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	<title>Archives des nature - Alexandra Koszelyk</title>
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	<title>Archives des nature - Alexandra Koszelyk</title>
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		<title>I nostri antenati, Uanadji, Ecriture 301</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Apr 2018 04:00:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21658" style="width: 710px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-21658" class="size-large wp-image-21658" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2018/04/adorable-beautiful-child-573285-700x394.jpg" alt="" width="700" height="394" /><p id="caption-attachment-21658" class="wp-caption-text">© Matheus Ferreira</p></div>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est le 06 juin 1906 que Sixtine Larrivière du Bois Fleuri, ma soeur, s&rsquo;assit au milieu de nous pour la dernière fois. Je m&rsquo;en souviens comme si c&rsquo;était hier. Nous étions assis autour de la grande table de la salle à manger, la comtoise comptait laborieusement ses heures. Je me rappelle encore que le vent s&rsquo;engouffrait dans nos fenêtres. C&rsquo;était la seule musique permise chez les Larrivière du Bois Fleuri.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; J&rsquo;ai dit que je ne veux pas, et je ne veux pas, cria Sixtine, en repoussant son assiette de veau marengo.<span id="more-21696"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Jamais on n&rsquo;avait vu de désobéissance aussi grave. Père éructa qu&rsquo;elle pouvait quitter la table. Sixtine n&rsquo;eut pas un regard pour nous. Elle sortit de la maison déchaussée. Le silence m&rsquo;étouffait. Seuls ses petits pieds sur le carrelage froid, et ses cheveux défaits scandaient son dos d&rsquo;une rumeur guerrière.</p>
<p style="text-align: justify;">De loin, toujours à table, un oeil sur mes petits pois, un autre sur le jardin, je vis Sixtine arracher une brindille. Elle se retourna soudain, dos à notre bambouseraie qui faisait la fierté de père. Je vis ses lèvres marmonner. Le temps de m&rsquo;extasier sur sa chevelure qui prenait des allures de gorgone et de poser les yeux sur mère qui gémissait devant son veau, Sixtine n&rsquo;était plus là. Seul un rire cristallin s&rsquo;échappa de la verdure.</p>
<p style="text-align: justify;">Il fallut près de quarante ans pour retrouver, au retour de l&rsquo;enterrement de père, sur la table du salon, un bouquet de bambous fraîchement cueilli. C&rsquo;est seulement à ce moment-là que je compris ce que Sixtine avait marmonné le jour de son départ. Depuis, ses paroles me hantent.</p>
<p style="text-align: justify;">© Alexandra K, le dimanche 15 avril 2018</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sam</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;été 1986, j&rsquo;avais 9 ans et Caroline était ma bonne amie. Après deux mois de sécheresse, la pluie était enfin arrivée ; elle était tout excitée par cette eau abondante.<br />
Je me souviens des draps gorgés de vent qui flottaient à l&rsquo;entrée de sa ruelle comme des lèvres accueillantes. J&rsquo;y rentrais avec délectation pour jouer dans sa rue, chaude, humide et étroite comme une voie chinoise. L&rsquo;eau perlait de partout et finissait au bout de la rue, dans la bouche d&rsquo;égout. Cette entrée noire me fascinait. Des grands y descendaient mais Caroline, à cause de la saleté et par peur d&rsquo;avoir mal, refusait.<br />
J&rsquo;aimais à lui tirer les nattes tandis qu&rsquo;elle transpirait, les joues en feux, haletante prise entière dans le jeu. Moi, je profitais du 4 heures pour goûter son miel.<br />
J&rsquo;étais tellement concentré que je pouvais ressentir les spasmes des parois chaudes des immeubles; les sourdes vibrations, chants homériques des habitants exhaltés.<br />
Parfois, le vent crachait sur ses tâches de rousseur des grosses gouttes d&rsquo;eau. Cela la faisait rire.</p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;ai la nostalgie de ces moments de tendres innocences de mon enfance.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cloud</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"> Journal « Culture Infos » page 15. La chronique d&rsquo;Anne Chesnel.<br />
« Le concert à Pleyel de la jeune Clara Bruzetti le 10 avril dernier :<br />
Les cheveux dispersés comme une Vénus de Botticelli, la frimousse à faire pâlir des publicitaires de yaourts bio, elle arbore une petite robe blanche aux épaules ajourées qui indique bien que ses parents ne travaillent pas à la mine.<br />
Présumée violoniste virtuose malgré ses dix ans, elle joue Chostakovitch à la manière d&rsquo;André Rieu et a même composé quelques pièces musicales, d&rsquo;un ennui profond, qui la présentent un peu trop facilement comme une Mozart du XXIe siècle. Personne ne peut aujourd&rsquo;hui dire si le génie salzbourgeois avait un caractère aussi exécrable que Clara Bruzetti. »<br />
En relisant ma critique, je me dis que, parfois lorsque je suis jalouse, je peux vraiment être injuste.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tara</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Toi qui me regardes, me fixes dans ton objectif, toi que j&rsquo;appelle papa, tu n&rsquo;as aucune idée de qui je suis. Tu vois ta jolie petite fille rousse épanouie dans l&rsquo;herbe de l&rsquo;été. Tu ne soupçonnes pas une once de ce que je porte au fonds de moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon âme a mille ans, que dis-je mille fois mille ans peut-être, je ne sais plus, ou ne veux plus vraiment me remémorer comment mon âme a été trempée pendant ces innombrables vies au feu de la forge d&rsquo;un Vulcain cosmique.</p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;ai dû être un ange déchu, j&rsquo;ai payé ma dîme à l&rsquo;enfer. Je fus Méduse, fatale, maudite, maléfique, trahie. En tant que Morgane j&rsquo;ai maîtrisé l&rsquo;art de la magie, noire, blanche, peu importait. De fée en fée j&rsquo;ai joué des tours facétieux, protégé ou terrorisé les humains, contrôlé les éléments. Alors évidemment j&rsquo;ai été ostracisée, qualifiée de loup-garou, de vampire, ‎torturée et brûlée vive. Plus d&rsquo;une fois.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que vais-je faire de cette vie humaine à priori paisible dans une époque et un pays où ma chevelure teintée aux flammes de l&rsquo;enfer me vaudra au pire du harcèlement à l&rsquo;école ? Mon âme aguerrie à tous les feux me fait résiliente et puissante ; où me portera-t-elle encore ? Vais-je séduire et trahir les hommes faibles ? Est-ce que je pourrais accéder aux sommets de la science et de la technologie pour masquer mes pouvoirs sous des innovations renversantes ? Salutaires ou destructrices les innovations, je ne sais pas encore. Ou bien me ferai-je oublier en restant connectée à la simplicité de la nature ?</p>
<p style="text-align: justify;">Peu importe, j&rsquo;ai décidé de jouir de cette nouvelle vie, prête à en faire une opportunité quelles que soient les épreuves encore à venir.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Iza</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis l&rsquo;arbre flamboyant tel un soleil automnal, dans la verdeur du printemps<br />
Je suis les doigts-racines plongés dans la terre, engrais de mon imagination<br />
Je suis la peau blanche, marbre chaud baigné de rosée<br />
Je suis la jeunesse insouciante dans la Nature millénaire<br />
Je suis racines, tronc, feuilles, ma canopée frémissant au soleil d&rsquo;un jour nouveau<br />
Je suis née de l&rsquo;humus, des fougères, de la boue primale<br />
Je suis la païenne, l&rsquo;insoumise, la druidesse<br />
Je suis fille du cerf, sœur de la laie<br />
Je suis forêt, je suis prairie, je suis montagne<br />
Je suis sylphide, je suis oréade, je suis nymphe<br />
Je suis Déméter, Artémis, Perséphone<br />
Mais sur Tout<br />
Par-dessus Tout<br />
Au-delà de Tout<br />
Je suis à part, je suis Une, je suis MOI !</p>
<p style="text-align: justify;">(Dédié à Peter Steele&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Marie</strong> : « Maman, si on se racontait des histoires à partir des nuages du ciel… » …. Alice s’est allongée sur le dos, mains jointes sur son torse d’enfant, dans l’herbe verte, épaisse et touffue du jardin, résultat d’un arrosage régulier et salvateur par le crachin breton. Les vacances battent leur plein. « On dirait qu’il y a deux nuages qui s’embrassent, regarde…. ». Sa mère abandonne son journal quelques instants et penche la tête en arrière pour observer ce ciel qui s’assombrit « Je vois un loup, là-bas regarde bien ». Puis son regard s’attarde sur sa fille, attendrie et amusée. « Cette obsession pour les robes ! Impensable de lui passer un short. Ce matin encore, Impossible de la détourner de cet ensemble blanc archi salissant. J’ai cédé, j’avoue, comme à chaque fois. Quelle importance après tout. Cet attrait irrésistible pour les dentelles de son col et les volants de ses bretelles, c’est bien de son âge. Adorable, je reconnais, une vraie robe de mariée. » « Et cette paille immense qu’elle tient comme un cierge la nuit de Paques, qui la suit jusqu’à sa table de nuit, merveilleuse découverte enfantine des trésors du fond du jardin… » « Cette manie de pincer ses lèvres lorsqu’elle réfléchit » Stéphanie sourit, consciente de son manque d’objectivité totale sur l’enfant « Maman, tu m’écoutes ? » « Oui, ma chérie, je les vois ces nuages qui s’embrassent comme des amoureux, et toi mon loup, tu le vois ? » elle poursuit son monologue intérieur « Ce teint pâle, cette peau maculée de tâches de rousseurs, et cette chevelure épaisse, couleur feu qui s’étale dans l’herbe comme celle de la belle au bois dormant dans son sommeil, de qui les tient-elle ? En tous cas pas de moi, c’est certain. La grand-mère de Bertrand était rousse parait-il, il semblerait que ça saute des générations ». « Et cette bobine toute ronde aux joues rebondies ? Ma mère peut être. Signature de l’enfance surtout ‘un appel gourmand à de grosses bises affectueuses’ mais à la vigilance également, on entend tellement d’histoires glauques. Cet abruti de 25 ans, qui s’est approché d’elle sur la plage, prétextant quelques conseils pour améliorer son château de sable, et qui s’empressait de la prendre dans ses bras pour la féliciter de chaque invention, heureusement que Bertrand est intervenu, franchement pas net le gars « Ah oui, je le vois ce loup, un peu bizarre quand même, il a des oreilles immenses » Elle se souvient 5 ans plus tôt, de cette grossesse inattendue, qui avait été un coup de tonnerre pour elle et son mari. Mariés sur le tard, à 40 ans passés, se réjouissant simplement de vivre une rencontre unique après tant d’année de célibat, aucun d’eux n’envisageait d’enfant, chaque chose en son temps ! La question d’une Five n’avait même pas été évoquée. A 46 ans, vous pensez ! Puis cet enfant était arrivé, petit miracle, cadeau de ciel qui transforme une vie et laisse la place à une joie profonde et indescriptible. « Maman à quoi tu penses ? » « A toi mon cœur, je pense fort à toi</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fabrice</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">« Tiens, tu es… rousse ! dit Marco.<br />
— Bah, oui, comme tu vois, je suis rousse, répond Olive. C’était un genre de question ?<br />
— Euh, non je…<br />
— Oui, rousse, ça te pose un problème ?<br />
— Euh non, je…<br />
— Ce n’est pas une décision mal inspirée que j’aurais prise un beau matin, au saut du lit, levée du pied gauche ou je ne sais quoi, non, mais quelle conne, vraiment, tu parles d’une idée tordue. Rousse : sérieusement ? Yes, sir, je suis venue au monde comme ça, sans avoir rien signé au préalable, avec ce si joli (comme disait maman) nuage de taches de rousseur, qui vient à la fois souligner la beauté flamboyante (dixit papa) d’une fichue tignasse montée sur ressort, on dirait une sorcière (comme ils disaient, à la récré) et sublimer la pâleur rosâtre de ma carnation (selon le docteur Loiseau, notre vieux pervers de médecin de famille). C’est ça, si je vois le soleil, si le soleil me voit, je suis fichue, cramée sur place, avec ou sans crème et peu importe l’indice, c’est la brûlure assurée, de bas en haut, enflammée d’un seul tenant, façon Nosferatu s’étant un poil trop attardé aux premières lueurs de l’aube. Alors oui, la plupart du temps, je marche à l’ombre, je longe les murs autant que je peux, mais la tête haute, toujours, je n’ai jamais eu honte de rien, honte de moi, pour quelle raison d’abord ? Oui, je vis aussi beaucoup la nuit, forcément, CQFD comme qui dirait. Quand les gens dorment, j’aime ça, il n’y a pas de loi contre, aimer la nuit, tout est si différent, alors. Les heures n’en sont plus, je me balade dans les cimetières, j’en ai pris le pli, l’habitude, je le reconnais, je parle aux morts, ça m’est venue très tôt ce besoin. Je sais que le temps presse, je vois que tu regardes ta montre, mais je peux te le dire en confidence, rien qu’entre toi et moi, je venais d’avoir mes premières règles, oh, ne sois pas inutilement gêné, oui, Marco, nous autres femmes rousses avons également un cycle menstruel, bref, j’étais encore jeune, dix ans, c’est tôt pour de premières… allez, tiens, je t’épargne la répétition, je ne voudrais pas que tu t’évanouisses avant d’entendre la suite, ça vaut le détour. Dix ans, imagine le choc. Non, tu ne peux pas ? Reste assis quand même. Quand je me suis réveillée avec tout ce sang, sous les draps, entre mes cuisses, pas une mince affaire, reste assis, reste assis, j’ai cru que j’étais blessée, j’ai crié, crié à l’aide, maman est venue, paniquée, elle aussi, suivie de mon petit frère, c’était rock and roll, quand il a vu tout ce sang, sous les draps, entre mes cuisses, il s’est mis à tourner dans la pièce en psalmodiant, tel l’attardé mental qu’il était encore du haut de ses quatre ans, que j’avais fait pipi du sang au lit, que j’avais fait pipi du sang au lit. Maman, très prude et vieille école, m’a dit que ce n’était pas grave, que c’était normal, que ça arriverait tous les mois, à partir de tout de suite, que c’était normal, une deuxième fois, et basta, rien de plus là-dessus, et quand j’ai demandé « Pourquoi ? », maman a pris un air aussi impénétrable que les voies du Seigneur, en m’expliquant, ça tombait bien, que c’était parce que Dieu en avait décidé ainsi. Un truc planifié de longue date pour une raison obscure, je me suis dit, mais j’avais quand même de sérieux doutes. Maman avait tendance à abuser du procédé, elle nous en servait à toutes les sauces du Dieu a en voulu ainsi, je te laisse imaginer, une rengaine usée jusqu’à la corde. En plus d’être rousse, elle aussi, ce qui était la moindre de ses tares, maman est morte folle à lier comme à peu près tout le monde dans la famille, mais je m’égare, je voulais te raconter ma première conversation avec les morts, le lendemain de tu sais quoi. Je me revois d’ici, d’ailleurs je m’étais vu du dessus ce jour-là, comme si j’avais pu me tenir debout devant moi et me prendre en photo, allongée comme je l’étais dans la prairie proche du cimetière, les flammes rousses de ma chevelure démoniaque, comme un panier empli de serpents rouges et soudain renversé dans l’herbe grasse, mes yeux d’émeraude fixés au zénith, mon petit brin de paille à la… »<br />
Dring ! Posé entre les deux tasses d’expresso au milieu de la petite table étriquée, la sonnerie grinçante du petit minuteur est sans appel. Olive hausse les épaules, sourit, fixe Marco :<br />
« Déjà fini ? demande-t-il, comme s’il en redemandait.<br />
— Bah, c’est ça le speed dating, trois minutes.<br />
— Mais j’en ai pas placé une, tu…<br />
— C’est ça avec les rousses, mon vieux, un tempérament de feu. Sois sans regret, c’est toi qui a mis le feu aux poudres. Suivant ! »</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Venusia</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"> La petite princesse au teint de porcelaine</p>
<p style="text-align: justify;">Quand Alice arriva sur la scène du crime, comme à son habitude elle avait déjà enfilé sa carapace. Celle qu&rsquo;elle s&rsquo;était construite au fil des enquêtes, toujours plus solide, toujours plus épaisse. Pas d&rsquo;affects qui ne tiennent, ils auraient perturbé le travail. Ils étaient relégués aux oubliettes. Elle pouvait donc entièrement se consacrer à sa tâche : observer méticuleusement les plus infimes détails. Chacun d&rsquo;eux étant susceptible de la lancer sur la piste de l&rsquo;assassin. Le sang ne l&rsquo;impressionnait pas, les blessures non plus. Même l&rsquo;odeur des cadavres pourrissants depuis plusieurs jours ne l&rsquo;incommodait pas. Tout cela était rabattu à l&rsquo;utilité qu&rsquo;ils avaient pour l&rsquo;avancée de ses investigations. La puanteur lui permettait ainsi d&rsquo;avoir une idée aproximative de l&rsquo;heure du décès, avant même d&rsquo;obtenir les résultats du légiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les sens d&rsquo;Alice étaient tournés vers cette mission essentielle : dénicher chaque morceau du puzzle duquel surgirait le mobile et l&rsquo;auteur du crime. Elle récoltait scrupuleusement une foultitude d&rsquo;éléments disparates. Elle les emagassinait tous dans sa mémoire, même ceux qui pouvaient parraître anodins en première intention. Elle fonctionnait, depuis plusieurs années, tel un scanner qui numérise chaque affaire, pixel par pixel. A tout moment et aussi rapidement qu&rsquo;un clic de souris, elle pouvait bondir sur une piste, puis revenir en arrière, en ouvrir une autre, et ainsi de suite&#8230; jusqu&rsquo;à ce que quelques indices enfin convergent. Cela ne manquait jamais d&rsquo;arriver, si cette logique implacable était appliquée, sans y metrre de sentiments, mièvreries écouerantes selon elle. Ainsi les inidces finaissaient toujours par parler et à l&rsquo;amener jusqu&rsquo;au tueur. Ce n&rsquo;était qu&rsquo;une question de temps et de gymnastique intellectuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce jour là, Alice n&rsquo;avait pas prévu que cette petite princesse au teint de porcelaine, qui ne grandirait plus, allait entamer sa carapace. Elle avait juste senti un petit malaise inhabituel, un subtile vertige qui n&rsquo;avait pas retenu son attention. Très vite elle s&rsquo;était atelée à collecter toutes les informations : Chevelure rousse, opulente, soigneusement coiffée et mise en valeur telle la gorgone Méduse. Yeux laissés entrouvers. Corps intact comme préservé. Présence d&rsquo;un épi de blé-placé en évidence &#8211; ce n&rsquo;éatit pourtant pas la saison, l&rsquo;automne touchait presque à sa fin. Robe en dentelle neuve &#8211; confection manuelle artisanale très fine pour une robe de princesse. Présence de terre sous l&rsquo;annulaire et l&rsquo;oriculaire de la main gauche. Pas de traces de pas. Un lit de feuilles spécialement préparé pour l&rsquo;occasion. etc&#8230;. Point après point, la liste grandissait et se gravait dans l&rsquo;esprit d&rsquo;Alice. Au début sans analyse, juste des faits. La mécanique se mettait en route.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois au poste, Alice et son coéqupuier se mirent à épingler sur le tableau les premières photos des éléments importants à leur yeux: lieu, identité, horaire du décès, quelques indices triés sur le volet. C&rsquo;était surtout pour aider Grégoire. Alice, elle, avait tout dans la tête. Se tournant pour demander à son collègue de rappeler le légiste, elle fut happée par la photo qu&rsquo;il venait d&rsquo;afficher . De nouveau le vertige, plus prononcé cette fois-ci. Elle ne parvenait plus à parler comme sujette à un AVC. Les cheveux carmins de la petite venaient de sortir de la photo, de s&rsquo;allonger jusqu&rsquo;à elle, de se glisser jusqu&rsquo;à la faille de son bouclier d&rsquo;indifférence. Ils s&rsquo;y engoufraient à présent, le transperçant. Ils atteignaient son cœur, s&rsquo;enroulaient autour de lui, jusqu&rsquo;à former un lasso. Une fois bien arimé, tel un nœud coulant il se ressera et étrangla sa proie. Une douleur intense laissa Alice clouée sur place. Grégoire surpris et inquiet l&rsquo;interpellait :« Alice ! Alice? Ca va ? ».</p>
<p style="text-align: justify;">Alice se ranima brusquement lorsqu&rsquo;elle sentit la main de Grégoire sur son avant bras. Elle se reprit et fit comme si de rien n&rsquo;était : « Oui, oui, ça va. Bon, il nous faut les résultats du légiste avant midi&#8230; ». Grégoire avait compris le message et prenait le téléphone. Alice était retournée à son bureau. Elle avait beau lutter et s&rsquo;accrocher à sa méthode de travail, le venin s&rsquo;était imiscé et se répandait en elle. Celui qui vous ronge jusqu&rsquo;à l&rsquo;os, celui des émotions, celui de la culpabilité. Se superposant à la chevelure et aux éphélides de cette petite victime, Alice ne voyait plus que l&rsquo;image de sa sœur Anna. Celle qui resterait pour toujours la petite Anna, qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas pu sauver de la noyade, ce mardi 23 juin 2001. La blessure venait de se réouvrir béante.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Valérie</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"> Du haut de mes douze ans, je venais de vivre une belle expérience.</p>
<p style="text-align: justify;">En ces premiers jours d&rsquo;été, pour mon anniversaire, mon père me fit une mémorable surprise. Sans rien me dire, il me fit monter en voiture et roula plusieurs heures pour arriver enfin en bord de mer : Quiberon. Il faisait un beau soleil et j&rsquo;étais enchantée de cette chouette idée. Pour le déjeuner, papa me proposa un plateau de fruits de mer, ce qui changerait un peu de l&rsquo;habituel fast food. Nous passames un temps fou à table à tout décortiquer, crevettes, crabes, bulots&#8230;et je trouvai cela très amusant et très bon en plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Vers 14h, papa me pressa un peu car nous avions rendez-vous sur Belle-île et devions prendre le bateau. Arrivés sur l&rsquo;île après 45 minutes sur une mer calme, papa me dirigea vers un phare rouge à l&rsquo;entrée du port Le Palais, sur la cale Bonnelle. Un monsieur vint vers nous et j&rsquo;appris enfin quelle était ma surprise : papa m&rsquo;avait réservé un baptème de plonger. J&rsquo;étais super contente mais en même temps un peu angoissée. J&rsquo;aime bien me baigner mais j&rsquo;appréhende un peu de voir ce qu&rsquo;il y a sous mes pieds, je ne m&rsquo;éloigne jamais trop du bord d&rsquo;ailleurs. Alors là&#8230; Le monsieur qui s&rsquo;appelait Jacques me tendit une combinaison. Ce fut la première épreuve : réussir à me glisser dans cet acoutrement cahoutchouteux, froid et humide&#8230; Je fis en sorte de ne pas montrer mon désagrément mais je pris sur moi. Une fois prête, Jacques nous expliqua comment aller se passer la séance, ce qu&rsquo;il faudrait faire une fois sous l&rsquo;eau, combien de temps nous resterions et ce que nous allions pouvoir voir.</p>
<p style="text-align: justify;">Jacques était bien loin de la vérité quand il nous dit que cette sortie serait magnifique. Après quelques kilomètres de zodiac, l&rsquo;heure de plonger arriva. Jacques nous équipa, réexliqua rapidement les consignes et lança le départ.</p>
<p style="text-align: justify;">A peine avions nous plongé, qu&rsquo;une ambiance surréaliste s&rsquo;offrit à nous. Des anémones colorées et des éponges tapissaient les roches. On se serait cru dans un jardin japonais. Dans les failles se cachaient des poissons. Nous vïmes mêmes des tourteaux, les cousins de celui que nous avions dans notre assiette au repas du midi. L&rsquo;exploration était vraiment sublime mais laissa un petit goût de trop peu. Le moment de remonter arriva bien vite.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est un sourire jusqu&rsquo;aux oreilles que vit papa sur mon visage quand j&rsquo;enlevai mon masque. C&rsquo;était vraiment super.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous finîmes l&rsquo;après midi dans un parc allongés sous les derniers rayons de soleil de cette belle journée. Je crois bien que je devais imiter un poisson quand papa prit cette photo que j&rsquo;aime beaucoup : On dirait une tête de bar perdu dans les algues &#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.100000023841858&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Terjit</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Quand le médecin de campagne arriva à 23h il était déjà trop tard. Après le repas Sœur Elisabeth s’était inquiétée de voir Brindille être la première à se mettre sous les couvertures. C’était étrange : elle n’avait ni température ni pâleur, mais était tellement amorphe qu’elle n’arrivait pas à parler. Le temps de lui dire de ne pas s’inquiéter et que le médecin allait venir la voir, son corps s’était arrêté aussi brusquement qu’une bougie soufflée. Brindille n’était plus, ou du moins elle avait décidé de ne plus être. Le médecin rédigea le certificat de décès avec la mention « mort naturelle inexplicable, aucun signe clinique particulier ».</p>
<p style="text-align: justify;">Sœur Elisabeth était la seule à savoir que ce qui ressemblait à une mort incompréhensible n’était que l’expression de son absolue liberté. Brindille avait été capable de surmonter la naissance sous X, d’apprivoiser l’orphelinat, de s’inventer 10 vies en une, de s’extraire de ses fardeaux, de ne regarder qu’en avant. En l’espace de 12 ans elle avait si bien apprivoisé la liberté qu’elle était devenue maîtresse de sa vie et de sa mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement elle était simplement partie comme elle était arrivée, à la vitesse de l’éclair. La vie en elle fut célébrée en la déposant sur un lit de feuilles fraiches. Ses yeux mi-clos rappelaient à chacun combien son regard était perçant, même au-delà de la mort, et ses cheveux étalés montraient la dimension céleste de son aura. Le médecin avait bien tenté de décrisper la bouche mais Sœur Elisabeth l’arrêta en lui disant que c’était inutile parce qu’elle avait déjà tout dit. Dans un dernier geste d’amour elle posa la main gauche sur la droite pour y glisser une petite brindille ramassée sous le grand noyer qui était finalement son seul confident.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui on peut encore voir sur sa tombe cette phrase gravée dans la pierre : « Au revoir Brindille, ne nous oublie pas ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les textes publiés sur d&rsquo;autres blogs</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/e/2PACX-1vQlNM2Vv_hvQqaIF_gdPHEmjbRtu5sI0B4bxUFYkwcXTGQJrcff-Cn5FS9VDx2SwKCIyCNdBkSyNooW/pubhtml?gid=1136929403&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="500" height="650"><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/i-nostri-antenati-uanadji-ecriture-301/21696/">I nostri antenati, Uanadji, Ecriture 301</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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		<title>Atelier d&#8217;écriture n°298</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Mar 2018 10:10:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[saut]]></category>
		<category><![CDATA[soleil]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle photographie ! Exceptionnellement les textes de l&#8217;atelier d&#8217;écriture seront publiés le mardi 20 mars ! Le formulaire à remplir pour ceux qui publient leur texte sur leur site [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La nouvelle photographie ! Exceptionnellement les textes de l&rsquo;atelier d&rsquo;écriture seront publiés<strong> le mardi 20 mars</strong> !</p>
<div id="attachment_21467" style="width: 935px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-21467" class="size-full wp-image-21467" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2018/03/man-jumping-fence-by-field_925x.jpg" alt="" width="925" height="617" /><p id="caption-attachment-21467" class="wp-caption-text">© Brodie Vissers</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-21466"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le formulaire à remplir pour ceux qui publient leur texte sur leur site :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSe6iKGqXhi7eNvnUkVqgGuijijH4dbwKCBQZ-mSM5blm5HYHQ/viewform?embedded=true" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
<p style="text-align: justify;">A mardi !</p>
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		<title>Atelier d&#8217;écriture n°296</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/atelier-ecriture-n296/21383/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Feb 2018 09:55:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[bourgeon]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Et voici la nouvelle photographie ! L&#8217;atelier prend des vacances : les textes seront publiés le lundi 5 mars. Vous aurez le temps de profiter du soleil qui revient timidement [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/atelier-ecriture-n296/21383/">Atelier d&rsquo;écriture n°296</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-21384" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2018/02/ecriture.jpg" alt="" width="540" height="720" /></p>
<p style="text-align: justify;">Et voici la nouvelle photographie !<br />
L&rsquo;atelier prend des vacances : les textes seront publiés<strong> le lundi 5 mars.</strong> Vous aurez le temps de profiter du soleil qui revient timidement (derrière les carreaux).<span id="more-21383"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le formulaire à remplir, si, et uniquement si, vous publiez votre texte sur un autre blog :</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSch7bhYfR2IKCZbxb_9rC9f4P9CVtRd-spACiNrwO_QHDaMXA/viewform?embedded=true" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6297" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/09/une-photo-qqes-mots1.jpg" alt="" width="150" height="100" /></p>
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		<title>Atelier d&#8217;écriture 293</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Jan 2018 10:43:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[abandon]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[caroline morant]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[péniche]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[rouille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand je demande à mon fils de choisir une photo pour l&#8217;atelier d&#8217;écriture, il me pointe du doigt celle-ci ! Ah ah, les chiens ne font pas des chats ! [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/atelier-decriture-293/21235/">Atelier d&rsquo;écriture 293</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Quand je demande à mon fils de choisir une photo pour l&rsquo;atelier d&rsquo;écriture, il me pointe du doigt celle-ci ! Ah ah, les chiens ne font pas des chats !</p>
<p style="text-align: justify;"><img decoding="async" class="aligncenter size-large wp-image-21236" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2018/01/Abandon-700x467.jpg" alt="" width="700" height="467" /></p>
<p style="text-align: justify;">La photo est signée <a href="http://www.caroline-morant.com/portfolio/" target="_blank" rel="noopener">Caroline Morant</a>. Merci à elle.</p>
<p style="text-align: justify;">A lundi.<span id="more-21235"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSe0B2rKeyn6j8CplfiGK_c0QMq39jTsEve8v_itor0CWaRKFg/viewform?embedded=true" width="760" height="500" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0">Chargement en cours&#8230;</iframe></p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/atelier-decriture-293/21235/">Atelier d&rsquo;écriture 293</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
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		<title>Рудий ліс, Ecriture en atelier n°247</title>
		<link>https://alexandrakoszelyk.com/%d1%80%d1%83%d0%b4%d0%b8%d0%b9-%d0%bb%d1%96%d1%81-ecriture-en-atelier-n247/18356/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jan 2017 03:22:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Une photo, quelques mots]]></category>
		<category><![CDATA[Anselme]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
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		<category><![CDATA[métamorphose]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[renaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chante, chante ma plaine, ma terre, mon âme, ouvre tes plaies de sulfure chthoniennes, et déverse tes larmes ambrées dans le calice verdâtre de cette herbe irisée. Combien de fois ai-je foulé [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://alexandrakoszelyk.com/%d1%80%d1%83%d0%b4%d0%b8%d0%b9-%d0%bb%d1%96%d1%81-ecriture-en-atelier-n247/18356/">Рудий ліс, Ecriture en atelier n°247</a> est apparu en premier sur <a href="https://alexandrakoszelyk.com">Alexandra Koszelyk</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_18314" style="width: 1031px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-18314" class="size-full wp-image-18314" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2016/12/brume-anselme.jpg" alt="" width="1021" height="1101" /><p id="caption-attachment-18314" class="wp-caption-text">© Anselme</p></div>
<p style="text-align: justify;">Chante, chante ma plaine, ma terre, mon âme, ouvre tes plaies de sulfure chthoniennes, et déverse tes larmes ambrées dans le calice verdâtre de cette herbe irisée. Combien de fois ai-je foulé de mes pieds d&rsquo;ours cette parcelle qu&rsquo;acheta jadis mon père ? Jusqu&rsquo;où ai-je enfoncé la corne de mes sabots dans ton antre bénie ? Là, tout contre l&rsquo;écorce rugueuse de cet arbre, combien d&rsquo;amour ai-je donné à Ludmilla ? Aujourd&rsquo;hui, une courbure encore invisible a vu le jour.<br />
De cette herbe il ne restera rien.<span id="more-18356"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Il est temps, maintenant, de montrer aux hommes ton véritable visage. Secoue-les de tes doigts de dentelle noire, frappe leur cou saillant de tes banderilles, et assomme-les de ton sceptre souverain : bientôt un trône inouï verra le jour. Débarrassée d&rsquo;une imposture qui n&rsquo;a que trop duré, calcinée par un souffle actinifère, une forêt rousse s&rsquo;élèvera, et des pins nus et noirs prendront racine comme une armée de cent hommes.</p>
<p style="text-align: justify;">Je serai pour un temps encore celui qui trace de mes mains charrue ta terre nacrée.  Je me tiendrai droit et honorerai tes oripeaux étincelants. Puis, l&rsquo;une après l&rsquo;autre, les particules de mon corps déliquescent tomberont en gouttelettes dans les sillons de ton tchernoziom et formeront de façon éparse un nouvel âge d&rsquo;or où l&rsquo;homme sera le grand absent.</p>
<p style="text-align: justify;">©Alexandra K, le 1er janvier 2017</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Bénédicte</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Il fait froid. Vraiment. Nous inspirons des lambeaux de brume et expirons des nuages. Le sol crisse sous nos pas. Nous sommes bien couverts, si bien qu&rsquo;il en devient même compliqué de s&#8217;embrasser. Ce n&rsquo;est pas grave, ce sera pour tout à l&rsquo;heure quand nous serons rentrés à la maison&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Cette maison, qui semble au bord du bout du monde, tournée vers cet infini de campagne, est en fait adossée au village. C&rsquo;est l&rsquo;aspect magique de cet endroit. Si nous étions sortis de l&rsquo;autre côté, nous aurions déjà salué une quinzaine de personnes à qui il aurait été impensable de ne pas te présenter. Mes grands-parents vivent ici toute l&rsquo;année depuis qu&rsquo;ils ont arrêté de travailler. Je ne suis pas certaine que mon père et ma mère fassent la même chose, ils sont pour le moment extrêmement citadins. Comme toi mon amour. Mais moi je m&rsquo;y sens vraiment bien, j&rsquo;y ai passé d&rsquo;innombrables vacances et j&rsquo;ai des souvenirs plein les poches&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand tu es rentré des Etats-Unis, nous avons eu un peu de mal à nous retrouver&#8230;.Après les premiers jours traversés au plus vite dans une sorte d&rsquo;apnée émotionnelle, mon penchant naturel pour la solitude a refait surface. Le monde autour de moi a retrouvé sa densité, j&rsquo;ai reconstitué ma réserve de livres, mis dans le réfrigérateur des trucs que tu n&rsquo;aimes pas, comme le jus d&rsquo;orange avec pulpe du matin, les harengs fumés qui puent et le sorbet citron avec des petits morceaux de zeste qui restent entre les dents. J&rsquo;ai fait une orgie de films japonais, ceux où tu t&rsquo;endors sur mon épaule, et j&rsquo;ai redécouvert le fait que la vie est autre chose qu&rsquo;un désert à parcourir sans fin quand tu n&rsquo;es pas là&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Du coup, lorsque tu m&rsquo;as prise dans tes bras à l&rsquo;aéroport, je n&rsquo;y ai pas retrouvé immédiatement ma place. Je me suis sentie gauche, maladroite, étourdie par ce chien fou qui envahissait ma bulle. L&rsquo;appartement m&rsquo;a soudainement semblé minuscule. Tu n&rsquo;arrêtais pas de le parcourir à grandes enjambées en semant des affaires partout, tu parlais beaucoup, des paillettes de New-york plein les yeux. Tu me déposais en passant des bisous dans le cou, et moi j&rsquo;essayais de rassembler en un seul morceau tous mes sentiments éparpillés. J&rsquo;ai compris que tu avais senti ma raideur, ma timidité tout à l&rsquo;heure, et qu&rsquo;avec l&rsquo;intelligence qui te caractérise tu me laissais mine de rien le temps de déplier doucement mes pétales. Et tu as eu raison d&rsquo;attendre&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui en t&#8217;emmenant ici, c&rsquo;est de mon territoire que je te fais cadeau. Cela t&rsquo;aidera peut-être à mieux comprendre la sauvageonne que je suis&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Nady</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière la brume matinale,</p>
<p style="text-align: justify;">Ou le crachin de Bretagne de ces jours là…</p>
<p style="text-align: justify;">Sous les rayons d’un soleil éclatant,</p>
<p style="text-align: justify;">Ou le poids des flocons de neige tombant,</p>
<p style="text-align: justify;">Tu te dresses toujours là.</p>
<p style="text-align: justify;">Fier et droit la plupart du temps,</p>
<p style="text-align: justify;">Fort, souvent, pleureur, parfois,</p>
<p style="text-align: justify;">Tu nous déclines toujours dès les premiers regards ta véritable identité.</p>
<p style="text-align: justify;">Tes racines sont souvent profondes,</p>
<p style="text-align: justify;">Saines si l’on te retrouve à toutes les saisons,</p>
<p style="text-align: justify;">Longues et bien protégées par la mère Terre.</p>
<p style="text-align: justify;">Tes branches, elles, s’élancent, telles des œuvres d’Art, vers le père Ciel.</p>
<p style="text-align: justify;">Tel un danseur prêt à s’élancer sur la scène,</p>
<p style="text-align: justify;">la connexion est ainsi parfaite entre ces deux univers.</p>
<p style="text-align: justify;">Il t’arrive aussi dans certaines régions du monde où il fait souvent beau,</p>
<p style="text-align: justify;">de déployer tes branches à l’horizontal pour nous protéger de ton ombre quand il fait chaud,</p>
<p style="text-align: justify;">mais là on aime aussi te photographier car tu es super beau.</p>
<p style="text-align: justify;">A chaque fois tu es toujours différent : une originalité par ci, comme le fait de pencher sur ce cliché, pour montrer que tu sais occuper l’espace,</p>
<p style="text-align: justify;">Un tronc imposant par là pour prendre place.</p>
<p style="text-align: justify;">Oh, ne t’inquiète pas, ce ne sont pas là des reproches !</p>
<p style="text-align: justify;">Car tu n’imposes pas ta présence avec brutalité, indécence et vulgarité.</p>
<p style="text-align: justify;">Non, tu sais être là et te laisser admirer tant que la folie des hommes ne décide pas de t’abattre et te remplacer,</p>
<p style="text-align: justify;">Par du béton, des routes ou des parcs touristiques sur des surfaces illimitées.</p>
<p style="text-align: justify;">Ton feuillage renait à chaque printemps,</p>
<p style="text-align: justify;">Il se fait dorer la pilule l’été et marque sa fin de vie en tombant sur les dernières notes de l’automne.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais toi, tu es toujours là et prêt à hiberner tout l’hiver grâce à la sève chaude qui coule dans tes veines tout le long de ton tronc.</p>
<p style="text-align: justify;">Ton tronc…. Dois je m’appesantir sur cette partie de toi que j’adore, surtout quand il est imposant et large ?</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toi, pas besoin de fessiers bien rebondis</p>
<p style="text-align: justify;">Dans un boxer moulé bien sexy,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que j’accours t’enlacer</p>
<p style="text-align: justify;">De mes bras et y puiser plein d’énergie !</p>
<p style="text-align: justify;">Et quand mes bras ne suffisent pas pour te contourner,</p>
<p style="text-align: justify;">Ma garde rapprochée se plait à unir ses mains aux miennes pour t’embrasser tout entier !</p>
<p style="text-align: justify;">J’arrête là ma déclaration insensée,</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ne pas te gêner.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais sache une chose : qu’importe la région du monde où je te vois, je ne me lasse jamais de te repérer et t’analyser dans ton ensemble et tes subtilités.</p>
<p style="text-align: justify;">Arbre du monde, tu es symbole de la vie qui passe ici bas, peuplée de l’Humanité dont je fais partie pour une durée pas vraiment indéterminée.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Manue</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">C’était comme si le jour soudain se levait.</p>
<p style="text-align: justify;">C’était comme si les larmes ne couleraient plus que de bonheur.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme si désormais un autre monde surgissait au milieu des brumes.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, ce jour-là, en regardant cet arbre du fond de son lit, elle se demanda si d’aventure elle ne deviendrait pas ermite et ne se construirait pas une cabane dans ses branches, histoire d’oublier que la peine est sans fin, que l’amour fait souffrir puisque l’autre peut mourir en la laissant toute seule et que, pour couronner le tout, la Terre ne tourne plus rond, bien que Foucault, son pendule et les forces d&rsquo;attraction des étoiles disent le contraire. De toute façon c’est à peine si elle a compris l’explication du guide, et si ça se trouve Foucault et lui se trompent complètement. Et si la planète vivait sa vie au milieu de la galaxie sans se soucier des bipèdes qui l’habitent, la pillent et se massacrent entre eux sans voir l’essentiel ?</p>
<p style="text-align: justify;">Bref. Elle se disait que si elle ne se préoccupait de personne, si sa seule joie était de voir les feuilles pousser et les fleurs s’épanouir, son existence serait plus simple. De temps en temps, un oiseau se poserait près d’elle, à l’occasion une vache viendrait ruminer près de son tronc et les araignées seraient ses copines. Mouarf … non … hypothèse non valide … La belle perspective de devenir ermite au milieu de la nature s’éloignait pour cause de cohabitation impossible.</p>
<p style="text-align: justify;">Lui restait la possibilité de s’enfouir sous la couette et d’attendre. Mais attendre quoi ? Que les personnes qu’elle aime soient éternelles ? Mouais … Que Merlin trouve le bon élixir ? Il cherche, il cherche, mais c’est le bordel dans son laboratoire … ! Que les hommes deviennent moins bêtes ? Bof. Passons. Que son fils trouve son paquet de céréales ET son bol ET le lait sans avoir besoin d’aide ? Impossible … Il allait falloir qu’elle se lève. Et briser son vœu d’ermite sous couette.</p>
<p style="text-align: justify;">Bon. Il ne lui restait donc plus qu’à accepter la réalité et ouvrir les yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">C’était une belle journée pour redécouvrir le monde alors que la brume se levait et que le soleil s’obstinait à vouloir percer. Un instant suspendu. En ouvrant son cœur, elle pouvait presque voir des lutins danser autour de son arbre c’est dire ! Note au lecteur manquant de poésie, ou d’imagination face à ce paysage campagnard : imagine dans ta tête Christophe Colomb découvrant l’Amérique, le brouillard se lève, un oiseau apparaît dans le ciel, la musique symphonique démarre et la terre promise apparaît, mille fois rêvée, si souvent espérée, … voilà … rouvre les yeux lecteur et imagine la, elle, sortant ébouriffée de la couette, les larmes encore à peine sèches et regardant par la fenêtre. Les rires fusaient dans la maison. Les réseaux sociaux s’agitaient. Les uns et les autres étaient là, tout proches ou lointains. Ils l’aimaient comme elle les aime. Le jour se levait enfin pour elle. Le bonheur serait-il si intense si la peine n’existait pas ? Un rayon de soleil réchauffait son cœur. Nul doute qu’aimer est dangereux, mais vivre à côté des araignées, seule, terriblement seule, aussi, encore plus (non ?). Et, laissant là ses projets d’ermite, elle décida de vivre.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Valérie</strong> :</p>
<p style="text-align: justify;">Qu&rsquo;il est triste aujourd&rsquo;hui le terrain de jeu de mes vacances d&rsquo;enfants. Mon rire y a raisonné plus d&rsquo;une fois pourtant.</p>
<p style="text-align: justify;">J&rsquo;adorais venir dans ces immenses prairies avec Maurice, le voisin de mes grands-parents. Il avait des vaches et quand je quittais ma banlieue pour les vacances j&rsquo;aimais partir avec lui et ses bêtes. Il était un peu bougon Maurice mais la vie n&rsquo;avait pas été tendre avec lui. Je ne le sus que plus tard. Il avait sans doute voulu me protéger toutes ses années.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand on partait tous les deux avec ses vaches et Pitou son chien, c&rsquo;était la fête. Il retrouvait le sourire le temps de notre longue escapade. Moi, je me ressourçais. Je courrais dans tous les sens, je me roulais dans l’herbe, je jouais avec le chien à qui j’envoyais un bâton toujours plus loin et qui, ravi partait à toutes jambes le chercher et me le ramener. Maurice me racontait des histoires des gens du village, m&rsquo;expliquait le vêlage de ses bêtes, la traite, l&rsquo;attaque de son troupeau par un loup une sombre année. Mais jamais, il ne parlait de lui.<br />
Avec lui, j&rsquo;avais le droit de tout faire. Ou presque. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;une chose qu&rsquo;il ne voulait pas que je fasse : grimper dans les arbres et dans celui-là en particulier. J&rsquo;en avais pourtant envie mais à peine avais-je posé mes mains sur le tronc que je sentais son regard s&rsquo;assombrir, il fronçait les sourcils et ses lèvres se mettaient à trembler. Alors je me contentais juste d&rsquo;une petite caresse et comme si de rien était je me remettais à courir.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;année de mes quinze ans je compris beaucoup de choses. N&rsquo;ayant pas de lycée dans ma ville, je dus aller à celui de la ville voisine. Changer d&rsquo;environnement me permit de rencontrer plein de nouvelles personnes. Une en particulier, Claire. Claire, qui le jour de la rentrée s&rsquo;était assise à côté de moi et qui depuis faisait battre mon coeur étrangement. Aux vacances de la Toussaint, Maurice me demanda comment s&rsquo;était passée ma rentrée et il fut le premier à qui je dévoilai mon amour naissant.<br />
-« Alors ta rentrée au lycée?<br />
&#8211; C&rsquo;est trop bien! Les profs sont cools. C&rsquo;est un peu plus dur que l&rsquo;année dernière mais ça va. Et j&rsquo;ai fait la connaissance de plein de nouvelles personnes.<br />
&#8211; C&rsquo;est bien.<br />
&#8211; Je crois même que je suis en train de tomber amoureux.<br />
&#8211; Ah&#8230;<br />
&#8211; Ah? C&rsquo;est tout ce que ça te fait? Mon coeur est chaviré chaque fois que je la vois et toi, le premier à qui j&rsquo;ai choisi d’en parler, tu me dis « Ah&#8230; »? N&rsquo;as-tu donc jamais été amoureux toi ou quoi ??<br />
&#8211; Si!<br />
&#8211; Si? Elle était comment? Tu ressentais quoi?<br />
&#8211; Je n&rsquo;aime pas trop en parler, tu sais.<br />
&#8211; Depuis le temps que je te connais, je ne t&rsquo;ai jamais vu avec une femme.<br />
&#8211; Oui c&rsquo;est vrai. C&rsquo;était il y a longtemps. Tu n&rsquo;étais pas né.<br />
&#8211; Tu n&rsquo;es jamais retombé amoureux depuis?<br />
&#8211; Jamais.<br />
&#8211; Raconte-moi!<br />
&#8211; Trop douloureux.<br />
&#8211; Je croyais être ton ami. En fait, je ne sais rien de toi.<br />
&#8211; C&rsquo;est vrai mais c&rsquo;est sans doute mieux ainsi. Tu m&rsquo;apportes beaucoup, tu sais. Je ne peux rien oublier, je vis avec mon passé mais au moins quand tu es avec moi, mon chagrin s’atténue pour un temps. Ton insouciance me fait du bien.<br />
&#8211; Peut-être mais tu pourrais me faire confiance et me raconter. Je suis grand maintenant.<br />
&#8211;  J&rsquo;ai tellement peur que notre relation change quand tu sauras. Je ne veux pas que tu aies pitié de moi.<br />
&#8211;  Je t&rsquo;en prie.<br />
&#8211;  Tu vois cet arbre?  Oui, celui-là, que depuis petit tu rêves d&rsquo;escalader. A ses pieds, il y a une partie de moi. J&rsquo;avais vingt-deux ans. Au 14 juillet avec des amis, nous étions allés au bal du village voisin. Mon regard a croisé celui de Louise. J&rsquo;étais troublé. Comme toi avec Claire, mon coeur s&#8217;emballait étrangement. Toute la soirée, je l’ai cherchée des yeux, sentant mes joues rougir à chaque oeillade. Mes amis dansaient comme des fous, invitant de jolies filles. Moi je n&rsquo;osais pas bouger, assis dans un coin. Jacques invita une de ses copines à boire un coup et c&rsquo;est ainsi que nous échangeâmes nos premiers mots. Je l’ai surtout écoutée ayant l&rsquo;impression de bafouiller à chaque fois que je voulais dire quelque chose. Il y eut un rock. Jacques invita sa copine.</p>
<p style="text-align: justify;">-« Tu danses? » Me dit très naturellement Louise.<br />
&#8211; Je ne sais pas danser, je vais t&rsquo;ecraser les pieds.<br />
&#8211; Ce n&rsquo;est pas grave. Viens »</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut un moment inoubliable! Nous avons ri le reste de la soirée. Puis, nous nous sommes revus le lendemain et les jours suivants. Nous ne nous quittions plus. Louise était couturière. Elle avait des mains en or. Moi, j&rsquo;aidais mon oncle charpentier. Nous avons très rapidement envisagé le mariage et pour notre plus grand bonheur Louise est tombée enceinte. Son ventre s&rsquo;arrondissait doucement, ses seins aussi. Elle était resplendissante. Je prenais un plaisir fou à poser mes mains sur notre bébé en devenir. Sentir ses petits gestes, lui parler, lui chercher un prénom de fille et un de garçon car à l&rsquo;époque on ne pouvait savoir le sexe&#8230;Tant de moments de bonheurs partagés avec ma Louise.<br />
&#8211; Elle est belle votre histoire Maurice.<br />
&#8211; Elle aurait pu oui mais Dieu en a décidé autrement. Je ne sais ce que j&rsquo;ai fait de mal, ce que nous avons fait de mal&#8230;le saurais-je un jour? Ce que je sais c&rsquo;est qu&rsquo;au moment où nous étions les plus heureux du monde, Dieu me l&rsquo;a fauchée et notre bébé avec. Un soir en rentrant du travail, le sourire aux lèvres, comme tous les soirs au moment de les retrouver, je me suis trouvé face à une flaque de sang dans laquelle gisaient ma Louise et notre enfant.<br />
&#8211; Non! Non ! Ce n&rsquo;est pas possible, c&rsquo;est affreux. Que s&rsquo;est il passé, Maurice?<br />
&#8211; Tu vois pourquoi je ne voulais pas t&rsquo;en parler.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Raconte-moi, s’il te plait, lui dis-je la gorge serrée.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211; Du jour au lendemain tout s&rsquo;est effondré. Louise a fait une fausse-couche à six mois. Elle était seule à la maison. Ninon, c’est le prénom que l’on avait choisi si c’était une fille, a cru qu&rsquo;elle était prête sans doute. Mais ce n&rsquo;était ni son cas ni celui de ma Louise dont le visage était marqué par une douleur énorme. Je suis arrivé trop tard ce soir là. Je n&rsquo;ai rien pu faire. Leur coeur s&rsquo;était arrêté de battre à toutes les deux avant même que je n’arrive. J&rsquo;ai hurlé si fort quand j&rsquo;ai compris que les voisins sont arrivés. Ils m&rsquo;ont trouvé à genoux. Je ne me suis jamais relevé depuis. J&rsquo;aurais voulu partir avec elles là-haut, m&rsquo;éteindre moi aussi. Mais il a fallu continuer à faire semblant toutes ces années. Plus de cinquante ans qu&rsquo;elles sont parties.<br />
&#8211; Mon pauvre Maurice. Je suis désolé., sanglotai-je.<br />
&#8211; Tu n&rsquo;as pas à l&rsquo;être. A la mort de mon père j ai récupéré ses bêtes. Sans elles et sans toi, je ne sais pas ce que je serai devenu. Au pied de l&rsquo;arbre que tu aimes tant il y a les cendres de Louise et de Ninon. Voilà pourquoi je ne voulais pas que tu grimpes dessus. Moi aussi petit c&rsquo;était mon arbre préféré quand je montais les bêtes avec mon père.<br />
&#8211; Je comprends mieux Maurice.<br />
&#8211; Promets moi que quand ce sera mon heure, tu nous réuniras tous les trois au pied de cet arbre.<br />
&#8211; Je te le promets. Tu peux compter sur moi. »</p>
<p style="text-align: justify;">Ce jour est arrivé. Depuis que tu m&rsquo;as raconté ton histoire, tu as subi bien d&rsquo;autres misères. Tu as perdu ta mère et pour des questions d’héritage tu as dû te séparer d&rsquo;une partie de leur terrain. Tu as gardé la partie du bas plus facile d’accès avec les vaches. Il a fallu que tu te battes contre ces charognes de l’immobilier pour que ton arbre reste sur ta partie de terrain. Mais malgré la maladie qui t’affaiblissait déjà, tu as gagné la bataille.<br />
Après la cérémonie que tu as voulu des plus simple, comme tu l&rsquo;as été toute ta vie, j&rsquo;ai récupéré l&rsquo;urne. Comme je te l&rsquo;ai promis et malgré les interdits, je suis là avec ma pioche. Je devrais être triste de quitter mon vieux copain, celui avec qui j&rsquo;ai tant partagé &#8230;mais j&rsquo;ose espérer que comme tu l&rsquo;as cru toute ta vie, tu vas enfin les retrouver. Alors caché derrière le brouillard et après avoir séché mes larmes, je souris. Je te souris. Je vous souris à tous les trois.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le texte de Terjit : </strong></p>
<p style="text-align: justify;">« J’ai attendu si longtemps cette première nuit ensemble, je l’ai tant espérée, que j’avais besoin de m’assurer que tu étais bien là, que je ne rêvais pas.  Alors pour laisser mon corps reprendre doucement ses esprits après les heures passées à s’aimer, je suis restée étendue à côté de toi et je t’ai veillé. J’ai regardé ton corps nu posé sous les lueurs de la lune, le filtre des rideaux formait un quadrillage délicat, presque invisible, comme si chaque parcelle de ta peau avait son identité propre qu’il fallait deviner. Certaines évidentes comme celle de ton oreille faite pour les messages secrets, de ta nuque pour t’attirer à moi, ou de tes reins pour y caler mes mollets et te maintenir en moi. Mais toutes ces autres encore inconnues, sont-elles faites pour les caresses, pour les plaisirs cachés, ou pour d’autres choses encore ?</p>
<p style="text-align: justify;">La fraicheur de la nuit commençait à prendre le dessus sur ta chaleur naturelle alors je t’ai couvert pour que tu n’aies pas froid. J’étais amusée de voir comme tu t’es enfoui sous la couette, pour devenir presque invisible, comme un enfant. J’étais émue de sentir ta chaleur, d’écouter ta respiration, de t’avoir enfin pour moi, mon bel amant.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux premières lueurs du jour je t’ai laissé tranquille. J’ai doucement déposé un baiser sur ton front et je suis sortie de la chambre sans un bruit, te déranger aurait été un affront.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme tous les matins pour me réveiller j’ai pioché un disque au hasard, hier c’était Satie, ou Tchaïkovski je ne sais plus. Ah non c’était Mozart. Aujourd’hui ma main vient de choisir Chopin, une douce sonate pour accompagner le matin brumeux, un petit air de rien du tout, d’une simplicité qui a le pouvoir de rendre heureux. Pour prendre le poult du jardin je sors sur le petit balcon branlant, je n’ai pour apprivoiser le froid qu’une couverture et mon thé brulant. Doucement le soleil évapore la brume, timidement il apporte une douce tiédeur qui sonne le réveil de la nature. Il fait encore froid, bien sûr, mais elle suffit à faire sortir les oiseaux de leur torpeur. Perché tout en haut de l’arbre dénudé par l’hiver le merle commence sa chanson, la mésange bleue lui répond, puis le rouge gorge, enfin tous les autres, même le pinçon. J’ose à peine respirer pour ne pas les effrayer. Ici l’homme n’est qu’un invité, Ici c’est la nature qui commande, qui donne le rythme, qui détient la vérité.</p>
<p style="text-align: justify;">Le temps passe lentement, sans s’en rendre compte, au rythme du réveil des sens, comme une procession bercée par les notes du piano en une lente danse. Une petite brise me chatouille les pieds de sa fraicheur, puis la coquine remonte le long de mes cuisses comme une caresse polissonne. Ma peau nue frissonne. J’ai beau m’enrouler encore plus dans la couverture le souffle gagne du terrain : il touche maintenant mes hanches, glisse sur mes fesses et se pose sur mes reins. Le thé n’est plus suffisant, le disque de Chopin vient de se terminer, il est temps de rentrer. Je dis aux oiseaux que je reviendrai tout à l’heure, que je ne serai pas seule cette fois, que je te présenterai. Je sais qu’ils m’attendront.</p>
<p style="text-align: justify;">J’allume la cheminée et reprends « Des femmes qui tombent », un petit truc totalement cintré. C’est Bernard, mon libraire préféré, qui m’a dit « Tu veux rire ? Lit ça, c’est surréaliste », c’est comme du Dali. Il a ajouté que c’est bourré de mots inventés, que c’est très bien écrit et que ne pas le lire serait un délit. Face à tant d’insistance, et parce qu’il m’a plus d’une fois surprise avec ses conseils, j’ai répondu « oui Mr le Juge », et je l’ai pris en me disant que ça changera des japonais soucieux. Qu’il avait raison, qu’il est fort ce Bernard pour trouver des perles pareilles. Je l’ai commencé hier soir quand tu prenais ton bain, et si ça n’avait pas été toi à ce moment-là je l’aurais avalé d’une traite. Je viens de le reprendre et en à peine deux lignes je pouffe déjà, il n’y a pas à dire, c’est étonnant et vraiment délicieux. Tout à mon plaisir de lecture je n’entends ni la porte s’ouvrir ni tes pas glisser sur le parquet. Je ne me rends compte de ta présence qu’au moment où tes lèvres posent sur ma nuque un baiser délicat. Il est plus chaud, plus sincère, plus aimant que tous ceux que j’ai reçue jusqu’à cet instant. Nous restons là un petit moment à se sentir, à se toucher du bout de la peau et la terre cesse un instant de tourner pour nous laisser plus tranquilles. Tes doigts aussi légers qu’un souffle d’air glissent le long de mon bras et me retirent délicatement mon livre des mains. Puis tu retournes le fauteuil et un grand sourire m’accueille pour ce premier regard du jour sur toi, je suis heureuse de te voir ici, dans mon antre, dans ma vie, sous mon toit et mes oreilles frissonnent encore de ces tous petits mots tant espérés : « Bonne année mon ange ». Je te réponds par le plus doux et le plus tendre des baisers dont l’humanité est capable. Ta peau nue a encore la chaleur de la nuit, les odeurs du mélange de nos deux corps, le goût des plaisirs jusque-là inconnus.</p>
<p style="text-align: justify;">Délicatement tu fais glisser ma couverture, je suis assise devant toi les jambes repliées sur le côté, totalement nue. Le soleil a terminé de disperser la brume, maintenant il inonde la pièce et illumine ton corps. Plus de quadrillage lunaire mais ta beauté brute en pleine lumière, sans pudeur, sans fard, sans artifice.</p>
<p style="text-align: justify;">Ton regard planté dans le mien tu dis que je suis belle, que mes seins sont de soie, que mes cuisses sont de nacre, que mes fesses ont le goût du bonheur. Tu dis que ma voix à la douceur de la rose, mon rire la délicatesse du jasmin et mon regard la pureté d’une orchidée. Tu dis que ta vie commence, que le passé n’est plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Tes mains me disent sans un mot que tu me désires follement, ici et maintenant, que tu me veux encore et encore, que tu n’es pas rassasié. Mon cœur chavire, mon corps se relâche sous tes caresses de plus en plus enveloppantes. Dans un des derniers instants de lucidité qu’il me reste avant de définitivement capituler, avant de couler à pic vers les abysses du plaisir, je susurre à ton oreille que le tapis est très moelleux et idéalement placé près de la cheminée. Que c’est bon d’être ton amoureuse. « </p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.bricabook.fr/2012/06/larguer-les-amarres/73852104_p/" rel="attachment wp-att-5474"><img decoding="async" title="73852104_p" src="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" srcset="http://i2.wp.com/www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2012/06/73852104_p.gif?zoom=1.5&amp;resize=50%2C50" alt="" width="50" height="50" /></a>————————————————————————————</p>
<p style="text-align: justify;"><iframe src="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1GiITBXku755q_3oM6Eo9GkGcuIeheTB6grA5qNw6aHM/pubhtml?gid=1663856504&amp;single=true&amp;widget=true&amp;headers=false" width="400" height="650"></iframe></p>
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		<title>Atelier d&#8217;écriture en ligne : 182 è</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Koszelyk]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2015 14:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[# Parfois j'écris ...]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier d’écriture]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Pour ce 182è atelier (bientôt les 4 ans ! Que diriez-vous, d&rsquo;ailleurs si j&rsquo;organisais une petite rencontre sur Paris le week-end du 4è anniversaire ? Des gens tentés ? J&rsquo;ai un peu peur que la période ne soit pas la plus propice pour des retrouvailles &#8230;), j&rsquo;ai le plaisir de vous annoncer qu&rsquo;un nouveau photographe va venir hanter ce blog ! J&rsquo;adore ces nuances de gris ! J&rsquo;ai nommé tadadadadadadada <a href="http://thebottomleft.blogspot.fr/" target="_blank">Vincent Héquet</a> ! Bienvenue Vincent et merci encore de nous permettre d&rsquo;utiliser tes photographies pour écrire nos textes. Nous sommes des mordus, voire même des drogués de l&rsquo;écriture, donc tu comprendras aisément à quel point tes photographies sont importantes pour nous.</p>
<div id="attachment_12874" style="width: 4715px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/06/LG5WDm_tJU-HeGVUz50ofy2WEk3DPsKO4vUinP0AetUYDqHR1ebUbzo7IGFHFKE2ZJBDXJnG1qjpR_lYRGGbyw.jpg"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-12874" class="size-full wp-image-12874" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2015/06/LG5WDm_tJU-HeGVUz50ofy2WEk3DPsKO4vUinP0AetUYDqHR1ebUbzo7IGFHFKE2ZJBDXJnG1qjpR_lYRGGbyw.jpg" alt="© Vincent Héquet" width="4705" height="3141" /></a><p id="caption-attachment-12874" class="wp-caption-text">© Vincent Héquet</p></div>
<p><span id="more-12873"></span>Terrible, non ? J&rsquo;adore !<br />
Publication des textes lundi 29 juin au matin.</p>
<p><a href="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/11/une-photo-quelques-mots1.jpg"><img decoding="async" class="aligncenter size-medium wp-image-8640" src="http://www.bricabook.fr/wp-content/uploads/2013/11/une-photo-quelques-mots1-300x199.jpg" alt="une-photo-quelques-mots1" width="300" height="199" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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