fois on pouvait être d’accord puisqu’il avait honte d’être le fils du plus grand architecte depuis Niemeyer qui avait renoncé à embellir le monde pour s’en mettre plein les poches avec des projets bidons ! Et il a raccroché.</p>
<p style="text-align: justify;">On est dans la merde là, je te le dis clairement. Si l’autoroute ne se fait pas on perd 2 millions. Sans l’autoroute pas de parc aquatique à 7 millions, pas de cinéma à 8 millions et surtout pas de station de ski à 132 millions. Et puis tu sais qu’après c’est l’engrenage, les affaires qui sortent, les combines dans le Canard Enchainé, et on va finir en taule !</p>
<p style="text-align: justify;">Puisque cet étron qui nous sert de fils veut la guerre il va l’avoir, il faut que la riposte soit à la mesure de l’attaque. Il faut qu’on utilise nos relations pour tout détruire avant qu’ils mettent un pied dans la baraque et faire annuler la vente. J’ai déjà contacté la ministre de la jeunesse et des sports, elle m’a donné sa carte avec son portable personnel à l’inauguration, elle va voir ce qu’elle peut faire mais tu connais les politiques… comme disait Herriot « la politique c’est comme l’andouillette, ça doit sentir un peu la merde mais pas trop ». Je sais que ton nouveau Jules était à l’ENA avec elle, il faut absolument qu’il l’influence.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu ne le sais pas mais depuis l’année dernière j’ai une histoire avec la ministre de la défense et je joue au billard le samedi avec son mari, le directeur général de la santé. Si on n’arrive pas à avancer rapidement je vais la mettre au courant. Avec ce que je sais sur ses magouilles avec le Congo et celles de son mari avec les laboratoires Nord-Coréens je ne pense pas qu’ils refusent de nous aider pour le faire déclarer dément notre « cher fils » et le faire embastiller. Et si tout ça ne marche pas j’ai encore quelques relations chez nos amis tchétchènes depuis la construction du stade de Grozny… Ils sont bien ces gens-là : discrets et efficaces.</p>
<p style="text-align: justify;">Je file cette nuit en Suisse pour régler quelques affaires un peu trop voyantes sur mes comptes, on ne sait jamais… et je te recommande d’en faire autant. Tu peux me joindre à n’importe quel moment, j’y vais seul.</p>
<p style="text-align: justify;">Je sais que nous n’avons pas toujours été d’accord, qu’on s’est même souvent engueulés, mais la situation est grave. Il faut se serrer les coudes, c’est la blitzkrieg maintenant qu’il faut mener, sans état d’âme, il ne nous laisse pas le choix le Che Guevara de mes fesses.</p>
<p style="text-align: justify;">Appelle moi vite. »</p>
<p style="text-align: justify;">Terjit</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Nady</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">O Mélancolie divine,</p>
<p style="text-align: justify;">Tu viens là bien chatouiller</p>
<p style="text-align: justify;">Avec ton allure taquine,</p>
<p style="text-align: justify;">Mes souvenirs enterrés.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce portail, alias barreau,</p>
<p style="text-align: justify;">Comme on aime à l’appeler,</p>
<p style="text-align: justify;">En créole de mon île des Hauts,</p>
<p style="text-align: justify;">Est désormais vraiment fermé.<br />
Vaste jeu ! Voici que je frissonne</p>
<p style="text-align: justify;">Le temps d’un instant volé,</p>
<p style="text-align: justify;">Au passé et à personne,</p>
<p style="text-align: justify;">Me voilà prête à le pousser.<br />
Sens tu ce doux plaisir farouche,</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi qu’un sourire infini,</p>
<p style="text-align: justify;">Se dessiner sur toute ma bouche,</p>
<p style="text-align: justify;">Avant de braver l’interdit ?</p>
<p style="text-align: justify;">Me voici désormais entrée,</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la maison de mon enfance,</p>
<p style="text-align: justify;">Entre la plaine et la forêt,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour y revivre nos dernières danses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Ludovic Lecomte</strong></span> :</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;"><i>&#8230; ses yeux dans les siens! « </i></p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;"><i> </i>Simon releva la tête, regarda par la fenêtre et aperçut le ciel noirci par la nuit. Il se massa longuement les reins et s&rsquo;étira. Depuis combien de temps était-il là, courbé sur sa machine, la tête en ébullition, tapant d&rsquo;une main, raturant son carnet de l&rsquo;autre, lisant d&rsquo;un œil ses notes pendant que l&rsquo;autre contrôlait les doigts sur les touches.</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;"> Il attrapa sa pipe éteinte d&rsquo;avoir été négligée dans le cendrier en basalte blanc. Dans le verre abandonné à ses côtés, le glaçon avait fondu depuis longtemps, laissant des paillettes dans le whisky qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas pris le temps de boire.</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Il tapota la pipe pour en vider le tabac froid et chercha des yeux le paquet de gris qu&rsquo;il ne trouva pas. Il leva les yeux et vit alors la relative obscurité dans laquelle il baignait, faute d&rsquo;avoir allumé une autre source de lumière que la petite lampe de bureau, coincée entre la machine à écrire et le cendrier. Le paquet de tabac restait introuvable. Il se leva, abandonna sa pipe sur le bureau et décida d&rsquo;ouvrir la fenêtre afin de renouveler l&rsquo;air saturé de fumée et de chaleur humide. L&rsquo;odeur âcre de la pièce venait de lui sauter aux narines.</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;"> C&rsquo;était toujours ainsi, le processus d&rsquo;écriture comme une plongée en apnée, plus rien autour de lui ne comptait alors, il entrait dans un autre monde, un ailleurs où tout est possible, un au-delà où il décidait des événements et des destinés des personnes, ou plutôt des personnages!</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Ni le temps, ni les odeurs, ni la température n&rsquo;avait alors de conséquence pour lui.</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;"> Il tira fort sur la clanche de la fenêtre qui coinçait toujours un peu au début de l&rsquo;automne à cause de l&rsquo;humidité qui provoquait un gonflement du bois. La fenêtre céda dans un sinistre grincement, digne des effets sonores utilisés dans les pièces qu&rsquo;il écoutait à la radio. Il fut saisi par le froid glacial que le vent apportait et referma aussitôt la fenêtre!</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;"> Il secoua la bûche qui se consumait lentement dans la cheminée, et lorsque celle-ci eut repris quelques couleurs orangées annonçant le retour des flammes dans l&rsquo;âtre, il saisit le whisky et arracha la feuille de la machine à écrire.</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Installé dans son vieux fauteuil qui, usé par les années, était maintenant complètement modelé à la forme de son corps, Simon commença à relire son dernier feuillet, en buvant à petites gorgées brûlant la gorge, le whisky.</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;"> Alors qu&rsquo;il relisait la dernière phrase de son texte, il sursauta!</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">  <i>Pierre glissa sa main dans ses cheveux en plongeant ses yeux dans les seins!</i></p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;"><i> </i>Siens/seins&#8230; il avait de nouveau fait une erreur de frappe qui allait l&rsquo;obliger à retaper l&rsquo;intégralité de la page, pour la quatrième fois cette semaine!</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;"> Alors il se leva, alluma la lumière, attrapa la pipe sur le bureau et la jeta à la poubelle, dévissa l&rsquo;ampoule trop faible de la petite lampe de bureau qu&rsquo;il avait choisi pour simuler un éclairage tamisé. Fini l&rsquo;ambiance début du siècle pour écrire son roman, place à la modernité! Demain, il irait acheter un ordinateur et une imprimante, afin de remplacer les feuilles à retaper par des corrections automatisées!</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Il faut vivre avec son temps!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Nicole</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La maison de Jeanne</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le train l&rsquo;avait déposé vers 7h du matin sur le quai de la gare. C&rsquo;était un lundi froid et hivernal. Ce n&rsquo;était pas une visite comme les autres, Françoise ne resterait pas longtemps. Un jour ou deux suffiraient à régler les derniers détails. Ce voyage n&rsquo;avait pas la même saveur qu&rsquo;il y a trente ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se souvint quand sa mère et elle rendaient visite à Mémé Jeanne. Elle habitait dans cette jolie maison en pierre blanche protégée par des grilles avec des pointes, un grand portail orné de deux colonnes en pierre. Solide et robuste comme sa propriétaire. Mémé Jeanne avait un accent teinté de patois. Françoise aimait s&rsquo;y rendre car elle plongeait dans le passé comme dans un livre d&rsquo;histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">La dernière fois, elle avait 10 ans. Elle et sa mère se tenaient devant la grille. Elle tournait la poignée de la grande grille, elle s&rsquo;ouvrit avec un long grincement. Mémé Jeanne ouvrit la porte et lui tendit les bras vêtus de son tablier. Françoise se blottit contre elle, ce petit bout de femme qui sentait la pomme et la farine. Elle ressentait tellement de chaleur et générosité chez Mémé Jeanne. Elle lui déposa un bisou sur le front. Sa mère la sera affectueusement puis lui offrit un petit présent  : des macarons cette fois-ci dans une belle boîte Ladurée. Mémé Jeanne était ravie, elle adorait les délices sucrés.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès leur entrée, le salon embaumait l&rsquo;odeur de la tarte aux pommes qui cuisait au four. Françoise fermait les yeux et se léchait les babines. Elles s&rsquo;asseyaient sur un canapé moelleux recouvert d&rsquo;un tissus fleuri. Sur la petite table recouverte d&rsquo;une nappe blanche brodée, trônait une grande bouteille de Jus de pomme fermier entouré de trois verres large, une pile d&rsquo;assiettes dessert sur lesquelles étaient disposées trois cuillères à café en argent. Sa mère parlait de tout et de rien, la vie en ville. Mémé Jeanne servait le jus de fruit et l&rsquo;écoutait parler avec un grand sourire. Françoise se laissait happer par l&rsquo;atmosphère du lieu. Son attention s&rsquo;envolait en direction des souvenirs qui ornaient les murs. De vieilles photos anciennes, quelques cartes postales et les beaux dessins de pépé Jacques qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas connu. Ses souvenirs étaient porteur d&rsquo;histoires. Elle en connaissait des récits de vie, mémé. Françoise adorait l&rsquo;écouter le soir avant de s&rsquo;endormir dans le lit en bois.</p>
<p style="text-align: justify;">Mémé Jeanne se leva pour rapporter la belle tarte aux pommes qu&rsquo;elle avait préalablement coupé. Elle déposa à la main, chaque part puis tendit l&rsquo;assiette à chacune. Françoise pris une bouchée qu&rsquo;elle savoura. Hum, la douceur de la pomme et le croquant de la pâte sablée, elle faisait durer ce moment de dégustation. Elle appréciait ses plaisirs simples offerts par sa mémé.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce matin-là, Françoise a du se contenter d&rsquo;un café noir accompagné d&rsquo;un croissant desséché. Elle essayait de se réchauffer en buvant. La nouvelle était tombée. Elle remontait à huit jours. Un appel de sa mère  : «  Mémé Jeanne nous a quitté, elle avait 101 ans  ». Elle n&rsquo;était plus là, seul restait sa maison en pierre. Françoise avait rendez-vous chez le notaire. Elle avait une boule de tristesse coincée dans sa gorge. Sa mère était trop fatiguée pour se joindre au voyage.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu&rsquo;allait-elle faire de cette maison  ? Une résidence secondaire  ? Un musée dédié au souvenir de Mémé Jeanne  ?Ses pierres avaient une âme, elle ne pourrait jamais se résoudre à la vendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Et si elle quittait Paris pour y vivre, elle ouvrirait une chambre d&rsquo;hôte et proposerait une tarte aux pommes tiède pour le dessert de ses invités.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Manue</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Rien n’existe, que ce désir qui l’accable. Qu’il ne comprend pas mais qui lui est nécessaire. Qu’il refuse de tout son être mais qu’il ne peut refréner …</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut qu’il les touche, qu’il les compte, qu’il les recompte, qu’il vérifie qu’ils soient bien tous là, solides, arrimés, éternels. Le crépi peut s’effriter, les pierres se déchausser, les briques pâlir avec le temps, les barreaux doivent rester les mêmes et en nombre identique.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfant, cette femme au carreau de la maison qui l’observait ne comptait pas, ni celle qui lui tenait la main pour qu’il ne lui arrive rien. Il n’accordait aucune importance aux visages, il ne savait pas reconnaître un sourire, la foule l’oppressait, le bruit l’agressait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il était seul avec ses mains, les objets étaient ses uniques amis, jouets dérisoires entre ses doigts malhabiles. Il restait seul, pieds nus, pour mieux sentir le pouls d’un monde dont il ignorait les codes.</p>
<p style="text-align: justify;">Il était lui même, les autres enfants le trouvaient différent, les adultes le qualifiaient de lunaire et chuchotaient autour de lui, perplexes et démunis face à son handicap.</p>
<p style="text-align: justify;">Le temps file comme le sable qu’il aime encore sans cesse transvaser, mais les barreaux restent d’une importance égale ; leur musique quand il les touche, leur matérialité sont ses seuls points de repère depuis qu’il les a découverts. Fidèles. Ils sont sa base, son obsession. Il revient toujours vers eux à la fin de ses concerts, il joue divinement bien de la harpe. Il ne sait toujours pas le monde depuis qu’il a grandi mais du fond de son gouffre intérieur il donne aux autres une grâce que seuls quelques uns peuvent ressentir. Saurez-vous l’entendre ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte d&rsquo;Adèle</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Je me tenais devant la grille, droite, raide, corrodée par les dix années écoulées qui m’avaient comme à elle dessinées un visage terne et fissuré par les rides.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le coup de fil de l’ancienne voisine qui m’avait alarmé, celle dont le jardin était mitoyen avec le nôtre, celle qui cherchait toujours des noises à nos parents pour la haie de thuyas taillée trop haute, pour nos fêtes d’adolescentes trop exubérantes et pour le chien imbécile qui aboyait avec vigueur chaque matin.</p>
<p style="text-align: justify;">« Vous ne savez donc pas ce que votre sœur a encore imaginé ? » avait-elle braillé dès que j’avais répondu avec ma voix ensommeillée par les six heures de décalage horaire. J’avais failli raccrocher au nez de son agressivité hargneuse, mais respectueuse de sa perspicacité à retrouver mes coordonnées, captivée et réjouie à l’idée d’entendre quelqu’un critiquer ma sœur, j’avais écouté la suite.</p>
<p style="text-align: justify;">Et me voilà quelques jours plus tard, quelques heures d’avion plus loin, posée, statufiée devant cette maison d’un village de l’Isère, bâtie avec une solidité apparente et une façade en galets de la Durance. C’est pire que ce que m’a dit la voisine. En dix ans, la maison est devenue une vieillarde, le pittoresque s’est transformé en décrépitude.</p>
<p style="text-align: justify;">Pousser le portillon métallique est une épreuve. Non pas qu’il soit rouillé, qu’il rechigne à me laisser passer, c’est ma mémoire qui est grippée et mes mains fébriles et maladroites.</p>
<p style="text-align: justify;">La jungle du jardin déploie des espèces familières, forsythias touffus, bouleaux pleureurs échevelés, noisetiers géants et là, devant le mur de séparation d’avec la voisine, écroulé et en ruine, voici le poirier, mon faux-jumeau planté le jour de ma naissance, que ma sœur, jalouse de ses fruits appréciés de mon père, arrosait au pied du tronc de mixtures de sorcière, sans autre effet que de décupler à lui sa rage de produire, à elle ses frustrations de seconde. J’étais née avant elle, voilà le drame, quoiqu’elle fasse, elle serait la deuxième, elle qui ne supportait que la première place. Croyait-elle que l’amour d’un père se gagne comme une course à pied ?</p>
<p style="text-align: justify;">A la mort de mes parents, j’étais déjà à l’étranger. A dix-huit ans, j’étais partie, pour m’épanouir et croitre, plus fragile que le poirier, mais libre de marcher quand lui ne pouvait qu’agiter ses branches au vent et gifler le visage de ma sœur. Elle, qui par son attitude de rejet, m’avait contrainte au départ, projetée hors du nid, avait reçu, par un ricochet inattendu, un involontaire effet boomerang, l’obligation tacite de rester auprès de nos parents déclinants.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois ans plus tard, j’étais venue aux obsèques de mon père, étais revenue brièvement six mois plus tard assister à celles de ma mère. La succession s’était réglée sans moi, le notaire m’avait expédié les papiers nécessaires. A moi, l’exilée volontaire, l’étrangère, la démissionnaire, mes parents donnaient l’argent des comptes courants et des assurances-vie. A ma sœur, la prisonnière, l’enfermée involontaire, la captive, était léguée la maison de notre enfance et ses bibelots entassés, accumulés, empilés. A ce que j’en savais, elle y vivait sagement, le plus souvent seule.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà qu’elle choisissait ce moment de ma vie, pour encore une fois me trahir en douce.</p>
<p style="text-align: justify;">Je croyais l’accord pérenne et immuable, elle gardienne des souvenirs et moi conquérante de demain, du futur, de l’avenir. J’avais tenu mon rôle,  j’avais un travail, un joli appartement, un mari aimant et bientôt, au printemps, naitrait le premier enfant, qui m’aiderait à regarder en arrière, car j’ai lu qu’il faut de belles racines à un arbre pour qu’il pousse droit et élève sa ramure vers le ciel. Je reviendrais, lui dans mes bras, celui de mon mari passé autour de mes épaules, je décrypterais le passé, je percerais les non-dits, abolirais les rancœurs. Ma sœur me sourirait, nous penserions « tout est pardonné » et nous ferions des plans pour un prochain Noël, partagé ensemble dans cette maison, pour laquelle je me découvre un attachement inattendu.</p>
<p style="text-align: justify;">Hélas le panneau signalé par la voisine est bien là, toile tendue de plastique blanc, immense, au moins quatre mètres sur six, grandes lettres noires sur dessin hyperréaliste tout en couleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">« Ici, bientôt, la Résidence du Poirier, 12 appartements de luxe avec balcon-terrasse ou jardin, du T2 au T5-duplex, normes BBC. Cuisine offerte si achat sur plan. Le rêve de toute famille.»</p>
<p style="text-align: justify;">Non, rien ne s’efface, pas même les rêves, quand le passé cède le pas à l’avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste le souvenir de la douleur et la douleur de l’oubli .</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Claude</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">A 9h30, comme chaque matin, Jules, le journal à la main, franchit la porte métallique qui émit le grincement familier, il parcourut les trois mètres qui le séparaient de l’entrée, et pénétra chez lui en essuyant soigneusement ses chaussures sur le paillasson marqué « Bienvenu ».  Il habitait avec Louise au 21 rue de la Providence depuis soixante-deux ans. Leur villa était de celles qu’on voyait couramment parsemer les banlieues parisiennes dans les années soixante. En meulière, avec un petit jardinet autour, quelques lauriers et hortensias, un muret de pierres sèches surmonté d’une grille sans charme, deux piliers de briques mal assemblées encadrant le portail. Un silence cotonneux et soporifique enveloppait le pavillon du couple, comme tous ceux du voisinage, d’ailleurs. Seule la mobylette du fils du boulanger pouvait de temps à autre perturber le calme de ce quartier désert. Un ennui profond régnait, atteignant son paroxysme les jours de pluie et de ciel gris.</p>
<p style="text-align: justify;">Jules s’assit dans le fauteuil, à côté de Louise, leurs têtes méthodiquement appuyées sur les napperons brodés main, le cocker lové à leurs pieds. Conformément au rituel quotidien, il lut à haute voix les nouvelles du jour : La guerre en Irak, les menaces d’attentats, les élections américaines, les primaires en France, les violences urbaines,… Louise, d’un pas lent dans ses pantoufles à carreaux alla chercher deux tasses de café en jetant un œil sur la comtoise, les posa sur la table basse devant le cendrier « Souvenir de Pornic », poussa la plus grande vers Jules, puis ferma ses yeux fatigués en écoutant la suite.</p>
<p style="text-align: justify;">Jules continua : les crises financières en Asie, le conflit syrien, les famines au Darfour, le séisme en Italie, les inondations à Haïti… Louise regarda par la fenêtre, remua doucement le sucre avec sa cuillère, et murmura à son mari : « Mon Dieu, Jules, dans quel monde vit-on ?! ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Bénédicte</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Fragile&#8230;.Voilà, c&rsquo;est le mot que je cherchais depuis un moment. Je me sens de plus en plus fragile&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Les briques se cassent, les pierres s&rsquo;effritent, le fer est inexorablement attaqué par la rouille, et la nature poursuit son travail végétal, ce mélange de beauté sauvage et de débordements. Cela fait bien longtemps déjà que je n&rsquo;ai pas vu une main relever une tige, couper des branches, ramasser des feuilles mortes. Je ne vois plus que des chats et des oiseaux&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">A l&rsquo;intérieur ce n&rsquo;est pas mieux, j&rsquo;ai mal partout&#8230;.Les papiers se décollent par lambeaux, les champignons s&rsquo;installent avec une odeur désagréable, le bois pourrit doucement et l&rsquo;escalier émets des bruits étranges. Il y a des trucs qui tombent parfois et me font sursauter d&rsquo;inquiétude. Un des meubles de la cuisine s&rsquo;est décroché de son mur une nuit. Un volet pend de travers sur la façade de devant. Quelle tristesse&#8230;..</p>
<p style="text-align: justify;">Je m&rsquo;endors le soir d&rsquo;un sommeil solitaire et découragé. Je me réveille le matin avec une lueur d&rsquo;espoir: ce n&rsquo;était peut-être qu&rsquo;un mauvais rêve ?&#8230;.Mais l&rsquo;odeur d&rsquo;humidité est toujours là et les dégradations progressent. Alors je me permets quelques larmes vite avalées par les murs&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant un temps, quand je faisais encore illusion, il y avait un panneau « A vendre  » sur la grille. J&rsquo;ai reçu quelques visites avec à chaque fois une bouffée d&rsquo;espoir. Et puis rien. Même le panneau n&rsquo;est plus là. Je crois que je suis devenue une cause perdue pour les vendeurs&#8230;..</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être que c&rsquo;est ça mourir finalement ? C&rsquo;est le sort qui attend les humains, je l&rsquo;ai vu plusieurs fois, alors pourquoi pas la même chose pour les maisons ?&#8230;..</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Valérie</strong></span> (bienvenue à toi ! 🙂 ) !</p>
<p style="text-align: justify;">Fermée depuis si longtemps&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Construite il y a des années au fin fond du Cantal j ai eu des jours heureux. Pierre après pierre mes murs ont été montés avec efforts par Jules. Avec efforts mais surtout avec amour. Il lui tenait à coeur son projet de maison à Jules. Il voulait que tout soit prêt avant de faire  sa demande en mariage à la belle Jeanne, la cadette du boulanger du village. Après sa tournée le jeune facteur travaillait sans relâche, mettant parfois sa santé en péril.<br />
Mais les événements en décidèrent autrement et malgré tous ses sacrifices il ne put finir ma construction. Alors qu il posait les dernières pierres en ce samedi 1er août à 16h de l après midi les cloches du clocher du village sonnèrent le tocsin comme dans tous les villages français. Ce son, il ne l&rsquo;oublia jamais. C&rsquo;était un appel à la mobilisation générale. Tous les hommes en âge de combattre étaient appelés au combat. Jules eut à peine le temps de faire ses adieux à Jeanne et de lui faire promettre de l attendre.</p>
<p>Je restai en suspens quatre longues années. Jeanne et son père trop âgé pour partir au combat passaient de temps en temps voir si j allais bien, enlever les mauvaises herbes, passer un  coup de balai mais le boulanger était trop fatigué pour m achever. Jeanne comme moi attendait, inquiète et impuissante mais ne perdait pas l espoir.</p>
<p>Et elle avait raison. Durant ces quatre années elle avait reçu quelques lettres de son petit facteur l encourageant à espérer et en novembre 1918 elle le vit enfin revenir au village. Il avait souffert notre Jules, vécu des jours affreux dans des conditions déplorables au fond des tranchées. Il avait eu faim. Il avait eu froid. Il avait vu la mort partout autour de lui. Mais contrairement à bien d autres du village il était revenu.</p>
<p>De retour il se remit au travail mais il n avait pas le même entrain à l ouvrage. Il était loin&#8230;triste&#8230;ailleurs.<br />
Jeanne faisait son possible pour le raccrocher à la vie. Pendant qu il avançait leur petit nid d&rsquo;amour, Jeanne s occupait des préparatifs du mariage qu ils voulaient simple mais beau.</p>
<p>Je fus finie au printemps 1919. Ils se marièrent en avril et emménagèrent aussitôt. Jeanne avec les moyens du bord fit de mes murs un petit cocon où ils aimaient se retrouver.  Malgré la douceur de sa gentille épouse il n était pas rare que Jules sursaute dans la nuit réveillé par un cauchemar.<br />
Heureusement un bel événement ne tarda pas à arriver. Le ventre de Jeanne s arrondit dès le mois de juin et le 7 janvier 1920 Jeanne donna naissance dans mes murs à un magnifique petit Claude. Ce poupon redonna le sourire à mon Jules et très vite Jeanne retomba enceinte.</p>
<p>J&rsquo;étais pleine de vie. Des petits bouts courraient partout, passaient d une chambre à l autre, criaient, chantaient&#8230;Je débordais d amour.</p>
<p>Mais après avoir coulé des jours heureux de nouveaux drames survinrent. En juin 1939 la France fut à nouveau entraînée dans une grande guerre. Jules était trop vieux pour partir mais ses trois aînés furent appelés et ce fut encore pire pour lui que s il avait dû partir. Il fut déchiré. Heureusement les combats furent courts mais seuls deux de ses fils revinrent sains et saufs. Il ne se pardonna jamais la mort de son aîné et jura de le venger. Aussi quand De Gaule invita les Français à résister il fut le premier partant.</p>
<p>Dans mes sous-sol, ceux n ayant pas accepté la défaite, la perte de l un des leurs pour rien, ou ceux qui voulaient mettre fin par tous les moyens à la collaboration et à la barbarie nazie se réunissaient chaque nuit. On s organisait. On s&rsquo;informait. On s aidait&#8230;On risquait  sa vie et on sauvait celles d&rsquo;enfants juifs ayant fui le nord &#8230;</p>
<p>Après la guerre ma vie a connu d autres temps forts : des naissances, celle de Louise notamment, la première petite fille de Jules et Jeanne puis les suivantes que mon Jules ne vit pas. En janvier 1961 la veille de l anniversaire de Claude il s&rsquo;est éteint dans son sommeil. Un signe sans doute.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon Jules étant parti, ses enfants quittèrent un à un le village à la recherche d un emploi en ville. Il faut dire qu il n y avait pas grand chose à faire au village et que beaucoup étaient déjà partis.<br />
Seule Bérangère, la maman de Louise resta au village prés de sa mère. Son homme était déjà monté sur Paris mais elle ne voulait pas laisser sa mère seule.</p>
<p>Jeanne était épuisée. Elle m entretenait du mieux qu elle pouvait mais pour une femme seule j étais bien trop grande. Sans compter que je commençais vraiment à me dégrader. Il aurait fallu refaire mon électricité et surtout installer des radiateurs. Avant, avec les hommes, le feu crépitait dans la cheminée mais là son petit corps fragile était tout le temps gelé n ayant pas la force de couper du bois.<br />
Un matin d hiver, Bérangère décida qu il était temps que sa mère se résigne à fermer mes portes et qu ensemble elles montent sur Paris rejoindre son mari.</p>
<p>Ce fut un réel déchirement pour Jeanne qui survécut peu de temps à son départ.<br />
Quant à moi je me retrouvai close, sans plus aucune âme qui vive. Jeanne et Bérangère avaient apporté un minimum d affaires mais les meubles, les lits, les cadres avec leurs photos, la vaisselle ..tout était resté là, inutiles.</p>
<p>Quelle joie ce fut en octobre 2016 d entendre du bruit dans mes serrures, d entendre les volets s ouvrirent et de voir Louise. Louise qui sur Paris comme ses grands-parents et ses parents l avaient fait jadis, s était engagée dans de nobles causes. Chaque fois qu elle pouvait venir en aide à quelqu’un elle répondait présente. Aussi quand elle entendit que l on cherchait des locaux pour reloger des malheureux elle pensa à moi. Elle me faisait visiter par une association humanitaire. J allais enfin pouvoir resservir à quelque chose.<br />
Début Novembre j ouvrirais mes portes à des pauvres hommes ayant fui leur pays, la misère, le guerre ou la tyrannie. Au péril de leur vie, ils ont par centaines traversé les océans se perdant pour beaucoup au fond des mers. Déracinés, déchirés, souvent séparés des leurs, ils ont été regroupés sur un camp à Calais. Ils ont vécu tels des bêtes dans des conditions insalubres. Et la jungle va être démantelée. Aussi ma Louise a pensé à moi.</p>
<p>Je vais enfin avoir un peu de vie en moi. Ma porte va de nouveau grincer. Mes volets s’ouvriront laissant entrer le soleil. De nouveau l eau coulera et on fera sécher du linge dans mon jardin.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vais offrir un toit à de pauvres gens, leur apporter de la chaleur et un minimum de confort. Même si je ne suis pas toute neuve, je serai toujours plus confortable que des tôles ou une vulgaire tente.<br />
Je ne sais pas encore si ce sont des hommes, des femmes et des enfants qui viendront dans mes murs. Mais quels qu ils soient je serai heureuse de les accueillir. J espère au fond de moi que mes copines aussi s’ouvriront à eux et que bientôt ces pauvres gens feront renaître notre beau village. Ils vont sans doute avoir froid dans les premiers temps mais avec ce qu ils ont déjà subi, je suis sûre qu ils seront heureux et apporteront beaucoup de joies.</p>
<p>Jules serait fier de sa petite Louise.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Les textes écrits à partir de la même image, mais publiés sur d&rsquo;autres blogs</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1IGvk_4DCQkeHbN33Z1mXqJcSZkDtk8YoBAOHHEVNtQg/pubhtml?gid=1670629385&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="500" height="550"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/impression-du-soleil-levant-atelier-decriture-n239/17623/">Impression du soleil levant, Atelier d&rsquo;écriture n°239</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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		<title>Atelier d&#8217;écriture n°239 : Une Photo Quelques mots</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/atelier-decriture-n239-une-photo-quelques-mots/17596/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2016 16:09:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
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		<category><![CDATA[Julien Ribot]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La photo de cet atelier est signée Julien Ribot ! Merci à lui de nous prêter son regard sur le monde. Les textes seront publiés le lundi matin. Ceux qui [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/atelier-decriture-n239-une-photo-quelques-mots/17596/">Atelier d&rsquo;écriture n°239 : Une Photo Quelques mots</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La photo de cet atelier est signée <a href="https://www.facebook.com/lesphotosdejules/photos/a.520527371384066.1073741836.489479974488806/807731449330322/?type=3&amp;theater" target="_blank">Julien Ribot</a> ! Merci à lui de nous prêter son regard sur le monde.</p>
<div id="attachment_17597" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-17597" class="size-large wp-image-17597" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/11/julien-ribot-regards-sur-nos-villes-700x467.jpg" alt="© Julien Ribot" width="700" height="467" /><p id="caption-attachment-17597" class="wp-caption-text">© Julien Ribot</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les textes seront publiés<strong> le lundi matin.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-17596"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ceux qui n&rsquo;ont pas de blog peuvent m&rsquo;envoyer leur texte via l&rsquo;adresse mail située dans la colonne de droite. Je vous remercie dans ce cas-là de m&rsquo;envoyer votre mail avant le dimanche soir (sinon il risque de ne pas être publié dès le lundi matin &#8230; si jamais vous n&rsquo;aviez pas le temps de me l&rsquo;envoyer avant dimanche, j&rsquo;ajouterai alors votre texte le lundi soir&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">A vous la plume ! 🙂</p>
<p style="text-align: justify;">Le plaisir d&rsquo;écrire, toujours. Le plus important.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour terminer, le petit formulaire à remplir :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfk6U0533AOhv2xjK22K2pJ4QOXNWdlIFMIbkyGX6Mdf1ULVw/viewform?embedded=true#start=invite" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><img decoding="async" class="size-full wp-image-17599" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/11/large-1.jpg" alt="large-1" width="500" height="500" /></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/atelier-decriture-n239-une-photo-quelques-mots/17596/">Atelier d&rsquo;écriture n°239 : Une Photo Quelques mots</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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