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	<title>Archives des Une photo - Alexandra Koszelyk</title>
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	<title>Archives des Une photo - Alexandra Koszelyk</title>
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		<title>Une averse de soleil tombait sur ce désert blanc, éclatant et glacé (Atelier d&#8217;écriture)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Oct 2016 04:00:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bruit assourdissant de la neige qui crisse sous mes pas, mes semelles qui s&#8217;enfoncent et laissent des stigmates bientôt remplies d&#8217;une pureté nouvelle. Un flocon, puis deux. Leur lente danse [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_17220" style="width: 345px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-17220" class="size-full wp-image-17220" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/09/neige-vincennes-kot.jpg" alt="© Kot" width="335" height="499" /><p id="caption-attachment-17220" class="wp-caption-text">© Kot</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le bruit assourdissant de la neige qui crisse sous mes pas, mes semelles qui s&rsquo;enfoncent et laissent des stigmates bientôt remplies d&rsquo;une pureté nouvelle. Un flocon, puis deux. Leur lente danse hypnotique me charme et m&#8217;emporte. Je suis dans un état second, comme coupé de mes sens, environné de coton, les sons sont assourdis et appartiennent à un monde dont je ne fais plus partie.<span id="more-17257"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Seul, isolé, mes pas ne mènent nulle part, j&rsquo;erre et prospecte les coins de mon âme. Elle se vide des affres du passé, termites illusoires d&rsquo;une souffrance que je rejette aujourd&rsquo;hui. Une musique douce arrive à mes oreilles, mais je ne vois rien autour. Mon imaginaire ? Je me laisse bercer. Il y est question de désert blanc, d&rsquo;un homme qui marche dans le sable chaud, et se souvient de ses noëls passés en famille, à l&rsquo;abri du froid. Des guirlandes de pensées s&rsquo;agglutinent en moi, j&rsquo;expire doucement cet air chaud et vicié dont mon corps ne veut plus, et je lui injecte ces particules nouvelles, cet air frais et bon dont je m&rsquo;abreuve jusqu&rsquo;à plus soif.</p>
<p style="text-align: justify;">La tête me tourne de ce ballet hivernal, je m&rsquo;assieds sur le premier banc, le grain du bois est rugueux et froid, ma main caresse ses aspérités : je les comble d&rsquo;une douce chaleur dont je m&rsquo;étonne moi-même. Le vent d&rsquo;engouffre alors dans mon cou, il remplit ces coins que mon écharpe ne protège pas, il crée alors une seconde peau, virevolte autour de moi et m&rsquo;englobe dans un tout qui me dépasse alors.<br />
J&rsquo;accepte.<br />
J&rsquo;accepte ce don et ferme les yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Je sens alors ces dizaines de flocons se poser délicatement sur mes cheveux noirs : je ne forme plus qu&rsquo;un avec ce monde silencieux qui me crie à l&rsquo;oreille que je suis un atome du grand Tout.</p>
<p style="text-align: justify;">© Leiloona, le 2 octobre</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Manue</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se dit que peut-être, en fermant les yeux, elle arriverait à y croire.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle l’aimait depuis toute petite ce parc alors ça n’allait pas être bien difficile de plonger dans ses souvenirs.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa grand-mère l’y amenait certains mercredis pour visiter la serre et jouer sur les balançoires métalliques. Eté comme hiver, c’était une sacrée expédition que d’aller au jardin des plantes, il fallait prendre deux bus et serrer fort sa main pour ne pas se perdre au milieu des inconnus. Quand il neigeait, l’atmosphère était magique, elle s’imaginait descendant de sa fusée spatiale et foulant pour la première fois le sol vierge d’une planète inconnue. Elle se souvenait aussi de la nature endormie, même les arbres et les bancs semblaient en hibernation, attendant avec sagesse le printemps, les écureuils et les amoureux.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques notes de piano résonnaient dans sa tête aussi, combien de fois avait-elle arpenté cet endroit, jeune lycéenne dans l’établissement juste à côté, casque sur les oreilles ? Elle y retrouvait ses amants du moment. Un justement là, sur le banc, tout près. Et l’autre, derrière un gros sapin. Qui a dit qu’on ne pouvait pas aimer deux personnes à la fois ? Ce jardin était sa bulle de liberté et bientôt elle se laissa envahir par les regrets.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette année-là, maintenant étudiante, elle se voulait plus sérieuse. Ses études comptaient plus que tout et un garçon devait lui suffire, d’autant plus que le gros sapin avait été coupé. Elle n’osait plus courir dans les allées lorsqu’il neigeait, sentant le regard réprobateur des adultes bien pensants autour d’elle. C’est à peine si elle laissait la vie parcourir ses veines. Seul son avenir importait, elle était prête à tous les sacrifices, allant jusqu’à renier son imagination et ses aspirations les plus profondes pour filer plus vite vers son but et gagner son indépendance financière.</p>
<p style="text-align: justify;">Les années étaient passées si vite ensuite. Comment le monde s’était-il déréglé à ce point ? La folie des hommes sans doute … à moins qu’il ne suffise que la planète change d’axe (en un éclair) d’un demi degré (encore) face au soleil pour que tout se mette à tourner de travers …</p>
<p style="text-align: justify;">Elle avait beau fermer les yeux encore plus fort, remonter encore plus loin dans sa mémoire, rien ne serait jamais plus comme avant. Ses pas s’enfonçaient moins dans le sol meuble, les arbres mourraient un par un étouffés, le fer des bancs commençait à se tordre, les animaux avaient fui, les amoureux aussi. La fine pluie de cendres recouvrait peu à peu son casque de protection comme elle avait déjà recouvert son jardin chéri. Elle était une astronaute sur sa propre terre, explorant pour la dernière fois un lieu bientôt éternellement interdit aux siens.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Nady</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ode à l’Hiver,</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tu couvres parfois avec délice, de ton blanc manteau, l’infinie étendue de nature sur ton chemin ;  sur ton passage, tu ne délaisses pas pour autant le mobilier urbain et autres toitures environnantes que tu caresses délicatement en y laissant ton empreinte fraîche et ouatée.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu sais aussi venir taquiner nos frimousses découvertes quand tu laisses tomber ta neige si attendue par nos petites têtes blondes les matins de Noël.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais on ne te connait pas sous ce jour dans nos îles ensoleillées.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu y es pourtant présent au cours de l’année mais en version plus légère. Tu aimes nous y voir sortir le pull quand tes températures se mettent à afficher 25°C avec un doux vent frais qui vient survoler nos nuques et bras bronzés.</p>
<p style="text-align: justify;">Parfois tu t’y éternises un peu beaucoup dans ces petits écrins de paradis alors on t&rsquo;aide en soufflant très fort vers l&rsquo;océan pour que tu prennes ton élan.</p>
<p style="text-align: justify;">Et tel un albatros déterminé à sortir de l&rsquo;eau malgré son surpoids après des apéros répétés, tu t&rsquo;envoles à la recherche au loin d&rsquo;une nouvelle péninsule pour y déposer ta fraîcheur légendaire ; car, qu&rsquo;importe la région du monde, tu tiens toujours à manifester ta présence partout sur cette planète Terre ! Une manière à toi d&rsquo;inciter les êtres vivants à penser à se réchauffer le coeur au coin d&rsquo;un feu entourés des leurs ou en solo dans un parfait cocooning salvateur pour le corps habitué à courir et bouger. Les plantes aussi te sont reconnaissantes de cette pause hivernale qui leur permet de souffler pour encore plus nous émerveiller après un long sommeil. Les animaux ne sont pas en reste non plus et certains sont même heureux d&rsquo;arborer leurs plus belles parures sous nos yeux ébahis.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n&rsquo;y a pas de doute, tu es parfois attendu, souvent apprécié et toujours reconnu à ta juste et belle valeur !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais je n’oublie pas aussi que tu peux parfois être meurtrier ! Il y en a qui crève sous le poids de tes avalanches ! D’autres qui, sans abri pour se réchauffer, souffrent jusqu’à en mourir quelquefois tant tu peux être rigoureux ! Je me demande si la sensation de froid n’est pas pire que celle d’avoir faim ! ça te fait rire ? C’est la vie qui est ainsi me dis tu ? Tu n’y es pour rien ? Tu ne fais que suivre l’ordre du Divin ? Foutaises ! Mais en même temps, c’est vrai que tu es plus proche du Ciel et ça a dû t’aider dans ta négociation auprès du Créateur de ce Monde car je remarque une chose : toi, tu ne meurs jamais…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Jos</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lhomme qui venait d’un pays où il ne neige pas</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><u></u>Groggy par le frimas de l’hiver, l’homme regardait froidement le paysage qui s’offrait à lui et qu’il avait si souvent imaginé.</p>
<p style="text-align: justify;">Hier encore, il aurait tout donné pour se retrouver sur cette terre promise, pour être enfin libre de travailler, d’aimer, de s’exprimer et de penser. Libre de vivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Hier encore, il parlait à ses enfants de cet avenir meilleur qui leur tendait les bras, de ce pays d’Europe où l’hiver tout est blanc et lumineux, telle une mariée vêtue de ses plus beaux apparats.  Il leur promettait un paysage où la neige recouvre la terre de ses flocons scintillants et où la nature immaculée de sa blanche nudité héberge des squelettes effeuillés et cassants.</p>
<p style="text-align: justify;">Hier encore, il s’imaginait avec sa famille foulant ce tapis d’or blanc et faisant crisser ses pas avec bonheur sur le sol durci par le froid.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors un jour, empreints de cet espoir effréné de vivre et non plus de survivre, la tête débordant d’image féériques qui n’étaient que chimères, ils avaient pris la fuite sur une embarcation de fortune pour traverser la méditerranée.</p>
<p style="text-align: justify;">Et aujourd’hui il se retrouvait là, à l’endroit de ses rêves les plus fous.</p>
<p style="text-align: justify;">Vivant… mais seul.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses enfants bien aimés disparus dans les profondeurs de la mer, qui devait être salvatrice mais qui les avaient englouti, ne vivront pas sur la terre promise, ne fouleront pas la neige de leurs pieds, ne verront pas la blancheur de l’hiver.</p>
<p style="text-align: justify;">Et l’homme qui venait d’un pays où il ne neige jamais, avait aujourd’hui froid au cœur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte d&rsquo;Adèle</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à cause de ce vieux CD, que j’ai retrouvé au fond de la boite à gants, de cette chanson familière qui envahit l’espace de ma voiture, espace clos et rassurant comme un cocon, un refuge, une clairière de lumière au milieu d’une ville encombrée et indifférente.</p>
<p style="text-align: justify;">Cuir usé et vitres fermées, mélodie familière m’enveloppant toute entière et s’enroulant autour de mes muscles raidis, j’écoute et j’appréhende de ressentir toujours cette émotion, portée par la musique des mots caressants et âpres sur une harmonie de notes alanguies, et mon esprit s’envole.</p>
<p style="text-align: justify;">Chanson comme un écho lointain, un reflet du manque de toi.</p>
<p style="text-align: justify;">Une complainte, et soudain la tristesse teintée d’amertume réveille l’hippocampe flottant entre deux eaux, dans les profondeurs de mon cerveau reptilien. Accrochés à sa queue tire-bouchon, les souvenirs en banderole se déroulent sous mes yeux embués par le brouillard d’une saison nostalgie.</p>
<p style="text-align: justify;">Les tiens, je m’en souviens, étaient vert ciel et bleu océan. La couleur exacte, je l’ai aperçue un soir d’orage  dans la baie de Nice, dans la mer il y avait une bande étroite à quelques vagues du rivage, éclairée d’un rayon de soleil égaré entre deux nuages noirs, comme une île liquide et précieuse, une oasis d’émeraude dans les flots agités d’encre sombre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ta bouche, une rouge merveille, une douceur de berlingot, rose rayée de pourpre, ou de vermillon, au gré de tes artifices et de ton imagination cosmétique. Elastique et plastique, j’arrêtais de t’écouter pour la regarder se tordre, grimaces ou fou-rires, et éclater, se fendre dans la seconde en sourire, pour ensuite, pleine d’aplomb, resserrer ses lèvres et siffler comme un troufion sans vergogne.</p>
<p style="text-align: justify;">De toi j’aimais tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Tes bras fraternels –mais tu étais une sœur- enveloppant mes épaules d’allumette à deux balles de ta force brute et indocile, à nous deux le monde s’ouvrait.</p>
<p style="text-align: justify;">Ton allure fine et élancée de Tour Eiffel, comme j’aimais te surnommer, moquerie ironique et affectueuse de ta domination physique –  en vérité spirituelle &#8211; et là-haut ta tête couronnée, les soirs de vent impétueux, d’une espèce de chou (caillou ! hibou !) que tu sculptais prestement avec tes indociles cheveux clairs ramenés en chignon de fantaisie.</p>
<p style="text-align: justify;">Fantaisiste, oh oui ! , équilibriste, prestidigitatrice, tu tenais tous les rôles dans le cirque de nos vies adolescentes.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu étais le tambour-major et je suivais au rythme de ta musique, de tes folies. Accrochées au trapèze de ton imagination, nous virevoltions ensemble, les mains lâchées, aspirées par le vide mais rattrapées d’un poignet solide avant la chute et l’écrasement sur le sol des réalités banales. En quinze ans d’amitié jamais tu ne m’as fait faux bond, jamais de trahison, pas un rendez-vous manqué.</p>
<p style="text-align: justify;"> L’hiver envahit les rues, comme l’inexorable montée des eaux boueuses de mes émotions en crue, débordant de mon cerveau percé par les flèches aiguisées des sentiments perdus et de l’obsession de ton souvenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur un tapis roulant dont la blancheur éteinte m’égare, ma voiture glisse dans les rues désertes et silencieuses, abandonnées au méchant hiver, aux premiers flocons, à leur danse mortelle et glacée. Pilotage automatique. Je flotte sur la mélodie et je m’envole dans les dangereuses contrées des regrets et des remords. Attention, risque de dérapage incontrôlé !</p>
<p style="text-align: justify;">A l’entrée du parc municipal, je coupe le moteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fine couche de neige recouvre le paysage figé par le froid. Rien ne bouge. Quelques pas. Je respire et l’air glacé mord mes poumons. Dans la poitrine ça bat et ça fait mal. Celui-là, c’était le nôtre. Le quatrième banc, à côté de la poubelle, qui nous servait parfois de boite aux lettres ou de cache à nos objets délicieux autant que délictueux.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu me manques.</p>
<p style="text-align: justify;">« Dis quand reviendras-tu<br />
Quand cesseras-tu d&rsquo;être un souvenir<br />
Pour tous ceux qui t&rsquo;ont connu autrefois ? »  Yves Jamait</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://youtu.be/LvbiF1UlADY" data-saferedirecturl="https://www.google.com/url?hl=fr&amp;q=https://youtu.be/LvbiF1UlADY&amp;source=gmail&amp;ust=1475526459503000&amp;usg=AFQjCNEzqUMC2_ewYTbKwFyTdLu1XeWLzw">https://youtu.be/LvbiF1UlADY</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Claude</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Les arbres gris s’inclinaient sur le passage</p>
<p style="text-align: justify;">Il avait neigé cette nuit là</p>
<p style="text-align: justify;">Personne, pas un chat noir sur la pelouse blanche</p>
<p style="text-align: justify;">Les bruits absorbés par la magie des lieux</p>
<p style="text-align: justify;">Un photographe seul vint troubler le silence</p>
<p style="text-align: justify;">Les lointains s’estompèrent dans une douceur discrète</p>
<p style="text-align: justify;">Le noir et le blanc se marièrent</p>
<p style="text-align: justify;">On publia les bans</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Terjit : </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le dessous des cartes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Hier soir le vent est totalement tombé, le ciel qui était bleu depuis plusieurs jours s’est changé en farine et la température est restée froide mais pas plus que ça. A la tombée de la nuit, quand le parc ferme et que les enfants rentrent chez eux, mes copains les moineaux sortent des buissons pour profiter tranquillement de l’espace vidé des bipèdes. Hier soir ils ont fait un petit tour vite fait pour se dégourdir les ailes puis sont retournés se blottir en famille dans leurs nids : eux aussi ils savaient que la neige arrivait. Ici on est habitués à prévoir le temps, on est tout le temps dehors.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà, une fois de plus on avait raison, ce matin c’est tout blanc : l’allée, les pelouses, les arbres, le ciel, tout est blanc, même moi je le suis. C’est beau la neige, c’est vrai, mais c’est un peu triste pour nous, le parc est fermé et on s’ennuie quand personne ne vient s’assoir.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette année ils m’ont placé tout en haut du parc, là où il n’y a que les aires de jeux pour les enfants. Avant j’étais en bas à côté de l’entrée, et quand j’ai appris que j’allais changer de coin ça m’a fait peur mais mon voisin m’a dit qu’il avait passé cinq ans en haut, et que c’était bien mieux : il n’y avait plus les mémés qui donnent du pain aux pigeons. Dans les parcs on les aime pas trop les pigeons, ils sont sans gêne, font leur besoins partout et on dirait qu’ils ont la manie de nous viser. Si par malheur on te place sous un platane tu es sûr que personne ne te rendra visite.</p>
<p style="text-align: justify;">En plus ils m’ont mis tout au bout de l’allée, juste avant les sapins. Cela peut paraître sans importance mais c’est une place stratégique : c’est toujours le dernier banc qui est le plus utilisé. Pourquoi ? C’est simple enfin ! Quand tu es tout au bout tu es au meilleur endroit pour voir les enfants jouer sur le toboggan et surveiller le bac à sable. Et voilà ! Tout le monde vient s’assoir ici, ça ne désempli pas, même quand il pleut.</p>
<p style="text-align: justify;">Et en plus tu as une clientèle de choix : pour arriver jusqu’ici la côte est trop raide pour les mémés, tu n’as que des jeunes mamans, donc que des fesses entretenues, des cuisses élancées, des sous-vêtements de marque : ça change des mémés d’en bas&#8230; D’ailleurs en parlant des mémés, si j’osais je dénoncerais l’inventeur des Sloggi, il faut le faire soigner ce mec là ! Et ce n’est pas le pire car une Sloggi à côté des gaines c’est quasiment un string, et là je dis STOP ! C’est plus des soins qu’il faut au détraqué qui a inventé ce truc infâme mais la pendaison à la sauce Lucky Luke : « ici on pend d’abord et on pose les questions après », non mais des fois !  Excusez-moi si je m’emporte mais quand il faut supporter ça tous les jours avec les pigeons en plus… Bref, revenons en haut du parc, la vue est plus agréable. Il y a quelques hommes aussi bien sûr mais ils sont minoritaires. En plus la plupart du temps ils sont accompagnés et ni par des Sloggi ni par des gaines, si vous voyez ce que je veux dire…</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr dans tout ça on a nos préférées, nos chouchoutes. Par exemple tous les soirs de la semaine il y a cette maman qui vient à 16h35 pile, jamais une seconde d’avance ou de retard. A mon avis elle vient juste après la sortie de l’école. Elle reste là une bonne heure, toujours habillée avec des jupes colorées. Je n’ai jamais vu son visage de là où je suis, mais je la reconnais sans hésitation. Elle doit être très jolie, j’en suis sûr, et j’ai toujours été attiré par les blondes. Elle a cette manière de s’assoir comme sur un nuage, de croiser les jambes sans aucun à-coup, la droite posée sur la gauche. Quand il fait froid elle a des bas de soie, c’est dommage que ce soit devenu si rare d’en porter, c’est quand même beaucoup plus sexy que de vulgaires collants de supermarché.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a aussi cette jeune femme rousse qui vient en couple. Ils sont moins réguliers mais tout aussi adorables, ils viennent deux ou trois fois par semaine, ça dépend du temps qu’il fait. Ils sont moins délicats quand ils se posent sur moi mais je les aime aussi ceux-là. La première fois qu’ils sont venus, ils se sont assis chacun à un bout du banc, une jupe rouge et un pantalon noir. Ils sont restés un bon moment comme ça puis ils se sont rapprochés lentement jusqu’à ce que leurs cuisses se touchent. Je me suis dit qu’ils venaient surement de se rencontrer, qu’ils étaient en train de passer à des choses plus sérieuses. Quand ils sont revenus deux jours plus tard ils ont fait exactement le même manège, comme un étrange rituel qui n’appartient qu’à eux. Et à chaque fois la même chose : toujours une jupe et un pantalon, toujours l’éloignement pour commencer, toujours les cuisses qui se rapprochent. J’ai aussi remarqué que leurs fesses et leurs cuisses sont bizarrement symétriques, comme deux reproductions de la même sculpture, c’est rare chez une femme et un homme. Puis un jour j’ai vu arriver deux jupes en même temps. La jupe bleue s’est posée à un bout, la verte à l’autre bout. Je me suis dit que c’était des nouvelles qui découvraient le parc. Je n’ai pas réalisé tout de suite mais quand j’ai vu les cuisses se rapprocher, la symétrie parfaite et que j’ai reconnu la femme rousse j’ai compris qu’elles étaient là ! C’est aussi l’avantage d’être au bout de l’allée, tout en haut, c’est un endroit calme pour les amoureuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Marie Claude :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Arrivée aux bancs,<br />
C’est cinq kilomètres.<br />
Déjà?<br />
Je cours pour l’adrénaline<br />
Je cours pour les endorphines<br />
Ce soir, je cours sur de la ouate<br />
C’est magique…<br />
Je cours pour semer la mort<br />
Je cours pour entendre battre mon corps<br />
Dans mon oreille.<br />
Je lévite (presque)<br />
J’esquive<br />
Je mets de la distance entre moi et mes problèmes.<br />
Ah! Mes fameux problèmes!<br />
De lourds manteaux aux poches lestées,<br />
Des chapes,<br />
Des ponchos en granit garnis de pompons en plomb…<br />
Et moi, je suis une hase en tenue d’hiver<br />
Invisible sur cette neige fraîche<br />
Je détale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Nicole</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">Cet hiver là était plus rude que les autres.</p>
<p align="JUSTIFY">Jane salait déjà les pavés de son entrée alors que nous n&rsquo;étions qu&rsquo;à la mi-octobre. Les rues étaient désertes très tôt le soir, avec des températures qui chutaient rapidement à -10°C, voire -15°C. Seuls les renards et autres prédateurs rodaient aux alentours.</p>
<p align="JUSTIFY">Jane n&rsquo;aimait pas traîner en rentrant du travail. Elle se hâtât dans l&rsquo;entrée, ôta rapidement ses bottes et son manteau rembourré. Elle plongea ses pieds dans des chaussons molletonnés couleur marron chaud. Elle alluma un feu dans la cheminée de son salon puis alla se préparer un vin chaud, avec de la cannelle et de l&rsquo;orange. Une odeur douce et sucrée planait dans la cuisine. Un bruit sourd se fit entendre vers la porte de l&rsquo;entrée. Jane sursauta. Elle regarda à travers la vitre. Elle ne vit rien, juste le vent glacé qui déplaçait les branches du voisin. Elle mélangea la préparation et attendit quelques minutes. Puis elle se servit avec le bec verseur de la casserole. Sa tasse, ornée d&rsquo;un cerf rouge serti de boules de noël, lui réchauffa les mains. Elle alla se blottir sous une couverture au coin du feu et trempa le bout de ses lèvres dans le liquide. Il était encore brûlant. Elle le posa délicatement sur la table basse. Un bruit de craquement. Jane poussa un cri aigu qui résonna dans le silence de la maison. Les lumières du salon se mirent à clignoter une première fois, puis une seconde. Puis se fut l&rsquo;obscurité. Seule la lueur du feu éclairait faiblement le visage de Jane. Elle saisit le tisonnier d&rsquo;une main et se mit à crier d&rsquo;une voix chevrotante : « Est-ce qu&rsquo;il y a quelqu&rsquo;un ? ». La réponse ne se fit pas attendre et quelqu&rsquo;un frappa lourdement à sa porte. Jane déglutit puis avança lentement en direction de l&rsquo;entrée.</p>
<p align="JUSTIFY">« Jane, vous êtes là ? C&rsquo;est Norman. Il y a eu une coupure générale, tout va bien ? ». Jane, rassurée, posa le tisonnier à l&rsquo;angle de la porte. Son cœur battait à tout rompre dans sa cage thoracique. Elle ressentit un long frisson qui lui parcourut le bas du dos. « Ah ! Norman ! C&rsquo;est gentil d&rsquo;être venue me voir ».Elle tourna la clé dans la serrure et regarda dans entrebâillement de la porte. Elle reconnut les yeux gris clair de Norman et fit sauter le loquet. Soudain les ampoules se mirent à crépiter puis la lumière inonda le visage de son visiteur, debout sur le perron. Jane remercia Norman. Ils discutèrent quelques minutes, échangeant quelques nouvelles. Norman était au chômage technique depuis que la neige avait recouvert le chantier sur lequel il travaillait. Ils ne prêtèrent pas attention à l&rsquo;ombre furtive qui glissa le long des barrières, avant de disparaître au coin de la rue. Jane frissonna. Norman prit congé en lui donnant une boîte d&rsquo;allumettes et des bougies, en cas d&rsquo;urgence. Elle referma sa porte et déposa la boîte sur la console de l&rsquo;entrée. Elle se retourna en direction du tisonnier dressé dans l&rsquo;angle du mur. Elle hésita et esquissa un sourire. C&rsquo;est à ce moment précis que la poignée de la porte s&rsquo;abaissa d&rsquo;un coup sec. Le sang de Jane ne fit qu&rsquo;un tour. Elle se mit à courir et gravit les escaliers. Des pas lourds résonnèrent dans l&rsquo;entrée. Jane se précipita en direction de sa chambre. La silhouette déformée par un épais blouson à capuche s&rsquo;approcha rapidement. Elle n’eut pas le temps de fermer sa porte que l&rsquo;homme la saisit par les poignets et la plaqua lourdement au sol. Jane se mit à hurler puis hoqueta sous l&rsquo;effet de sa poitrine écrasée. Son agresseur lui asséna un violent coup sur la tête. Jane perdit connaissance. Ses yeux se refermèrent à jamais.</p>
<p align="JUSTIFY">Il était 7h30 quand l&rsquo;inspecteur Castillo sorti de sa voiture. Un jogger leur avait signalé la découverte d&rsquo;une main dépassant de la neige, non loin du chemin. Le parc était désert, avec ses bancs alignés et couverts de neige. «  Sale temps pour une promenade Carlos&#8230;J&rsquo;espère que tu as déjà bu ton café car ce n&rsquo;est pas très beau à voir&#8230; ». Carlos avança vers la scène du crime d&rsquo;un pas résigné, l&rsquo;estomac noué. Il connaissait bien cet endroit et jamais n&rsquo;aurait cru s&rsquo;y trouver pour le boulot. Des voix grésillaient dans le talkie accroché à sa ceinture. La nouvelle d&rsquo;un meurtre se répandait, pour la deuxième fois en dix jours.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Les textes publiés sur d&rsquo;autres sites</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1XTAdcBiGiN3SyoZN8rN5QIhfmN08wtebJcQCm_lkI04/pubhtml?gid=416746863&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="500" height="650"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/une-averse-de-soleil-tombait-sur-ce-desert-blanc-eclatant-et-glace-atelier-decriture/17257/">Une averse de soleil tombait sur ce désert blanc, éclatant et glacé (Atelier d&rsquo;écriture)</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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		<title>StarDust (Atelier d&#8217;écriture #196)</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/stardust-atelier-decriture-196/14238/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Nov 2015 04:35:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[atelier écriture]]></category>
		<category><![CDATA[écrire à partir d'une photo]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo]]></category>
		<category><![CDATA[une photo quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Vincent Héquet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jan poursuivrait sa route, quoiqu&#8217;il arrive &#8230; Il venait d&#8217;atterrir et il allait de découverte en découverte sur cette terra incognita. L&#8217;air, quoique chargé en plomb, était respirable. Il lui [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_14196" style="width: 1610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/11/DSC_1409.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-14196" class="size-full wp-image-14196" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/11/DSC_1409.jpg" alt="© Vincent Héquet" width="1600" height="1066" /></a><p id="caption-attachment-14196" class="wp-caption-text">© Vincent Héquet</p></div>
<p>Jan poursuivrait sa route, quoiqu&rsquo;il arrive &#8230;</p>
<p>Il venait d&rsquo;atterrir et il allait de découverte en découverte sur cette <em>terra incognita</em>. L&rsquo;air, quoique chargé en plomb, était respirable. Il lui suffisait de ne pas courir et de maîtriser les battements de son coeur, malgré la situation périlleuse. Il y arriverait, la force était en lui. Seul, il avançait sur cette planète désolée où des traces de vie passées rendaient la situation encore plus irréelle. Le silence était pesant, et les pas de Ian résonnaient dans l&rsquo;immensité morbide.<span id="more-14238"></span></p>
<p><i>Lupus est homo homini, non homo, quom qualis sit non novit</i></p>
<p>La citation lui revenait de ses anciennes heures de cours de latin. Il en était ainsi à chaque fois qu&rsquo;une situation de stress le submergeait. Son esprit avait alors recours instinctivement aux Anciens, à leur force de raison et de savoir. Oui, l&rsquo;Homme est un Loup pour l&rsquo;Homme :  Ian avait quitté la Terre pour échapper au Chaos, et il tombait sur cette planète qui n&rsquo;était que la préfiguration de ce qu&rsquo;allait advenir la sienne. La sentence apocalyptique s&rsquo;appliquait-elle à l&rsquo;ensemble de l&rsquo;univers ? La Vie était-elle vouée à sa perte quoiqu&rsquo;il arrive ?</p>
<p>Cette planète avait été habitée, mais ne l&rsquo;était plus. La désolation et la ruine s&rsquo;étendaient à perte de vue. Que s&rsquo;était-il passé ici ? Les signes sur les murs étaient cabalistiques : leur caractère sibyllin ressemblait davantage à des dessins qu&rsquo;à une écriture pour l&rsquo;explorateur.<br />
L&rsquo;angoisse le prit d&rsquo;un coup, par surprise.<br />
De nouveau l&rsquo;air lui manqua.<br />
Il lui fallait gérer les pulsations de son coeur, se calmer : sinon il n&rsquo;y survivrait pas, l&rsquo;air déjà venait à manquer. Mais son rythme cardiaque n&rsquo;écoutait plus la raison et son savoir. Il ne put contrôler son esprit comme il avait fait depuis qu&rsquo;il était arrivé ici. Des étoiles noires arrivèrent devant ses yeux, dansantes et ensorcelantes. Il lui suffisait de suivre leur trajectoire pour plonger dans un sommeil sans fin.<br />
La Mort allait-elle le faucher ici ?</p>
<p>C&rsquo;est alors qu&rsquo;il n&rsquo;y croyait plus, que l&rsquo;Espoir l&rsquo;avait quitté, que ses yeux tombèrent sur un petit brin d&rsquo;herbe gelé. Frêle, la pousse malmenée criait sa Douleur, sa Perte et son Chaos. Mais elle était là isolée, seule et courageuse. Elle criait et imposait sa Vie au Néant : malgré ses pieds coupés, malgré la Haine et le Chaos, elle poussait, millimètre par millimètre. Invisible à l&rsquo;oeil nu, mais bien en germination. Cela calma Ian instantanément. Non, la Mort ne surviendrait pas, pas encore, pas maintenant. Les étoiles noires partirent comme par enchantement, son coeur se stabilisa, l&rsquo;air revint. Ses sens purent se remettre petit à petit, lentement, mais de façon évidente, en alerte.</p>
<p>C&rsquo;est alors que Ian entendit un bruit imperceptible : il leva les yeux. Une forme venait d’apparaître dans son champ de vision&#8230;</p>
<p>La Vie était encore présente sur cette planète. La Mort n&rsquo;avait pas gagné. La Renaissance pouvait de ses pieds de phénix fouler le coeur des hommes et crier à l&rsquo;Univers sa Résilience.</p>
<p style="text-align: right;">© Leiloona, le 15 novembre 2015</p>
<p><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Bénédicte </strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Je suis là&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">  Emprisonné dans ma couverture de glace,je ne me sens pas au mieux je l&rsquo;avoue,mais je suis là&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">  Et faites attention où vous mettez les pieds s&rsquo;il vous plait, car je suis là&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">  Oui,d&rsquo;accord,pour l&rsquo;instant je suis minuscule, mais je suis là&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">  C&rsquo;est un moment de grand danger dans ma vie.Il suffit de si peu de choses pour m&rsquo;anéantir,même un bébé qui fait ses premiers pas pourrait y arriver.Alors que dire de ce bataillon de chaussures que je vois passer&#8230;.Heureusement,l&rsquo;<wbr />oiseau qui m&rsquo;a déposé là m&rsquo;a mis en retrait du trottoir.Sans ça je ne serais plus là pour vous parler.Ah! vous n&rsquo;entendez pas ma voix semble-t-il,personne ne s&rsquo;arrête pour me répondre,s&rsquo;enquérir de ma santé,me faire un compliment pourquoi pas,du style: »Vous avez grandi depuis hier,quel talent! »&#8230;C&rsquo;est sûr que ça me ferait plaisir.Cela m&rsquo;encouragerait aussi car je me sens un peu tout seul ici&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">   C&rsquo;est vrai quoi,nous venons au monde dans la solitude,pas de parents attentifs, pas de frères et soeurs pour s&rsquo;amuser&#8230;.Il parait qu&rsquo;il y a des endroits où ça existe,nous sommes très nombreux,comme une grande famille.Il faut lutter un peu pour faire sa place,attraper le soleil,grandir,mais ça doit être sympa&#8230;.L&rsquo;ennui,c&rsquo;est qu&rsquo;une fois déposé quelque part,je ne peux plus me déplacer.Ou alors c&rsquo;est compliqué,il faut prendre un gros morceau de sol autour de moi et me déposer dans un grand trou,sinon je peux mourir.Et même en faisant tout ça,parfois on meurt quand même&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">   Tout ça je le sais car cette connaissance est inscrite en moi&#8230;.Même si je suis tout petit pour l&rsquo;instant,je sais que je suis fait pour être grand&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">   Un jour,dans longtemps,il me poussera plein de bras qui se couvriront de feuilles que je perdrais régulièrement,mais qui reviendront.Des amoureux viendront tatouer leurs noms sur ma peau,j&rsquo;aurais des aventures avec les oiseaux,certains s&rsquo;installeront peut-être chez moi pour faire leur nid,ça me fera de la compagnie&#8230;.Ce qui me plairait le plus,c&rsquo;est qu&rsquo;un jour on installe à mes pieds ce truc sur lequel les gens s&rsquo;assoient,j&rsquo;en ai vu un pas tres loin.Là ce serait un vraie distraction&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">   Eh attention!!Tu peux aller faire pipi ailleurs quand même,je suis là moi !</p>
<p><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Le texte de Nady</span> </strong>:</p>
<p>COMME UNE PRIERE</p>
<p style="text-align: justify;">Oh Monde moderne, fait de bitume et de certitudes,</p>
<p style="text-align: justify;">Te souviens tu de moi ?</p>
<p style="text-align: justify;">Je sais, tu aimes venir te prélasser au milieu de ma verdure ou te dorer aux rayons de mon lustre solaire l’été.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la plupart du temps, penses tu à moi ? M’aimes tu vraiment ?</p>
<p style="text-align: justify;">Mine de rien tu te ballades,</p>
<p style="text-align: justify;">Dans tes rues de béton peuplées et sales.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas une partie de rigolade,</p>
<p style="text-align: justify;">Tant pis pour moi, toi tu t’évades.</p>
<p style="text-align: justify;">Ton cinéma de générosité,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour aider des vies en difficulté,</p>
<p style="text-align: justify;">Après chacune de mes colères,</p>
<p style="text-align: justify;">Me tape sur les nerfs !</p>
<p style="text-align: justify;">Est-ce que tu m’aimes ? Est-ce que tu joues ?</p>
<p style="text-align: justify;">Où vas-tu ? Je te sens tabou !</p>
<p style="text-align: justify;">Qui es tu devant moi farouche ?</p>
<p style="text-align: justify;">Et sûr de toi tu fais mouche !</p>
<p style="text-align: justify;">J’’aimerais tant que tu me donnes</p>
<p style="text-align: justify;">La considération que tu ne donnes à personne.</p>
<p style="text-align: justify;">T’est toujours trop, t’es toujours comme</p>
<p style="text-align: justify;">Si t’avais tous les droits ! Mais t’es qu’un Homme !</p>
<p style="text-align: justify;">Quand tu creuses mes terres, pilles mes océans, asphyxies mon air,</p>
<p style="text-align: justify;">Tu te crois toujours fort !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais t’as tout faux !</p>
<p style="text-align: justify;">Trop tard ou trop tôt,</p>
<p style="text-align: justify;">peut on revenir en arrière ou juste simplement peux tu changer ton comportement envers moi ?</p>
<p style="text-align: justify;">Car tu le sais mais l’oublie souvent,</p>
<p style="text-align: justify;">Moi, Dame Nature qui t’entoure, je vais mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais je reste persévérante comme cette tige qui tente de se hisser un chemin à travers ton bitume,</p>
<p style="text-align: justify;">Protégée pour combien de temps dans son de manteau de glace avant que tu ne viennes la piétiner ou l’arracher ?</p>
<p style="text-align: justify;">Je serai bientôt entre tes mains et brûle d’impatience de connaître les résultats des réunions de tes têtes pensantes dans quelques semaines à la COP21.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, je me joins à toi pour d’autres prières en ces temps tragiques dans notre belle capitale pour que tu retrouves la paix pour tous tes peuples.</p>
<p style="text-align: justify;">Ça fait beaucoup d’espoir et de rêves que je lance ainsi au Ciel à travers cette plume au risque qu’on me reproche d’être dans un monde de bisounours mais là-dessus je persiste et je signe car je préfère ce monde-là.</p>
<p><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Claude</strong></span> :</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Brrrr, j’ai froid…</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Respire fort, petit frère, ça te réchauffera… Dans quelque mois ce sera le printemps…</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Je peux même pas bouger…</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Ben non. Tu sais, il faut s’y faire. Je t’explique : nous sommes deux arbres naissants ; un oiseau a mis ses petites graines là, par hasard et nous, petites tiges fragiles, sommes obligés d’être au même endroit jusqu’à notre mort. Mais ne t’inquiète pas, d’ici-là nous allons grandir d’année en année, développer de belles branches harmonieuses, nous couvrir de feuilles. Peut-être deviendrons-nous centenaires…</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Mais l’oiseau, lui, il bouge, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Les hommes, les animaux, ils ont un gros avantage sur nous : ils peuvent se déplacer, se promener, aller chercher loin leur nourriture, migrer quand leur environnement est hostile. Nous c’est différent : végétaux nés ici, on finira ici. Mais on  aurait quand même pu mieux tomber que dans cet endroit désert, coincé au milieu de la chaussée, personne autour de nous…  C’est même un peu glauque, tu ne trouves pas ? Surtout la nuit. Mais n’aies pas peur : je suis là, à côté de toi, petit frère.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Tous les arbres sont comme nous ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Oh, non ! Un peu plus loin, il y a nos cousins qui longent l’avenue Foch. Là, c’est du luxe. Entretenus, respectés, humidifiés de temps en temps par des chihuahuas enrubannés, ils sont admirés, en vedette sur plein de photos. Ils font vendre les riches appartements de leur quartier. Tant mieux pour eux, tant pis pour nous. Le hasard de la naissance est injuste, mais c’est comme çà.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Et alors, qu’est-ce qu’on va devenir ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Même enracinés dans ce sol minéral, nous sommes libres, petit frère. Ici, personne ne viendra nous mesurer ou nous tailler. Si on tient le coup, nous deviendrons grands et puissants. Nous pousserons les dalles de bitume, nos racines serpenteront le long des trottoirs et comme pour les grands temples d’Angkor ou les ruines mayas, nous soulèverons magnifiquement les édifices abandonnés enserrés dans nos tentacules végétaux. Ce sera notre revanche sur les inégalités et l’injustice. Nous serons alors les plus forts. Et les générations humaines futures viendront nous admirer, nous photographier au même titre que les vestiges de leurs ancêtres. C’est pas génial, çà ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Oui, mais en attendant, j’ai froid…</p>
<p><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le texte de Ludo</strong></span> :</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Quand on a perdu, que le vide occupe l&rsquo;espace, quand le chagrin creuse un trou dans le ventre,</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Quand les larmes marquent des rides autour des yeux&#8230;</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Quand d&rsquo;avoir tant pleuré, le cœur devient sec et cassant, qu&rsquo;il se croit incapable d&rsquo;aimer encore, de s&rsquo;émerveiller de nouveau&#8230;</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Quand on croit que les rires ne sont que souvenirs, les sourires une illusion du passé, quand l&rsquo;espoir est une image couleur sépia&#8230;</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Quand croire est une coquille vide, espérer est un mirage&#8230;</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Quand même la peur ne peut plus rien face au vide qui habite, envahit, se répand&#8230;</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Quand les paroles rassurantes du monde autour ne font plus que résonner comme un écho qui se perd dans le néant d&rsquo;un paysage que l&rsquo;on n&rsquo;a plus la force de regarder&#8230;</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Quand l&rsquo;horreur prend le pas, l&rsquo;absurde devient loi, que plus rien n&rsquo;est digne de foi&#8230;</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Quand la haine est habitude, la différence une inquiétude&#8230;</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Alors il faut regarder le brin d&rsquo;herbe écrasé, piétiné, meurtri, fané, laissé pour mort dans le vaste froid de l&rsquo;hiver et la désolation du rien, mais qui repart à la lueur d&rsquo;un soleil renaissant.</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Il faut apprendre à s&rsquo;émerveiller de tout, du plus petit chant d&rsquo;oiseau aux plus grandes chutes d&rsquo;eau, rire de rien, sourire à tous, accepter enfin&#8230; Et s&rsquo;aimer!</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Et peut être même, que l&rsquo;on pourrait s&rsquo;aimer aujourd&rsquo;hui, sans attendre les cœurs secs comme la pierre, sans attendre le brin d&rsquo;herbe survivant des cendres fumantes d&rsquo;un monde ruiné, réduit à rien&#8230;</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">Fluctuat nec mergitur</p>
<p><strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p class="Corps" style="text-align: justify;">
<p class="Corps" style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Le texte d&rsquo;Adèle</span></strong> :</p>
<p><strong>Coupable !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">« C’est pas moi, m’sieur le Juge ! » a dit le pavé tout rond. «Quand sa tête a heurté ma pierre grise, il saignait déjà. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Quand j’ai senti son corps glisser, j’ai tenté de toutes mes forces de la retenir avec mes accoudoirs, mais elle était trop lourde. C’était déjà un corps sans vie. Je suis désolée» a expliqué la petite chaise.</p>
<p style="text-align: justify;">« J’ai bien essayé de me raidir de toutes mes fibres, s’excusa la chemise tâchée de rouge, mais je ne suis que 100% coton, contre l’acier je ne fais pas le poids. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Moi non plus », a dit la fine robe de batiste, en cachant un petit trou, juste en dessous du décolleté.</p>
<p style="text-align: justify;">« On n’a rien eu le temps de voir, expliquèrent d’une seule voix les lunettes toutes tordues, et on n’a pas le don de double vue. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Je sais bien que je sentais trop bon, dit le curry au poulet, ils ont pris le temps de me déguster alors que le leur était compté. »</p>
<p style="text-align: justify;">« Je crois que c’est ma faute, a dit le petit brin d’herbe. Ce soir, ils descendaient le boulevard, enlacés, quand ils m’ont vu au milieu du bitume. Elle a souri et a dit : « Tiens ! V’là le printemps ! ». Lui a répondu : « Il fait si doux, on pourrait dîner en terrasse ? »</p>
<p style="text-align: justify;">Une larme coula le long de sa tige et se figea en glace.</p>
<p style="text-align: justify;">« Coupable ! » cria le juge en abattant son marteau. « Et pas de commentaires. Merci. »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="Corps"> <strong> </strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p>Les liens vers les autres textes écrits à partir de la même photo :<br />
<iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1XN-dDlw4dWSIeH9ZJe7pHyZ3YOUjxbuGHc8CBxF_ME0/pubhtml?gid=981522309&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="600" height="600"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Atelier écriture #194 :une photo quelques mots</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2015 09:54:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[atelier écriture]]></category>
		<category><![CDATA[écrire à partir d'une photo]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Romaric Cazaux]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Encore une photo sur laquelle je bloque ce matin. Je ne peux que la mettre &#8230; l&#8217;évidence saute aux yeux. Mais de quelle évidence parlé-je ? A vos stylos et [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Encore une photo sur laquelle je bloque ce matin. Je ne peux que la mettre &#8230; l&rsquo;évidence saute aux yeux. Mais de quelle évidence parlé-je ?</p>
<p style="text-align: justify;">A vos stylos et clavier, les loulous &#8230;</p>
<div id="attachment_14043" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/10/13923725882_3cdf84b0ba_o-1.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-14043" class="wp-image-14043 size-full" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/10/13923725882_3cdf84b0ba_o-1.jpg" alt="13923725882_3cdf84b0ba_o (1)" width="800" height="533" /></a><p id="caption-attachment-14043" class="wp-caption-text">©<a href="https://www.flickr.com/photos/romaric-cazaux/13923725882/" target="_blank"> Romaric Cazaux</a></p></div>
<p><span id="more-14041"></span>Toutes les publications devront avoir lieu le lundi matin (ou le dimanche tard si vous préférez) &#8230;<br />
(La seul règle que j&rsquo;impose réellement &#8230;)<br />
N&rsquo;oubliez pas, si vous participez, de commenter aussi quelques textes. Le partage, toujours le partage en ligne de mire &#8230;</p>
<p><iframe src="https://docs.google.com/forms/d/1JE7U-aekrVj-ZfbVP_r_yubU6hduoX4uiPhNhoXo59k/viewform?embedded=true" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
<p><a href="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/07/une-photo-quelques-mots-atelier-décriture-en-ligne.jpg"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-13121" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/07/une-photo-quelques-mots-atelier-décriture-en-ligne.jpg" alt="une photo quelques mots atelier d'écriture en ligne" width="450" height="299" /></a></p>
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		<title>Atelier écriture 193</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/atelier-ecriture-193/13991/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2015 07:50:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[atelier écriture]]></category>
		<category><![CDATA[écrire à partir d'une photo]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle photo a été prise dans une ville que j&#8217;adore : Dinard. Une piscine d&#8217;eau de mer, pour ceux qui ne connaîtraient pas &#8230; En espérant qu&#8217;elle vous inspire [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La nouvelle photo a été prise dans une ville que j&rsquo;adore : Dinard. Une piscine d&rsquo;eau de mer, pour ceux qui ne connaîtraient pas &#8230; En espérant qu&rsquo;elle vous inspire autant que moi.</p>
<div id="attachment_13992" style="width: 730px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/10/piscine-dinard.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-13992" class="size-full wp-image-13992" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/10/piscine-dinard.jpg" alt="© maman Baobab " width="720" height="476" /></a><p id="caption-attachment-13992" class="wp-caption-text">© maman Baobab</p></div>
<p><span id="more-13991"></span>Publication des textes lundi matin (attention, je vous ai à l&rsquo;oeil &#8230;).</p>
<p>Merci à <a href="http://maman-baobab.blogspot.fr/" target="_blank">Maman Baobab</a>  pour la photographie. Filez découvrir son très joli blog jeunesse à la sauce bretonne.</p>
<p>Le formulaire qui vous permet de glisser votre lien pour lundi matin &#8230;</p>
<p><iframe src="https://docs.google.com/forms/d/1mWII1xKSM-vKB7qQHi_1mQgtcEh-zauQVnrO-KM6Nco/viewform?embedded=true" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/atelier-ecriture-193/13991/">Atelier écriture 193</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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		<title>Bientôt &#8230;</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/bientot/7366/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Apr 2013 19:54:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[écrire à partir d'une photo]]></category>
		<category><![CDATA[quelques mot]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ciel crèvera son abcès, inaltérable, impalpable, un torrent coulera alors sur les pentes et charriera sa boue salvatrice trop longtemps contenu sur la route des hommes. Rien ne subsistera. [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/bientot/7366/">Bientôt &#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2013/04/une-photo-quelques-mots-76/village/" rel="attachment wp-att-7335"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-7335" alt="village" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/04/village.jpg" width="533" height="800" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le ciel crèvera son abcès, inaltérable, impalpable, un torrent coulera alors sur les pentes et charriera sa boue salvatrice trop longtemps contenu sur la route des hommes.<br />
Rien ne subsistera.<br />
De ces fleurs sorties au printemps, de ces arbres parfois centenaires, de ces maisons bâties par des hommes irrespectueux.<br />
Rien.</p>
<p>Juste avant, le silence.</p>
<p style="text-align: justify;">Les oiseaux ont déjà senti le danger. Ils ne seront pas les premiers touchés. Leurs ailes leur permettront de ne pas tout de suite crever. Les chiens attachés à leur niche connaissent eux aussi leur sort. Une mort lente et affreuse. La boue destructrice cassera leurs pattes, elle les fera plier et gémir à terre. Elle déferlera alors sur eux, et s&rsquo;infiltrera dans leurs bronches. Ils se sentiront remplir de cette terre qu&rsquo;ils ont autrefois foulée. Elle sera en eux et ils ne formeront plus qu&rsquo;un.</p>
<p style="text-align: justify;">Les hommes, si sûrs d&rsquo;eux, si hautains, ne sentent rien. Au mieux voient-ils le ciel s&rsquo;assombrir. Un orage, sans doute ? Leur belle assurance les perdra. Ils seront surpris, penseront gagner. Mais eux aussi plieront sous la force de la nature.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette terre, une fois lavée de cette dégénérescence, fleurira de nouveau. Loin de toute vie animale, la flore reprendra ses droits. Un nouvel âge d&rsquo;or terrestre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce ciel zébré est le doigt de la colère de dieu.</p>
<p style="text-align: right;">© Leiloona, le 14 avril 2013</p>
<p style="text-align: right;">Crédits photo © Romaric Cazaux</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Le texte de Jacou : </strong></p>
<p><b>A tous les Nonos.</b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les lézards sont rentrés chez eux.</p>
<p>Les lézards, c’est le nom des habitants de ce village, connaissant le plus grand nombre d’heures d’ensoleillement du pays.</p>
<p>Aujourd’hui le soleil a perdu la partie.</p>
<p>Délaissant les travaux du jardin, les papotages sur le pas de la porte, les disputes au bistrot, les habitants se sont réfugiés dans leurs maisons.</p>
<p>Sur la place, une partie de boules inachevée ; un chat guette, puis renonce, entendant l’appel anxieux de sa maîtresse.</p>
<p>Les chiens, se prélassant d’habitude à l’ombre des platanes, quémandant les caresses, ont déserté ; préférant l’abri chez leurs maîtres.</p>
<p>Le chant des oiseaux s’est tu. On perçoit encore quelques froissements d’ailes, un couinement faible, ici et là. Dans les arbres, dont les feuilles commencent à s’agiter, la vie s’est repliée sur elle-même, observatrice inquiète.</p>
<p>Un volet claque ; la cloche de l’église sonne les heures.</p>
<p>Le silence s’est refermé sur le village.</p>
<p>Seul, est resté dehors, Nono, l’idiot du village. Nono rit, la morve lui coule du nez : « A pas peur de l’orage, moi. »</p>
<p>« Nono, rentre. » lui crie sa mère.</p>
<p>Nono rigole de plus belle : « A pas peur de l’orage, moi. »</p>
<p>Le garde-champêtre intervient : « Nono, rentre chez toi. »</p>
<p>Nono hésite, se balance d’avant en arrière ; part à toute vitesse et rentre enfin chez lui.</p>
<p>Dans la maison, la mère, rassurée, lui tend un mouchoir : « Nono mouche-toi, et va te laver la figure et les mains. Après, je vais te faire un bon quatre heures. »</p>
<p>Vingt ans, cela fait vingt années que Antoine, ce joli petit garçon, est devenu Nono, victime de la méningite. Cela fait vingt ans, que son père est parti ; parti sur un coup de colère et de désespoir. Vingt ans que Suzanne, sa mère, travaille chez les uns et les autres, pas plus riches qu’elle ; mais qui ont compris sa détresse, et veillent à lui assurer ce qu’ils peuvent de bien-être.</p>
<p>Dans sa chambre, Nono aligne les étoiles de sa collection. Déjà, tout petit, cela l’intéressait, depuis qu’il en avait trouvé une sur la plage.</p>
<p>Il continue aujourd’hui cette passion. Etoiles de mer, étoiles de shérif, étoiles d’arbres de noël, étoile des vents. Il découpe des étoiles, dans les journaux, celles qu’il dessine.</p>
<p>Il a recopié à sa façon « La nuit étoilée » de Van Gogh. Le mot étoile est le seul qu’il a appris à écrire.</p>
<p>Le soir, il reste des heures, le nez dans les étoiles. Un jour, une étoile filante est passée dans le ciel. Depuis, il espère la revoir, et qu’elle va se poser dans son village.</p>
<p>Dehors, l’orage tonne, accompagné de lueurs qui éclairent le plafond de sa chambre. Nono observe ces phénomènes, intrigué et ravi.</p>
<p>Il s’approche de la fenêtre qu’il ouvre ; les éclairs sont de plus en plus fréquents. C’est comme s’il était dans ces nuages, pense-t-il ; comme si c’était lui qui commandait cet orchestre. Braoum, claque la foudre. Des zébrures lumineuses déchirent le ciel furieux. Nono applaudit ; seul à profiter de ce spectacle grandiose.</p>
<p>Il se souvient de ce que lui racontait sa mère, lorsqu’il était petit, chaque fois que l’orage grondait.</p>
<p>Une toute petite étoile avait été tellement secouée par la tornade, qu’elle s’était détachée du firmament. Elle avait atterri dans un buisson d’épineux. Sa belle robe s’était déchirée.</p>
<p>Mille fragments avaient été éparpillés. Aujourd’hui, certains soirs d’été, des petites lumières brillent dans les buissons. Ce sont les éclats de la petite étoile.</p>
<p>Nono est sûr qu’une étoile est tombée ce soir.</p>
<p>Il doit partir à sa recherche.</p>
<p>De grosses gouttes de pluie s’écrasent au sol, faisant monter un parfum de terre chaude.</p>
<p>Les arbres retrouvent leur sérénité peu à peu.</p>
<p>Une pluie fine a succédé, que la nature boit à pleine goulée. Les rus asséchés chantent ce ruissellement inespéré.</p>
<p>Nono ne sent pas la pluie. Il connaît toutes les haies du village, tous les petits arbustes mal taillés, rabougris. La nuit, il sort souvent pour admirer les lueurs, rêver avec les étoiles.</p>
<p>La pluie s’est calmée. Nono rit, les escargots déploient leurs cornes et partent vers leurs repas. Il les observe essayant d’imaginer sa vie sous une coquille. « Oui mais, réfléchit-il, et si une poule me mange ? »</p>
<p>Nono revient à sa précédente préoccupation. Trouver une étoile.</p>
<p>Il a un peu froid, maintenant. Cela le fait tousser. Son nez ne coule pas ; c’est déjà ça.</p>
<p>Là-bas, près du château en ruines, une lumière clignote. Il dévale la pente. Glisse sur les marches de la ruelle. Se cogne la tête ; se relève. Il repart claudiquant vers cette lueur.</p>
<p>Il lui faut monter le raidillon. Il a mal aux jambes. Sa tête lui envoie de drôles de signaux.</p>
<p>Il est près du but. Il la voit son étoile, posée sur une grosse pierre, qui interdit l’entrée du château.</p>
<p>Il se sent de plus en plus fatigué. Mais il est heureux. Il a enfin son étoile.</p>
<p>Il est pressé de la montrer à sa mère. Mais que lui arrive-t-il ? Il ne peut plus avancer.</p>
<p>Tant bien que mal il s’assoit, contemple sa merveille aux mille feux ; sourit, puis s’endort.</p>
<p>Le ciel a réussi à effacer toute trace de mauvais temps. Les ampoules célestes sont rallumées.</p>
<p>Le lendemain, Suzanne n’a pas trouvé Nono dans le lit.</p>
<p>Inquiète, elle interroge les villageois. Tout le monde se met à le chercher.</p>
<p>Vers midi, quelqu’un redescend de la colline du château ; entoure Suzanne de ses bras. Il a retrouvé Nono.</p>
<p>Elle court ; elle court comme une folle vers l’endroit qu’on lui a indiqué. S’arrête, le souffle coupé et contemple son enfant.</p>
<p>Nono est assis là, sur le banc aux Lucioles. Un sourire bienheureux, posé sur son visage, dessine les traits d’Antoine, le joli petit garçon. Il serre dans sa main une étoile d’or.</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong>Le texte de Ludovic : </strong></p>
<p align="center">8 ans.</p>
<p> Il n&rsquo;avait pas vraiment décidé de partir ; après son harassante journée de travail, sans y réfléchir, il avait roulé et lorsqu&rsquo;il s&rsquo;était rendu compte de la direction qu&rsquo;il avait prise, alors il avait décidé de continuer&#8230; Il avait roulé une bonne partie de la nuit, puis s&rsquo;était arrêté dans une de ces stations d&rsquo;autoroutes à la lumière criarde, avait bu un café qui n&rsquo;avait pas suffi à vaincre le sommeil. Il avait dormi quelques heures inconfortables sur le siège arrière de sa vieille voiture. Au matin, le froid l&rsquo;avait réveillé et il avait repris sa route.</p>
<p>Elle avait planifié sa visite à ses parents depuis plusieurs semaines, avait organisé son emploi du temps en conséquence, déposé le chat chez la voisine de palier, préparé minutieusement son sac, ses vêtements de pluie qui lui permettraient de déambuler dans les rues du village malgré l&rsquo;orage annoncé et de respirer cet air humide qui sent la terre  dont elle avait tant besoin et qui lui avait tant manqué.</p>
<p>Elle avait roulé de jour, fait plusieurs pauses le long de la route, dans des petits troquets où elle avait ses habitudes à chaque voyage, l&rsquo;un pour un simple chocolat chaud, le suivant pour le repas, et le troisième pour un repos avant l&rsquo;arrivée. Si tout se passait comme prévu elle serait chez eux vers 17h.</p>
<p>Il avait monté le chauffage de sa vieille voiture , son mal de dos chronique de ces dernières semaines s&rsquo;était réveillé. Il avait roulé sans réfléchir, la radio diffusant des airs de blues usés, qui lui évitaient de trop penser. Après de longues heures pénibles, il voyait enfin le village, ou plutôt, il l&rsquo;imaginait ; le village se trouvait encore à une bonne heure de route, mais ce petit chemin sinueux ne pouvait mener nulle part ailleurs que chez lui, une sorte de chemin sans autre issue que son village. Lorsqu&rsquo;il l&#8217;empruntait, c&rsquo;était pour rentrer à la maison. Alors, même sinueuse et dangereuse, cette route avait le goût de la nostalgie de l&rsquo;enfance. Le sourire lui revint alors. Il monta la volume de la radio, alluma une cigarette, et emprunta cette route.</p>
<p>Elle arriva avec un peu d&rsquo;avance. L&rsquo;orage qui s&rsquo;annonçait rendait ce village accroché à son caillou à la fois beau et inquiétant, charmant et lugubre, rassurant et mystérieux. Elle pris le temps de sortir son vieil appareil pour le photographier.  Puisqu&rsquo;elle avait un peu de temps, elle gara la voiture à l&rsquo;entrée du village, en descendit, et décida, non sans avoir pris son parapluie de marcher un peu, d&rsquo;arriver en douceur, de profiter de ce moment secret pendant lequel personne ne savait encore qu&rsquo;elle était là.</p>
<p>Il arriva enfin devant la maison de ses parents. Chaque fois qu&rsquo;il y revenait il avait un pincement&#8230; Il savait qu&rsquo;il retrouverait tout ce qui avait fait son enfance ; la toile cirée avec ses cerises, son bol de môme à l&rsquo;effigie des supers héros, ses livres de poésie d&rsquo;adolescent, ses boites à trésors&#8230; Ses parents ne s&rsquo;étaient séparés de rien, ils avaient quitté le monde il y a 10 ans, sans jamais n&rsquo;avoir rien changé dans cette maison. Tout était à sa place comme si il était seulement sorti 10 minutes plus tôt  pour acheter des cigarettes chez le vieux Léon au bout du village.</p>
<p>Il poussa le vieux portail qui grinça, entra, et commença par ouvrir grandes les fenêtres, pour faire respirer cette maison qui sommeillait en apnée depuis si longtemps&#8230;</p>
<p>Elle remonta la grande rue ; drôle de nom pour ce petit passage, mais c&rsquo;était en fait la rue principale.  Arrivée au 10 de la rue, ses jambes se figèrent, son cœur se glaça&#8230; Elle s&rsquo;approcha et le vit  ouvrant les volets de la maison&#8230; 8 ans&#8230; Ils avaient divorcé 8 ans auparavant, un de ces divorces faciles, sans enfant, sans rien à partager&#8230; Une séparation simple, mais officielle. Ils s&rsquo;étaient quittés comme ils avaient vécu, sans concession, pleinement. Alors ils ne s&rsquo;étaient jamais revus&#8230; Depuis 8 ans, chaque fois qu&rsquo;elle était revenue ici, elle n&rsquo;avait trouvé que des volets clos.</p>
<p>Elle ne sut pas si elle devait approcher, lui parler, prendre le risque que tout s&#8217;embrase, que son cœur ne tienne&#8230; C&rsquo;était son premier amour, de ceux qu&rsquo;on n&rsquo;oublie pas et qu&rsquo;on ne remplace jamais.</p>
<p>Il l&rsquo;avait vue lui aussi&#8230; Il n&rsquo;avait pas du tout pensé à elle en venant&#8230; Et pourtant maintenant qu&rsquo;elle était là devant lui, cela lui paraissait évident. Il avait été guidé ici.</p>
<p>Il la regarda longuement, elle ne bougeait pas :</p>
<p>« Tu entres? Je t&rsquo;offre un truc vieux de 10 ans qui doit traîner dans un placard? Un alcool fort? »</p>
<p>Pour toute réponse, il entendit le grincement du vieux portail.</p>
<p>Ce soir là l&rsquo;orage gronda très fort sur le petit village, mais eux enlacés et heureux n&rsquo;en entendirent rien&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Le texte de Morgane : </strong></p>
<p align="center"><b>BOUILLIR</b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cela fait à peine 20 minutes que nous roulons sur ces routes sinueuses que déjà Agathe s’impatiente et que l’éternelle question pointe le bout de son nez :</p>
<p>« Quand est-ce qu’on arrive ? »</p>
<p>Jeanne lui répond que ça ne va pas tarder, une pointe d’agacement dans la voix.</p>
<p>Je pousse sur le son de la radio et je me concentre un peu plus sur les virages.  Nous la connaissons par cœur cette route : chaque premier dimanche de chaque mois, nous l’empruntons pour aller déjeuner chez les parents de Jeanne. Routine mensuelle … Le même trajet, le même gigot d’agneau, la même charlotte au chocolat … … Nous qui rêvions de voyages au bout du monde lorsque nous nous sommes rencontrés : Pour moi du surf au Cap Vert, pour elle des reportages photos au Viêt-Nam. On en est bien loin … Agathe est arrivée à peine nos études terminées et il a bien fallu assumer.</p>
<p>« Ronan ! Regarde ce qu’elle fait !! Dis quelque chose enfin !!! »</p>
<p>Un coup d’œil dans le rétroviseur me fait comprendre l’énervement soudain de mon épouse.</p>
<p>Je tente de répondre le plus sereinement possible :</p>
<p>« Je conduis Jeanne, je ne peux pas être partout. »</p>
<p>En réalité je meurs d’envie de lui répondre :</p>
<p>« Si tu pouvais fermer ta gueule ça me ferait des vacances !!! Si elle aime bouffer ses crottes de nez ça la regarde non ? Ça lui passera !!! »</p>
<p>Combien de temps vais-je pouvoir me contenir ? Combien de fois ma langue va-t-elle faire 7 tours dans ma bouche de peur de cracher mon venin, de balancer toutes les rancœurs que j’ai au fond de moi ?</p>
<p>Nous apercevons maintenant le village : dans 10 minutes, nous arriverons à destination et il faudra évidemment jouer le rôle du gendre modèle et écouter les idées politico-correctes de mon beau père …</p>
<p>Le ciel est bien plus nuageux que lorsque nous sommes partis. Le soleil tente de reprendre ses droits mais sera-t-il vainqueur ? Ce ciel est comme moi finalement : d’une calme apparence mais finalement menaçant.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> Et voici vos liens : </strong></p>
<p><strong>Awa 74 / Madame Bouquine : <a href="http://madamebouquine.blogspot.fr/2013/04/une-photo-quelques-mots-la-derniere-ame.html" target="_blank">La dernière âme</a></strong></p>
<p><strong>K Mill : <a href="http://laplumedilettante.wordpress.com/2013/04/13/ma-babylone/" target="_blank">Ma Babylone</a></strong></p>
<p><strong>Stéphanie : <a href="http://crealisezmoi.blog4ever.com/blog/lire-article-717325-9850339-sur_le_chemin.html" target="_blank">Sur le chemin</a></strong></p>
<p><strong>Yosha : <a href="http://yosha.over-blog.com/article-derriere-le-rideau-de-pluie-117041567.html" target="_blank">Le rideau de pluie</a></strong></p>
<p><strong>Cardamome : <a href="http://bergamotteetcardamone.over-blog.com/article-l-endroit-parfait-117089324.html" target="_blank">L&rsquo;endroit parfait</a></strong></p>
<p><strong>Mamido : <a href="http://mamido55.over-blog.com/article-le-village-perche-117114059.html" target="_blank">Le village perché</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2013/04/bientot/une-photo-quelques-mots-2/" rel="attachment wp-att-7367"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-7367" alt="une photo quelques mots" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/04/une-photo-quelques-mots1.jpg" width="500" height="333" /></a></p>
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		<title>Une photo, quelques mots (76)</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/une-photo-quelques-mots-76/7334/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 20:15:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les matriochkas ont donné des textes aux tons très différents. J&#8217;aime cette pluralité ! La photo de la semaine nous entraînera-t-elle sur des chemins variés ? © Romaric Cazaux Quelques informations [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les matriochkas ont donné des textes aux tons très différents. J&rsquo;aime cette pluralité !</p>
<p style="text-align: justify;">La photo de la semaine nous entraînera-t-elle sur des chemins variés ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2013/04/une-photo-quelques-mots-76/village/" rel="attachment wp-att-7335"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-7335" alt="village" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/04/village.jpg" width="533" height="800" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.flickr.com/photos/romaric-cazaux/7099053741/sizes/o/in/photostream/" target="_blank">© Romaric Cazaux</a></p>
<p><strong>Quelques informations sur cet atelier :</strong></p>
<p>Chaque début de semaine je publie une photo qui servira de base pour votre texte. Vous avez une semaine pour l’écrire.</p>
<p>Ni genre, ni ton imposés. Seul le plaisir d’écrire. Encore et toujours.</p>
<p>Les textes sont donc publiés chaque lundi, le matin de préférence.</p>
<p>Pour que je puisse insérer vos liens, merci de les mettre ci-dessous en commentaire, ou de les envoyer à<strong> leiloona(@)bricabook.fr</strong></p>
<address><strong>Have fun !</strong></address>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"> <a href="http://www.bricabook.fr/2013/04/licence-to/une-photo-quelques-mots/" rel="attachment wp-att-7324"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-7324" alt="une photo quelques mots" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/04/une-photo-quelques-mots.jpg" width="500" height="333" /></a></p>
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		<title>La tour de Babel</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/la-tour-de-babel/7262/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Apr 2013 04:17:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;y étais arrivée. En haut. Comme au bout de moi-même. Cette montée : un défi. Une marche, une avancée. Vers cette autre vie. Désirée souvent, terrifiante parfois. Le souffle court, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2013/04/la-tour-de-babel/3863100_orig-2/" rel="attachment wp-att-7268"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-7268" alt="3863100_orig" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/04/3863100_orig.jpg" width="1100" height="730" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;y étais arrivée.<br />
En haut.<br />
Comme au bout de moi-même.<br />
Cette montée : un défi. Une marche, une avancée. Vers cette autre vie. Désirée souvent, terrifiante parfois. Le souffle court, le coeur battant, le tourbillon m&rsquo;avait semblé sans fin.<br />
Le sommet me paraissait lointain encore :  mes yeux étaient bien en peine de voir ne serait-ce qu&rsquo;une ombre dans ce dédale de fer et de marbre. Mais j&rsquo;avançais, quitte à me perdre. Encore une fois.<br />
Ne plus réfléchir, ne pas voir autour de moi les chimères du passé, délaisser les ombres qui m&rsquo;accompagnaient encore dans cette montée. Serais-je d&rsquo;ailleurs seule un jour, sans mes démons ?<br />
Ne jamais fléchir, reprendre quelques minutes ce souffle qui peut me faire encore défaut. Et repartir. Encore, toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, là-haut, le soleil. Éblouissant. Ces silhouettes qui entravaient cette montée n&rsquo;étaient plus que des fourmis minuscules. Le vertige me prit alors. Les points d&rsquo;attache semblaient alors inexistants là haut. Allais-je tomber ? Le tourbillon recommença alors, des voix de chaque côté martelaient mon coeur de mille piques assassines.<br />
Pitié, laissez-moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Fallait-il encore combattre en cette terre promise ? N&rsquo;y aurait-il donc jamais de fin ?</p>
<p style="text-align: justify;">Me concentrer alors vers un point fixe. Lumineux. La neige sur le soleil. A mes pieds ce sol en pente mais dur, devant moi cette barrière qui m&#8217;empêcherait de tomber. Écarter alors les bras en signe de victoire, rassembler mes dernières forces pour montrer à la face du monde que mon choix est le bon. Oser, montrer mon bonheur, vivre. Enfin.</p>
<p style="text-align: justify;">Me tourner enfin et distinguer à quelques mètres un autre escalier. A ciel ouvert cette fois-ci.<br />
L&rsquo;ultime combat.</p>
<p style="text-align: justify;">Mettre alors un pied devant l&rsquo;autre, monter lentement, ne pas regarder en bas. Le faire tout de même. M&rsquo;arrêter alors, paralysée par la peur. Me coller à la paroi.<br />
Pleurer.</p>
<p style="text-align: justify;">Sentir une main, la tienne, venir d&rsquo;en haut. M&rsquo;y agripper, croire encore en cette chaleur. Ne regarder que Toi.</p>
<p style="text-align: justify;">Monter au sommet et exulter.</p>
<p style="text-align: right;">© Leiloona, le  mars 2013<br />
Crédits photo © <a href="http://romaric-cazaux.weebly.com/structures.html" target="_blank">Romaric Cazaux</a></p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Le texte de Morgane : </strong></p>
<p align="center">TOURNE</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Tourne, tourne, mes clés dans la serrure, à l’écoute de tes pas qui avalent toutes les marches qui nous séparent ; je me crois à un concert de claquettes, derniers sons avant que tu ne franchisses le seuil de ma porte.</p>
<p style="text-align: justify;">Tourne, tourne, mon cœur exalté, à l’idée de te retrouver, de me lover contre toi, là où je me sens si bien, enfin à ma place.</p>
<p style="text-align: justify;">Tourne, tourne, mes cheveux autour de tes doigts, tes mains sur moi, ta langue sur mes reins, nos corps sur le lit.</p>
<p style="text-align: justify;">Tourne, tourne, les aiguilles de ta montre, les heures volées si vite passées, il est déjà temps de me quitter, de retrouver ta vie bien rangée. Tu m’embrasses, la boule au ventre, je te cache mon regard humide.</p>
<p style="text-align: justify;">Tourne, tourne, les années, les promesses épuisées, les 25 décembre esseulée, les larmes trop versées, la rancœur qui abime les vœux de bonheur.</p>
<p style="text-align: justify;">Tourne, tourne, la roue de la vie, nos destinées déliées, chacun a pris sa route : toi tu as repris la tienne et moi j’ai décidé de vivre à la mode bohème pour t’oublier ; danser jusqu’à plus force, ne plus me poser, ne plus jamais m’attacher.</p>
<p style="text-align: justify;">Tourne, tourne, mes souvenirs vieux de 40 ans, tout au fond de ma mémoire affaiblie, ce sont malgré tout les bribes de ma vie passées près de toi qui ont la palme pour m’apaiser et me rendre heureuse, ces longues heures passées collés serrés dans ma petite chambre sous les toits. Je revois tes yeux rieurs, ta bouche pulpeuse, tes tempes grises : Moi qui ne peux plus voir autre chose que ce qui se cache derrière mes yeux à jamais éteints … Faute à l’âge dit le Docteur ; Sans doute faute à moi qui ne peut plus voir des gens heureux même en peinture, moi qui regrette depuis toutes ses années de t’avoir laissé dévaler pour la dernière fois les marches, d’avoir laissé mon bonheur s’en aller tout en bas de cet escalier.</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Le texte de Ludovic : </strong></p>
<p align="center">Il rentre&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Il a poussé la lourde porte, a franchi le seuil, et s&rsquo;est retrouvé face à cet escalier colimaçon qu&rsquo;il avait tant de fois monté&#8230; Il a entendu la lourde porte claquer derrière lui, puis il a contemplé les étages, le creux de cette spirale que forment ces escaliers qui tournent.</p>
<p style="text-align: justify;">La dernière fois, c&rsquo;était il y a 10 ans&#8230; presque jour pour jour! Il avait emprunté le chemin dans l&rsquo;autre sens, quitté l&rsquo;appartement du 3ème, descendu les marches une à une, sachant que ce serait la dernière fois. Il avait également écoute la lourde porte claquer dans son dos, mais il était alors à l&rsquo;extérieur. Il se libérait, il partait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s&rsquo;était une nouvelle fois disputé avec Elise, et cette fois avait été celle de trop.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa décision s&rsquo;était prise rapidement, il avait attrapé sa veste sur le porte manteaux, avait claqué la porte d&rsquo; entrée, avait descendu les 3 étages, sans rien voir des tapisseries qui couvraient les murs,  et n&rsquo;était jamais revenu&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"> Aujourd&rsquo;hui, il les voyait les tapisseries, et elles lui avaient manquées. Il commença à monter les marches, une à une en prenant le temps de se souvenir, de leur première visite de cet appartement, de leur emménagement, de leur traversée nocturnes et silencieuses de cet espace de vide entre les vies des habitants, lorsqu&rsquo;ils rentraient tard&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"> En quittant Elise sur ce coup de tête, en disparaissant ainsi, pendant 10 ans, il avait espéré oublier. Oublier à quel point il l&rsquo;aimait, et à quel point cette déchirure de leur couple, cette usure de la relation l&rsquo;avait fait souffrir.  Il avait assisté impuissant à l&rsquo;érosion de ce qui les avait construit, sans réussir à faire courber la trajectoire que prenait leur vie à deux&#8230; Alors il avait préféré disparaître.</p>
<p style="text-align: justify;"> Deuxième étage déjà&#8230; Ses jambes commencèrent à trembler; son cœur s&#8217;emballa; la sueur perla sur ses tempes.  Il s&rsquo;arrêta un moment,  regarda descendre un retraité et son chien, qu&rsquo;il n&rsquo;a pas reconnu&#8230; Il s&rsquo;est souvenu alors des voisins, les Legrand, ceux qui s&rsquo;étaient tant plaint de leur disputes bruyantes, des pleurs et des crises sur le palier&#8230; Ils étaient parti eux aussi; il avait vérifié la boite aux lettres en entrant.</p>
<p style="text-align: justify;"> Et voilà; il y était. Face à la porte, l&rsquo;appréhension le gagna. Comment Elise allait elle réagir en le voyant là, 10 ans après, 10 ans sans un mot, sans un signe&#8230;?</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la boite aux lettres il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;autre nom accolé au sien, cela aussi il l&rsquo;avait vérifié&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Il frappa à la porte&#8230; Elle s&rsquo;ouvrit sur le visage souriant d&rsquo;une petite fille&#8230; qui ressemblait tant à la photo des dix ans d&rsquo;Elise , celle qui trône sur la cheminée de ses parents quelque part en Normandie&#8230;  Il réfléchit vite, estima que cette fillette avait environ 10 ans&#8230; s&rsquo;aperçut  qu&rsquo;elle avait ses yeux à lui&#8230; Et entendit la petite fille dire:</p>
<p style="text-align: justify;">« -Maman, il y a un Monsieur qui pleure à la porte! »</p>
<p> <strong> </strong></p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Le poème de Jacou : </strong></p>
<p style="text-align: center;"><b>La belle ouvrage</b></p>
<p style="text-align: center;">  D’arabesques en volutes,</p>
<p style="text-align: center;">Colimaçon de pierre,</p>
<p style="text-align: center;">Tu déroules, à l’infini,</p>
<p style="text-align: center;">Ta coquille, belle ouvrage.</p>
<p style="text-align: center;">Ta parure dentelée,</p>
<p style="text-align: center;">Où restent accrochés</p>
<p style="text-align: center;">Secrets et soupirs, d’un autre âge,</p>
<p style="text-align: center;">Te donne des allures en majesté.</p>
<p style="text-align: center;">Je me plais à m’imaginer</p>
<p style="text-align: center;">Te descendant, port altier.</p>
<p style="text-align: center;">Une longue traîne m’escorte,</p>
<p style="text-align: center;">Frôlant tes marches usées.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Le texte de Mo :</strong></p>
<p>Je suis en bas et je regarde en haut. Parce que j’aime les escaliers, le dessous des escaliers, qu’un artisan consciencieux a rendu aussi beau que le dessus, plus peut-être. Tu es en haut et je voudrais que tu regarde, mais tu as fermé la porte. Tu ne regardes pas, ne regardes plus, et c’est la dernière fois que je regarde le dessous de cet escalier-là. Il faut que je m’en souvienne. Je respire encore une fois la poussière.</p>
<p>Je suis en haut et je regarde en bas. J’ai d’abord fermé la porte et ouvert mon dossier, coupé la musique trop forte que j’avais mise ce matin, pour me réveiller, pour ne pas penser, une musique trop forte pour qu’on parle vraiment. Les signes sur la page sont toujours là, rassurants. Je retourne à la porte de l’appartement et je ressors. Je regarde en bas mais tu n’y es pas, n’y es plus. Je n’entends pas le son de la porte. Aller à la fenêtre peut-être ? Je ne t’ouvrirai plus, je ne t’entendrai plus monter cet escalier-là, et je ne me souviens déjà plus du bruit de tes pas.</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Le texte de Stéphaniz</strong></p>
<p style="text-align: center;">Tomber dans le vide</p>
<p style="text-align: justify;">J’ose à peine me pencher. Cet escargot aux découpes graciles, ce puits de lumière, ce tourbillon qui m’aspire. Non. Il ne faut surtout pas s’approcher. Ne pas tenter le diable. J’ose à peine regarder, mais c’est plus fort que moi. Je me sens si triste, si lasse, si vide…  ce vide qui m’attire, irrémédiablement. Ma vie est si vide, si vide de sens, si fade et sans couleurs… Aussi grise qu’un ciel d’hiver.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon regard se trouble, mon corps se balance et soudain je bascule. La chute me paraît durer une éternité. Je vois défiler des images et des sensations reviennent. Je remonte le cours de ma vie… Cette vie sans enfant… Je devine leurs rires que je n’aurais jamais connus, je respire leurs peaux si douces que je n’aurais jamais caressées, je sens ce ventre plein de graisse… resté vide de toute vie parce que j’avais trop peur de devenir adulte et responsable.</p>
<p style="text-align: justify;">Je compte tout ce temps perdu dans des rêveries inutiles, cette vie étriquée dans ce minuscule appartement trop sombre. Une vie passée à hésiter, à choyer ma mélancolie, à ruminer tout ce que j’aurai pu faire de ma vie « <em>si seulement, si…</em> ». Encore et toujours, comme un refrain entêtant, obsédant, paralysant.</p>
<p style="text-align: justify;">Je contemple cette pile de livres autour de moi comme un rempart pour ne pas voir ce vide qui m’entoure. Ces amis de papier qui me consolent et m’aident à oublier tout ce rien, à vivre par procuration des centaines de vies qui ne seront jamais la mienne parce que je n’ai pas le courage, pas la force, pas l’envie, pas le don non plus sans doute.</p>
<p style="text-align: justify;">Je regarde cet homme qui m’accompagne depuis près de 30 ans. Cet homme qui s’est épuisé à me donner tout son amour sans jamais parvenir à remuer mes entrailles tant je rêvais d’une autre vie, d’un autre amour peut-être, d’un impossible ailleurs. Son visage est si triste aussi aujourd’hui. Si fatigué. Pourquoi lui ai-je fait porter tout le poids de ce rien qui m’habite ? Je ne l’aurais jamais aimé à sa juste valeur. Je ne l’ai d’ailleurs jamais vraiment aimé tout court en réalité. Une réalité que je n’ai jamais voulu regarder en face. Je l’ai juste gardé à mes côtés, égoïstement, comme un garde malade, parce que je ne voulais pas être seule, alors qu’une autre aurait pu le rendre heureux. Je l’ai tant fait souffrir. Je ne le méritais pas. Il ne méritait pas ça… Deux vies gâchées à panser les blessures l’un de l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sol s’approche. Je serre les dents, je ferme les yeux et je me recroqueville. J’ai peur d’avoir mal, mais il est trop tard maintenant. Ouch… mon ventre se tord, j’ai mal au cœur comme sur un navire. J’ouvre les yeux subitement. Je suis en sueur. Les enfants sont là ; ils sautent sur le lit, écrasent mon ventre de leurs petits petons, tiraillent mes cheveux de leurs gestes joyeux et désordonnés.  Ils rient, se chamaillent et nous tirent du lit avec une énergie déjà débordante. Mon mari rit avec eux, se penche vers moi et m’embrasse tendrement comme chaque matin. « <em>Alors, bien dormi ? Prête pour attaquer la journée ?</em> ». Je souris dans un bâillement, déjà épuisée mais heureuse à l’idée de tout ce qui m’attend. Je jette rapidement du coin de l’œil un regard à ce bouquin posé sur la table de chevet, commencé il y a plus de deux mois et que je désespère de terminer un jour. De toute façon, ce roman est décidément vraiment trop déprimant. Il attendra… La vie, elle, n’attend pas.</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et voici vos liens : </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Stéphanie : <a href="http://crealisezmoi.blog4ever.com/blog/lire-article-717325-9815354-6eme_etage__rue_marcel_ayme.html" target="_blank">6è étage, rue Marcel Aymé</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Yosha : <a href="http://yosha.over-blog.com/article-l-escalier-a-remonter-le-temps-116423696.html" target="_blank">L&rsquo;escalier à remonter le temps</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jean-Charles : <a href="http://hisvelles.wordpress.com/2013/04/01/lescalier-du-club" target="_blank">L&rsquo;escalier du club</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cardamone : <a href="http://bergamotteetcardamone.over-blog.com/article-une-photo-quelques-mots-la-griffe-du-chat-116650882.html" target="_blank">La griffe du chat</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://milleetunepages.canalblog.com/archives/2013/04/01/26695762.html" target="_blank">Stephie </a><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Gaëlle : <a href="http://carnet-aux-petites-choses.fr/vertige-en-colimacon/" target="_blank">Vertige en colimaçon</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lucie : <a href="http://facetiesdelucie.canalblog.com/archives/2013/04/01/26789379.html" target="_blank">Dans l&rsquo;oeil du cyclone</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cécile : <a href="http://les-lectures-de-cecile.over-blog.com/article-une-photo-quelques-mots-2-et-si-nous-etions-nes-differents-116359553.html" target="_blank">Et si nous étions nés différents.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Céline : <a href="http://celineviel.e-monsite.com/pages/ateliers-d-ecriture/le-pacte-invisible.html" target="_blank">Le pacte invisible</a></strong></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/la-tour-de-babel/7262/">La tour de Babel</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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		<title>Marelle de vie : un deux trois &#8230;</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/marelle-de-vie-un-deux-trois/7013/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Feb 2013 04:25:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un petit carreau. Le premier. Celui de notre enfance. Nos jeux insouciants, main dans la main avec toi,  soeur de coeur, double adoré. Moi la blonde, elle la brune. Un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bricabook.fr/2013/02/marelle-de-vie-un-deux-trois/robes-2/" rel="attachment wp-att-7015"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-7015" alt="robes" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/02/robes1.jpg" width="674" height="800" /></a></p>
<p>Un petit carreau.<br />
Le premier.<br />
Celui de notre enfance. Nos jeux insouciants, main dans la main avec toi,  soeur de coeur, double adoré.<br />
Moi la blonde, elle la brune.<br />
Un même chemin de vie.<br />
Une voie royale s&rsquo;ouvrait devant nous.<br />
Rires et délires.</p>
<p>Un deuxième carreau.<br />
Celui de notre adolescence. Les sorties, les interdits. L&rsquo;apprentissage de la vie. Jalousie, amitié, amour. Mais toujours ensemble. Ta main dans la mienne.<br />
Chemin rétréci, mais praticable.<br />
En route vers l&rsquo;âge de raison.</p>
<p>Un troisième carreau.<br />
L&rsquo;entrée dans l&rsquo;âge adulte. Ta disparition. Ce gouffre en moi. Mes mains tendues vers ce vide. A jamais seule.<br />
Voie sans issue, voie de garage. Une vie à recommencer.</p>
<p>Carreaux blancs.<br />
A jamais brillants par ton absence.<br />
Carreaux muets.<br />
Inutiles à consulter.</p>
<p>Que dire à part le silence ?</p>
<p>Revenir alors sur d&rsquo;autres carreaux.</p>
<p>Les colorés.<br />
Nos jeux dans la cour de récré. Une vie à imaginer, à façonner.</p>
<p>Nos robes, marelle et mosaïque de notre vie.<br />
Petits carreaux photographiques.<br />
A jamais enterrés. A jamais figés.</p>
<p style="text-align: right;">© Leiloona, le 10 février 2013</p>
<p style="text-align: right;">Crédits photo © <a href="http://www.flickr.com/photos/romaric-cazaux/7502727642/sizes/o/in/photostream/" target="_blank">Romaric Cazaux</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Le texte de Morgane : </strong></p>
<p align="center"><strong>CATHIE</strong></p>
<p style="text-align: center;"> Ma très chère Cathie,</p>
<p style="text-align: justify;">Cette semaine, je prends ma plume pour t’écrire car je ne vais pas pouvoir venir jeudi : J’ai eu beau insister auprès de mon patron sur l’importance pour moi d’être libérée le jeudi matin mais il n’a rien voulu savoir … Il n’a pas cédé … Il veut absolument que je sois là lors de la visite de ses futurs (éventuels) clients anglais. J’ai de plus en plus de mal à le supporter ! Il est aussi aimable qu’une enclume. Je me demande s’il n’avale pas un balai tous les matins au petit déjeuner …</p>
<p style="text-align: justify;">Je joins à ma lettre une photo de nous deux, enfants, retrouvée dans un tiroir d’une commode de Mamy Colette. Le vague à l’âme, nous vidons petit à petit sa maison dans le but de la mettre en vente pour couvrir les frais indécents de son placement  en maison spécialisée. Le démon Alzheimer fait de plus en plus de ravage ce qui déculpabilise (un peu) ma mère de l’avoir placé dans cet endroit triste et médicalisé. Elle redoute le jour où sa propre mère l’appellera Madame lorsqu’elle franchira le seuil de sa chambre…</p>
<p style="text-align: justify;">Te souviens-tu du jour où cette photo a été prise ? C’était lors d’une de ces fameuses soirées camping que l’on affectionnait tant. C’était toi qui avais pris l’initiative d’inventer pour l’occasion cette chorégraphie sur un tub de Claude François : « Alexandrie Alexandra » me semble-t-il …</p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens de la petite fille volontaire et rieuse que tu étais alors … J’aimerais tellement revoir briller tes yeux de milles étoiles comme à l’époque. J’aimerais tant que tu retrouves le sourire.  Je ne t’ai pas trouvé très en forme jeudi dernier et ça m’a attristé. Je voudrais tant que tu cesses de te renfermer  dans ce sentiment de culpabilité. Il ne s’agissait que de défense : C’était lui ou toi ! Si tu étais coupable, tu serais enfermée pour plus de 20 ans et non 7. Enlève-toi de la tête que c’est de ta faute ! Tu n’en pouvais plus, tu étais à bout de force, à bout de d’espoir, à bout de tout &#8230; Et la haine a pris le dessus. L’issue de votre histoire était de toute façon fatale … Ces pluies de coups ne pouvaient plus durer. Avant que tu lui ôtes la vie, il avait ôté celle de l’enfant que tu portais sous une rafale de coups de pieds… Tu aurais été la prochaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis là Cathie. J’ai toujours été là ; même quand tu m’as mise de côté pour éviter d’avoir à m’expliquer les marques sur ton visage. Je serais toujours là. Dans 4 ans, le jour de ta sortie, je t’attendrais devant cette grande porte bleue. Je tacherais de te faire goûter à une vie faite de petits riens qui forment le bonheur simple au quotidien. Plus que 4 ans et tu seras libre. Ma maison te sera grande ouverte.</p>
<p style="text-align: justify;">Je te joins également un dessin fait spécialement pour toi par Lola.</p>
<p style="text-align: justify;">Pierre pense bien fort à toi.</p>
<p style="text-align: justify;">Je t’embrasse comme je t’aime. Tu accompagnes mes pensées chaque jour.</p>
<p style="text-align: justify;">Ton amie de toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Céline</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Le texte de Jacou  :</strong></p>
<p>La vie</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Robes à carreaux</p>
<p>Sucettes et dragées multicolores</p>
<p>Deux petites filles</p>
<p>Avancent vers leur avenir</p>
<p>L&rsquo;une brune, l&rsquo;autre blonde</p>
<p>Mais qu&rsquo;importe</p>
<p>Elles sont là, elles sont bien</p>
<p>Tout le destin du monde</p>
<p>Est dans leurs mains.</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong> Et voici vos liens : </strong></p>
<p><strong>Soène : <a href="http://soene.canalblog.com/archives/2013/02/11/26339096.html" target="_blank">La vie est belle</a></strong></p>
<p><strong>K Mill : <a href="http://laplumedilettante.wordpress.com/2013/02/10/ete-1969-claudette-brigitte-plage-st-martin-des-re/" target="_blank">Été 69</a></strong></p>
<p><strong>Yosha : <a href="http://yosha.over-blog.com/article-le-fosse-115080741.html" target="_blank">Le fossé</a></strong></p>
<p><strong>Gaëlle : <a href="http://carnet-aux-petites-choses.fr/mon-tresor/" target="_blank">Mon trésor</a></strong></p>
<p><strong>Mamido : <a href="http://mamido55.over-blog.com/article-les-demoiselles-de-la-rochelle-115229563.html" target="_blank">Les demoiselles de la Rochelle</a></strong></p>
<p><strong>Cardamone : <a href="http://bergamotteetcardamone.over-blog.com/article-une-photo-quelques-mots-ensemble-115232011.html" target="_blank">Ensemble</a></strong></p>
<p><strong>Zelda : <a href="http://zeldaetloulou.wordpress.com/2013/02/11/soeurs/" target="_blank">Soeurs</a></strong></p>
<p><a href="http://espace-temps-libre.blogspot.fr/2013/02/atelier-decriture-n4.html" target="_blank"><strong>Emeralda </strong></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Une photo, quelques mots (66)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jan 2013 09:33:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fichtre, le 66ème atelier ! Va-t-on avoir des écrits marqués de la griffe du Diable ? La reprise a bel et bien eu lieu, avec son lot de réunions, copies [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Fichtre, le 66ème atelier ! Va-t-on avoir des écrits marqués de la griffe du Diable ?</p>
<p>La reprise a bel et bien eu lieu, avec son lot de réunions, copies etc &#8230; Bien du mal à courir sur tous les fronts, d&rsquo;ailleurs.</p>
<p>Mais voici la photo pour l&rsquo;atelier de lundi prochain.</p>
<p><a href="http://www.bricabook.fr/2013/01/une-photo-quelques-mots-66/couloir/" rel="attachment wp-att-6889"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6889" alt="couloir" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/01/couloir.jpg" width="799" height="533" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.flickr.com/photos/romaric-cazaux/7454759206/sizes/o/in/photostream/" target="_blank">© Romaric Cazaux</a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelques informations sur cet atelier :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Chaque début de semaine je publie une photo qui servira de base pour votre texte. Vous avez une semaine pour l’écrire.</p>
<p style="text-align: justify;">Ni genre, ni ton imposés. Seul le plaisir d’écrire. Encore et toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Les textes sont donc publiés chaque lundi, le matin de préférence.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que je puisse insérer vos liens, merci de les mettre ci-dessous en commentaire, ou de les envoyer à<strong> leiloona(@)bricabook.fr</strong></p>
<address><strong>Have fun ! </strong></address>
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		<title>Dans la nuit délétère</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/dans-la-nuit-deletere/6795/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Dec 2012 04:00:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[AKAQ]]></category>
		<category><![CDATA[atelier écriture]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la nuit délétère Les ombres s’agrandissent. Seul et n&#8217;attendant personne, Coquille vide sous les étoiles mourantes, Mon regard se perd ailleurs Loin de ce marasme qui m’annihile. Les volutes [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/dans-la-nuit-deletere/6795/">Dans la nuit délétère</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.bricabook.fr/2012/12/dans-la-nuit-deletere/thin-man-2/" rel="attachment wp-att-6796"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6796" alt="thin man" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/12/thin-man1.jpg" width="1027" height="681" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><b>Dans la nuit délétère<br />
Les ombres s’agrandissent.<br />
Seul et n&rsquo;attendant personne,<br />
Coquille vide sous les étoiles mourantes,<br />
Mon regard se perd ailleurs<br />
Loin de ce marasme qui m’annihile.</b></p>
<p style="text-align: center;"><b>Les volutes de fumée se désagrègent<br />
Et comblent le vide de mon âme morcelée. </b></p>
<p style="text-align: right;"><strong>© AKAQ</strong>, décembre 2012</p>
<p style="text-align: right;">Crédits photo <strong>© <a href="http://www.flickr.com/photos/kotimages/4160334046/sizes/l/in/set-72157605754925196/" target="_blank">Kot</a></strong></p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Le texte de Morgane : </span></strong></p>
<p align="center">José</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est sorti un instant. Pour s’aérer. Pour s’isoler. Pour fumer. Pour penser.</p>
<p>Le calme avant la tempête. La solitude avant l’effervescence.</p>
<p>Une nouvelle fois, il est rempli de regrets, de remords même. Il sait qu’il va devoir rejoindre une scène dont il n’a jamais voulu, une scène reçue en héritage. Lui qui depuis si longtemps rêve de faire carrière sur les planches.</p>
<p>Enfant également, son plus grand souhait était de vivre dans une maison sans roue, d’aller à l’école et de faire partie d’une équipe de foot. Malgré ses demandes répétées au père noël, ses nombreux vœux aux étoiles filantes, son souhait n’a jamais été exaucé. En grandissant, José a compris qu’il serait à jamais irréalisable.</p>
<p>Le poids de la famille, des traditions, de l’héritage artistique l’a toujours et encore empêché d’envoyer tout valser et de vivre sa propre vie : Louer une chambre de bonne à Paris, prendre des cours de théâtre et tenter sa chance ; Prendre enfin son destin en main !</p>
<p>José soupire. Jamais il n’osera tenir tête à son père. Jamais il ne quittera cette vie que celui-ci a décidée pour lui dès sa naissance : « De père en fils » aime-t-il répété fièrement …</p>
<p>José écrase son mégot de cigarette. Il va maintenant quitter l’isolement de son trottoir pour retrouver la caravane qui lui sert de loge. Son visage va se recouvrir peu à peu de maquillage épais, gras et blanc. Il va enfiler son costume difforme multicolore assorti de ses longues chaussures. Le célèbre et éternel nez rouge sera bien sûr ajouté à cette panoplie.</p>
<p>Dans 5 minutes, c’est à son tour. Il va sans grand entrain se présenter devant les spectateurs du cirque familial et tachera de ne pas se focaliser sur le nombre de chaises vides. Il va exécuter son numéro devant des adultes septiques accompagnés d’enfants qui ne rient plus depuis longtemps à la découverte du caleçon à poids roses d’un clown qui a égaré ses bretelles de salopette.</p>
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<p><span style="text-decoration: underline;"><strong> Le texte de Roswelette :</strong></span></p>
<p>31 décembre 2012. Le temps se consume aussi vite que ma cigarette. 2012… Une fin du monde inutile, des bonnes et des mauvaises nouvelles, des points forts, des souffrances, des errances, des instants précieux, des manquements, des rires… Bref, la vie. Tantôt si simple et magique, tantôt cruelle et étouffante.</p>
<p>Pourquoi 2013 ? Ai-je l’envie, la force ? Si je n’attends que des moments de bonheur je fais fausse route, car la vie est tout autre. Si je compte m’enfoncer dans le « pessimisme réaliste » d’une personne qui n’a plus la naïveté de ses vingt ans, autant ne pas y aller. Alors quoi ? QUOI ? Alors, puisons l’énergie d’être encore curieux, et de reconnaître dans ces toutes petites choses les beaux souvenirs de demain. Et ma foi, c’est déjà beaucoup. Suffisamment pour 2013. Fin de la cigarette.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" alt="" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif" width="50" height="50" /></a>—————————————————————————————-</strong></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong> Vos liens : </strong></span></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Cardamone : <a href="http://bergamotteetcardamone.over-blog.com/" target="_blank">Olaf sort de sa bulle</a></span></strong></p>
<p><strong>Yosha : <a href="http://yosha.over-blog.com/article-joyeux-noel-113794906.html" target="_blank">Un fantôme du passé</a></strong></p>
<p><strong>Stéphanie :<a href="http://crealisezmoi.blog4ever.com/blog/lire-article-717325-9691198-tourne_le_vent__souffle_la_vie.html" target="_blank"> Tourne le vent, souffle la vie</a></strong></p>
<p><strong>Jean-Charles : <a href="http://hisvelles.wordpress.com/2012/12/31/sans-ponctuation-je-suis-un-gars-con/" target="_blank">Je suis un gars con</a></strong></p>
<p><strong>Mamido : <a href="http://mamido55.over-blog.com/article-entr-acte-113916085.html" target="_blank">Entr&rsquo;Acte</a></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/dans-la-nuit-deletere/6795/">Dans la nuit délétère</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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